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Vulnérabilités et territoires

Vulnerabilities and territories

XXVIIe journées scientifiques de la Société d'écologie humaine

27th study day of the Société d'écologie humaine

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Publié le vendredi 08 janvier 2016 par Céline Guilleux

Résumé

La Société d’écologie humaine, en partenariat avec le centre Georges Chevrier (université de Bourgogne), se propose d’appréhender, les interactions entre les populations en situation de vulnérabilité et leur environnement, matérialisé par le territoire. La notion de vulnérabilité recouvre de nombreuses dimensions : sociales, démographiques, sanitaires, économiques, géographiques, politiques, cognitives psychologiques… qui feront l'objet de communications sur différentes thématiques : vulnérabilités et disciplines, représentations de la vulnérabilité, spécificités des situations de vulnérabilités, vulnérabilité et territoires, vulnérabilités, territoires et acteurs sociaux... Il pourra s’agir de contributions d’ordre théorique, de présentations de travaux de recherches originaux, avec approche comparative ou non, etc. Les analyses internationales, en Europe mais aussi dans les différents continents, seront particulièrement appréciées.

Annonce

Dijon - 19-21 octobre 2016

Argumentaire

La Société d’écologie humaine, en partenariat avec le centre Georges Chevrier, se propose d’appréhender lors de ses prochaines journées scientifiques, les interactions entre les populations en situation de vulnérabilité et leur environnement délimité, matérialisé par le territoire.

La notion de vulnérabilité recouvre de nombreuses dimensions : sociales, démographiques, sanitaires, économiques, géographiques, politiques, cognitives psychologiques, …  D’abord utilisée par la médecine, l’économie, les statistiques puis, à partir des années 1970 dans les expertises sur le développement, elle gagne depuis les années 1990-2000 les différentes sciences humaines et sociales, notamment depuis que le développement durable est devenu un thème central de nombreuses recherches pluri et interdisciplinaires. Cependant, largement discutée, la vulnérabilité renvoie à des définitions multiples. Elle peut rendre compte de l’ensemble des facteurs qui constituent la fragilité d’une société, d’un territoire, d’une population, d’une structure, d’un écosystème, d’une organisation, d’un système politique, etc. La notion de vulnérabilité peut renvoyer à des disparités sociales (pauvreté, exclusion,  relégation spatiale, etc.), à des catégories évolutives d’âge ou de santé  (vieillesse, maladie, handicap, etc.), à des déséquilibres conjoncturels ou systémiques (économiques, environnementaux, psychologiques), etc. Elle contribue à qualifier l’état de personnes ou de groupes exposés à des risques qui se déploient souvent selon plusieurs dimensions à la fois (par exemple, les risques de maladie, de pauvreté, d’isolement sont souvent liés) et dont la nature peut varier.

L’idée de vulnérabilité émerge d’un processus de comparaisons très généralement implicite. Le flou de la notion de vulnérabilité et la grande extension qui peut lui être donnée ont sans doute à voir avec le fait que les références pour ces comparaisons sont, elles aussi, rarement explicitées.

La notion de vulnérabilité présente également des enjeux éthiques et politiques. L’identification de populations en situation de vulnérabilité c’est reconnaître mais également, potentiellement, stigmatiser. Cette reconnaissance peut induire une prise de responsabilité et des actions politiques de prévention ou de réparation. Elle peut aussi engendrer des mouvements sociaux divers …  Cela conduit à s'interroger sur les effets de l'usage d'une telle notion, et la manière dont elle conduit à « détourrer » certains pans de la réalité, ceux qu'on considère soumis à la vulnérabilité. Qu'est-ce qu'implique un tel mode de catégorisation ? Quels sont les facteurs par lesquels on définit une situation de vulnérabilité, sur la base de quels critères ? Et surtout, qui définit ces critères ?

Les différentes formes de vulnérabilité ont également une dimension spatiale liée au territoire occupé par les populations. Le territoire est entendu ici comme un lieu d’interactions entre les individus et un environnement physique plus ou moins délimité. Ainsi, certains territoires, de par leur contexte démographique (vieillissement de la population), géographique et écologique (climat, conditions environnementales, salubrité,…), économique (déprise industrielle), social, culturel, politique (conflits) produisent des situations de fragilités et de risques, de vulnérabilités pour les populations. La vulnérabilité s’inscrit en outre dans la durée et selon des étapes plus ou moins marquées qui constituent un processus, la « vulnérabilisation ».

