AccueilPenser les migrations pour repenser la société

Penser les migrations pour repenser la société

Thinking Migration to Rethink the World

Pensar las migraciones para repensar la sociedad

*  *  *

Publié le mardi 24 novembre 2015 par João Fernandes

Résumé

L’objectif de ce colloque international célébrant le trentième anniversaire du laboratoire MIGRINTER est d’examiner la contribution de la recherche sur les migrations internationales aux sciences de l’Homme et de la société. Il consistera en l’organisation d’ateliers mettant en avant quelques-uns des champs scientifiques qui ont été travaillés par les questions afférentes aux migrations : la production de la ville ; le rapport des migrants au politique et du politique aux migrants ; l’histoire en-deçà et au-delà de la nation ; les littératures en/de l’exil ; les approches méthodologiques du mouvement.

Annonce

Argumentaire

La production relative aux migrations, encore marginale dans les années 1980, est aujourd’hui foisonnante. L’étude des phénomènes migratoires est devenue un domaine de recherche à part entière avec ses colloques, ses laboratoires de recherche, ses programmes scientifiques et ses revues. Le laboratoire MIGRINTER, dont le champ de recherche couvre des domaines aussi divers que les circulations, les diasporas, ou les mobilités urbaines a, au cours des trois décennies passées, a marqué de son empreinte l’approche francophone des migrations internationales.

Tout en se structurant en champ autonome, les études migratoires irriguent et renouvellent les questionnements scientifiques plus généraux des sciences sociales. Toutes les disciplines sont à présent concernées : la géographie, l’histoire, la démographie, la sociologie, l’anthropologie, l’économie, mais aussi la philosophie, la linguistique, la psychologie, la littérature… Une partie importante des avancées théoriques et épistémologiques sont aujourd’hui redevables de l’analyse des phénomènes migratoires. L’anthropologie postcoloniale, les approches multi-situées, le transnationalisme, les nouvelles approches de l’identité, l’histoire globale, sont autant de nouveaux champs scientifiques dont la fondation repose sur la critique d’une vision sédentaire des sociétés et des cultures. L’étude des migrations internationales offre une alternative au nationalisme méthodologique qui a longtemps structuré les sciences sociales. Ce champ constitue un prisme à partir duquel sont reconsidérés les États, la société, les identités individuelles ou collectives, les pratiques artistiques, mais aussi notre rapport à l’espace et au temps, au point que l’on évoque aujourd’hui un « paradigme migratoire ».

L’objectif de ce colloque international célébrant le trentième anniversaire du laboratoire MIGRINTER est d’examiner la contribution de la recherche sur les migrations internationales aux sciences de l’Homme et de la Société. Il consistera en l’organisation d’ateliers mettant en avant quelques-uns des champs scientifiques qui ont été travaillés par les questions afférentes aux migrations : la production de la ville ; le rapport des migrants au politique et du politique aux migrants ; l’histoire en-deçà et au-delà de la nation ; les littératures en/de l’exil ; les approches méthodologiques du mouvement. Ce colloque encourage en particulier la participation de non-spécialistes des migrations dans la perspective de nourrir un dialogue entre sphères disciplinaires et théoriques.

Modalités pratiques d'envoi des propositions

Les résumés des propositions (2000 signes maximum) sont à envoyer

avant le 15 janvier 2016

à l’adresse suivante : migrinter30ans@sciencesconf.org

L’auteur devra indiquer l’atelier auquel sa proposition est destinée : celle-ci pourra être en français, en anglais ou en espagnol. Le comité scientifique informera les auteurs des propositions retenues au plus tard le 29 février 2016. Pour les propositions sélectionnées, le texte complet de la communication (au maximum 30 000 signes espaces compris) est attendu pour le 1er Juin 2016. Une sélection d’articles issus du colloque sera publiée ultérieurement. Les frais d’hébergement et repas (frais d’inscription inclus) des communicants pourront être pris en charge par l’organisation du colloque, les frais de transport restant à leur charge.

