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Immigration et rhétoriques électorales dans les Amériques

Immigration in the Electoral Rhetoric of the Americas

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Publié le vendredi 11 décembre 2015 par Céline Guilleux

Résumé

Si l’immigration a de tout temps constitué un enjeu important dans les débats électoraux, la centralité actuelle porte à réflexion et invite à un questionnement / décryptage de sa puissance rhétorique (modalités d’évocation, finalités poursuivies, efficacité instrumentale, etc.). Au-delà des scènes politiques canadienne et étatsunienne (arènes principales), seront également considérées les lectures critiques d’expériences électorales centre-américaines, sud-américaines et caribéennes. Cette journée d’étude aura ainsi pour objectif d’alimenter la réflexion théorique (au travers de prismes sociologiques, politiques, historiques, économiques, juridiques, etc.) sur ce qui, à certains égards, laisse transparaître une forme moderne de résurgence identitaire, le tout dans un cadre particulier, celui de la scène politique en période électorale, véritable catalyseur des trajectoires nationales.

Annonce

Argumentaire

L’immigration comme élément structurel des débats électoraux

“Inflamed rhetoric”, “immigrant-bashing rhetoric”, “anti-immigrant rhetoric”… depuis près d’un an, les qualificatifs fusent afin de définir la ligne discursive établie par Donald Trump dans le cadre de la course à l’investiture républicaine. Ses récentes déclarations au sujet des immigrants latino-américains résidant illégalement sur le territoire des États-Unis semblent avoir érigé l’immigration en phénomène structurant du débat électoral. Le candidat républicain le plus médiatisé a de toute évidence fait le choix d’une rhétorique électorale axée sur le modèle de la forteresse assiégée. Considération révélatrice du statut spécial accordé, la thématique constitue l’un des trois piliers de son programme, aux côtés de la réforme fiscale et de la défense du deuxième amendement de la Constitution étatsunienne. Par opposition, les Démocrates, notamment Hillary Clinton, répondent par « the path to citizenship » soit la régularisation conditionnelle massive. Le contexte électoral états-unien contribue à renforcer la sensation que la politique de l’immigration, accompagnée, entre autres, d’un emballement médiatique particulièrement important, dépasserait désormais le simple point de clivage politique pour devenir un véritable facteur clef et un acteur – même passif – de premier plan des enjeux électoraux.

En rétrospective, les dernière élections fédérales canadiennes sont également riches d’enseignements. Là encore, la thématique migratoire fut placée en première ligne des problématiques structurant le débat national. Au cours du calendrier estival, de multiples facteurs (phénomènes migratoires en Europe, photographie d’Aylan Kurdi, décision de la Cour d’appel fédérale du 15 septembre 2015…) ont en effet progressivement amené à une cristallisation du sujet au sein de la campagne. En un laps de temps relativement court, les
thématiques migratoires et identitaires sont devenues explosives au point que soit communément décriée leur instrumentalisation politique à des fins électorales. Aussi bien l’évolution stratégique que les résultats des élections fédérales du 19 octobre dernier ont ainsi été interprétés comme une forme de réponse collective – certes relative – aux enjeux soulevés. Symbole ultime, ostensiblement assumé comme une réponse aux polémiques ayant caractérisé cette période électorale, lors de son discours de victoire, Justin Trudeau a conclu la campagne canadienne sur ces mots : “[y]ou and your fellow citizens have chosen a new government, a government who believes deeply in the diversity of our country. We know in our bones that Canada was built by people from all corners of the world, who worship every faith, who belong to every culture, who speak every language. […] We know that our inviable, inclusive society didn’t happen by accident and won’t continue without effort. I’ve always known this, Canadians know it too. If not, I might have spoken earlier this evening and have given a very different speech”.

Ailleurs, dans les Amériques, la question migratoire fait également débat. Il suffit pour en être convaincu de penser à la République Dominicaine et aux apatrides d’origine haïtienne, à l’immigration massive des Mexicains et des Centroaméricains...

Objectifs de la journée d’étude

Si la question migratoire a de tout temps constitué un enjeu important, la centralité actuelle porte à réflexion et invite à une meilleure compréhension de son instrumentalisation dans la question électorale. Au-delà des scènes politiques canadienne et étatsunienne, sont également considérées les lectures critiques d’expériences électorales centre-américaines, sud- américaines et caribéennes. Bien qu’apportant une hétérogénéité certaine, les évocations parallèles – ou croisées – de ces discours et expériences constitueront indubitablement des atouts majeurs lors de ce colloque.

Pour ce faire, quatre axes principaux seront privilégiés :

  • Rétrospectives et contextualisations historiques
  • Analyse critique du discours et dynamique électorale
  • Problématique migratoire latino-américaine et caribéenne
  • Les élections américaines 

Ces différentes thématiques devraient alimenter la réflexion théorique (au travers de prismes sociologiques, politiques, historiques, économiques, juridiques, etc.) sur ce qui, à certains égards, laisse transparaître une forme moderne de résurgence identitaire, le tout dans un cadre particulier, celui de la scène politique en période électorale, véritable catalyseur des trajectoires nationales.

Modalités de soumission et calendrier

  • 1 mars 2016 : date limite pour l’envoi des communications sous forme de résumé (2 000 à 4 000 signes) ;

  • 14 mars 2016 : réponses et sélection des communications ;
  • 9 mai 2016 : date limite pour l’envoi des communications sous forme d’article (30 000 à 40 000 signes) ;
  • Lundi 16 mai 2016 : dîner réseautage (Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec) ;
  • Mardi 17 mai : journée d’étude (Campus Longueuil, Université de Sherbrooke).

Contact : immigration.elections@gmail.com

Comité scientifique

  • Mathieu Arès, Professeur adjoint, École de politique appliquée, Faculté des lettres et sciences humaines, Université de Sherbrooke ;
  • Victor Armony, Professeur, département de sociologie, Faculté des sciences humaines, Université du Québec à Montréal ;
  • Hugo Loiseau, Professeur agrégé, École de politique appliquée, Faculté des lettres et sciences humaines, Université de Sherbrooke ;
  • Isabelle Vagnoux, Professeure, LERMA, Aix-Marseille Université et Institut des Amériques.

Comité d’organisation

  • Yves Charron, coordonnateur de l’Observatoire des Amériques ;
  • Robin Médard, coordonnateur du pôle Canada de l’Institut des Amériques.

Lieux

  • Campus Longueuil de l'Université de Sherbrooke, 150 place Charles-Le Moyne
    Montréal, Canada

Dates

  • mardi 01 mars 2016

Mots-clés

  • éléction, immigration, migration, débat politique, campagne électorale

Contacts

  • Robin Medard
    courriel : immigration [dot] elections [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Robin Medard
    courriel : immigration [dot] elections [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Immigration et rhétoriques électorales dans les Amériques », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 11 décembre 2015, http://calenda.org/350478