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Islam et violence : questionner les références scripturaires et historiques

Islam and violence: questioning scriptural and historical references

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Publié le lundi 18 janvier 2016 par Céline Guilleux

Résumé

Depuis plus d’une décennie, et plus récemment avec la période post « printemps arabe », la question du rapport de l’islam à la violence est abondamment soulevée. La violence n’est-elle pas intrinsèque à l’islam ? Ses sources scripturaires n’en sont-elles pas la matrice ? N’est-elle pas la religion de la guerre sainte ? La multiplication de groupes radicaux se réclamant de l’islam et la médiatisation des actes qu’ils commettent contribuent à nourrir ces interrogations et, parfois, à leur procurer des réponses tranchées et définitives.

Annonce

Problématique

Depuis plus d’une décennie, et plus récemment avec la période post « printemps arabe », la question du rapport de l’islam à la violence est abondamment soulevée. La violence n’est-elle pas intrinsèque à l’islam ? Ses sources scripturaires n’en sont-elles pas la matrice ? N’est-elle pas la religion de la guerre sainte ? La multiplication de groupes radicaux se réclamant de l’islam et la médiatisation des actes qu’ils commettent contribuent à nourrir ces interrogations et, parfois, à leur procurer des réponses tranchées et définitives. Il est vrai que depuis l’échec du réformisme musulman du XIXème siècle, suivi par la faillite des idéologies révolutionnaires (arabisme, socialisme, communisme, etc.) et celle des grands syndicats, les mouvements radicaux se présentent comme la seule alternative politico-religieuse capable de réconcilier le monde arabo-musulman avec son patrimoine historique (turâth) et la pureté originelle de sa foi. Mais ce qui nous intéressera ici est moins les mouvements radicaux que les référents scripturaires et/ou historiques qu’ils convoquent pour structurer leur discours ou motiver leur action. Notre objectif n’est donc pas de revenir sur le débat entre spécialistes quant au « cycle de l’islamisme » (de l’émergence des mouvements radicaux dans les années 70 à leur déclin annoncé dans les années 2000), mais d’interroger la pertinence des sources utilisées par ces mouvements pour tisser un lien d’affiliation et de filiation avec le message originel de l’islam (ou supposé comme tel).

En outre, il ne s’agira pas, comme le font les mouvements radicaux, de « reporter sur l’islam, en tant que principe normatif-causatif, l’intelligibilité des systèmes d’action et de représentations articulés autour du référent religieux » (Alain Roussillon, 2001) ni d’analyser au seul prisme du religieux les sociétés qui se réclament de l’Islam. Ainsi, les contributions devront situer dans leur contexte sociohistorique les motivations à la mise à jour de telle ou telle référence. Dans cette perspective on pourra se servir de la voie négative comme méthode d’analyse. Par voie négative, nous entendons le fait de scruter et d’interpréter non point les références mentionnées dans les discours radicaux mais celles qui n’y figurent pas (voir cette approche chez R. Brunschvig, 1976). Qu’est-ce qui motive le choix des références ? L’histoire contemporaine de l’Islam y joue-t-elle un rôle ? Le rapport Islam-Occident ? Le messianisme ? Existe-t-il un lien entre violence à l’époque médiévale et fondamentalisme contemporain ?

Bibliographie sélective

Robert Brunschvig, Etudes d’islamologie, tome 1, Paris, Maisonneuve et Larose, 1976, p.341.

Basma Kodmany Darwich et May Chartouni-Dubarry, Les Etats arabes face à la contestation islamique, Paris, Ifri, Armand Colin, 1997.

Muhammad Saïd Al-Ashmawy, L’Islamisme contre l’islam, Paris, La Découverte, 1989.

Aziz al-Azmeh, L’Obscurantisme postmoderne et la question musulmane, Paris, Actes Sud – Sindbad, 2004.

Khaled Abou El Fadl, Rebellion and Violence in Islamic Law, Cambridge, Cambridge University Press, 2001.

Yohanan Friedmann, Tolerance and coercion in Islam: interfaith relations in the Muslim tradition, Cambridge, Cambridge University Press, 2003.

Farhad Khosrokhavar, Radicalisation, Paris, Editions de la Maison des sciences de l'homme, 2014.

