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La sécurisation alimentaire : dynamiques et pratiques

Food security, dynamics and practices

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Publié le mercredi 02 décembre 2015 par Céline Guilleux

Résumé

Cette table ronde participe d’une volonté de dépasser les frontières entre recherche finalisée, recherche-action, intervention humanitaire et projet de développement. Elle est donc à la fois un espace d’échanges (en termes d’expériences professionnelles) et de réflexion sur les enjeux et les controverses autour de la lutte contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle.

Annonce

Cette table ronde s’inscrit dans le prolongement de l’atelier préparatoire qui se tiendra à l’IEDES/Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, le 8 décembre 2015.

Elle participe d’une volonté de dépasser les frontières entre recherche finalisée, recherche-action, intervention humanitaire et projet de développement.

Elle est donc à la fois un espace d’échanges (en termes d’expériences professionnelles) et de réflexion sur les enjeux et les controverses autour de la lutte contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle.

Contexte : La lutte contre l’insécurité comme champ « technique » et « politique »

L’insécurité alimentaire et nutritionnelle est un phénomène structurel, inscrit dans la trajectoire de nombreux pays sahélo-soudaniens : les situations à risque s’y renforcent, les épisodes de crises s’y succèdent, les populations vulnérables y restent nombreuses, tandis que les réponses sont le plus souvent ciblées, sectorisées et ponctuelles.

L’insécurité alimentaire s’enracine dans des dynamiques héritées renforcées par des événements ponctuels déstabilisants. Elle dépend aussi des arbitrages et des décisions prises pour anticiper ou atténuer les risques de crise, pour mobiliser des ressources, définir et mettre en œuvre des politiques publiques et pour gouverner les hommes, à différentes échelles.

Généralement traitée comme un problème « technique », via notamment la promotion d’innovations, l’insécurité alimentaire est,plus encore, un enjeu « politique ».

Les interventions menées, en milieu rural comme en ville, s’efforcent d’intégrer le caractère multi-dimensionnel et multi-factoriel de l’insécurité, mais les stratégies nationales réactualisées peinent encore à mettre en œuvre des politiques intersectorielles. Les projets mis en place peuvent ainsi se superposer ou se succéder sans parvenir à capitaliser les enseignements de terrain ni à permettre un renforcement effectif des capacités locales.

En parallèle, les retours d’expérience des professionnels de l’aide et de l’intervention humanitaire de terrain, incitent à rediscuter les frontières entre urgence et développement, entre aide ponctuelle curative et dispositifs d’action favorables à la prévention et la sécurisation durable.

Ce constat, partagé par de nombreux acteurs, explique en partie le renouvellement des termes clés véhiculés dans le champ :

  • la vulnérabilité à l’insécurité cède peu à peu la place à la résilience,
  • les mesures quantifiées du phénomène couvrent nombre de ses dimensions et sont enrichies par des éléments qualitatifs et subjectifs,
  • la lutte comme stratégie finalisée d’action est questionnée par la gouvernance multi-échelles et multi-acteurs, favorable à la participation, la coordination et la concertation.

Argumentaire : La sécurisation comme pratique critique

Si l’insécurité alimentaire aborde le champ du point de vue du manque et de l’insatisfaction normés, la sécurisation privilégie, pour sa part, davantage l’analyse critique et dynamique des processus et des pratiques mis en contexte.

L’approche mise en œuvre dans le cadre de cette table ronde souhaite donc mettre l’accent sur les interactions entre acteurs et les réagencements dans la dynamique concrète des politiques et des projets mis en place au nom de la lutte contre l’insécurité alimentaire.

Elle s’intéresse aussi à faire reconnaitre l’importance des décalages entre effets d’annonce, injonctions et prescriptions et les réalités établies (effet réel ou imprévu, impact mesuré ou ressenti, perspectives immédiates ou opportunités futures).

L’objectif central est donc de dépasser le cadre strict de l’expertise normée pour envisager, de manière plus critique et réflexive, un retour sur les pratiques professionnelles des chercheurs et des développeurs comme sur les outils et les concepts mobilisés.

