AccueilLa guerre et l’armée : une fabrique de la ville

La guerre et l’armée : une fabrique de la ville

War and the army - manufacturing the city - Antiquity, 21st century, Lorraine and Eastern France

Antiquité - XXIe siècle, Lorraine et Grand-Est

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Publié le mardi 12 janvier 2016 par João Fernandes

Résumé

Ce colloque s’inscrit dans le cadre d’un cycle consacré aux Conflits, initié en 2014, en écho aux commémorations de la Grande Guerre, par le comité d’histoire régionale, service du conseil régional de Lorraine. Il a pour ambition d’aborder ce thème dans la diachronie (de l’Antiquité à nos jours) et aborde les conflits en tant que processus long, intégrant les temps de préparation ou de conflit larvé, l’éclatement et le déroulement de la guerre, et la période suivant le retour à la paix. Après un premier opus consacré aux conflits et progrès scientifiques et techniques, ce sont les relations entre conflits, urbanismes et territoires qui sont au cœur du présent colloque. Centrées sur le fait urbain, les problématiques peuvent toutefois être étendues aux territoires connectés à la ville ou aux relations entre agglomérations rurales, même modestes, et fait militaire.

Annonce

Argumentaire

Au fil des siècles, la présence militaire et les conflits armés ont profondément imprimé leur empreinte dans l’espace, contribuant ainsi à la fabrique de la ville et des territoires. Les interactions entre la guerre – et son principal acteur l’armée – et l’urbanisme sont complexes ; elles ont donné lieu à des travaux nombreux et variés[1], parmi lesquels il faut signaler pour notre région le projet de recherche « Empreintes militaires dans les provinces de l’Est ».

Ce colloque s’inscrit dans le cadre d’un cycle consacré aux Conflits, initié en 2014, en écho aux commémorations de la Grande Guerre, par le Comité d’Histoire régionale, service du Conseil régional de Lorraine. Il a pour ambition d’aborder ce thème dans la diachronie (de l’Antiquité à nos jours) et aborde les conflits en tant que processus long, intégrant les temps de préparation ou de conflit larvé, l’éclatement et le déroulement de la guerre, et la période suivant le retour à la paix. Après un premier opus consacré aux conflits et progrès scientifiques et techniques[2], ce sont les relations entre Conflits, urbanismes et territoires qui sont au cœur du présent colloque. Centrées sur le fait urbain, les problématiques peuvent toutefois être étendues aux territoires connectés à la ville ou aux relations entre agglomérations rurales, même modestes, et fait militaire.

Axes thématiques

Elles peuvent se décliner selon les approches suivantes :

- Présence et équipements militaires : entre opportunités et contraintes

En temps de paix comme en temps de guerre, la présence militaire sur les territoires est forte, particulièrement dans les villes qui abritent unités et équipements militaires (fortifications, casernes et annexes, champ de manœuvre, quartiers résidentiels civils bâtis pour loger des militaires, etc.). Selon le contexte, cette présence peut apparaître comme un facteur de croissance, à l’origine d’une polarisation démographique, de protection et de contrôle des dynamiques économiques et des flux commerciaux ou au contraire être perçus comme des éléments contraignants, par exemple pour le développement urbain ou la circulation.

Les points suivants, notamment, peuvent être abordés dans ce cadre : le rôle de l’enceinte dans l’émergence des bourgs et villes, l’étude des villes de garnison, les relations fonctionnelles entre activités urbaines et fortifications (de leur construction à leur démantèlement), la place des édifices militaires en ville et leur reconversion, l’impact de l’installation, du fonctionnement et de la fermeture des bases militaires sur le maillage territorial (bases OTAN, réforme militaire, etc.), les relations entre autorités militaires et municipales. Des propositions sont les bienvenues sur les types d’infrastructures peu étudiées : casernes, espaces sportifs, cercles militaires, magasins, écuries, arsenaux, hôpitaux militaires, édifices de cultes dédiés aux soldats, etc..

- Les conséquences du conflit : destructions, reconstructions, transformations et transferts

Au-delà des aménagements à vocation militaire qui rythment la trame urbaine, les villes doivent faire face aux conséquences des guerres. Il s’agit des destructions, plus ou moins importantes, mais également des cycles de reconstruction qui succèdent aux conflits tant du point de vue architectural qu’urbanistique (des propositions sur les reconstructions qui suivent les destructions de 1814 et 1870-71 seront particulièrement bienvenues). Ces mouvements peuvent parfois s’accompagner de phénomènes de recomposition sociologique ou économique au sein des différents espaces de la ville (quartiers, faubourg/zone intra-muros, etc.). Les cas de destructions totales (bourgs désertés, villages disparus) peuvent également être abordés ainsi que les éventuelles villes neuves qui en émergent (Vaudrevange/Sarrelouis ; Vitry-le-François/Vitry-en-Perthois, etc.). Les destructions volontaires liées à la mise en défense des villes est également une piste possible.