La vulnérabilité peut enfin être abordée par ce qui permet de l’atténuer, la compenser ou même la positiver. Il en est ainsi de la résistance, de l’adaptabilité, de la mitigation, et surtout de la résilience. Le concept de résilience est employé avec des acceptions très diverses. Ainsi, pour certains auteurs la résilience est la capacité à rebondir pour avancer. Pour d’autres, elle intègre l’idée que le changement est inhérent à tout système ; la résilience est alors ce qui caractérise la capacité d’un système à absorber des chocs tout en maintenant certaines fonctions clefs. Cette acception est compatible avec les approches en SHS, notamment en Ecologie Politique, où elle est appliquée au vivant (individus et groupes) bien que certains soulignent que tout n’est pas positif dans la résilience. Enfin, pour certains auteurs, la résilience est une manière "d'afficher en positif ce que la vulnérabilité présente en négatif" même si elle n'est pas l'inverse de la vulnérabilité.

L’étude de la vulnérabilité des populations humaines est abordée en plaçant la réflexion dans un cadre d’analyse où interagissent divers processus et phénomènes culturels. Ces questions interpellent les chercheurs qui, à partir de leurs approches, peuvent contribuer à alimenter une réflexion pluridisciplinaire dans une dimension internationale incluant les pays en développement. Ce colloque sera l'occasion de confronter les diverses approches des vulnérabilités, en sciences humaines et sociales (sociologie, démographie, anthropologie, géographie, histoire, économie, droit,...). Les analyses internationales, en Europe mais aussi dans les différents continents, seront particulièrement appréciées.

Les communications proposées pourront s'inscrire dans les axes thématiques suivants : 

Vulnérabilités et disciplines : 

On pourra tout d'abord s'interroger sur la place que tiennent les questions de vulnérabilité dans la recherche des différentes disciplines et sur les évolutions observées durant les dernières décennies. Quelles définitions de la vulnérabilité ? Comment chaque discipline évalue et prend en compte une situation de vulnérabilité ? Quels sont les faits marquants des évolutions constatées ? Quelles échelles temporelles et spatiales pour analyser les vulnérabilités (échelle nationale, régionale, locale,...) ?

Représentations de la vulnérabilité :

Quelles représentations se font les hommes de la vulnérabilité, quelles perceptions en ont-ils ? Quelles perceptions ont d’elles-mêmes les populations en situation de vulnérabilité ? Ces représentations ne rendent-elles pas plus vulnérable que l’exposition au risque ?

Spécificités des situations de vulnérabilités :

Les vulnérabilités étant multiples, des communications pourront porter sur les différentes situations de vulnérabilités et leurs spécificités, en particulier celles liées au territoire et à l’environnement. Quelles sont les différentes composantes de la vulnérabilité (sociale, économique, géographique, culturelle,…) ? Quels en sont les facteurs et les mécanismes ? Certaines vulnérabilités sont réelles mais d’autres n’apparaissent que potentielles. Elles peuvent être créées, amplifiées (intérêt économique, politiques)…?

Vulnérabilité et territoires :

L’approche territoriale sera une entrée privilégiée : territoires socialement et spatialement relégués (espaces périurbains, espaces ruraux, bidonvilles des pays en développement) qui accueillent des populations vulnérables, en exclusion sociale et économique. Ces territoires peuvent renforcer la vulnérabilité, voire la logique de l’exclusion pour les populations les plus fragiles (chômeurs, classes populaires, personnes âgées, immigrés,…).  Les espaces urbains sont aussi vecteurs de vulnérabilité par la densité de population car la ville dense favorise l’anonymat et l’isolement.  L’absence de territoire reconnu officiellement peut aussi créer des vulnérabilités (peuple touareg). On sera ainsi amené à discuter des enjeux territoriaux de la vulnérabilité.     

Vulnérabilités et acteurs sociaux :

La lutte contre les vulnérabilités et les réponses apportées par les différents acteurs pourront également être l’objet de communications. Quelles stratégies sont développées ? Cette lutte passe par l’accompagnement des populations, par des politiques sociales, des politiques associatives locales (création de lien social), le développement de la solidarité. L’approche par la résilience est aussi une manière d’aborder les solutions opérationnelles face à la vulnérabilité. Face aux difficultés des acteurs institutionnels à réduire les vulnérabilités, il s’agit de les décharger de leurs responsabilités pour impliquer les individus et les communautés locales qui deviennent responsables de leur sort. Cela peut conduire à mettre en place des stratégies de « compensation ». Comment modifier notre regard et agir sur les risques mais aussi comment changer nos représentations sur nos vulnérabilités ? 