Liste des ateliers

  • Atelier 1 : Migration et changement urbain : du logement à la ville
  • Atelier 2 : Les espaces visibles de l’intégration: migrations et planification urbaine face au défi de l’inclusion sociale
  • Atelier 3 : Immigration et syndicalisme
  • Atelier 4 : Conforter, redéfinir ou contester le politique ? Perspectives interdisciplinaires sur les migrants et l’activisme politique dans le monde
  • Atelier 5 : Les migrations depuis/vers les Etats non reconnus
  • Atelier 6 : Migrations et traçabilité : vers de nouveaux modes de contrôle ?
  • Atelier 7 : Les mobilités académiques et scientifiques : une clé de lecture des dynamiques sociales locales et internationales
  • Atelier 8 : Comment répondre à l’invitation braudélienne à penser « l’espace et le temps » des migrations ?
  • Atelier 9 : Migrations et Révolutions : une perspective transhistorique
  • Atelier 10 : La littérature comme expression de l’imaginaire migratoire : discours, représentations, identités
  • Atelier 11 : (Re)tracer les parcours de vie : de l’art de collecter et d’interpréter
  • Atelier 12 : Espaces publics : formes et méthodes
  • Atelier 13 : Comment enseigne-t-on les migrations internationales dans les SHS ?

Comité scientifique 

Migrinter:

  • Cédric Audebert, Lucie Bacon, Amandine Desille, Françoise Dureau, Thomas Lacroix, Emmanuel Ma Mung, Adelina Miranda, Nelly Robin, Yann Scioldo Zürcher 

Extérieur:

  • Emmanuel Aubin (Prof. Droit, Université de Poitiers)
  • Catherine Bonvalet (Directrice de Recherche, Démographie, INED)
  • Florence Boyer (Chargée de recherche IRD, Géographie, URMIS, Paris Diderot)
  • Solange Chavel (Maître de Conférence Philosophie, Université de Poitiers)
  • Daniela De Leo (Prof. Urbanisme, Université de la Sapienza, Rome)
  • Henri Eckert (Prof. Sociologie, GRESCO, Université de Poitiers)
  • Lucinda Fonseca (Prof. Géographie, IGOT, Université de Lisbonne),
  • Etienne Gérard (Directeur de Recherche IRD, Sociologie, CEPED/Paris Descartes)
  • Nancy Green (Directrice d'Etudes EHESS, Histoire, CRH)
  • Marco Martiniello (Directeur de Recherches FNRS, Sociologie, CEDEM, Université de Liège)
  • Catherine Mazauric (Prof. Littérature, LLA CREATIS, Université de Toulouse Jean Jaures)
  • Bénédicte Michalon (Chargée de recherche CNRS, Géographie, ADES, Université de Bordeaux)
  • Delphine Pages El Karoui (Maître de Conférence, Géographie, INALCO)
  • Lionel Ragot (Prof. Economie, Economix, Paris Ouest Nanterre)
  • Laurent Vidal (Maître de Conférence, Histoire, CRHIA, Université de la Rochelle)
  • Eduardo Ruiz Vieytez (Prof. Droit, Institut des Droits Humain, Université de Deusto, Bilbao)
  • Gildas Simon (Prof. Géographie, membre fondateur de Migrinter, retraité)
  • Jean Paul Thibaud (Directeur de Recherche CNRS, Sociologie, CRESSON, ENSAG Grenoble)
  • Roger Waldinger (Prof. Sociologie, UCLA, Los Angeles)

Thématiques des ateliers

Atelier 1 : Migration et changement urbain : du logement à la ville. La mobilité spatiale est au coeur du fonctionnement des villes. Depuis les arrangements résidentiels jusqu’aux déplacements quotidiens, la mobilité conditionne l’accès des habitants aux ressources urbaines et structure les territoires et les espaces de vie. L’objectif de l’atelier est d’avancer dans la compréhension du changement urbain (en particulier le processus de gentrification) en favorisant un dialogue entre trois champs d’études : celui relatif aux migrations internationales, celui des études urbaines et celui du logement et de l’habitat. Dans cette perspective, une série d’interrogations sont proposées, entre autres : quels sont les effets de la gentrification sur l’accès au logement des populations migrantes ? Avec la résorption de l’habitat dégradé et du logement social de fait dans les quartiers centraux et péricentraux, comment les populations migrantes se redistribuent-elles dans les territoires métropolitains ? Quels quartiers assurent alors la fonction de réception des migrants internationaux ? Dans quelle mesure les investissements immobiliers et la présence de populations circulantes à hauts revenus dans les espaces centraux contribuent-ils à la gentrification des centres historiques ? Les contributions pourront également aborder les aspects méthodologiques de l’étude de ces phénomènes : à partir de quelles données ces questions sont-elles abordées ? Comment des phénomènes émergents peuvent-ils acquérir une visibilité dans le monde de la recherche et dans celui de l’action ?

