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Santé et conditions à la coéducation

Health and conditions of co-education

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Publié le mercredi 06 janvier 2016 par João Fernandes

Résumé

Dans toutes les institutions, les rapports entre parents et professionnels continuent à être perçus et décrits en termes de malentendus, en dépit de politiques prônant la coéducation. Deux grands courants de recherche s’opposent, avec d’un côté une lecture sociologique et critique d’une participation prescrite, de l’autre un repérage des conditions d’une alliance constructive entre les acteurs. Cet appel à contributions s’adresse aux chercheurs en mesure d’éclairer et nourrir, grâce à leurs travaux scientifiques, le regard des multiples acteurs qui s’interrogent sur la coéducation dans leurs pratiques, en mobilisant à la fois des dimensions épistémologique, conceptuelle, éthique, méthodologique et praxéologique.

Annonce

Argumentaire

Dans toutes les institutions, les rapports entre parents et professionnels continuent à être perçus et décrits en termes de  malentendus, en dépit de politiques prônant la coéducation. Deux grands courants de recherche s’opposent, avec d’un côté une lecture sociologique et critique d’une participation prescrite, de l’autre un repérage des conditions d’une alliance constructive entre les acteurs.

En effet, dans les différentes institutions qui prennent en charge les enfants (qu’il s’agisse de jeunes patients, des élèves, ou d’autres « usagers »), quelle place est-il possible d’offrir aux parents ? Peut-on observer et évaluer la coéducation dans les espaces de la santé, de l’enseignement et de la formation ? Qu’en est-il de l’articulation des dimensions politiques et éthiques dans les dispositifs mis en œuvre ? De quelle participation s’agit-il ? Y aurait-il des conditions favorables à la coéducation, à la fois pour les individus et pour les collectifs ? Des perspectives disciplinaires sont donc à croiser pour mieux cerner les conditions actuelles de la coéducation : étude des institutions et de leurs prescriptions avec leurs mises en œuvre réelles, études des pratiques et des interactions au plus près des situations concrètes, analyse des points de vue de chacun des acteurs concernés (professionnels de différents champs, parents, enfants, bénévoles...).

Cet appel à contributions s’adresse aux chercheurs en mesure d’éclairer et nourrir, grâce à leurs travaux scientifiques, le regard des multiples acteurs qui s’interrogent sur la coéducation dans leurs pratiques, en mobilisant à la fois des dimensions épistémologique, conceptuelle, éthique, méthodologique et praxéologique. Les propositions pourront introduire les dimensions de la santé dans plusieurs acceptions. Dans les différentes institutions, la santé tient-elle une place centrale, collatérale, marginale ? Donne-t-elle lieu à un partage avec les parents concernés : parents des élèves, de jeunes patients, des enfants confiés à la journée ou davantage à des professionnels, voire de bénévoles ? La santé se pose-t-elle : en référence pour la prise en charge (modèle clinique, recours au thérapeutique…) et quelle place les parents y prennent-ils ?   La santé constitue-t-elle un objet d’enseignement ou d’intervention, et avec quelles conséquences dans la relation aux familles ? La santé peut-elle être un analyseur dans la coéducation, quand sont convoquées les notions de climat scolaire, de bien-être ou de bientraitance… ?

Axes thématiques

Autant de questions qui ouvrent sur de multiples possibilités de contributions, attendues autour des axes suivants:

1. La coéducation, un concept à construire entre prescriptions et définitions empiriques

Dans le champ scolaire, en France, il est admis que la participation des parents à la « communauté éducative » date des années 1980. Mais si le rapport entre enseignants et parents est lui aussi étudié depuis les mêmes années, c’est en amont du concept de coéducation. Dès lors, comment se joue sa construction, et que traduit-il des rapports entre les sphères de l’action, de la décision et de la recherche ? Les autres champs du social et de la santé s’y réfèrent-ils de façon similaire ou non ? Ici, la comparaison avec les conditions d’émergence et d’évolution des questions coéducatives dans différents contextes sociaux et géographiques, nationaux ou internationaux, fera l’objet d’une attention particulière.

2. La coéducation, inscription dans les pratiques professionnelles

Au-delà des prescriptions, comment les professionnels intègrent-ils la coopération avec les parents à leurs pratiques ? Avec quelles résistances, quels ajustements ? La coéducation est-elle significative en termes de professionnalisation ? De façon plus ciblée, est-elle prise en compte et de quelle façon par les « éducations à », elles-mêmes indicatrices de changements autour et pour la professionnalité enseignante ? En se traduisant dans des interactions précises, la coéducation a-t-elle des particularités en fonction des publics, des territoires, en particulier face aux inégalités et aux discriminations ? Donne-t-elle une place à tous les acteurs, enfants en particulier, et laquelle ? Avec quel recueil de tous les points de vue et quelle attention à une redistribution des pouvoirs, non seulement individuels mais aussi collectifs ? Avec quel appui sur de modalités d’échanges induites par les nouveaux dispositifs et médias actuels en proposent ?

3. La coéducation, enjeux et objets de formation

La coéducation est-elle enseignée aux professionnels, en particulier dans les champs de la santé, de l’enseignement, de l’action socio-éducative ? Selon quelles modalités, avec quels objectifs, avec quels moyens et supports ? Cet objet incite-t-il à un renouvellement des pédagogies ? Qu’en serait-il d’enseignements croisant des publics, avec des suivis d’expérimentation, des appuis sur des témoignages ? Que seraient des formations croisées au niveau institutionnel, ou visant à intégrer des parents, voire des co-formations ?