Ces thématiques ne sont pas exclusives les unes des autres et les propositions pourront aussi bien émarger à une seule ou à plusieurs d’entre elles. Il pourra s’agir de contributions d’ordre théorique, de présentation de travaux de recherches originaux, avec approche comparative (dans le temps et/ou dans l’espace) ou non, etc.

Responsables scientifiques

  • Bernadette Bichet, Société d’écologie humaine
  • Maryse Gaimard, Université de Bourgogne
  • Francis Ribeyre, Société d’écologie humaine

Comité scientifique

  • René Joly Assako Assako, géographie, Université de Yaoundé, Cameroun
  • Mamadou Saliou Barry, démographie, Guinée
  • Bernadette Bichet, pharmacie, Société d’écologie humaine
  • Eric Doidy, sociologie, INRA-CESAER
  • Maryse Gaimard, démographie, Université de Bourgogne, Centre Georges Chevrier
  • Matthieu Gateau, sociologie, Université de Bourgogne, Centre Georges Chevrier
  • Bah Jean-Pierre Kouakou, socio-anthropologie, Université de Bouaké, Côte d'Ivoire
  • Françoise Lafaye, ethnologie, Université de Lyon, ENTPE, UMR Environnement Ville et Société.
  • Dany Lapostolle, géographie-urbanisme, Université de Bourgogne, Théma
  • Jean-Christophe Marcel, sociologie, Université de Bourgogne, Centre Georges Chevrier
  • Ameur Oueslati, géomorphologie, Tunisie
  • Francis Ribeyre, écologie, Société d’écologie humaine

Comité d'organisation

  • Daniel Bley, Société d’Ecologie Humaine, UMR 7300 ESPACE, Aix-en-Provence
  • Myriam Borel, Université de Bourgogne
  • Gaël Cloitre, Université de Bourgogne, Centre Georges Chevrier
  • Maryse Gaimard, Université de Bourgogne, Centre Georges Chevrier
  • Matthieu Gateau, Université de Bourgogne, Centre Georges Chevrier
  • Jean-Christophe Marcel, Université de Bourgogne, Centre Georges Chevrier
  • David Valageas, Université de Bourgogne, Centre Georges Chevrier

Modalités de soumission

Les propositions de communication (400 mots maximum) devront indiquer :

  • Titre de la communication
  • Coordonnées précises du ou des auteurs : nom, prénom, laboratoire ou institution de rattachement, adresse électronique
  • Résumé de la communication (originalité du sujet, aspects théoriques, méthodologiques, éventuels résultats obtenus)
  • Mots-clés (maximum 5)
  • Eventuels éléments de bibliographie permettant de situer le sujet traité

Les propositions devront être soumises par voie électronique, au format PDF, avant le 15 février 2016.

Adresse d’envoi des propositions :  journees.seh2016@u-bourgogne.fr

L’avis du comité scientifique sera communiqué aux auteurs courant mars 2016.

Envoi des résumés : 15 juin 2016

Partenaires organisateurs

  • Société d’écologie humaine (https://ecologie-humaine.eu)
  • Centre Georges Chevrier UMR 7366 uB-CNRS (http://www.tristan.u-bourgogne.fr) 

Frais d’inscription

  • Plein tarif : 50 euros
  • Membres des institutions organisatrices : 25 euros (montant de l’adhésion à la SEH : 25euros, 5 euros pour les étudiants)
  • Gratuité pour les étudiants

Le bulletin d’inscription, le programme et les modalités pratiques seront diffusés dans une seconde annonce et mis en ligne sur le site de la SEH.

Information et contact

Pour toute demande d’informations s’adresser à journees.seh2016@u-bourgogne.fr ou par téléphone au 03 80 39 52 14 ou 03 80 39 56 07

Lieux

  • Université de Bourgogne, Maison des Sciences de l'homme, esplanade Erasme
    Dijon, France (21)

Dates

  • lundi 15 février 2016

Fichiers attachés

Mots-clés

  • vulnérabilité, territoire, pluridisciplinaire, écologie humaine

Source de l'information

  • Maryse Gaimard
    courriel : journees [dot] seh2016 [at] u-bourgogne [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Vulnérabilités et territoires », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 08 janvier 2016, http://calenda.org/352115