Objectifs : Croiser les regards, lever les idées reçues

  • Rapprocher communauté scientifique, décideurs et professionnels du développement et de l’humanitaire.
  • Mettre en lumière les dimensions sociopolitiques des interventions dans le champ de la sécurité alimentaire et nutritionnelle.
  • Encourager les jeunes praticiens et les jeunes chercheurs à prendre en compte la complexité des enjeux et des réalités de la sécurité alimentaire et nutritionnelle.

Axes de la table ronde

Une introduction préalable sera consacrée à la sécurisation comme pratique empirique, comme projet ou comme approche.

1. La sécurisation « en projet » : instruments, expérimentations et capitalisations

Il s’agira de repartir de la dynamique d’élaboration propre des projets et des programmes : pourquoi et comment naissent-ils ? Comment prennent-ils en compte ceux qui les ont précédés ? Comment leur contenu est-il défini ? Comment les contraintes de projet (financement, termes de référence, délais, etc.) jouent sur leur contenu ?

Cette dynamique d’élaboration des projets et des programmes sera, en parallèle, confrontée à un examen attentif des objectifs des actions du projet, de leur mise en œuvre, de leur portée, de leurs limites et de leur pertinence.

La question des innovations techniques pourra donc y trouver une place privilégiée.

On pourra aborder, ensuite, les enjeux du ciblage, du suivi, de l’évaluation et de la capitalisation comme instruments revendiqués de pilotage.

Les projets peuvent être envisagés à différentes échelles, du local (micro-projet villageois en co-construction imparfaite) comme au national (cadre stratégique en négociation consensuelle).

2. La sécurisation « en interaction » : agencements et arrangements entre acteurs

Ce second thème traite des relations entre acteurs impliqués dans la vie des projets ainsi que de leurs relations avec ceux qui n’y participent pas.

Dotés de capacités d’action inégales, confrontés à des contraintes multiples, ils doivent souvent faire preuve d’adaptation et de réactivité dans un environnement incertain et changeant.

Ces relations peuvent être abordées du point de vue des normes et des valeurs, des logiques et des représentations, comme des jeux de pouvoir. Ceci implique donc de ne pas négliger les incompréhensions comme les confrontations, les réorientations et les blocages, les réussites comme les échecs. Comment les acteurs impliqués les expliquent et les justifient-ils ?

Ce thème étudie d’abord les relations existantes entre les différents protagonistes des projets (bailleurs/donateurs, promoteurs/réalisateurs, attributaires/bénéficiaires), considérés à la fois comme des acteurs et des sujets. Mais les « vis-à-vis » avec les acteurs extérieurs aux projets ne doivent pas être négligés également.

Une attention particulière aux innovations organisationnelles pourrait se révéler judicieuse.

3. La sécurisation « en question » : approfondissements et renouvellements

Ce thème propose une analyse critique des trajectoires des projets et des programmes.

Y sera débattue la question du renouvellement (ou de la continuité), de l’originalité (ou de la banalité) des discours, des logiques, des pratiques et des politiques.

Elle pourra être étudiée du point de vue de l’histoire d’un projet donné (phases successives de réajustement), ou bien envisagée d’un point de vue comparatif, avec les autres projets qui peuvent coexister sur le territoire (activités similaires) comme avec les acteurs (porteurs de projets, populations, etc.) ceux qui ne sont pas impliqués dans le projet donné.

On mettra donc les projets en perspective, dans le temps et les uns par rapport aux autres, en s’intéressant aux complémentarités entre le « dedans » et le « dehors », l’« ici » et l’« ailleurs ».

