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Des sciences métissées sont-elles possibles ?

Are hybrid sciences possible?

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Publié le mercredi 20 janvier 2016 par Céline Guilleux

Résumé

Dans ce colloque, à l'aide d'analyses épistémologiques et d'études de cas, nous voulons faire avancer la réflexion sur les limites et les possibilités du métissage des sciences que nous définissons comme l'inclusion dans un champ scientifique d'une pluralité de savoirs qui lui sont externes, mais qui sont susceptibles de le modifier.

Annonce

Thème

Dans la lignée des travaux de l’anthropologue JL Amselle, on peut définir le métissage comme un processus continuel d’interactions entre plusieurs cultures qui transforme ces dernières d’une manière ou d’une autre. Autrement dit, le métissage désigne un processus par lequel toutes les cultures qui se rencontrent en sortent modifiées, ayant absorbé au moins quelques traits des autres. Le métissage se distingue alors du rapport de forces qui conduit une des cultures à imposer aux autres ses savoirs, ses représentations du monde, ses normes et ses pratiques sans se transformer elle-même, phénomène bien connu des études du colonialisme et de la mondialisation.

La science contemporaine est, dans une perspective constructiviste, une production culturelle étroitement liée à la modernité européenne et, depuis le 20e siècle, anglosaxonne, ce qui se traduit par des normes, des pratiques et un régime de vérité bien particulier, dominé par le post-positivisme. Ce régime de vérité exclut du champ scientifique de nombreuses pratiques de connaissance qui proviennent notamment des cultures non anglo-saxonnes, des pays des Suds ou des milieux non scientifiques. Ces pratiques sont-elles condamnées à exister en parallèle ou aux marges du champ scientifique, plus ou moins invisibles, ou peut-on imaginer des sciences métissées, qui acceptent de se laisser modifier par la rencontre avec d’autres savoirs, d’autres normes, d’autres pratiques de connaissance?

Ce colloque, organisé par l'Association science et bien commun, propose d’explorer, à travers des travaux d’épistémologie sociale et politique, des cas concrets de métissage réussi ou impossible. Différents axes sont proposés : la rencontre de savoirs de différentes disciplines, de savoirs inspirés par des postures épistémologiques variées, de savoirs universitaires du Nord et du Sud, de savoirs scientifiques et non scientifiques, par exemple dans le cas des sciences participatives et citoyennes ou de l'art.

Ce colloque se situe dans la lignée de la réflexion que nous menons depuis plusieurs années sur les transformations actuelles de la science sous l’influence du mouvement de la science ouverte et des critiques adressées au virage néolibéral et marchand des politiques scientifiques, thèmes traités dans nos colloques des années précédentes.

Dans le colloque de cette année, nous souhaitons réfléchir de manière approfondie à la possibilité ou à l’impossibilité de réaliser une des voies proposées par la science ouverte, à savoir l’intégration au champ scientifique d’une pluralité de formes de savoirs. En sciences sociales, le pluralisme épistémologique est assez bien accepté, mais qu’en est-il dans les STEM (science, technologie, ingénierie et mathématiques)? Les recherches dites pluridisciplinaires réussissent-elles le métissage de différentes disciplines ou ces dernières se retrouvent-elles dans une situation de tolérance réciproque fragile? Les projets de science citoyenne ou participative vont-ils plus loin que l’exploitation de la force de travail bénévole des non-scientifiques? Les savoirs produits par les chercheurs et chercheuses autochtones ou des Suds sont-ils cités et enseignés dans les universités du monde entier? Comment les savoirs locaux sont-ils accueillis par les projets de recherche qui font du travail de terrain dans des contextes précis?

En faisant se côtoyer des réflexions d’ordre épistémologique et des études de cas proposées par des chercheurs et chercheuses de différents continents, ce colloque fera avancer la réflexion sur les limites et les possibilités du métissage de la science. Il contribuera ainsi à répondre de manière bien documentée aux exigences sociales et politiques de la justice cognitive, ce principe de justice qui vise à mettre la connaissance sous toutes ses formes au service du développement durable des communautés.

Le colloque sera réparti sur deux journées (jeudi 12 et vendredi 13 mai). Il sera composé de trois tables rondes, de communications et de périodes de discussion générale. La première table ronde portera sur la pluridisciplinarité et réunira des chercheurs et chercheuses de différentes disciplines. La seconde présentera des épistémologies alternatives provenant des pays des Suds (le Swaraj indien, l’Ubuntu africain et le Buen Vivir de Bolivie). La dernière table ronde traitera de la présence des travaux de recherche des chercheurs et chercheuses autochtones et des Suds dans l’enseignement universitaire.

Quatre axes sont proposés dans l’appel à communications : 1) la pluridisciplinarité au sein du champ scientifique, 2) le pluralisme épistémologique en science, 3) la négociation des savoirs dans la science citoyenne ou participative et dans la recherche partenariale et 4) l’inclusion ou l’exclusion des savoirs locaux dans le champ scientifique.

Échéancier et modalités de soumission

  • Jusqu'au 12 février 2016 : soumission des résumés dans le formulaire suivant.

  • 26 février 2016 : avis aux auteurs et auteures
  • 4 mars 2016 : programme final envoyé à l'ACFAS
  • 12 et 13 mai 2016 : colloque à Montréal, Qc, Canada dans le cadre du 84e congrès de l'Association francophone pour le savoir (ACFAS)

Comité scientifique

  • Florence Piron (Université Laval)
  • Émilie Tremblay (UQAM)
  • Mélissa Lieutenant-Gosselin (Université Laval)
  • Marie-Claude Bernard (ULaval)
  • Jean Bernatchez (UQAR)
  • Matthieu Noucher (CNRS)

Lieux

  • UQAM
    Montréal, Canada

Dates

  • vendredi 12 février 2016

Mots-clés

  • métissage, science, pluridisciplinarité, pluralisme épistémologique, science citoyenne, science participative, savoir local

Contacts

  • Piron Florence
    courriel : florence [dot] piron [at] com [dot] ulaval [dot] ca

Source de l'information

  • Émilie Tremblay
    courriel : tremblay [dot] emilie [dot] 8 [at] courrier [dot] uqam [dot] ca

Pour citer cette annonce

« Des sciences métissées sont-elles possibles ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 20 janvier 2016, http://calenda.org/353517