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L'habitat informel au Maghreb

Informal habitat in the Maghreb

Champs, processus et acteurs

Fields, processes and actors

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Publié le jeudi 14 janvier 2016 par João Fernandes

Résumé

Compte tenu de la complexité et de l’hétérogénéité de la réalité de l’habitat informel dans le monde et en particulier au Maghreb, et vu les transformations qu’a connues la région au cours de la dernière décennie, une relecture de la réalité informelle de l’habitat s’impose. Il s’agit de faire le point du coté de plusieurs spécialistes (urbanistes, géographes, sociologues, économistes, juristes, etc..) et de saisir le phénomène d’un point de vue pluridisciplinaire. Ce colloque essaiera d’examiner, les champs, les processus et les acteurs du phénomène informel de l’habitat, à travers plusieurs aspect, issus de la crise du logement connue par les pays du Maghreb.

Annonce

Argumentaire

Compte tenu de la complexité et de l’hétérogénéité de la réalité de l’habitat informel dans le monde et en particulier au Maghreb, et vu les transformations qu’a connues la région au cours de la dernière décennie, une relecture de la réalité informelle de l’habitat s’impose. Il s’agit de faire le point du coté de plusieurs spécialistes (urbanistes, géographes, sociologues, économistes, juristes, etc..) et de saisir le phénomène d’un point de vue pluridisciplinaire.

En effet, l’habitat informel est au cœur des enjeux urbains au Maghreb, au point que certains pensent que « l’informel prend possession de la ville », et hypothèque même son devenir.

La réalité démographique toujours pressante, combinée aux difficultés économiques et sociales et aux aspirations au « droit au logement », stimulées par le printemps arabe, auraient activé l’exode (rurale et (ou) urbaine) et contribué à cumuler l’apparition de nouveaux espaces de constructions informelles. L’urbanisation devient ainsi, plus subie que voulue, plus perverse que réfléchie, avec tout ce qu’elle colporte comme dérives informelles.

Ce colloque essaie d’examiner, les champs, les processus et les acteurs du phénomène informel de l’habitat, à travers plusieurs aspects, issus de la crise du logement connue par les pays du Maghreb, dont le spatial, le social, l’économique et l’aménagement, qui en constituent ses quatre thématiques, à savoir :

I - Au niveau spatial, le phénomène informel transforme l’espace urbain quantitativement aussi bien que qualitativement, et stimule l’émergence de nouvelles formes de l’urbanité. 

Il contribue, par exemple, au surdimensionnement des périphéries urbaines, voire des espaces péricentraux et des espaces interstitiels, au point que certains parlent « d’espace éclaté ».

Il peut également provoquer une densification différentielle du tissu urbain, souvent difficile à rectifier.

Qualitativement l’habitat informel recompose la ville et on pourra parler de remodelage de l’espace urbain, de sa restructuration, pour obtenir des secteurs hybrides, au niveau de la zone périphérique, des secteurs  péricentraux et des espaces interstitiels. Ces modifications touchent également les cellules de l’habitat informel, c'est-à-dire le tissu urbain des quartiers spontanés. 

II - D’un autre coté, l’aspect social de l’informalité de l’habitat urbain serait d’un apport certain pour la compréhension du phénomène. Il serait intéressant d’examiner, à titre d’exemple, les logiques sociales et les finalités multiples de l’habitat informel. Pouvons-nous les connaitre, les comprendre et le cas échéant les accepter? Comment l’informalité se positionne sur le plan social: appropriation, perception, valorisation sociale . . .?

Par ailleurs, l’habitat informel traduit généralement la précarité de la population urbaine, englobe des enjeux de pauvreté économique et de manque d’accès aux services et équipements. Peut-on se demander si l’informalité s’assimile toujours à la marginalité urbaine ?

Ce phénomène serait au centre de plusieurs processus qui animent le citadin maghrébin, dont la promotion sociale, la recomposition sociale, l’équité sociale, la légitimité, et le classement social. L’accession au logement informel atténue-t-elle toutes les frustrations sociales ?

Parmi les slogans issus des manifestations qui ont touché les pays du Maghreb en 2011, le droit au logement était souvent associé à une demande de justice sociale.

III - L’aspect économique, pour sa part,  apporte surement un éclairage complémentaire sur les considérations qui transforment l’habitat informel d’un palliatif à un concurrent du marché immobilier formel.

Des mécanismes d’ouverture à l’habitat non réglementaire en partant du marché de logement peuvent être révélés en considérant, par exemple, les composantes du marché de la construction informelle, des spécificités des intrications des marchés fonciers et immobiliers, des questions de l’enjeu de la rente, voire du rôle des banques.

La comparaison de la rentabilité économique à la rentabilité sociale peut également compléter le tableau.

Au niveau du quartier, l’informel stimule une dynamique propre, qui toucherait non seulement le secteur de la construction, mais aussi le secteur commercial, avec l’apparition d’établissements de matériaux de construction, de produits alimentaires, voire de produits semi rares (électroménager, bijouteries, etc.…).

IV - Enfin, l’examen de la problématique de l’aménagementet de l’habitat peut cerner les stratégies des intervenants dans le secteur de l’habitat en général et de l’habitat informel en particulier. On pourra développer en particulier le rôle des Pouvoirs Publics, en tant que responsables de l’aménagement et de la mise en place des outils de contrôle de l’informalité et qui deviennent eux-mêmes parfois producteurs ou complices de l’informalité.   

