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Un portrait intérieur

An interior portrait - the imaginary museum of the Impressionists

Le musée imaginaire des impressionnistes

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Publié le mardi 08 décembre 2015 par João Fernandes

Résumé

Chaque artiste possède en lui son musée imaginaire, des chefs-d’œuvre, tableaux, sculptures ou gravures, des textes et des citations, des souvenirs et des émotions esthétiques, en un mot les sensations et les images qui nourrissent son regard sur le monde. Envisager le musée imaginaire des impressionnistes revient donc à questionner la pluralité de leurs sources d’inspiration,  la construction de leur imaginaire et leurs voies d'accès à la culture des images. Tel est l’enjeu de ce colloque organisé en lien avec l’exposition du musée des Beaux-arts de Rouen Scènes de la vie impressionniste, qui interroge les modalités de passage de l’œuvre d'une sphère privée à la sphère publique.

Annonce

Colloque international autour de l’exposition Scènes de la vie impressionniste, Rouen, Musée des Beaux-arts (15 avril – 23 septembre 2016)

Argumentaire

Chaque artiste possède en lui son musée imaginaire, des chefs-d’œuvre, tableaux, sculptures ou gravures, des textes et des citations, des souvenirs et des émotions esthétiques, en un mot les sensations et les images qui nourrissent son regard sur le monde. Forgé par André Malraux en 1947[1], ce concept de « musée imaginaire » abondamment commenté et parfois contesté a souvent été repris jusqu’à devenir une notion centrale qui, permettant aux historiens de l'art d'interroger les sources d’inspiration et d’émulation visuelle et intellectuelle des artistes[2], dessine en creux le portrait intime des artistes dans leur démarche créatrice. La fortune croissante de la formule depuis les années 1970 révèle sans aucun doute le besoin que nous avons de toujours mieux comprendre la genèse et les processus d’élaboration de l’œuvre d’art.

Envisager le musée imaginaire des impressionnistes revient donc à questionner la pluralité de leurs sources d’inspiration, la construction de leur imaginaire et leurs voies d'accès à la culture des images. Tel est l’enjeu de ce colloque organisé en lien avec l’exposition du musée des Beaux-arts de Rouen Scènes de la vie impressionniste, qui interroge les modalités de passage de l’œuvre d'une sphère privée à la sphère publique.

À l’impressionnisme s'attache couramment le postulat d’une nouvelle peinture qui se serait affranchie des conventions de représentation et des sources traditionnelles au profit du seul regard sur le présent, la vie contemporaine et surtout la nature. Les peintres ont parfois eux-mêmes contribué à forger cette image, en partie amplifiée par l’historiographie postérieure. Cependant, certains témoins et premiers historiens du mouvement ont signalé l’importance des sources anciennes pour les impressionnistes, leur attachement à un passé artistique dont ils se sont emparé et qu’ils n’ont pas hésité à réinventer[3]. Cette approche mérite aujourd’hui d’être reprise, prolongée et complétée, en examinant comment l'imaginaire des impressionnistes procède d'un vaste ensemble, alimenté par les beaux-arts, la presse, la caricature et l'affiche, de sources visuelles qui conjuguent le passé et le moderne.

Sous le vocable du musée imaginaire, ce colloque propose donc d’ouvrir largement le débat sur les références culturelles et leurs registres, sur la mémoire collective et individuelle et ses modes de transmission. La notion d’impressionnisme est elle-même comprise au sens large, dans ses divers prolongements internationaux et notamment américains.

Axes thématiques

Quatre axes de réflexion ou objets d’étude sont soumis aux intervenants. Ils constituent des pistes de recherches et non le programme du colloque qui sera établi en fonction des propositions retenues.