Au-delà des ravages matériels de la guerre, la recomposition des espaces urbains liée aux changements politiques induits par les traités de paix peuvent être abordés (déplacement de frontières, migration de population, changement de statut administratif, création de place nouvelle, etc.).

- La contribution militaire aux constructions à usage  civil

Si les armées en campagne sont le plus souvent sources de destruction, les travaux portant sur la participation des armées à l’aménagement d’équipements civils sont aussi les bienvenus. Il peut s’agir de la construction d’infrastructures à usage mixte (civil et militaire), comme les réseaux routiers, ou de la mobilisation des troupes pour la remise en état d’infrastructures civiles. Les relations entre présence militaire et mise en place d’équipements modernes (éclairage, transports en communs vers des bases excentrées, etc.) ou de connaissances nouvelles (cartographie renouvelée des territoires notamment) peuvent également être traités.

- Modèles et représentations

Les modèles urbanistiques et architecturaux constituent également une voie d’entrée possible. L’intégration architecturale et fonctionnelle des contraintes de la guerre par les théoriciens de l’architecture est une piste à explorer, qu’elle s’insert dans le cadre de créations de villes neuves, de programmes de transformations urbaines ou même d’urbanisme provisoire comme les camps et campements. On peut également s’interroger sur le rôle éventuel des campagnes militaires à l’étranger comme vecteur de diffusion de ces modèles.

Les relations entre conflits et urbanisme peuvent également être abordées sous l’angle des représentations, subies ou revendiquées, qu’elles soient spécifiques à une ville ou un territoire (présence militaire comme élément identitaire) ou partagées (par exemple l’image des villes de garnison). Les études peuvent porter sur les villes qui conservent une forte relation à leur passé militaire ou sur les processus qui ont amené d’autres villes s’émanciper de cette image (c’est le cas par exemple pour Nancy qui n’est pas habituellement associé à une ville de garnison). L’usage d’éléments symboliques de l’architecture militaire au sein de programmes civils peut également être étudié.

Les communications devront concerner la Lorraine et les régions voisines (Alsace et Champagne notamment), de l’Antiquité à nos jours, en privilégiant des travaux de synthèses ou des études de cas inédites. Les travaux exploitant des sources originales seront privilégiés.

Soumission des propositions

Les propositions de communications comportant un titre et un résumé d’environ 2000 signes, les coordonnées complètes de l’intervenant (nom, prénom, fonction et rattachement institutionnel, courriel, adresse postale du domicile, téléphone) doivent être envoyées en français (fichier attaché en format word (.doc ou .docx), .rtf ou .pdf) aux adresses suivantes :

chr@lorraine.eu ou par courrier à Vianney Muller, Comité d’Histoire Régionale, Conseil Régional de Lorraine, Place Gabriel Hocquard, C.S. 81004, 57036 METZ CEDEX 01 (tél. 03.87.54.32.62.),

ou laurent.jalabert@univ-lorraine.fr

Date limite d’envoi : 22 avril 2016

Les propositions seront examinées par le Conseil scientifique du Comité d’Histoire Régionale.

Conditions particulières : Le colloque pourra faire l’objet d’une captation audio ou vidéo pour une retransmission sur le web ; les intervenants s’engagent donc à concéder au Conseil Régional de Lorraine le droit d’exploitation de leur image pour la mise à disposition des interventions du colloque en ligne.

Calendrier

  • 22 avril 2016 : Date limite d’envoi des propositions
  • 25 mai 2016 Choix définitif des propositions par le Comité scientifique
  • 15 novembre 2016 : Envoi des résumés définitifs
  • 25-26 novembre 2016 Déroulement du colloque
  • 1er février 2017  Réception des textes définitifs pour publication

Lieu : Le colloque se déroulera à Pont-à-Mousson, à l’abbaye des Prémontrés.

Frais : Les frais de voyage, d’hôtel et de restauration sont pris en charge par l’organisation du colloque. L’organisation sera précisée aux intervenants retenus en mai 2016.

