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Animal source d’énergie

Animals as a source of energy - investigations in Europe before the Industrial Revolution

Enquêtes dans l’Europe d’avant la Révolution industrielle

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Publié le mardi 08 décembre 2015 par Céline Guilleux

Résumé

Le laboratoire Culture, arts, littératures, histoire, imaginaires, sociétés, territoires, environnement (Calhiste, EA 4343) publie aux Presses universitaires de Valenciennes un volume rassemblant des travaux historiques et archéologiques sur l'animal source d'énergie. Cette publication fait suite au séminaire organisé à Valenciennes en mai 2015 dans le cadre des travaux du réseau universitaire des chercheurs en histoire environnementale (RUCHE).

Annonce

Ouvrage collectif publié aux Presses Universitaires de Valenciennes

Université de Valenciennes et du Hainaut Cambrésis. En collaboration avec le CALHISTE (EA 4343) Cultures, arts, littératures, histoire, imaginaires, sociétés, territoires, environnement et le séminaire du RUCHE (Réseau universitaire des chercheurs en histoire environnementale)

Argumentaire 

Dès que l’homme a su le faire, il a utilisé l’animal comme source d’énergie. Notamment pour le transport. Si au début de la domestication, la raison de l’élevage était la production de viande, une polyexploitation de l’animal vivant est instaurée au cours du néolithique. Cela entraine un renversement des priorités, la viande n’étant souvent sous l’Ancien Régime que la production finale d’une bête usée. Cette situation perdure jusqu’au XIXe siècle lorsque machines et matières premières combustibles viennent remplacer peu à peu les animaux. La force animale produit l’énergie nécessaire au travail aux champs, au débardage en forêt, aux transports et aides en tous genres (bât, traction, animation mécanique).

Plusieurs espèces ont simultanément ou successivement, selon les aires de culture et les spécialisations régionales, été utilisées pour leur force musculaire : bovins, chevaux, ânes et mulets, éléphants, dromadaires et chameaux, rennes, chiens…

Disparue depuis plus d'un demi-siècle des pays industrialisés, on assiste aujourd'hui à une revalorisation de la traction animale. Des initiatives fleurissent ici et là, en France comme en Europe, autour notamment de l’utilisation du cheval de trait dans le ramassage spécialisé des ordures ménagères, le transport scolaire en milieu rural ou le débardage forestier. Dans d'autres pays, la traction animale est une voie de progrès et de mécanisation fonctionnant aux énergies renouvelables et sans apport extérieur de pièces de rechange. Avec un coût d'investissement nettement inférieur à celui de la motorisation, elle favorise le développement local. Dans plusieurs pays du monde, l’utilisation de la puissance animale est en expansion. On pense que 400 millions d’animaux de trait ou de bât s’activent dans le monde aujourd’hui. Dans les pays de l’Est et en Afrique, l’énergie animale est utilisée quotidiennement, en traction ou en portage. En Inde, l'énergie animale produite correspond à 6 millions de tonnes de pétrole d'une valeur de 1,8 milliards d'euros par année (Vandana Shiva, 2008).

A l'heure des débats sur la transition énergétique, il paraît intéressant d'engager une réflexion sur quelques unes des dimensions de l'utilisation par les sociétés du passé de l'animal comme source d'énergie, dans la longue durée historique. Le regain d'intérêt pour l'animal source d'énergie de nos jours résulte non seulement de l'augmentation des coûts de l'énergie mais aussi de considérations sociales et zootechniques. Il est certain, en effet, que la sauvegarde du patrimoine génétique que représentent les races des animaux de charge, de portage... serait grandement facilitée par une certaine réintroduction de la traction animale.

L'approche choisie est diachronique : l'analyse historique des conditions du fonctionnement de l'utilisation de l'animal comme source d'énergie sur une échelle de temps suffisamment longue -de l'Antiquité à la veille de la Révolution industrielle- doit permettre de mettre en évidence les évolutions et mesurer leurs impacts socio-économiques et environnementaux. Elle peut fournir des clés pour une démarche prospective pertinente, en vue du (re)développement de ce type d'énergie aujourd'hui comme une solution viable, complémentaire à la mécanisation.

Les propos sont centrés sur l'analyse des aspects techniques, zootechniques et économiques. Trois approches sont envisagées :

I- Animal comme source d’énergie

  • Diversité des animaux, diversité des utilisations
  • Animal, source d'énergie et impacts en matière de zootechnie. On s'intéressera aux modes de sélection, d'amélioration des races appropriées au travail, au transport..., aux conditions de vie de l'animal (nourriture, entretien, logement, durée de vie de l'animal après le travail). Rôle  des écoles vétérinaires, d'agriculture.
  • Animal, source d'énergie, source d'innovation technique (ferrure, collier d'épaule...).

II- L'énergie animale

Il s'agira d'analyser et de mesurer la force animale et la rentabilité du travail exécuté par l'animal, tant en journées de travail qu'en force dépensée à travers :

  • la capacité des charges à soulever, traîner, porter...
  • la vitesse de déplacement, endurance, renouvellement de la force animale.
  • Mesurer la force animale : le cheval-vapeur

III- L'économie de l'énergie animale

Si aujourd'hui l'investissement en animaux et en matériels est faible par rapport à la traction mécanique, ce ne fut pas le cas dans les sociétés anciennes et d'Ancien Régime.

On s'attachera à étudier les marchés et circuits commerciaux, les dynamiques socio-économiques générées par l'utilisation de l'animal source d'énergie.

Plutôt que de donner lieu à de nombreuses études de cas qui ne sauraient manquer sur ces questions, nous faisons le choix de privilégier des interventions faisant la part belle à la réflexion méthodologique et épistémologique, et de chercher systématiquement une démarche sur le temps long.

Modalités de soumission

Les auteurs souhaitant collaborer à ce volume sont invités à transmettre leur proposition avant le 15 janvier 2016.

Aux adresses 

  • corinne.beck@univ-valenciennes.fr
  • fabrice.guizard@univ-valenciennes.fr

Nous recommandons de bien vouloir soumettre un titre et un résumé de 3000 signes, ainsi qu’une brève présentation de l’auteur.

Après sélection, l’auteur recevra les consignes pour la publication. Il faut d’ores et déjà veiller à la qualité des images (300 ppp minimum, N&B, droits d’auteur) et à leur nombre. L’article devra être compris entre 30 000 et 40 000 signes tout compris.

Le manuscrit sera à remettre pour fin septembre 2016.

Comité scientifique de publication

  • Corinne Beck, Université de Valenciennes, professeure histoire médiévale
  • Fabrice Guizard, Université de Valenciennes, Maitre de conférence histoire médiévale
  • Aurélie Borvon, ArScAn UMR 7041, docteur archéozoologue
  • Georges Raepsaet, Université Libre de Bruxelles, professeur archéologue
  • Bernard Denis, Ecole vétérinaire de Nantes, professeur vétérinaire ethnozootechnicien
  • Marie-Christine Marinval, Paris 1, ArScan UMR 7041, docteur archéologue

Lieux

  • Campus du Mont Houy Cedex 9
    Valenciennes, France (59313)

Dates

  • vendredi 15 janvier 2016

Mots-clés

  • animal, traction, bœuf, cheval, énergie, travail

Contacts

  • Corinne Beck
    courriel : cbeck16 [at] wanadoo [dot] fr
  • Fabrice Guizard
    courriel : fguizard [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Fabrice Guizard
    courriel : fguizard [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Animal source d’énergie », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 08 décembre 2015, http://calenda.org/348566