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Les ondes de choc de 2015

Shockwaves from 2015

Revue « Hommes et migrations »

Hommes et migrations journal

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Publié le mardi 19 janvier 2016 par João Fernandes

Résumé

Les tueries de 2015 en France ont suscité des réactions et des traumatismes d’une rare ampleur. Nombreux et divers sont les discours, les interprétations, ainsi que les grandes manifestations où s’est affiché l’attachement au débat contradictoire. Les interprétations de ces événements ont été multiples. C’est l’analyse des ondes de choc provoqué par ces attentas de 2015 que ce numéro de la revue Hommes et Migrations entend mener, grâce à une approche critique et distanciée, de l’ensemble des questionnements et des idées qui ont été alors débattues pour expliquer ces attentats, notamment la manière dont les débats ont établi des liens entre ces événements dramatiques et les problématiques migratoires, objet de la revue.

Annonce

Argumentaire

Les tueries de 2015 en France ont suscité des réactions et des traumatismes d’une rare ampleur. Nombreux et divers sont les discours, les interprétations, ainsi que les grandes manifestations où s’est affiché l’attachement au débat contradictoire. Les interprétations de ces événements ont été multiples. C’est l’analyse des ondes de choc provoqué par ces attentas de 2015 que ce numéro de la revue Hommes et Migrations entend mener, grâce à une approche critique et distanciée, de l’ensemble des questionnements et des idées qui ont été alors débattues pour expliquer ces attentats, notamment la manière dont les débats ont établi des liens entre ces événements dramatiques et les problématiques migratoires, objet de la revue.

Si les attentats et leurs effets dans la société française constituent un ensemble complexe difficile à démêler, il n’en demeure pas moins nécessaire de privilégier quelques orientations thématiques pour constituer un numéro cohérent. Les analyses de corpus de sources et les travaux de recherche de terrain seront privilégiés dans la sélection des articles qui composeront ce numéro. Il conviendra de proposer des textes qui aideront à comprendre comment ces attentats meurtriers ont produit des débats, des argumentaires, des mobilisations ou engagements, des manières de penser la société française en relation avec les actes terroristes qui se sont déroulés en 2015. Un des questionnements est de comprendre comment se fabriquent ou se renforcent, dans les jours qui suivent ces tueries, des amalgames dans les débats, les discours politiques ou médiatiques et dans l’opinion associant immigration, radicalisation, faits religieux, banlieues, jeunes générations etc. Les articles traitant les manières dont ces débats, ces discours, ces manifestations ou ces représentations sociales associent ces évènements dramatiques à des causalités diverses dues aux phénomènes migratoires et aux évolutions de la société française sont également attendus.

Comment nommer?

Suite aux tueries de 2015, l’exercice même de nommer et ainsi d’orienter les questionnements constitue un premier axe d’étude qui va être exploré dans ce dossier. L’analyse s’attachera à comprendre comment les évènements sont identifiés et nommés, qui sont les acteurs responsables et les victimes, quelles réalités sociales, économiques et politiques sont impliquées dans l’énonciations des facteurs en cause. Les efforts et les modalités de formulation de débats pour interpréter les attentats et leurs conséquences sur la société française prennent en outre un sens singulier eu égard aux profils des personnes qui sont supposées être les plus concernées (intellectuels, leaders politiques, journalistes, militants associatifs, personnes issus de l’immigration …) dans l’effort de nommer ces attentats. 

Qui nomment ?

Il convient aussi d’identifier les producteurs et les diffuseurs de ces discours (médias, réseaux sociaux, mobilisations etc.), leurs profils, leurs argumentaires et leurs modèles explicatifs, énoncés ou inhérents, et étudier la manière dont ils fabriquent des représentations des attentats. Sous cet angle, il sera éclairant de comprendre les conditions de l’émergence et de visibilité de ces débats dans l’espace public français, et comment ils sont révélateurs du fonctionnement de l’espace politique français. De nouveau, les articles expliqueront particulièrement les liens que ces producteurs de sens établissent entre les évènements meurtriers et l’immigration. La difficulté de nommer et de délimiter les propos sur ces attentats entre en résonnance avec des questions d’ordre épistémologique, plus convoquée dans les milieux scientifiques. On peut penser que ces événements n’ont pas été sans conséquences sur les chercheurs et les institutions de la recherche. Là aussi, il sera utile de repérer les évolutions tant dans le mode d’approche que dans les pratiques des sciences sociales sur ces thèmes du dossier. 

