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Cours de formation sur l'histoire du livre et de l'imprimerie

Training lessons in the history of books and printing

École d'été de l'Institut d'histoire du livre

Summer school at the Institut d'histoire du livre

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Publié le mardi 19 janvier 2016 par Céline Guilleux

Résumé

L'Institut d'histoire du livre organise chaque année à Lyon une école d'été dont l'objectif est de promouvoir la diffusion des savoirs spécifiques au monde du patrimoine écrit. L’apprentissage se fait par des sessions de cours à l’enssib, appuyées sur un livret pédagogique et des supports audiovisuels d’une part, et par l’étude de documents originaux, rares et précieux au Musée de l’imprimerie et à la Bibliothèque municipale de Lyon, d’autre part. Les cours s’adressent à un large éventail de spécialistes en histoire du livre et des techniques graphiques : chercheurs, enseignants, conservateurs de bibliothèques et de musées, artisans, bibliothécaires, libraires, graphistes, collectionneurs, doctorants...

Annonce

(4-7 juillet 2016), Lyon

Argumentaire

L’Institut d’histoire du livre regroupe plusieurs institutions fortement impliquées dans le domaine du livre et du patrimoine graphique: la Bibliothèque municipale de Lyon (BmL), le Musée de l’imprimerie et de la communication graphique, l’École nationale supérieure des sciences de l’information et des bibliothèques (enssib) et l’École nationale des chartes à Paris (ENC).

L'Institut d'Histoire du livre organise chaque année à Lyon une école d'été dont l'objectif est de promouvoir la diffusion des savoirs spécifiques au monde du patrimoine écrit. L’apprentissage se fait par des sessions de cours à l’enssib, appuyées sur un livret pédagogique et des supports audiovisuels d’une part, et par l’étude de documents originaux, rares et précieux au Musée de l’imprimerie et à la Bibliothèque municipale de Lyon, d’autre part.

Les cours s’adressent à un large éventail de spécialistes en histoire du livre et des techniques graphiques : chercheurs, enseignants, conservateurs de bibliothèques et de musées, artisans, bibliothécaires, libraires, graphistes, collectionneurs, doctorants...

Pour la 13e édition de son École, l’IHL offrira quatre cours en parallèle animés par Monique Hulvey, Kristian Jensen, Neil Harris et Sébastien Morlighem.

1. Initiation à l’étude des provenances (cours en français)

Formatrices : Monique Hulvey (Bibliothèque municipale de Lyon), Béatrice Delestre (Bibliothèque de l'Institut de France)

L’intérêt suscité par l’étude des provenances des livres manuscrits et imprimés s’étant considérablement accru au cours des dernières décennies, ce domaine requiert de plus en plus l’attention des professionnels et utilisateurs des collections.

Afin de mieux documenter le commerce, la lecture et l’utilisation du livre à diverses époques, cette étude implique de comprendre et reconnaître les éléments d’information à notre disposition, en particulier les indices contenus dans les ouvrages eux-mêmes qui nous informent sur leur histoire et celle de leurs anciens possesseurs. Quels éléments sont utilisables pour retracer ces parcours, de quelles ressources disposons-nous pour identifier collections et collectionneurs ?

Le cours s’efforce de répondre à ces questions en procurant les repères indispensables à la recherche des différentes marques de provenance (reliures, ex-libris, inscriptions, etc.) ainsi qu’une liste d’outils disponibles pour une première approche, paléographique et héraldique notamment, de certaines de ces marques.

Il procurera également des recommandations pour les décrire, qu’elles soient identifiées ou non, ainsi que des repères dans les descriptions fournies à travers les catalogues.

Enfin, il donnera une vision de l’enjeu des projets de mise en commun et de partage de ces données qui sont en cours d’élaboration au plan national et international, à travers des exemples de reconstruction des collections dispersées.                                                      

Ce cours est ouvert à l’ensemble des professionnels, chercheurs, doctorants ou collectionneurs qui travaillent sur des collections anciennes et souhaitent une initiation à ces pratiques de recherche. Il requiert une familiarité avec les collections anciennes, leurs spécificités bibliographiques et avec le latin de base.