4. Epistémologie des recherches portant sur la coéducation

Comment se traduit cette actualité de la coéducation en termes d’épistémologie : les chercheurs sont-ils assignés davantage à la prescription que pour d’autres objets ? Quelles méthodes de recueil et d’analyse se révèlent aujourd’hui pertinentes pour étudier ces rapports complexes qu’engage une situation coéducative ? Comment procéder face à la multiplicité des institutions et des acteurs ? Comment négocier les explorations sur les terrains ? Comment prendre en compte les expériences éventuellement innovantes que les chercheurs sont amenés à étudier ? La coéducation induit-elle une éthique de la recherche ?

L’ensemble de ces questionnements fera l’objet d’un numéro thématique de la revue semestrielle "Éducation, Santé, Sociétés" (à paraître en octobre 2016), ce qui permettra de mieux situer la coéducation telle qu’elle se définit et s’exerce dans les champs de la scolarité, du soin, de l’accueil, de la suppléance.

Modalités pratiques d'envoi des propositions

Les auteurs doivent soumettre leur proposition à la rédaction (revue.ess@unires-edusante.fr) en version électronique de type MSWord, RTF, ou OpenOffice dans les délais précisés dans le calendrier.

L’objet du mail fera référence à l’appel à communication concerné.

Ils fourniront deux documents :

1. Une page d’identification (non transmise aux évaluateurs) :

  •  nom et prénom
  •  institution / rattachement
  •  adresse postale complète et adresse électronique
  •  titre et mots-clés (4 à 5)
  •  résumé de l’article (environ 1200 à 1400 signes)
  •  nombre de signes de l’article, espaces et bibliographie inclus (50000 signes maximum)
  •  Important : rubrique choisie : (« Recherches » / « Perspectives »1)

2. La proposition d’article, où ne figurera aucun élément d’identification. L’auteur veillera à respecter les consignes de mise en page et le nombre de signes selon le type de contribution (« Recherches » / « Perspectives »). Nous attacherons une attention particulière aux références bibliographiques.

Critères d'évaluation

http://unires-edusante.fr/revue-education-sante-societes-criteres-devaluation/

Calendrier

  •  dead-line soumission des articles : 29/02/2016

  •  retour aux auteurs : mai 2016
  •  rendu article final : juillet 2016
  •  publication : octobre 2016

Comité scientifique

  • ACIOLY-REGNIER Nadja, Université Claude Bernard – Lyon 1, ESPE.
  • BAILLARGEON Denyse, Université de Montréal (Québec).
  • BRETON Éric, École des Hautes Études en Santé Publique, Rennes.
  • CARLIER Ghislain, Université Catholique de Louvain (Belgique).
  • CLANET Joël, Université de La Réunion, ESPE.
  • COQUIDE Maryline , École Normale Supérieure Cachan, Ifé.
  • DESCARPENTRIES Jacqueline, Université Lille 3.
  • DECCACHE Alain, Université catholique de Louvain
  • DE CARVAHLO Graça, Institute of Education, University of Minho (Portugal).
  • DEDIEU Laurence, Université de Reims Champagne-Ardenne, ESPE.
  • EL HAGE Fadi, Université St-Joseph, Beyrouth (Liban).
  • EYMARD Chantal, Université de Provence.
  • FAVRE Daniel, Université Montpellier 2, ESPE.
  • GANEM Valérie, Université Paris 13 Sorbonne Paris Cité.
  • GERBAUD Laurent, Université d’Auvergne – Clermont 1.
  • GUIET-SILVAIN Jeanne, Université Paris 5.
  • HAMARD Laurence, Université d’Evry-Val d’Essonne.
  • HAXAIRE Claudie, Université de Bretagne Occidentale, Brest.
  • HEAS Stéphane, Université Rennes 2.
  • KHZAMI Salah Eddine, École Normale Supérieure, Université de Marrakech (Maroc).
  • JOURDAN Didier , Université Blaise Pascal – Clermont-Ferrand 2, ESPE .
  • LANGE Jean-Marc, Université de Rouen, ESPE.
  • MACKIEWICZ Marie-Pierre, Université Paris-Est Créteil.
  • MOUGNIOTTE Alain, Université Claude Bernard – Lyon 1, ESPE.
  • NOURRISSON Didier, Université Claude Bernard – Lyon 1, ESPE .
  • OTIS Joanne, UQAM (Université du Québec à Montréal).
  • PELEGE, Patrick, CREAI Rhône-Alpes.
  • PIZON Frank, Université Blaise Pascal – Clermont-Ferrand 2, ESPE .
  • ROPÉ Françoise, Professeure honoraire .
  • SENSEVY Gérard, Université de Bretagne Occidentale, ESPE.
  • SIDERIS Georges, Université Paris-Sorbonne, ESPE.
  • SIMAR Carine, Université Claude Bernard – Lyon 1, ESPE.
  • SIMONNEAUX Laurence, École Nationale de Formation Agronomique, Toulouse-Auzeville.
  • TESSIER Damien, Université Joseph Fourier – Grenoble, ESPE .
  • TIBERE Laurence, Université Toulouse 2 – Le Mirail.
  • TUPIN Frédéric, Université de La Réunion, ESPE.
  • TURCOTTE Sylvain, Université du Québec, Montréal.
  • WALLIAN Nathalie, Université de la Réunion, ESPE.
  • WALKER Philippe, Centre hospitalier de Bourges.
  • WINKIN Yves, École Normale Supérieure Lyon.

Dates

  • lundi 29 février 2016

Mots-clés

  • éducation, santé, société, coéducation

Contacts

  • Mellila Bakha
    courriel : mellila [dot] bakha [at] univ-lyon1 [dot] fr

Source de l'information

  • Mellila Bakha
    courriel : mellila [dot] bakha [at] univ-lyon1 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Santé et conditions à la coéducation », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 06 janvier 2016, http://calenda.org/351858