Farhad Khosrokhavar, Jihadist IdeologyThe Anthropological Perspective, The Centre for Studies in Islamism and Radicalization (CIR), 2011.

Daniel Lav, Radical Islam and the revival of medieval theology, Cambridge-New York, Cambridge University Press, 2012.

Joseph Maïla, Islam, utopie et violence » in Esprit, n° 129/130, 1987, pp. 38-43.

Alain Roussillon, « Les islamologues dans l’impasse » in Esprit, août-septembre 2001, pp.93-115.

Olivier Roy, L’échec de l’islam politique, Paris, Le Seuil, 1992.

Conditions de soumission

Les textes proposés sont des originaux et correspondent aux thématiques liées au fait Musulman couvertes par la revue. Toutes les disciplines de sciences humaines sont acceptées; la revue étant ouverte à tous les courants de pensée, en dehors de ceux qui prônent des valeurs extrémistes.

Les propositions d’articles (résumé de 2 000 signes, plan d’article et court CV de l’auteur – titre, organisme et publication dans le domaine couvert par l’article –) sont à envoyer au comité de rédaction de la revue à l’adresse email : lescahiersdelislam (at) gmail (dot) com

avant le 15 mars 2016.

Les propositions d'article seront alors évaluées par le comité de rédaction. Le secrétariat de rédaction informera les auteurs dans le courant du mois de Mars 2016.

Après avis du Comité de rédaction renvoyé, les auteurs des propositions acceptées auront jusqu’au 30 juin 2016 pour envoyer leur texte (se reporter aux recommandations en fin du texte du document ci-joint). Celui-ci sera soumis aux comités de rédaction et de lecture de la revue.

L’article prendra place dans le second numéro de la Revue académique Les cahiers de l’Islam, prévu pour paraître début 2017.

Le comité de rédaction profite de cet appel à contribution pour rappeler que la revue comporte également une rubrique « Recension » et « Hors-thème ».

Calendrier

Dans la mesure du possible les dates précisées ci-dessous devront être respectées.

  • Date de soumission des propositions : 15 Mars 2016.
  • Communication de l’acceptation des propositions d’articles : 15 avril 2016.
  • Date de remise des articles pour expertise : 30 Juin 2016.
  • Date de retour des expertises : 30 septembre 2016.
  • Date de remise des articles dans leur état définitif : 15 novembre 2016
  • Remise du manuscrit à l’impression : 15 décembre 2016
  • Date de publication : Mi-janvier 2017

Format

 L’article doit être rédigé en français dans la mesure du possible et ne pas dépasser 50 000 signes (notes, illustrations, bibliographie et espaces compris).

Il doit être accompagné de deux résumés : le premier en français, le second en anglais (2 000 signes chacun) et de 5 mots clés en français et en anglais. Les résumés, les mots clés peuvent être fournis dans d’autres langues que le français et l’anglais. En particulier en Arabe.

Pour un compte rendu d’ouvrage, le nombre de signes ne devra pas excéder 12 500 signes. Dans le cas ou les auteurs proposeraient des images (photographies, illustrations) pour valoriser leur texte, celles-ci devraient être au format jpg ou pdf haute définition (300 dpi), format paysage et en noir et blanc.

Comité de lecture

Le comité de lecture de la revue est composé :

