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Identities - eighth "Spring of the humanities and social sciences"

Huitième « Printemps des sciences humaines et sociales »

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Publié le mardi 23 février 2016 par João Fernandes

Résumé

La MESHS consacre la huitième édition de son Printemps des sciences humaines et sociales à la thématique des Identités. Délicate et actuellement plus que jamais controversée, la thématique des identités sera abordée sous des éclairages multiples, soulignant la plurivocité du terme.

Annonce

Argumentaire

La MESHS consacre la 8e édition de son Printemps des sciences humaines et sociales à la thématique des Identités. Délicate et actuellement plus que jamais controversée, la thématique des identités sera abordée sous des éclairages multiples, soulignant la plurivocité du terme.

Dans sa conférence inaugurale, le philosophe Vincent Descombes pose d’emblée le cadre par une réflexion sur «les embarras de l’identité nationale» alors que l’identité se fait revendicatrice. D’autres conférences poursuivront cette réflexion par une approche d’historien, de politiste, de sociologue ou de spécialiste de l’information, en questionnant «la fabrique de l’identité nationale», en se demandant comment parler de laïcité et du fait religieux en classe, en revenant sur l’identité numérique. Le questionnement sur les identités sera aussi abordé par le biais de la médecine et de la psychologie, avec la situation de l’individu greffé et son appropriation du visage d’un autre, avec la position du malade d’Alzheimer et la disparition progressive de la mémoire et de la conscience de soi, avec le lien entre l’individu et le groupe et la recherche de la reconnaissance identitaire. Ce Printemps propose également une approche littéraire et artistique, avec un temps autour du livre de Sergueï Lebedev, La Limite de l’oubli, et une soirée consacrée à l’anonymat en art et ses significations. Ce Printemps se clôt sur une table ronde consacrée aux personnes intersexes et à leur reconnaissance légale. 

La MESHS vous convie donc à un Printemps des SHS qui questionne notre société, nos regards, notre rapport à l’autre et à nous-mêmes et espère des débats féconds et productifs.

Programme détaillé

vendredi 11 mars 2016 

7h30-19h | MESHS - Espace Baïetto (2 rue des Canonniers - métro Gare Lille Flandres)| Entrée libre

«Moi», «Eux» et «Nous»: les embarras de l’identité nationale

par Vincent Descombes
modération : Sophie Djigo

Alors que l’«identité nationale» revient sur le devant de l’actualité politique, il est urgent de s’interroger sur ce « Nous » qui s’est exprimé à travers l’émotion collective, et qui se manifeste encore à travers la référence à la nation et la désignation d’un ennemi commun. Qui sommes-nous? Et qui sont-ils? Comment puis-je m’identifier moi – et jusqu’à quel point – à ce «Nous» national? Le philosophe Vincent Descombes propose de reconsidérer ce genre de questions sous l’angle de la philosophie du langage: au fond, si de telles questions nous embarrassent, n’est-ce pas parce qu’elles expriment avant tout un embarras du langage? Il nous invite alors à explorer l’idiome identitaire pour clarifier le concept d’identité, inscrit dans une tension entre le même et l’autre.

  • Vincent Descombes est professeur de philosophie, directeur de recherches à l’EHESS et membre du Centre d’études sociologiques et politiques Raymond Aron. Ses travaux portent sur la philosophie pratique dans ses composantes descriptive et normative. Il a reçu en 2005 le Grand prix de Philosophie, décerné par l’Académie française.
  • Sophie Djigo est agrégée et docteure en philosophie. Ses travaux portent sur la rationalité pratique, l’éthique littéraire et la philosophie morale. Elle a publié, en 2013, La Raison vivante (L’improviste).

mardi 15 mars 2016

18h-20h | Science Po Lille (84 rue de Trévise - métro Porte de Valenciennes) | Entrée libre

L’historien et la fabrique de l’identité nationale: défis et responsabilités

avec Laurence De Cock et Nicolas Offenstadt
modération : Anne Bazin-Begley

en partenariat avec Sciences Po Lille

La question de l’identité nationale a été remise au centre de l’actualité politique depuis une dizaine d’années. En raison du flou qui entoure ses définitions, elle se prête à toutes les stratégies d’appropriation, notamment les plus contestables, servant aussi bien à stigmatiser ceux qui ne sont pas «nous», qu’à fantasmer l’existence immémoriale d’une communauté soudée autour de «son» histoire et de «sa» culture. De quoi l’actuel retour de la question de l’identité nationale est-il le nom? Est-il le symptôme d’une incapacité du politique à répondre aux défis de l’intégration sociale? Témoigne-t-il d’un désenchantement démocratique et d’une volonté d’y répondre en se repliant sur le mythe de l’autochtonie? Traduit-il une panne ou un renoncement des institutions de socialisation? C’est le rôle des historiens que de répondre à ces usages politiques de l’histoire et de la mémoire, au cœur desquels la question de l’identité nationale ne cesse d’interroger les tensions entre intégration et exclusion.

