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Futurs incertains

Uncertain futures

Revue Tsantsa n°22 (2017)

Tsantsa journal issue 22 (2017)

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Publié le mercredi 16 décembre 2015 par Elsa Zotian

Résumé

Les situations incertaines représentent une part inévitable de la vie sociale ; cependant, les collectivités diffèrent dans leur appréhension des situations dont l’issue est incertaine, et dans les réponses qu’elles y apportent en fonction des outils (matériels comme immatériels) à leur disposition. Dans leur combat contre l’incertitude, les acteurs tentent de changer la situation, de redéfinir leur vie et d’assurer leur futur. Ces réponses sont individuelles ou collectives et les institutions sociales, les autorités par exemple, peuvent participer à la résolution des difficultés rencontrées. Les manières de gérer l’incertitude sont culturelles et, dès lors, peuvent différer.

Annonce

Argumentaire

Les situations incertaines représentent une part inévitable de la vie sociale ; cependant, les collectivités diffèrent dans leur appréhension des situations dont l’issue est incertaine, et dans les réponses qu’elles y apportent en fonction des outils (matériels comme immatériels) à leur disposition. Dans leur combat contre l’incertitude, les acteurs tentent de changer la situation, de redéfinir leur vie et d’assurer leur futur. Ces réponses sont individuelles ou collectives et les institutions sociales, les autorités par exemple, peuvent participer à la résolution des difficultés rencontrées. Les manières de gérer l’incertitude sont culturelles et, dès lors, peuvent différer.

En opposition avec les situations à risque ou menaçantes, les situations incertaines se caractérisent par les difficultés à les évaluer et à les anticiper à cause d'un manque de connaissances et/ou de l’impossibilité de produire le savoir nécessaire. Comme les risques sont définis par un calcul des probabilités et des dommages potentiels, les tenants et aboutissants restent indéterminés dans les situations incertaines. Compte tenu de l'incapacité à évaluer les situations incertaines autant que les réponses adéquates, ces situations sont l'objet d’émotions fortes et ne peuvent ainsi que rarement être comprises sur la base de calculs rationnels.

La thématique de « l’incertitude » a récemment inspiré de nombreux débats en anthropologie. Diverses situations ont été traitées ; on notera par exemple les travaux relatifs aux réponses à des désastres (naturels) (Macamo und Neubert 2012; Oliver-Smith 1986), aux déplacements et aux migrations (Colson 1971; Hänsch 2012; Jackson 2013), aux crises alimentaires (Spittler 1989), aux épidémies, en particulier le VIH/SIDA (Whyte 1997; Haram und Yamba 2009; Jenkins et al. 2005; Kroeker 2015), et les études sur les modalités d'existence dans des zones de conflit et de guerre (Vigh 2006; Christiansen et al. 2006; Oldenburg 2014; Lubkemann 2008). Si ces situations sont donc connues, leur impact sur la vie des individus reste, par contre, indéterminable.

Les représentations d’un futur (meilleur) jouent un rôle central dans la manière d'appréhender les incertitudes. Le futur peut, d’un côté, être perçu comme stimulant, ouvert et plein de rêves, ou, à l’inverse, être assombri par des anxiétés et des peurs. Ces deux perceptions résultent d’interprétations actuelles et passées des sphères d'existence culturellement déterminées.

Sans l'aide de manifestations concrètes, la notion abstraite de temps ne peut faire l'objet de recherches anthropologiques.  Or, les réponses aux incertitudes sont des candidates particulièrement pertinentes pour étudier les dimensions temporelles. Ces dimensions se déploient en relation directe avec des imaginaires. Les visions d'un futur immédiat peuvent différer des visions à moyen terme et des visions à plus long terme, qui vont au-delà de l'existence (terrestre) de ceux et celles qui les imaginent et concernent les générations à venir. Cette multiplicité des imaginaires définit une multiplicité de temps ou d'époques qui peuvent coexister simultanément. C'est en ce sens que nous pouvons concevoir des visions du futur concurrentes et ainsi des futurs au pluriel.