Atelier 2 : Les espaces visibles de l’intégration : migrations et planification urbaine face au défi de l’inclusion sociale. La visibilité, au sens de Derrida, d’un espace se manifeste à travers la place spécifique qu’il occupe dans l’ensemble urbain, mais aussi dans la multiplicité des significations dont il est porteur aux yeux 3 des usagers. A ce titre, les lieux de culte, les marchés ou centres culturels cristallisent la problématique de la présence immigrée dans la ville. Ils deviennent un enjeu de politique publique pour l’intégration sociale et urbaine des populations migrantes. L’objectif de l’atelier est d’ouvrir un débat interdisciplinaire sur certaines questions relatives à la planification urbaine et qui sont généralement abordées de façon déconnectée : comment s'exprime la notion de visibilité dans les nouvelles politiques de planification urbaine visant à gérer l’insertion des migrants ? Comment utiliser le pluralisme de ces espaces de visibilité pour aborder les questions liées à l’intégration et à l'inclusion sociale au-delà de la classification de "migrant" et "autochtone" ? Quel est le rôle des notions de multiculturalisme et de diversité dans les nouvelles politiques de planification urbaine et d'intégration au niveau européen?

Atelier 3: Immigration et syndicalisme. Si la problématique de la relation entre le mouvement syndical et l’immigration a constitué dès les années 1970 une question de recherche, elle est aujourd’hui beaucoup moins présente dans l’ensemble de la production scientifique. Pour autant, l’insertion par le travail et l’accès aux droits qu’elle permet, demeurent des éléments centraux dans la vie quotidienne des immigrés. A une échelle plus vaste, la dégradation de la conjoncture économique depuis 2008, les mutations du marché du travail (sous-traitance, intérim, etc.) et du syndicalisme en Europe, ainsi que la complexification des trajectoires migratoires plaident pour une approche renouvelée de cette relation. Cet atelier vise donc à encourager la présentation de travaux qui viendront à la fois relire l’histoire de cette relation, éclairer une lecture contemporaine de cette problématique et permettre une lecture comparée à l’échelle européenne et transatlantique. Parmi les axes de recherche privilégiés, on soulignera notamment les manières dont les différentes fédérations syndicales appréhendent les politiques migratoires, les « dits et non-dits » - pour reprendre les travaux de François Vourc’h et Véronique de Rudder - sur les positionnements de ces organisations face au racisme et aux discriminations dans le monde du travail ; et bien sûr les formes d’engagement militant des immigrés dans les luttes du travail, de la syndicalisation individuelle à la formation de collectifs de grévistes.

Atelier 4 : Conforter, redéfinir ou contester le politique ? Perspectives interdisciplinaires sur les migrants et l’activisme politique dans le monde Les migrants, que ce soit par le biais de mouvements sociaux organisés, d’associations ou à travers des pratiques de résistance, reproduisent, contestent le champ du politique dans les sociétés d’accueil. Dans quelle mesure ces pratiques, discours, récits de l’engagement politique constituent-ils un défi pour le contexte institutionnel dans lequel ils sont inscrits ? En quoi tendent-ils à renforcer, redéfinir ou questionner le concept de citoyenneté ? Comment peut-on caractériser l’engagement politique des migrants au regard d’autres forces de changement social telles que le syndicalisme, les organisations non gouvernementales, les partis politiques ? Dans la perspective d’un dialogue interdisciplinaire, nous attendons des contributions abordant ces questions par une multiplicité de filtres : la théorie des mouvements sociaux, la sociologie des organisations, les études sur la citoyenneté ou sur le travail. 

Atelier 5 : Les migrations depuis/vers les Etats non reconnus. Si les migrations internationales des personnes sont bien souvent rattachées aux franchissements de frontières reconnues par la quasi totalité des Etats dans le monde, il y a des migrations – considérées également comme internationales – qui sont liées au franchissement de frontières non reconnues par l’ensemble des pays de la communauté internationale. C’est le cas pour les personnes provenant d’Abkhazie (Géorgie), de Transnistrie (Moldavie), de Palestine (Gaza) et de l’île de Chypre (RTCN2), etc. A partir de ce type de situations, il s’agira de présenter la façon dont s’opèrent ces mobilités en provenance (et vers) ces micro-Etats et la manière dont celles-ci questionnent les politiques migratoires – et les législations qui y sont liées – des pays voisins, voire de ceux situés bien au-delà.