Monique Hulvey a longtemps travaillé en Amérique du Nord où elle a participé au recensement des collections d’incunables dans l’ISTC ainsi qu’ à la description et la recherche sur les éditions imprimées aux XVe et XVIe siècle. Elle a en particulier catalogué la collection des incunables de la Folger Shakespeare Library, pour la plupart annotés à la Renaissance, en collaboration avec des équipes de recherche. À Lyon, où elle gère les catalogues de  manuscrits et d’imprimés anciens, elle a créé depuis une quinzaine d’années la base Provenance des livres anciens de la Bibliothèque municipale de Lyon, qui pour la première fois s’est efforcée de documenter systématiquement en ligne l’histoire des collections à travers les marques de provenance contenues dans les livres. Cette approche qui a permis de tisser une trame contextuelle riche autour des collections lyonnaises en contribuant à l’histoire intellectuelle de Lyon et de son rayonnement, a servi de base à de nombreux échanges, publications et partenariats. Elle a aussi favorisé sa participation à des groupes de travail et de recherche au niveau local comme à l’international (membre du Centre d’Histoire du livre Gabriel Naudé, du Groupe « Provenances des Bibliothèques françaises » de Biblissima, du Comité de Coordination du Consortium of European Research Libraries). Elle suit également les progrès du Fifteenth Century Book Trade project, un programme soutenu par le Conseil européen pour la recherche (ERC).

2. Les Didot et la typographie moderne en France : leurs prédécesseurs, leurs émules, leurs héritiers (cours en français)

Formateur: Sébastien Morlighem (Ecole supérieure d'art et de design d'Amiens)

Le principal objectif de ce cours est de permettre aux étudiants d’appréhender et de comprendre une période charnière de l’histoire des caractères typographiques en France.

Il décrira dans un premier temps le contexte culturel et technique qui accompagna et favorisa leur transformation, et présentera un certain nombre de formes annonciatrices issues de la typographie, mais aussi de la calligraphie et de la gravure sur cuivre.

Dans un second temps, ce cours s’intéressera principalement à la famille Didot, et particulièrement aux trois générations successives qui développèrent sur près d’un demi-siècle plusieurs séries de nouveaux caractères employés dans leurs propres éditions, mais aussi par un nombre croissant d’imprimeurs français et étrangers. 

Dans un troisième temps, il mettra l’accent sur l’émergence du « style Didot », c’est-à-dire une nouvelle série de caractères gravés par Firmin Didot, dont l’impact fut décisif sur ses compétiteurs qui suivirent rapidement ce modèle au détriment d’approches formelles aussi variées que valides. Enfin, il s’intéressera à la pérennité et à la postérité de ce style, du XIXe siècle à sa recréation récente dans le domaine de la typographie numérique.

Tout au long de ces quatre journées, les étudiants seront invités à découvrir l’introduction et l’évolution de ces caractères à travers l’examen de livres et autres documents issus des collections de la Bibliothèque municipale de Lyon et du Musée de l’Imprimerie et de la communication graphique ; ils auront également un aperçu régulier des transformations similaires à l’œuvre dans d’autres pays européens (Angleterre, Écosse, Allemagne, Italie…).

Sébastien Morlighem est docteur de l’université de Reading, chercheur-enseignant en histoire de la typographie et coordinateur du post-diplôme «Typographie & langage » de l’École supérieure d’art et de design d’Amiens. Il a créé et dirige la collection « Bibliothèque typographique » pour Ypsilon Éditeur.

3. The Italian Renaissance Book, and afterwards (course in English)

Tutor: Neil Harris (University of Udine)

The course concentrates on a number of “episodes” in the history of the Italian Renaissance book, which will also be closely linked to the practical sessions at the Bibliothèque municipale de Lyon.

To begin with the course will look at the passage from manuscripts to printed books in the Fifteenth century. Was it a seamless transition or a violent break with tradition?

Italian manuscripts were highly prized all over Europe at the time and as they have been ever since, and so the early printers modelled their work on these de luxe books. The change, however, was not just from the scribe to the printer; it was also from parchment to paper, from large books to small books, from few books to lots of books, and from Latin to vernacular. The impact on the way books were made and stored in libraries was far-reaching and had huge consequences for issues such as cataloguing and preservation.

Printing first appeared in Italy in the Benedictine monastery at Subiaco in 1465, but swiftly spread to Rome (1467) and to Venice (1469). By the 1480s Venice had developed a modern printing industry: one fascinating document is the Zornale of the bookseller Francesco de Madiis, who had a shop in the Rialto district and from 1484 to 1488 sold some 25,000 books. The ledger records the daily sales and the prices for every item, so that it is possible to compare them to books that have survived in today’s libraries.

The industry and our perception of the history of the Italian Renaissance book was radically changed by the figure and personality of Aldus Manutius, the quincentenary of whose death was celebrated in 2015. But what precisely did Aldus do? One answer is that he established canon or an education model that has lasted up to our own day.