Les attentes et les préparatifs visant à réaliser des futurs favorables et à contrer des situations indésirables peuvent ainsi mettre au jour des manières de conceptualiser le futur. Or, à ce jour, le futur n'a que rarement fait l’objet de recherches ethnographiques et cela alors que les situations incertaines sont de plus en plus étudiées. Ce dossier thématique cherche ainsi à combler cette lacune en rassemblant des contributions qui mettent en perspective des manières de maîtriser les incertitudes avec différentes conceptions temporelles du/des futur(s) en s'appuyant sur des cas empiriques (contemporains et historiques) et des réflexions théoriques.

Les questions suivantes guident ce dossier :

1) Quelles temporalités modèlent les manières dont le futur peut être influencé : est-ce que ces visions et ces pratiques dérivent d'expériences présentes et passées ? Ont-elles pour objectif un futur immédiat, intermédiaire ou lointain ? Comment, de manière générale, le temps, et en particulier le futur, sont-ils perçus, débattus et vécus dans des situations incertaines ?

2) Quelles sont les stratégies, les tactiques et les perspectives formelles, informelles, institutionnelles et individuelles qui tentent d'exercer un contrôle sur les situations incertaines ? De quelle manière le savoir est-il produit dans ces situations ? Comment les individus jonglent-ils avec les éventualités, les contingences, les risques et les chances ? Quelles connaissances pouvons-nous tirer au sujet des conceptualisations culturelles du futur en analysant les modalités à partir desquelles les acteurs s’investissent dans l’élaboration de leur devenir ? Y a-t-il des perceptions du temps qui diffèrent des modèles « occidentaux » ?

3) De quelle manière un traitement des incertitudes transforme les imaginaires relatifs aux futurs ou provoque de nouveaux départs et l'élaboration de modes d'existence alternatifs ?

4) Existe-t-il différentes manières d'imaginer les futurs entre générations et en fonction d'expériences historiques et biographiques divergentes ?

Conditions de soumission

Langues: allemand, français et anglais

Veuillez envoyer un résumé de votre article à : valerie.haensch@uni-bayreuth.de, lena.kroeker@uni-bayreuth.de, silke.oldenburg@unibas.ch

avant le 31 janvier 2016

Résumé: max. 500 mots

Articles: 40 000 signes (y compris espaces et bibliographie).

Chaque contribution est évaluée par le comité de rédaction ainsi que par des experts externes.

Pour plus d'information sur le journal et pour consulter les directives aux auteur.e.s : http://www.tsantsa.ch/fr/

L'article proposé doit inclure également :

  • Un court résumé (max. 500 signes) en français et en anglais
  • Une brève notice biographique comprenant au moins l'institut d'affiliation ainsi qu'une adresse de correspondance en anglais (ainsi qu'un numéro de téléphone et un email)
  • 4-6 mots-clés.

Calendrier

  • Fin février 2016 : Notification aux auteur.e.s des propositions
  • 30 juin 2016 : Dernier délais pour la soumission des articles
  • 15 septembre 2016 : Envoi des commentaires aux auteurs
  • 1er novembre 2016 : Délais de soumission des versions définitives
  • Mai 2017 : Publication de Tsantsa 22 (accès libre en ligne en mai 2018)

Coordination scientifique

  • Valerie Hänsch (Institut d’ethnologie, Université de Bayreuth),
  • Lena Kroeker (Academy of Advanced African Studies, Université de Bayreuth),
  • Silke Oldenburg (Séminaire d’anthropologie sociale, Université de Bâle).

Lieux

  • Bâle, Confédération Suisse (4051)

Dates

  • dimanche 31 janvier 2016

Fichiers attachés

Mots-clés

  • conceptions de temps, gestion de l'avenir

Contacts

  • Silke Oldenburg
    courriel : silke [dot] oldenburg [at] unibas [dot] ch

Source de l'information

  • Boris Boller
    courriel : boris [dot] boller [at] bluewin [dot] ch

Pour citer cette annonce

« Futurs incertains », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 16 décembre 2015, http://calenda.org/351364