Ce questionnement critique pourra également se saisir de ce qui est présenté comme un transfert  ou une trajectoire exemplaire d’innovation

Modalités de soumission

  • Date limite d'envoi des propositions de communication (max. 500 mots) : jeudi 31 décembre 2015 à securialim@univ-paris1.fr

  • Date de la décision du comité scientifique : vendredi 15 janvier 2016
  • Date limite d’inscription et d’envoi des communications retenues : jeudi 25 février 2016 à securialim@univ-paris1.fr

Partenaires

  • UMR Développement et Sociétés (D&S), IRD-Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
  • UMR Marchés, organisations, institutions et stratégies d'acteurs (MOISA), Cirad-Inra-Montpellier SupAgro-CIHEAM-IAMM
  • Laboratoire d'Etude et de recherche sur les milieux et les territoires (LERMIT), Université de Ouagadougou. geo.lermit@gmail.com
  • Ecole doctorale Lettres, Sciences humaines et communication (LESHCO), Université de Ouagadougou

Comité d’organisation

  • Arlène Alpha, économiste, UMR MOISA, Cirad, arlene.alpha@cirad.fr
  • Pierre Janin, géographe, UMR Développement et Sociétés, coordinateur du projet « Sécurisation alimentaire : objets, acteurs et trajectoires d’innovation », pierre.janin@ird.fr
  • François de Charles Ouedraogo, géographe, LERMIT, Université de Ouagadougou, resabo2000@yahoo.fr, fcouedraogo@univ-ouaga2.bf
  • Alexis Roy, anthropologue, post-doctorant à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, UMR Développement et Sociétés, projet « Sécurisation alimentaire : objets, acteurs et trajectoires d’innovation », alexis.roy@univ-paris1.fr

Comité scientifique 

  • Arlène Alpha, UMR MOISA, Cirad (France), économiste.
  • Richard Banégas, Science Po Paris (France), politiste.
  • Vincent Bonnecase, UMR LAM, CNRS (France), historien et politiste
  • Jacky Bouju, UMR IMAF (France), anthropologue.
  • Nicolas Bricas, UMR MOISA, CIRAD (France), économiste.
  • Sylvie Capitant, UMR D&S, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (France), sociologue.
  • Tarik Dahou, UMR PALOC, IRD (France), anthropologue.
  • Isabelle Droy, UMI Résiliences, IRD (France), économiste.
  • Johny Egg, UMR MOISA, CIRAD (France), économiste.
  • Bernard Hubert, INRA (France), sociologue.
  • Pierre Janin, UMR D&S, IRD (France), géographe.
  • Manda Sadio Keita, FAO (Mali), socio-économiste.
  • Ludovic Kibora, INSS (Burkina Faso), anthropologue.
  • Mariatou Koné, Université Houphouët-Boigny (RCI), anthropologue.
  • Jean-Pierre Olivier de Sardan, LASDEL (Niger), socio-anthropologue.
  • François de Charles Ouedraogo, Université de Ouagadougou II (Burkina Faso), géographe.
  • Alexis Roy, UMR D&S, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (France), anthropologue.
  • Bernard Tallet, UMR PRODIG, Université Paris 1, géographe.
  • Jean Marc Touzard, INRA (France), économiste.
  • Boubacar Yamba, Université de Niamey (Niger), géographe.

Organisation et déroulement

La Table ronde se tiendra le 10 et le 11 mars à l’Institut supérieur des sciences de la population (ISSP) au sein de l’Université de Ouagadougou

Valorisation scientifique

Les comités constitués seront chargés de la sélection des propositions de communication. Ils travailleront, ensuite, à la préparation de l’ouvrage ou du dossier de revue scientifique sur la base des communications écrites retenues tout en recherchant, si besoin, d’autres contributions. 

Catégories

Lieux

  • UMR Développement et Sociétés, Campus du Jardin d’agronomie tropicale de Paris, 45bis avenue de la Belle Gabrielle
    Nogent-sur-Marne, France (94130)

Dates

  • jeudi 31 décembre 2015

Mots-clés

  • sécurisation alimentaire, Ouagadougou

Contacts

  • Fadime Deli
    courriel : devsoc [at] univ-paris1 [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Fadime Deli
    courriel : devsoc [at] univ-paris1 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La sécurisation alimentaire : dynamiques et pratiques », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 02 décembre 2015, http://calenda.org/349291