By the Sixteenth century the Italian book and the Italian language were exported all over Europe, so that modern cataloguing projects have had to take account of the low survival rates of some texts and their widespread dispersal. The Edit16 project is widely admired, but it has its own complex history and employs devices such as the Fingerprint that have to be understood in order to be used effectively, while many early Italian editions present complex variants of state and issue that require bibliographical expertise for their interpretation.

Dr. Neil Harris is Professor of Bibliography and Library Studies at the University of Udine in Italy, where from 2008 to 2015 he was also director of the Department of History and Preservation of the Cultural Heritage (Dipartimento di Storia e Tutela dei Beni Culturali). After a B.A. in English at Oxford and a Ph.D. in Comparative literature at Leicester, he obtained a Perfezionamento, or a second Ph.D., at the Scuola Normale Superiore in Pisa. In the process, what began as a learned footnote about Milton’s reading of the Orlando Innamorato turned into a six-hundred page bibliography of the poem by Matteo Maria Boiardo (1988-91). Subsequently he has worked extensively on the history of the Italian Renaissance printed book, with in-depth studies of the printing of the Aldine Hypnerotomachia Poliphili (1499) and explorations of the tricks of the trade used by printers to create multiple states and issues. He has also followed numerous cataloguing projects of early printed material in Italian libraries and contributed introductions and critical essays to the published versions, in particular to that of San Gimignano (2007). Together with Cristina Dondi, he is presently engaged in editing the Zornale, or ledger, of the Venetian bookseller Francesco de Madiis, which records the daily sales activity of a shop in the Rialto district from 1484 to 1488.

4. Introduction to the study of incunabula (course in English)

Tutor: Kristian Jensen (British Library)

The course will examine how to interpret the explicit statements contained in the books themselves about the circumstances of their production.

In the absence of contemporary descriptions, however, the incunabula themselves provide the most important body evidence for how they were produced. The course will therefore examine how we can learn about the history of production through recognising and carefully interpreting the evidence with which the books as physical objects present us. This will by implication also provide some tools for recognising books which have later been “improved” or even faked. By presenting the most important catalogues of incunabula in the historical context of their creation, it emphasises their intended aims, as well as their strengths and weaknesses for specific current research purposes.

Special attention will be paid to illustration, lay-out and texts; to the relationship between the various phases of production of incunabula and their end-users; we will look at hand finishing and decoration, at book distribution and types of evidence for early provenance and we will look at the impact of later collectors.

At the end of the course it is hoped that the students will feel confident in identifying and interpreting the evidence presented by incunabula, using the appropriate reference tools in awareness of current research trends.

Dr. Kristian Jensen is Head of Collections and Curation at the British Library. He began his library career as an incunabulist at the Bodleian Library where he initiated and lead for nine years the project which created the Bodleian Library’s incunable catalogue. Subsequently he became Head of Incunabula at the British Library. He has published extensively on incunabula focusing on issues around the history of reading book ownership and the interrelation between intellectual needs of users and the commercial needs of producers. Most recently he published Revolution and the Antiquarian Book: Reshaping the Past, 1780-1815, Cambridge: Cambridge University Press, 2011.

Modalités de candidature

Afin de faciliter l’accès aux fonds patrimoniaux et l’analyse de documents originaux, le nombre de participants est limité à douze personnes pour chaque cours.

Prix d’inscription pour un cours (4 jours)

  • Tarif normal : 500 euros
  • Tarif étudiant : 300 euros (pièces obligatoires à fournir : lettre de motivation, CV, copie de la carte d’étudiant)

Les tarifs comprennent le matériel pédagogique, le cocktail de bienvenue le lundi soir et les pauses-cafés. L’hébergement ainsi que les repas ne sont pas compris.

Inscriptions et informations : ihl[at]enssib[dot]fr

Avant le 15 juin 2016

Coordinateurs (Bibliothèque municipale de Lyon)

et responsables de la sélection des candidatures

  • Pierre Guinard (directeur des collections et des contenus),
  • Sheza Moledina (responsable des colloques scientifiques),
  • Jérôme Sirdey (responsable du fonds ancien)

Lieux

  • Bibliothèque municipale de Lyon, enssib, musée de l'imprimerie
    Lyon, France (69)

Dates

  • mercredi 15 juin 2016

Fichiers attachés

Mots-clés

  • typographie, incunable, provenance, ex-libris, Renaissance, patrimoine, imprimerie

Contacts

  • Sheza Moledina
    courriel : ihl [at] enssib [dot] fr
  • Pierre Guinard
    courriel : pguinard [at] bm-lyon [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Institut d'Histoire du Livre
    courriel : ihl [at] enssib [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Cours de formation sur l'histoire du livre et de l'imprimerie », École d'été, Calenda, Publié le mardi 19 janvier 2016, http://calenda.org/353157