Quelles politiques publiques ?

Le second axe de ce dossier concerne les politiques publiques comme modes d’intervention des pouvoirs publics (Etat et collectivités territoriales). L’analyse portera sur les politiques développées en France depuis plus d’une décennie, notamment depuis l’embrasement des banlieues en 2005 qui avait déjà suscité maintes controverses et critiques autour des résultats de ces interventions publiques face aux discriminations, aux réalités sociales de l’immigration, à la sécurité, à l’autorité, etc… Les analyses pourront aussi porter sur les mesures prises par les pouvoirs publics suite aux attentats comme autant de réponses à des situations prises en compte par les institutions pour expliquer ces évènements, les prévenir ou y remédier dans l’urgence ou moyen terme. Périodiser ces politiques publiques de la sorte ne suppose aucune continuité entre 2005 et 2015, ni ne laisse entendre que les problèmes identifiés par les pouvoirs publics concernent les seuls espaces de relégation.

Planning de publication

Dans un premier temps, les propositions d’article de une à deux pages présentant la question étudiée, les matériaux utilisés et les méthodes de recueil de ces matériaux, et les analyses principales peuvent être envoyées

jusqu’au 5 février 2016

aux adresses suivantes :

marie.poinsot@histoire-immigration.fr et abdelhafid.hammouche@univ-lille1.fr

copie hetm@histoire-immigration.fr

Les contributeurs/trices retenu(e)s au plus tard à la mi-février seront ensuite invité(e)s à envoyer leur texte de 30 000 signes (espaces, notes et bibliographie compris) pour le 5 juin 2016 au plus tard. Les articles feront l’objet d’une évaluation par au moins deux rapporteurs, selon la procédure en vigueur au sein du comité de rédaction de la revue et ils paraîtront en septembre 2015.

Coordination

  • Abdelhafid Hammouche Sociologue, Professeur à l’Université de Lille, Sciences et Technologie.

Comité de rédaction

  • Augustin Barbara. Sociologue, université de Nantes.· 
  • Jacques Barou. Sociologue, CNRS - Cerat (Centre de recherche sur le politique, l'administration, la ville et le territoire), Grenoble.· 
  • Yvan Gastaut. Historien, maître de conférences à l’université de Nice Sophia Antipolis, UFR STAPS.· 
  • Abdelhafid Hammouche. Sociologue, Abdelhafid Hammouche, Professeur des Universités, Lille 1, Directeur du Clersé-CNRS-USTL (UMR 8019), Directeur du Master Sociologie et Anthropologie des Enjeux Urbains.
  • Mustapha Harzoune. Journaliste.
  • Marie Lazaridis. Enseignante, spécialisée sur la scolarisation des enfants de migrants et issus des minorités.
  • Mohamed Madoui. Professeur des Universités. Groupe innovation du CNAM (EA LIRSA et UMR LISE)
  • Khelifa Messamah. Économiste, maître de conférence à l'université Paris VIII.
  • Jean-Baptiste Meyer. Directeur de recherches à l'IRD, sociologue.
  • Marie Poinsot. Politologue, Rédactrice en chef de la revue, responsable du département Editions du Musée de l'histoire de l'immigration.
  • Edwige Rude-Antoine. Juriste, chargée de recherche au CNRS-URMIS (Unité de recherches migrations et sociétés) et Curapp (Centre universitaire sur les administrations et les politiques publiques), Amiens.
  • Alain Seksig. Inspecteur de l'Education nationale, membre du Haut Conseil à l'Intégration.
  • Alain Somia. Directeur général de Aces international et membre du conseil d'administration de l'Association Amana.
  • Anne de Tinguy. CNRS-Ceri (Centre d'études et de recherches internationales).
  • Vasoodeven Vuddamalay. Chercheur-géographe à l’université d’Évry-Val-d’Essonne.
  • Serges Weber. Chercheur-géographe à l'Université Paris-est Marne-la-Vallée
  • Catherine Wihtol de Wenden. Juriste et sociologue, CNRS-Ceri (Centre d'études et de recherches internationales)

Dates

  • vendredi 05 février 2016

Mots-clés

  • tuerie 2015, traumatisme, manifestation, attentat, société française, politique publique

Source de l'information

  • karima Dekiouk
    courriel : karima [dot] dekouk [at] palais-portedoree [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les ondes de choc de 2015 », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 19 janvier 2016, http://calenda.org/353670