Comité scientifique

Cette mission est assurée par le conseil scientifique du Comité d’Histoire régionale, regroupant actuellement :

  • Claire BEN LAKHDAR (Conservatrice en chef, Bibliothèque de Verdun)
  • Mireille-Bénédicte BOUVET (Conservateur en chef, Service régional de l’inventaire du patrimoine culturel)
  • Philippe BRUNELLA  (Conservateur en chef, Musée de la Cour d’Or, Metz)
  • François COCHET (Professeur des Universités, Université de Lorraine)
  • Laurent COMMAILLE (Maître de conférences, Université de Lorraine)
  • Jeanne-Marie DEMAROLLE (Professeur des Universités honoraire, Université de Lorraine)
  • Léon ENGELBERT (Professeur certifié)
  • Gérard GIULIATO (Professeur des Universités, Université de Lorraine)
  • Catherine GUYON (Maître de conférences, Université de Lorraine)
  • Claire HAQUET (Conservatrice, Bibliothèque de Nancy)
  • Jean-Pierre HUSSON (Professeur des Universités, Université de Lorraine)
  • Laurent JALABERT (Maître de conférences, Université de Lorraine)
  • Annette LAUMON (Conservateur en chef, Conseil général de Meurthe-et-Moselle)
  • Nicolas LEMMER (Responsable, Archives municipales de Stenay)
  • Julien LEONARD (Maître de conférences, Université de Lorraine)
  • Hugues MARSAT (professeur agrégé)
  • Gérard MICHAUX (Maître de conférences honoraire, Université de Lorraine)
  • François PETRAZOLLER (Conservateur en chef, Archives départementales des Vosges)
  • Pascal RAGGI (Maître de conférences, Université de Lorraine)
  • Martine SADION (Conservatrice en chef, Musée de l’Image, Épinal)

Comité d’organisation

  • Laurent Jalabert (Université de Lorraine)
  • Vianney Muller (Comité d’Histoire Régionale)
  • Sophie Veber (Comité d’Histoire Régionale)
  • Elisabeth Pacary (Comité d’Histoire Régionale)

[1] Relevons quelques travaux éclairant les différentes entrées de cet appel à contribution : François Dallemagne, Jean Mouly, Patrimoine militaire, Ministère de la Défense, Scala, Paris, 2006 ; Philippe Guignet, Philippe Bragard, Jean-François Chanet, Catherine Denys (dir.), L’Armée et la ville dans l’Europe du Nord et du Nord-Ouest, [Actes du colloque international à l'Université Lille III (29-30 avril 2004], Presses Universitaires de Louvain, 2006, ; Antoine Champeaux, Jean-François Pernot, Soldats bâtisseurs, [Actes du colloque de Fréjus – 27-28 novembre 2003], Musée des troupes de marine, Centre d'histoire et d'études des troupes d'outre-mer, Panazol, Lavauzelle, 2006 ; Les sièges de l’autorité militaire, Revue historique des armées,  n°248, 2007 ; Yves Henigfeld, Amaury Masquilier (dir.), Archéologie des enceintes urbaines et de leurs abords en Lorraine et en Alsace (XIIe-XVe siècles), Revue archéologique de l’Est, Dijon,2007 Restructuration d’espaces militaires et développement des territoires, Revue géographique de l’Est, vol. 51, 1-2, 2011 ; In Situ : Le patrimoine militaire et la question urbaine, n°16, 2011 ; Camille Crunchant, Laurent Jalabert (dir.), Le patrimoine militaire dans les villes du Grand Est du XVIe siècle à nos jours, [Actes du colloque des 11 et 12 décembre à Nancy], à paraître.

[2] Laurent Jalabert, Vianney Muller (dir.), Conflits et progrès scientifiques et techniques en Lorraine à travers les siècles, [Actes du colloque du Comité d’Histoire régionale – 17-18 octobre 2014 à Metz], Edhisto, Moyenmoutier, 2015.

Lieux

  • Abbaye des Prémontrés - 9 Rue Saint-Martin
    Pont-à-Mousson, France (54700)

Dates

  • vendredi 22 avril 2016

Mots-clés

  • archéologie, architecture, fortification, enceinte, caserne, espace sportif, cercle militaire, magasin, écurie, arsenal, hôpital militaire, lieu de culte des soldats, champ de manœuvre, oppidum

Contacts

  • Vianney Muller
    courriel : vianney [dot] muller [at] lorraine [dot] eu

Source de l'information

  • Vianney Muller
    courriel : vianney [dot] muller [at] lorraine [dot] eu

Pour citer cette annonce

« La guerre et l’armée : une fabrique de la ville », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 12 janvier 2016, http://calenda.org/352231