AccueilL’observation et les observatoires de paysage : quelles pratiques et quels dispositifs pour mettre en débat les relations entre les sociétés et leurs environnements ?

L’observation et les observatoires de paysage : quelles pratiques et quels dispositifs pour mettre en débat les relations entre les sociétés et leurs environnements ?

Observation and observatories of the landscape: what policies and measures for discussing relationships between societies and their environments?

Revue « Projets de paysage » n°15

Projets de paysage journal, issue 15

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Publié le mercredi 20 janvier 2016 par João Fernandes

Résumé

Le quinzième numéro de la revue Projets de paysage propose d’interroger l’activité d’observation dans le domaine du paysage, ses pratiques, ses dispositifs et ses perspectives. Il s’agit de montrer dans quelle mesure et comment de telles approches pourraient faire exister un paysage-outil qui permettrait la (re)construction des liens entre une société et son environnement et la mise en place de projets de territoire concertés.

Annonce

Argumentaire

À l’heure actuelle de nombreuses institutions et collectivités territoriales ont pour préoccupation affichée le suivi des paysages. Les observatoires se multiplient. Ce qui les motive est, le plus souvent, la volonté de saisir les conséquences d’une politique ou d’un aménagement susceptible d’engendrer le changement ou bien visant, au contraire, à l’éviter. Si cet intérêt à collecter des informations susceptibles d’éclairer une prise de décision dans un contexte de haute complexité et de grande incertitude n’est pas propre au domaine du paysage, il y est particulièrement prégnant. Il est vrai que le souci de paysage a aujourd’hui largement essaimé dans l’action territoriale et que le paysage est désormais considéré comme une problématique majeure des politiques publiques. Par ailleurs, la mise en place d’un dispositif d’observation en ce domaine va dans le sens de la prise en compte d’objectifs de qualité paysagère préconisée par la récente Convention européenne du paysage.

Curieusement, et malgré cet engouement, une large imprécision enveloppe encore les pratiques d’observation du paysage. La plupart des dispositifs mettent en œuvre une approche exclusivement photographique de l’observation paysagère, comme si les photographies constituaient un document objectif, immédiatement lisible et compréhensible par tous. Or, la photographie est un instrument nécessaire, mais non suffisant. Il est essentiel de rassembler des informations que le paysage lui-même ne donne pas directement pour pouvoir comprendre et expliquer les formes visibles des environnements et des territoires et leurs évolutions.

En outre, la seule photographie ne permet pas de saisir les regards portés sur les paysages et les attentes dont ils font l’objet. Or, cette dimension est essentielle pour une compréhension globale des enjeux paysagers inhérents à un territoire. Pour aller au-delà de la prise en compte des matérialités paysagères s’impose donc la mise en œuvre d’une démarche d’enquête directe auprès des personnes qui vivent au quotidien ce territoire et ses environnements, qu’elles aient à l’administrer ou non. Seule une approche de ce type est susceptible d’apporter un éclairage sur les représentations socioculturelles qui se succèdent dans le temps et dont on peut faire l’hypothèse qu’elles sont associées aux changements passés, présents et à venir en matière de paysage.

D’autre part, la plupart des dispositifs d’observation existants ont pour simple objectif le recueil de données ou la sensibilisation des différents partenaires. Or, l’intérêt serait de faire des observatoires un outil réflexif pour l’action et un moyen de fédérer les acteurs. Dès lors, l’observation doit être orientée par une volonté de saisir et de comprendre un ou plusieurs phénomènes paysagers spécifiques considérés comme étant illustratifs d’enjeux importants dans le domaine du paysage. Il s’agit donc d’élaborer une démarche permettant de construire une problématique d’observation, elle-même inséparable d’un travail visant à identifier les processus biophysiques et les pratiques sociales qui déterminent les formes paysagères. On peut ainsi émettre l’hypothèse que la cohérence d’un observatoire dans le domaine du paysage tient à la formulation au préalable d’une problématique d’observation, qui, dans l’idéal, devrait être identifiée et construite avec les acteurs et les habitants concernés.