  • Azaeiz Mehdi. Docteur en islamologie, Postdoc LabexResmed, chercheur associé CNRS/IREMAM.
  • Baylocq Cédric. Professeur assistant d'anthropologie au département des Sciences Politiques, Juridiques et Sociales de l'Université Mundiapolis, Casablanca, et chercheur associé au Centre Jacques Berque (CNRS USR 3136).
  • Dakhli Leyla. Agrégée et docteure en histoire, chercheure au CNRS (Institut de recherche et d'études sur le monde arabe et musulman, IREMAM).
  • D. Marcotte Roxanne. Docteure (U McGill) en études islamiques, professeure agrégée au département de sciences des religions de l’Université du Québec à Montréal (UQAM).
  • Dot-Pouillard Nicolas. Docteur en sciences politiques diplômé de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), Chercheur à l’Institut français du Proche-Orient (IFPO) à Beyrouth.
  • El Asri Farid. Docteur en anthropologie (UCL), enseignant-chercheur à Sciences Po Rabat (UIR), chercheur-associé au Centre Jacques Berque pour les Etudes en Sciences Humaines et Sociales au Maroc (USR - CNRS 3136) et membre du comité de direction du Centre Interdisciplinaire d'Etudes de l'Islam dans le Monde contemporain (CISMOC, UCL).
  • KHELEF Fatma. Docteur en langue et littérature arabes, enseignante à l’Université Toulouse II.
  • Hilali Asma. Docteure de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (EPHE), chercheure à l’Institute of Ismaili Studies.
  • Mohyddin Yahia. Docteur de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (EPHE), professeur à la Dâr al-Hadîth al-Hasaniyya de Rabat, enseignant à l'Université ouverte de Catalogne (UOC) et chercheur associé au CNRS (Laboratoire d'étude des monothéismes, UER 8584).
  • Privot Michaël. Docteur en langues et lettres de l’Université de Liège, licence en histoire et philologie orientales (islamologie), spécialisation en histoire comparée des religions ainsi qu’en langue arabe (Damas).
  • Saint-prot Charles. Docteur en science politique, habilité à diriger des recherches, responsable du cercle d’études islamiques et arabes du centre Maurice Hauriou de la Faculté de droit Paris Descartes et directeur de l'Observatoire d’études géopolitiques (OEG).
  • Sambe Bakary. Enseignant-chercheur au Centre d'Etude des Religions (CER), Université Gaston Berger de Saint-Louis (Sénégal).
  • Sebti Meryem. Chargée de recherche au CNRS.
  • Yassine Rachid ID. Docteur de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), enseignant-chercheur au Centre d'étude des religions à l’université Gaston Berger (UGB) et enseignant au département de sociologie de l'université Perpignan Via Domitia (UPVD). Chercheur associé au Centre d'analyse et d'intervention sociologiques (CADIS) et à l'Institut catalan de recherches en sciences sociales (ICRESS). Coordonnateur de l'Observatoire des mondes de la Méditerranée et du Moyen-Orient.

Comité de rédaction

  •  Le comité de rédaction de la revue est composé :
  • d’un Directeur de Publication : Beddy Ebnou, directeur de l’Institute for Epistemological Studies Europe (IESE)
  • d’un secrétariat de rédaction composé des membres du conseil d’administration de l’association loi de 1901 « Les Cahiers de l’Islam », à savoir de MM. Amine Djebbar, Pascal Lemmel, Youssouf T. Sangaré.
  • d’un secrétariat administratif composé de Me Naima Daoudi.
  • Ali Zahra. Docteure à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS de Paris), Post doctorante à l'Université de Chester (UK).
  • Butterworth Charles. Professeur émérite de l’université de Maryland en philosophique politique.
  • Chapellière Isabelle. Professeure agrégée, docteure en sciences économiques, chercheuse associée CHERPA Sciences Po Aix.
  • Geoffroy Eric. Islamologue arabisant à l’Université de Strasbourg, enseignant à l’Université Ouverte de Catalogne (Barcelone) et à l’Université Catholique de Louvain (Belgique).
  • Leites Adrien. Maître de conférences à la Sorbonne en Langue arabe, civilisation et pensée islamiques.
  • Liogier Raphael. Professeur des universités et directeur de l'Observatoire du religieux.
  • Lory Pierre. Directeur d'études à l'École Pratique des Hautes Études (EPHE), Section des Sciences religieuses, chaire de Mystique musulmane.
  • Merzoug Omar.  Professeur de Civilisation Islamique à l'Institut al-Ghazali et journaliste.
  • Van ess Josef. Professeur émérite de l’Université de Tubingue, orientaliste.

Dates

  • mardi 15 mars 2016

Mots-clés

  • islam, violence, religion, monde musulman, Coran, prophète de l'islam

URLS de référence

Source de l'information

  • Youssouf T. Sangaré
    courriel : lescahiersdelislam [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Islam et violence : questionner les références scripturaires et historiques », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 18 janvier 2016, http://calenda.org/352886