  •  Portrait, autoportrait : cette première thématique se relie plus spécifiquement au propos général de l'exposition du musée de Rouen, et du Festival Normandie impressionniste 2016. Il s'agit d'interroger la constitution d'une image de soi et du groupe à travers les traditions et les usages de ce genre pictural
  •  Musées, galeries, marché de l’art : dans ce registre, pourront être étudiés les points de contacts entre les tenants de l'impressionnisme – peintres, critiques, collectionneurs – l'art de leur temps et celui du passé.
  •  Littérature, bibliothèque, archives : le récent ouvrage consacré à la Bibliothèque de Monet a montré l'importance des sources textuelles conservées par l'artiste dans sa maison de Giverny, - classiques, catalogues d’exposition, revues-, pour la construction de son horizon culturel [4]. Dans cette perspective, on abordera des sources jusqu'ici peu exploitées, issues notamment des bibliothèques et des archives.
  •  Images, reproduction, photographie et cinéma: avec l'essor de la presse et l'apparition des nouvelles techniques de l'image, fixe et animée, se mettent en place d'autres références visuelles, plus quotidiennes, qui intègrent également le musée imaginaire des impressionnistes, comme Courbet, à la génération précédente, l'avait anticipé à sa manière.

Modalités pratiques d'envoi des propositions

Les candidats devront soumettre un projet de communication de 20 minutes au plus, accompagné d’un court CV bio-bibliographique. Les propositions ne doivent pas dépasser 1800 caractères, ou 300 mots.

Elles devront être envoyées au plus tard

le 10 janvier 2016

à l’adresse musimaginaire.impressionnistes@gmail.com . Les propositions seront examinées par un comité scientifique.

Organisé par l'Université de Rouen et le labex Les Passés dans le Présent de l'Université Paris Ouest Nanterre La Défense, avec le soutien de la Terra Foundation for American Art

Date : 6-7 septembre 2016

Lieu : Auditorium, Musée des Beaux-arts de Rouen

Comité scientifique

  • Sylvain Amic, Conservateur en chef, musée des Beaux-arts de Rouen
  • Ségolène Le Men, Professeur des universités, Paris Ouest Nanterre la Défense
  • Veerle Thielemans, Responsable des Programmes Académiques, Terra foundation
  • Claire Maingon, MCF, Université de Rouen
  • Félicie de Maupeou, Ingénieur de recherche, Labex Les Passés dans le Présent, Paris Ouest Nanterre la Défense

[1] André Malraux, Les Voix du silence. Le Musée imaginaire, Paris, Gallimard, NRF, 1965 (édition de poche, 1ère éd. 1947). Voir Henri Zerner, "André Malraux ou les pouvoirs de l'image photographique", Écrire l'histoire de l'art, Figures d'une discipline, Paris, Gallimard, 1997, p.145-156, Georges Didi-Huberman, L'Album de l'art à l'époque du musée imaginaire, Paris, Hazan, 2013. Le musée, sous réserve d'inventaire, numéro 805-806 de Critique coordonné par Jean-Louis Jeannelle, 2014.

[2] Voir notamment Musées imaginaires, n°182/2013-4 de La revue de l'art, coordonné par Ségolène Le Men, 2013. Encore très récemment, la cinémathèque française faisait usage de cette expression pour le titre de l’une de ses expositions : Le musée imaginaire d’Henri Langlois, 2014.

[3] Voir l’exposition du Denver Art Museum en 2007 sur le thème Inspiring Impressionism. The impressionists and the Art of the Past… qui développe cette problématique d’une manière particulièrement solide. Voir également Impressionist Lens, exposition de 2009-2010 à l’Université du Michigan et au Dallas Museum of Art, sur le thème de la photographie et de son influence sur l’impressionnisme.

[4] Ségolène Le Men, Claire Maingon, Félicie de Maupeou, La bibliothèque de Monet, Paris, Citadelles et Mazenod, 2013.

Lieux

  • Musée des Beaux-Arts - Esplanade Marcel Duchamp
    Rouen, France (76)

Dates

  • dimanche 10 janvier 2016

Mots-clés

  • impressionnisme, musée imaginaire, références culturelles, intellectuelles, litéraires, artistiques

Contacts

  • Félicie de Maupeou
    courriel : musimaginaire [dot] impressionnistes [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Félicie de Maupeou
    courriel : musimaginaire [dot] impressionnistes [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Un portrait intérieur », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 08 décembre 2015, http://calenda.org/349380