Atelier 6 : Migrations et traçabilité : vers de nouveaux modes de contrôle ? Les technologies de l’information et de la communication (TIC) sont de plus en plus utilisées par les institutions des Etats voire des organisations privées pour suivre les déplacements des personnes. C’est le cas pour le traitement de dossiers administratifs relatifs aux demandes et à la délivrance de visas, pour des programmes d’enregistrement de voyageurs. Certains de ces dispositifs permettent également l’enregistrement d’évènements localisés voire la transmission de données personnelles comme la réglementation européenne Dublin III relative aux déplacements des demandeurs d’asile, ou les bracelets électroniques pour certaines catégories de personnes assignées à résidence, en attente d’un éloignement du territoire (Etats-Unis, Royaume-Uni, etc.). Si ces dispositifs sont bien souvent considérés comme « intelligents » car ils viseraient à améliorer la situation de certaines catégories de personnes, dessinent-ils aussi de nouveaux modes de contrôles dans nos sociétés ? Ces projets ne renvoient-ils pas également à des réalités plus économiques que juridiques ?

Atelier 7 : Les mobilités académiques et scientifiques : une clé de lecture des dynamiques sociales locales et internationales. Les mobilités académiques et scientifiques se sont fortement intensifiées dans la dernière décennie et prennent de nouvelles orientations. Aux flux Sud-Nord s’ajoutent des flux Sud-Sud croissants, et de nouveaux pôles internationaux prennent place dans l’espace international de la formation. Ces orientations suggèrent de nouvelles dynamiques internationales, ainsi qu’une transformation des rapports historiques de domination entre pays dits du Nord et du Sud. Elles s’accompagnent également de nouvelles configurations des groupes sociaux, comme en témoigne le processus inédit de « fabrication » des élites des Suds, tant au Nord qu’au sein de nouveaux espaces dynamiques aux Suds. L’analyse des facteurs de transformations des dynamiques et équilibres internationaux, comme celle des dynamiques sociales nationales, révèlent l’heuristicité des mobilités académiques et scientifiques. L’atelier se propose de réunir des contributions qui illustrent ces processus de recompositions sociales et de transformation des rapports internationaux à travers le filtre de l’évolution des circulations scientifiques.

Atelier 8 : Comment répondre à l’invitation braudélienne à penser « l’espace et le temps » des migrations ? Cet atelier propose de réunir chercheurs en sciences sociales intéressés à la modélisation historique des faits migratoires. Comment alors s’engage le dialogue entre outils conceptuels et cartographiques pour penser les faits migratoires ? Quelles sont les influences réciproques ainsi mises en place ? Et de façon générale, comment peut-on penser les faits sociaux dans un espace par essence disparu, ou du moins dans un espace qu’il n’est plus possible d’observer directement ?

Atelier 9 : Migrations et Révolutions : une perspective transhistorique. De par les violences politiques qu’elles génèrent, ou simplement du fait de la transformation radicale des structures sociales et économiques d’une société, les révolutions sont le creuset de déplacements de populations à grande échelle. Cet atelier se propose de confronter les récents épisodes révolutionnaires (printemps arabes, etc.) avec d’autres exemples qui se sont produits par le passé et sur d’autres lieux (révolutions européennes et américaines, révolutions industrielles, décolonisation, etc.). Quelles sont les concordances et spécificités que peut mettre en évidence une telle comparaison transhistorique ? Cet atelier rassemblera historiens et chercheurs en sciences sociales spécialistes ou non des migrations.

Atelier 10 : La littérature comme expression de l’imaginaire migratoire : discours, représentations, identités. Prolongeant la réflexion sur la manière dont les études migratoires peuvent s’emparer des productions artistiques, nous interrogerons la façon dont la littérature traduit et questionne l’imaginaire migratoire des acteurs, via les représentations individuelles et collectives dont elle se fait l’écho. Quels sont les enjeux théoriques, méthodologiques et esthétiques des usages de la littérature dans les études migratoires ? Comment ces oeuvres littéraires sur la migration, fictionnelles ou non, remodèlent-elles les grands récits nationaux et/ou participent-elles à la construction d’identités transnationales ou cosmopolites ?