Fort de ces constats, ce dossier devra être l’occasion de discuter des potentialités de la démarche d’observation de paysage et de proposer de nouvelles approches sur la base d’expériences où se croisent chercheurs, praticiens et acteurs.

Axes thématiques

Trois axes structurants permettront d’amorcer la réflexion collective qui s’impose et pourront constituer autant de jalons pour de potentielles contributions :

  • L’examen critique des dispositifs d’observation existants. Quels sont les différents principes sur lesquels se fondent les observatoires existants ? De quelles manières la question paysagère y est-elle considérée ? Pourquoi les acteurs éprouvent-ils souvent des difficultés à se saisir des observatoires de paysage pour en faire un outil les aidant à penser et à concevoir leurs actions ?
  • L’analyse des fondements théoriques et pratiques des démarches d’observation. Ce deuxième axe doit être l’occasion de conduire une réflexion sur l’observation dans le domaine du paysage et de l’appréhender dans toute sa complexité. Les contributions devront s’attacher à analyser la pluralité des déclinaisons théoriques et pratiques susceptibles d’être mises en œuvre, de l’observation in situ à différentes échelles de temps et d’espace aux enquêtes sociales, de l’interprétation des données à leur mise en forme et à leur restitution. Il s’agit notamment de prendre de la distance par rapport à un modèle d’observation le plus souvent centré sur un paysage appréhendé dans la seule transformation du visible.
  • L’élaboration de propositions méthodologiques visant à prendre en compte les représentations socioculturelles et à faire des observatoires de paysage des outils pour l’action. Ce troisième axe invite les auteurs à discuter des potentialités d’une démarche d’observation de paysage qui ne serait pas seulement fondée sur la matérialité des environnements, mais qui prendrait également en compte les représentations sociales, les attentes et les sensibilités des acteurs et des habitants. L’objectif est de concevoir des dispositifs d’observation permettant de susciter le débat social sur les évolutions paysagères et de définir une politique et des actions - cohérentes et concertées - prenant en compte les sens et les valeurs plurielles que les populations projettent sur les paysages.

Par ailleurs, la revue Projets de paysage vient de mettre en place une nouvelle rubrique dont l’objectif est de réunir des textes considérés comme non scientifiques (notes, récits, témoignages, descriptions, entretiens, comptes rendus, etc.). Ces textes doivent répondre à la thématique du dossier et proposer des matériaux susceptibles d’être ultérieurement mobilisés pour une réflexion plus poussée. Cette nouvelle rubrique offre donc la possibilité de diffuser des écrits, moins conventionnels et plus personnels, sur le thème de l’observation et des observatoires de paysage. Ils devront être inscrits dans un format court (10 000 à 20 000 signes maximum).

Bernard Davasse

Modalités de soumission

  • Un résumé de 2 pages (soit environ 6 000 signes), comprenant une bibliographie indicative, 5 mots clés et la mention du champ disciplinaire, devra être envoyé le mercredi 23 mars 2016 au plus tard à Emmanuelle Passerieux-Gibert : emma.passerieux@editographie.com ;
  • une sélection sera faite à partir de ces résumés et la commande des textes aux auteurs sera envoyée le mercredi 6 avril 2016 ;
  • les textes devront impérativement être envoyés le mercredi 13 juillet 2016 au plus tard à Emmanuelle Passerieux-Gibert : emma.passerieux@editographie.com ;
  • calibrage impératif des textes pour le dossier thématique : entre 20 000 et 40 000 signes, espaces, notes et bibliographies comprises. Les textes plus longs ne pourront être acceptés.
  • calibrage impératif des textes pour la nouvelle rubrique : entre 10 000 et 20 000 signes, espaces, notes et bibliographies comprises. Les textes plus longs ne pourront être acceptés.
  • pour la présentation des textes et les consignes à suivre, veuillez consulter le site Internet de la revue à l’adresse suivante : http://www.projetsdepaysage.fr/fr/conseils_aux_auteurs.

