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Un ennemi du peuple, Thomas Ostermeier

Enemy of the People, Thomas Ostermeier

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Publié le mardi 09 février 2016 par João Fernandes

Résumé

Le succès mondial d’Un Ennemi du peuple de Thomas Ostermeier est manifeste. Parce que ce spectacle joue avec une problématique politique, sociétale, et écologique – la contamination de l’eau dans une ville – il instaure via la fiction un débat avec le public. Nous appelons à des témoignages et analyses de représentation. Il s’agirait de faire un compte rendu de la réception, et de la fameuse scène du débat, des thèmes qui y ont été abordés, de l’implication du public dans le spectacle, des modalités de son intervention, chaque représentation jouant à la fois pleinement du régime fictionnel propre à l’économie de la pièce et du régime « réel » de l’actualité de chaque spectacle, le jeu s’adaptant parfois au contexte et à l’horizon d’attente d’un public précis. Notre objectif est de constituer un recueil d’articles en vue d’une publication au courant de 2016.

Annonce

Université de Montréal, Département des littératures de langue française 

Argumentaire

Le succès mondial d’Un Ennemi du peuple de Thomas Ostermeier est manifeste. Parce que ce spectacle joue avec une problématique politique, sociétale, et écologique – la contamination de l’eau dans une ville et la responsabilité des autorités dans une pénurie d’eau potable – il instaure via la fiction un débat avec le public. L’eau ici apparaît comme un motif, allégorique, mais pas seulement, propre à nous questionner sur la notion de démocratie.

Thomas Ostermeier propose un spectacle dramatique qui s’interrompt afin de laisser place, un temps, au débat qu’il suscite. Le débat fictionnel déborde dans la salle et s’efface un moment pour laisser le débat public prendre corps – plus ou moins longtemps et vigoureusement selon les publics, les pays, les actualités politiques où il s’ancre.

Nous pensons que ce débat, loin d’être une performance banale, offre tout son sens politique au théâtre, comme en témoigne l’écho qu’il provoque dans chaque lieu où le spectacle est joué. Lors de son lancement à Avignon en 2012, les spectateurs ne jugeaient pas seulement d’un point de vue moral les protagonistes de la pièce, mais évoquaient des catastrophes écologiques récentes comme Fukushima. À Montréal, la première a eu lieu alors que l’eau, comme dans la pièce, était réellement polluée en raison d’un bris du système de traitement des eaux de la ville. À Istanbul, à Buenos Aires ou à Moscou, c’est dans un climat vif de tensions politiques que le spectacle s’est déroulé, les exacerbant sur scène, mais surtout dans la salle. L’interaction avec le réel – allégorique ou littérale – est particulièrement prégnante dans ce spectacle grâce au dispositif établi.

Nous ne souhaitons pas seulement analyser ce dispositif théâtral, mais réunir des témoignages concernant la réception de chaque public – ce « peuple » dont on nous propose un ennemi, et à qui l’on donne la parole – afin d’en saisir, pour chacun, l’enjeu politique. Nous aimerions confronter des expériences scéniques déjà connues (Avignon, Montréal, Londres) à d’autres représentations (Belfast, Moscou, Calcutta) et comprendre les enjeux et les modalités du débat suscité dans des lieux où l’écho est sensible, l’actualité parfois brûlante. À travers ces différentes réceptions, nous sommes convaincus qu’il est possible de saisir une image, transversale, fugace, empirique, de ce que peut être aujourd’hui, encore, un théâtre politique (et même, dans le cas précis de la Schaubühne, un théâtre institutionnel).

Nous appelons donc à des témoignages et analyses de représentation, en français et en anglais. Il s’agirait de faire un compte rendu de la réception, et de la fameuse scène du débat, des thèmes qui y ont été abordés, de l’implication du public dans le spectacle, des modalités de son intervention, chaque représentation jouant à la fois pleinement du régime fictionnel propre à l’économie de la pièce et du régime « réel » de l’actualité de chaque spectacle, le jeu s’adaptant parfois – par des clins d’œil ou citations – au contexte et à l’horizon d’attente d’un public précis. Notre objectif est de constituer un recueil d’articles en vue d’une publication au courant de 2016.

Puisque les débats ont été différents chaque fois, veuillez mentionner la date précise de la représentation à laquelle vous avez assisté. Nous nous attendons à recevoir plusieurs témoignages de mêmes villes (Londres, Paris et Montréal notamment).

Modalités pratiques d'envoi des propositions

Nous attendons des textes entre 1000 et 5000 mots pour les représentations suivantes : 

  • Avignon (juillet 2012)
  • Melbourne (octobre 2012)
  • Lyon (janvier/février 2013)
  • Montréal (mai 2013)
  • Québec (mai 2013)
  • Athènes (juillet 2013)
  • Venise (août 2013)
  • São Paulo (septembre 2013)
  • Buenos Aires (octobre 2013)
  • New York (novembre 2013)
  • Paris (janvier/février 2014)
  • Rennes (mars 2014)
  • Siegen (mai 2014)
  • Istanbul (mai 2014)
  • Oslo (septembre 2014)
  • Londres (septembre 2014)
  • Moscou (octobre 2014)
  • Belfast (octobre 2014)
  • Cluj-Napoca (novembre 2014)
  • Lausanne (février 2015)
  • Delhi, Calcutta et Chennai (février 2015)
  • Naples (juin 2015)
  • Plzen (septembre 2015)
  • Tbilissi (octobre 2015)
  • Minsk (octobre 2015) 

Contacts : claire.legendre@umontreal.ca, maxime.raymond.bock@umontreal.ca

Date limite : résumé/projet dès que possible, texte

le 21 mars 2016. 

Comité scientifique

  • Claire Legendre, professeure, département des littératures de langue française de l’Université de Montréal.
  • Maxime R. Bock, étudiant au doctorat, département des littératures de langue française de l’Université de Montréal.

Dates

  • lundi 21 mars 2016

Mots-clés

  • Ostermeier, Un ennemi du peuple, Enemy of the People, théâtre, débat, démocratie, santé publique

Contacts

  • Claire Legendre
    courriel : claire [dot] legendre [at] umontreal [dot] ca
  • Maxime R. Bock
    courriel : maxime [dot] raymond [dot] bock [at] umontreal [dot] ca

Source de l'information

  • Maxime Raymond Bock
    courriel : maxime [dot] raymond [dot] bock [at] umontreal [dot] ca

Pour citer cette annonce

« Un ennemi du peuple, Thomas Ostermeier », Informations diverses, Calenda, Publié le mardi 09 février 2016, http://calenda.org/355502