Atelier 11 : (Re)tracer les parcours de vie : de l’art de collecter et d’interpréter. La lecture du changement social en termes de parcours devient l’un des paradigmes dominant des sciences sociales. Dans le champ des migrations internationales, les notions de parcours et de projets migratoires suscitent un grand nombre de travaux. Pour autant, les parcours sont définis, collectés et analysés/interprétés d’une multitude de manières : enquêtes par questionnaires ou observations mono ou multi-situées, récits, traces numériques et Big Data donnent lieu à des analyses d’une grande diversité (analyses statistiques plus ou moins formalisées, représentations (carto)graphiques, filmographiques et artistiques). L’objectif de cet atelier est double. Un premier axe s’attache à faire état d’un ensemble de méthodes pour collecter les parcours et les problèmes sous-jacents de traitement de l’information. De quels parcours parle-t-on : ceux ressentis et vécus par les personnes, analysés par des enquêteurs ou représentés par des artistes ? Ceux tirés de données administratives ? Des traces informatiques laissées par les activités individuelles ? Un second axe s’intéresse au rapport entre parcours et structures : quelles structures révèle l’analyse de parcours ? Cette question sera abordée sous un angle social, spatial, historique et générationnel. Comment l’analyse des parcours permet-elle de révéler la dynamique d’un champ social, d’une génération ou d’un espace ? Comment interroge-t-elle la notion d’événement historique ?

Atelier 12 : Espaces publics : formes et méthodes. L’espace public compte parmi les notions de sciences humaines et sociales qui ont été plus particulièrement mobilisées pour tenter de saisir et analyser les évolutions des sociétés contemporaines. Depuis une vingtaine d’années, le phénomène de métropolisation a conduit la recherche urbaine à placer les espaces publics au coeur de ses enquêtes, en leur conférant à la fois le statut de terrain et d’objet pour décrire les changements urbains. La ville et ses habitants, leurs modes d’habiter ainsi que leurs pratiques quotidiennes sont autant de prismes d’observation que cet atelier souhaite mettre en lumière. Si la ligne directrice de ce colloque est centrée sur la migration internationale, la problématique des espaces publics ne serait être réduite à l’image d’un quartier d’immigration. Il s’agira notamment de proposer une lecture des espaces publics qui puisse dégager des formes urbaines où les mobilités internationales sont parties prenantes de dynamiques sociales de temporalités diverses, qui participent de la fabrique de la ville. En parallèle d’une approche morphologique, appuyée sur la diversité de statuts des acteurs et la variété de leurs relations, l’atelier encourage les propositions relatives aux questions de méthodes et plus particulièrement à celles offertes par les approches en termes d’esthétique et d’ambiance ou bien encore à celles centrées sur les usages et le statut des images de terrain.

Atelier 13 : Comment enseigne-t-on les migrations internationales dans les SHS ? La migration internationale est un objet d’étude partagé par plusieurs disciplines des sciences sociales. Considérée à la fois comme analyseur et révélateur des recompositions de l’espace et des sociétés engagées à différentes échelles, son enseignement repose sur une multitude d’approches et de méthodes. Accompagnant la structuration progressive et la densification d’un champ de recherche sur les migrations internationales, les « sensibilités » sociologiques, géographiques, démographiques, économiques, politiques tour à tour mises en évidence selon les époques et l’actualité, sont productrices de grilles de lecture spécifiques qui situent les enjeux des mouvements de population à divers niveaux de la connaissance. Aussi, la perspective adoptée selon les lieux ou les contextes à partir desquels la migration est appréhendée modifie la façon de penser les dynamiques sociopolitiques, économiques et spatiales en cours dans les pays du Nord et du Sud. Cette ébauche de réflexion est une invitation à partager les expériences et les méthodes d’enseignement de la migration internationale dans le cadre de formations spécialisées ou non sur l’objet.

Lieux

  • Maison des Sciences de l'Homme et de la Société, Bâtiment A5 - 5, rue Théodore LEFEBVRE
    Poitiers, France (86)

Dates

  • vendredi 15 janvier 2016

Mots-clés

  • migration, ville, intégration, syndicalisme, contrôle, mobilité, espace-temps, imaginaire, récits, enseignement

Contacts

  • William Berthomière
    courriel : wberthom [at] univ-poitiers [dot] fr
  • Anouche Kunth
    courriel : anouche [dot] kunth [at] univ-poitiers [dot] fr

Source de l'information

  • Anouche Kunth
    courriel : anouche [dot] kunth [at] univ-poitiers [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Penser les migrations pour repenser la société », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 24 novembre 2015, http://calenda.org/348630