Le rôle des autres acteurs pourra être examiné, comme celui du technicien, coincé entre les règles et les pratiques, en tant que gestionnaire de l’habitat informel et agent constatant la transgression et responsable de dérogations et de régularisations.

C’est l’occasion de cibler en particulier les logiques contradictoires de ces opérateurs: la logique des acteurs administratifs, des communaux et des associatifs, en tant que stratégies  et celles des populations, en tant que contre-stratégies.

D’autres questions seraient examinées, comme celles relatives à l’informel dans les politiques de l’habitat et dans les plans d’aménagement, comme l’intégration de ce phénomène dans le monde rural, et ses différences avec l’habitat traditionnel de type Médina ou R’bats (faubourgs).

Nous pourrions aussi nous permettre de réfléchir à la régulation de l’informel, en tant que préalable à son assimilation dans la ville, vers une reconsidération peut-être de l’habitat informel.

Nous pouvons aussi opter pour l’informel institutionnalisé ou l’urbanisme de fait et si l’autoritarisme et les démolitions, dans ces cas, sont inefficaces et que la mise en place du concept de la rénovation participative serait beaucoup plus intéressant.

En somme l’habitat informel, ce phénomène répandu, toléré et conflictuel, pose de sérieux défis dans la planification urbaine soumise à de multiples problèmes.

En proposant ce colloque nous voudrions tenter de répondre, entre autres, à ces questions : L’habitat informel est-ce une fatalité ?Peut-on agir ? Peut-on ou doit-on repenser  l’informalité urbaine? Y a-t-il (y aurait-il) une (des) stratégie(s)  de l’habitat informel, voire de l’informalité d’une manière générale ? 

Thématiques de la rencontre

Quatre thématiques sont à même d’articuler  la réflexion de cette rencontre :

1) Effets spatiaux de l’habitat informel sur la ville maghrébine

2) L’informalité de l’habitat urbain et les logiques socioculturelles

3) Le marché de l’habitat informel est ses interférences socioéconomiques

4) L’habitat informel, l’aménagement urbain et les politiques publiques. 

Comité scientifique

  • BELHARETH Taoufik (coordinateur) – Géographe-urbaniste – Professeur à l’Ecole Normale Supérieure  – Université de Tunis (Tunisie).
  • MABROUK Mehdi Sociologue chercheur maitre de conférences à l’université de Tunis, directeur du CAREP
  • KHOUAJA Ahmed chef de département de sociologie - Sociologue urbaniste – professeur à la Faculté des Sciences Humaines et Sociales de Tunis, Université de Tunis (Tunisie)
  • BARKAOUI Khélifa chef de département de géographie- Géographe-Urbaniste – Faculté des Lettres des Arts et des Humanités  - Professeur à l’Université de la Manouba ( Tunisie)  
  • BELHEDI Amor - Géographe aménageur - Professeur à l’Faculté des Sciences Humaines et Sociales – Université de Tunis (Tunisie)
  • BOUJEMAA  Khalfallah – Architecte-Urbaniste - Institut de Gestion et des Techniques Urbaines – Professeur à l’Université de M’sila (Algérie)
  • CHOUIKI Mustapha - Géographe-aménageur – Professeur à la Faculté Ain Chok, Université  Hassan  II - Casablanca (Maroc)
  • KOUADRIA Nouredine – Urbaniste Aménageur – Professeur à l’Université Badji Mokhtar - Annaba (Algérie)
  • AYARI Adel sociologue chercheur, maitre de conférences à l’ISAJC, Université de Tunis, rapporteur du comité scientifique au CAREP           

Conditions de soumission

Langues du colloque : Arabe – Français - Anglais. Toute communication orale dans l’une de ces langues doit être appuyée par un résumé dans l’une des deux autres langues.

Envoi des projets de communication:

  • Remplir la fiche d’inscription ci-jointe
  • Envoi des résumés : La soumission de communication doit comporter : un titre, un résumé de 500 à 700 mots, incluant  la problématique étudiée, la méthodologie de recherche et les principales idées, 05 mots clés, une  bibliographie sommaire ainsi que le nom de l’auteur, l’institution d’appartenance, l’adresse mail, le numéro de téléphone.

Les projets d’intervention devront être envoyés impérativement aux deux adresses électroniques suivantes :

Echéancier

  • Date limite d’envoi des résumés: 15 Mars 2016
  • Notification des résultats des évaluations: 12 Mai 2016
  • Date limite de soumission du texte final (full paper): 15 Aout 2016
  • Colloque : 24, 25 et 26 novembre 2016

Informations générales

1-    Le Centre Arabe des Recherches et de l’Etude des Politiques (CAREP) prendra en charge :

  • pour les participants résidants à l’étranger : billet d’avion électronique – transfert hôtel-aéroport-hôtel, hébergement en pension complète pour 3 nuitées.
  • Pour les participants tunisiens : hébergement en pension complète pour 2 nuitées.

2-    Tous les extras (téléphone, boissons alcoolisées, etc.) sont à la charge des participants. 

Publication

Les travaux de ce colloque seront publiés ultérieurement.

Lieux

  • Tunis, Tunisie (1082)

Dates

  • mardi 15 mars 2016

Mots-clés

  • habitat informel, champs, processus, acteur, ville, espace, urbain

Contacts

  • Mariem Jebali
    courriel : mariem [dot] carep [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Mariem Jebali
    courriel : mariem [dot] carep [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« L'habitat informel au Maghreb », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 14 janvier 2016, http://calenda.org/352687