AccueilFlux réels versus flux immatériels

Flux réels versus flux immatériels

Real flows versus immaterials flow - a contribution to reflections on the history of space

Contribution à la réflexion sur l’histoire des espaces

*  *  *

Publié le lundi 01 février 2016 par Céline Guilleux

Résumé

Cette journée d'étude vise à interroger la question de la construction et la production des territoires à travers les dynamiques engendrées par les flux, tant matériels qu'immatériels. En croisant les échelles, les approches et les disciplines, il s'agira de prendre en considération la multiplicité des formes spatiales des territoires et le lien étroit qu'ils entretiennent, par le biais de pratiques, de circuits, d'acteurs, de marchandises, avec les flux. Ces derniers, appréhendés également dans toute leur diversité, seront au cœur des travaux de la journée d'étude, notamment dans leurs fonctions d'agents de transformation des espaces, de leur interdépendance et de leurs représentations.

Annonce

Clermont-Ferrand, vendredi 14 octobre 2016, Maison des Sciences de l’Homme

Argumentaire

À côté de la méthode de la centralité (FRAY, 2006[1]), la théorie des flux (PUMAIN et alii, 2001 ; PUMAIN et SAINT-JULIEN, 2010[2]), venue également de la géographie, occupe désormais une place déterminante dans la méthodologie des recherches historiennes sur l’espace, ses structures et sa perception.

La journée d’étude proposée se donne pour but de mettre en regard le rôle, devenu classique dans l’historiographie économique et spatiale, des flux réels (d’hommes, de marchandises, de capitaux) au sein des espaces et celui, moins « classique » et qui sera ici privilégié, des flux immatériels[3], ainsi que les formes combinées. Nous nous interrogerons sur leur impact en termes de construction et de structuration des espaces (de l’échelle locale à la dimension globale) au cours des périodes antique, médiévale, moderne et contemporaine.

Sous le terme de « flux immatériels », on comprendra, par exemple (liste non exhaustive) :

  • les référentiels toponymiques et certains anthroponymes de type toponymique relevant d’une intention (mémoire, revendication d’un droit) ;
  • les usages du « déplacement en pensée » (ainsi dans la sphère religieuse, tant du judaïsme que du christianisme) ; la « désirabilité »[4] de la ville, traduite dans le discours (chroniqueurs, auteurs de laudationes urbaines, auteurs de récits de voyages imaginaires…) ;
  • le rôle de la rumeur ;
  • les jeux d’influence (artistiques, juridiques, littéraires, religieux…) ;
  • les écrits du « for privé » (correspondances…) ;
  • la diffusion des techniques et des pratiques (religieuses, alimentaires, artistiques, culturelles, commerciales, industrielles, etc.) ;
  • les échanges de services (systèmes bancaires, renseignements, hospitalité, etc.) ;
  • les facteurs permettant la construction d’un marché spatialisé et emboîté (échelons local, régional, national, mondial) ;
  • les éléments constitutifs d’un « capital immatériel » (contrôle et partage de l’information, inscription dans des réseaux à multiples échelles, valorisation et instrumentalisation des flux).

Le sujet est susceptible d’intéresser historiens, historiens de l'Art, historiens du droit, littéraires, géographes, sociologues, anthropologues, linguistes, cartographes…

Journée organisée dans le cadre de l'axe 3 du CHEC, par Jean-Luc Fray, Stéphane Gomis et Stéphane Le Bras.

Notes

[1] Jean-Luc FRAY : Villes et bourgs de Lorraine. Centralité et réseau urbain au Moyen Âge, Clermont-Ferrand, 2006.

[2] Denise PUMAIN et alii, Les interactions spatiales : flux et changements dans l’espace géographique, Paris, 2001. Denise PUMAIN et Thérèse SAINT-JULIEN, Analyse spatiale, t. II : Les interactions, Paris, 2010. Ce dernier manuel, après une rapide - et subordonnée - allusion initiale (« …les flux de personnes, de marchandises, qui véhiculent aussi des idées, de l’information, des pratiques culturelles… », p. 9-10) n’aborde plus cet aspect.

[3]Dans l’édition nouvelle (2013) de leur Dictionnaire de la Géographie et de l’Espace des Sociétés, Jacques LEVY et Michel LUSSAULT (dir.), donnent une définition de « Flux » (« Expression d’une circulation entre lieux empruntant des infrastructures » et « Par extension, déplacement de toute nature se traduisant par une origine, une destination, un trajet ») assez peu favorable au premier abord à la notion de flux immatériels. On trouvera cependant une appréciation plus favorable à l’idée de flux invisibles dans le même ouvrage, à l’article « Polarisation » : « Les « polarités » peuvent se manifester par des mouvements visibles (mobilité des personnes, déplacement des marchandises…), semi-visibles (mobilité des capitaux, flux des ordres) ou encore moins perceptibles visuellement (diffusion culturelle) » ; de même pour l’entrée « Réseau urbain » : « Ensemble de villes reliées entre elles, de façon durable et structurante, par des interactions et des flux matériels et immatériels ».

[4] ) L’expression est utilisée dans l’introduction méthodologique du recueil Small and Medium Town’s Attractiveness at the Beginning of the 21th Century, Agnieszka SWIATEK-SOLTYS, Hélène MAINET, Krzysztof WIEDERMANN, Jean-Claude EDOUARD (éds.), Clermont-Ferrand, 2014. 

Modalités de soumission

Les textes de proposition, de 3000 signes maximum , devront être soumis

avant le 31 mai 2016

à stephane[point]le_bras[arobas]univ-bpclermont.fr. Les auteurs devront préciser leurs coordonnées, statut, fonction et joindre une courte bio-bibliographie. Une réponse du comité d'organisation sera donnée fin juin 2016.

Une publication des actes de la journée dans la revue à comité scientifique en ligne Siècles est prévue dans le courant 2017.

Comité scientifique

  • Jean-Luc Fray, Professeur des universités, histoire médiévale, Université Blaise-Pascal
  • Stéphane Gomis, Professeur des universités, histoire moderne, Université Blaise-Pascal
  • Stéphane Le Bras, Maître de conférences, histoire contemporaine, Université Blaise-Pascal

Lieux

  • Maison des Sciences de l'Homme
    Clermont-Ferrand, France (63)

Dates

  • vendredi 14 octobre 2016

Fichiers attachés

Mots-clés

  • territoire, espace, flux, immatériel, patrimoine, circuit, représentation, échange, information

Contacts

  • Stéphane Le Bras
    courriel : stephane [dot] le_bras [at] univ-bpclermont [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Stéphane Le Bras
    courriel : stephane [dot] le_bras [at] univ-bpclermont [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Flux réels versus flux immatériels », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 01 février 2016, http://calenda.org/354164