Directeur de publication 

Vincent Piveteau

Comité de rédaction

  • Sabine Bouché-Pillon, maître de conférences en écologie urbaine à l'École de la nature et du paysage de Blois, INSA Centre Val de Loire, membre de l'UMR 7324 CITERES (CNRS - université de Tours)
  • Bernard Davasse, géographe, professeur à l'École nationale supérieure d'architecture et de paysage de Bordeaux, membre de PASSAGES-UMR 5319 du CNRS
  • Hervé Davodeau, géographe, enseignant-chercheur, maître de conférences, à Agrocampus Ouest centre d'Angers, UMR CNRS Espaces et sociétés (ESO)
  • Sabine Ehrmann, artiste, docteur en esthétique, enseignante à l'École nationale supérieure d'architecture et de paysage de Lille (ENSAPL) et à l'École supérieure d'art des jardins (ESAJ), chercheuse du laboratoire Conception Territoire Histoire (LACTH)
  • Catherine Grout, professeure en esthétique, HDR, École nationale supérieure d'architecture et de paysage de Lille, chercheuse au LACTH
  • Dominique Henry, paysagiste, docteur en géographie-aménagement, maître-assistant associé à l'École nationale supérieure d'architecture et de paysage de Bordeaux, membre de PASSAGES-UMR 5319 du CNRS
  • Fabienne Joliet, géographe, professeure à l'Institut national de l'horticulture et du paysage à Angers (Agrocampus-Ouest), UMR CNRS Espaces et sociétés (ESO)
  • Yves Petit-Berghem, professeur au département d'écologie, École nationale supérieure de paysage de Versailles-Marseille
  • Sylvie Servain, géographe, maître de conférences à l'École nationale supérieure de la nature et du paysage, INSA Centre Val de Loire, membre de l'UMR 7324 CITERES (CNRS-université de Tours)
  • Monique Toublanc, sociologue, ingénieur paysagiste, maître de conférences à l'École nationale supérieure de paysage de Versailles-Marseille

Comité scientifique

  • Sylvie Brosseau, architecte-chercheur, université Waseda à Tōkyō
  • Béatrice Collignon, géographe, professeure à l'université de Bordeaux 3
  • Gérald Domon, géographe, école d'architecture de paysage, université de Montréal
  • Pierre Donadieu, professeur émérite en sciences du paysage à l'École nationale supérieure de paysage de Versailles-Marseille
  • Georges Farhat, architecte, historien des jardins et du paysage, Associate Professor, université de Toronto et membre fondateur du Laboratoire de l'école d'architecture de Versailles (Léav)
  • Viviana Ferrario, architecte, enseignante-chercheuse à l'université IUAV de Venise
  • Josefina Gómez Mendoza, professeur émérite de géographie à l'université autonome de Madrid
  • André Guillerme, professeur d'histoire des techniques au Conservatoire national des arts et métiers à Paris
  • Laurent Matthey, géographe, professeur assistant, département de géographie et environnement de l'université de Genève
  • Yves Michelin, géographe et agronome, professeur à VetAgroSup
  • Louis-Michel Nourry, professeur d'histoire (art des jardins - paysage) et directeur du département recherche à l'École d'architecture de Bretagne
  • Philippe Poullaouec-Gonidec, architecte, paysagiste et plasticien, directeur de la chaire Unesco en paysage et environnement (Cupeum) et de la chaire paysage et environnement (Cpeum), professeur à l'École d'architecture de paysage de l'université de Montréal (Canada)
  • Sylvie Salles, architecte et urbaniste, Ensa Paris-Val de Seine
  • Anne Sgard, géographe, université de Génève

Dates

  • mercredi 23 mars 2016

Mots-clés

  • paysage, projets de paysage, observation de paysage, observatoire de paysage, pratique et dispositif de paysage

Contacts

  • Emmanuelle Passerieux-Gibert
    courriel : emma [dot] passerieux [at] editographie [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Emmanuelle Passerieux-Gibert
    courriel : emma [dot] passerieux [at] editographie [dot] com

Pour citer cette annonce

« L’observation et les observatoires de paysage : quelles pratiques et quels dispositifs pour mettre en débat les relations entre les sociétés et leurs environnements ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 20 janvier 2016, http://calenda.org/353500