  • Laurence De Cock est professeure d’histoire-géographie en lycée et enseigne la didactique de l’histoire à l’université Paris-Diderot. Elle est membre du bureau du Comité de Vigilance face aux Usages publics de l’Histoire (CVUH) et fondatrice du collectif Aggiornamento hist-géo.
  • Anne Bazin-Begley est maître de conférences en science politique à Sciences Po Lille, chercheuse au Centre d’Études et de Recherches Administratives, Politiques et Sociales (CERAPS) et à l’Institut des sciences du politique (université Paris Ouest Nanterre La Défense).
  • Nicolas Offenstadt est professeur invité à l’université de la Viadrina (Francfort / Oder), spécialiste de la fin du Moyen Âge et de la Grande Guerre.

mercredi 16 mars 2016 

17h30 - 19h | Canopé, Lille (31 rue Pierre Legrand - métro Fives) | Inscription obligatoire (cliquer sur le lien)

Laïcité, faits religieux : comment en parler en classe?

avec Jacqueline LalouetteIsabelle Saint-Martin et Françoise Werckmann
modération : Séverine Mathieu

en partenariat avec Canopé Lille, dans le cadre des nocturnes Canopé

La mise en œuvre de l’enseignement moral et civique depuis la rentrée 2015 doit permettre la transmission aux élèves d’un socle de valeurs communes. Parmi elles, la laïcité, le respect de l’autre et l’absence de discrimination. Lorsque l’actualité s’empare de ces sujets, il peut néanmoins sembler difficile de les aborder en classe: peur de réactions inappropriées, raisonnements déroutants, comportements hostiles, etc.

Comment, dans ces conditions, organiser le dialogue et animer une réflexion avec les élèves, en tenant compte de leurs émotions? Comment faire de cet enseignement un temps fort pour traiter de sujets liés à notre histoire et notre société, et un levier puissant pour préparer à l’exercice de la citoyenneté?

  • Jaqueline Lalouette, spécialiste de la libre-pensée, de la laïcité et de l’anticléricalisme à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, est professeure émérite d’histoire contemporaine à l’université de Lille, membre de l’Institut de Recherches Historiques du Septentrion (IRHiS).
  • Séverine Mathieu est professeure de sociologie et directrice de l’Institut de sociologie et d’anthropologie de l’université de Lille, où elle  est également «référente Laïcité».
  • Isabelle Saint-Martin est directrice de l’Institut Européen en Sciences des Religions (IESR), directrice d’études à l’École Pratique des Hautes Études (EPHE) et spécialiste de l’enseignement des faits religieux à l’école laïque.
  • Françoise Werckmann est avocate de formation, docteure en sciences de l’éducation et conseillère municipale à Strasbourg. Elle a dirigé la publication de l’ouvrage Apprentissage du débat et de la citoyenneté - Des clés pour la classe (SCEREN - CNDP-CRDP, 2012).

mardi 22 mars 2016

18h-20h | MESHS - Espace Baïetto (2 rue des Canonniers - métro gare Lille Flandres) | entrée libre

Vivre avec le visage d’un autre ?

avec Sophie Crémadès, François Delaporte, Bernard Devauchelle et Céline Husson-Rochcongar
modération : François-René Pruvot

en partenariat avec l’Espace Éthique Hospitalier et Universitaire (EEHU) de Lille

En 2004, le Comité consultatif national d’éthique rendait un avis négatif sur la possibilité de greffer la totalité de la face d’une personne décédée à une personne gravement défigurée. L’année suivante, le professeur Bernard Devauchelle et son équipe réalisaient au CHU d’Amiens la première greffe partielle du visage et, avec elle, la promesse d’une nouvelle vie. Depuis, les avancées médicales et les greffes totales de la face se multiplient. Comment les équipes médicales gèrent-elles les risques inhérents à ces opérations et aux multiples inconnues en matière d’innovation?

En moins d’un siècle, depuis la chirurgie des «gueules cassées» de la Grande Guerre, la fonction de la greffe de la face a considérablement évolué, jusqu’à bousculer nos conceptions usuelles de l’identité. Quels sont les effets psychologiques d’une telle intervention sur le patient? Comment vit-on avec le visage d’un autre et jusqu’à quel point parvient-on à se l’approprier? Lorsque seule la transplantation de tout ou partie de la face permet de recouvrer une vie en société, se reconnaître a-t-il seulement encore du sens ? Comment faire face aux risques de rejet chronique et, en conséquence, à celui d’une re-défiguration?

  • Sophie Crémadès est psychiatre au CHU d’Amiens où elle intervient notamment auprès de patients ayant bénéficié d’une greffe de la face. Elle est également membre de l’Institut Faire Faces, le premier Centre d’études et de recherche dévolu à la défiguration.
  • François Delaporte est professeur émérite de philosophie et historien des sciences à l’université Picardie Jules Verne et membre de l’Institut Faire Faces.
  • Bernard Devauchelle est professeur de chirurgie maxillo-faciale au CHU d’Amiens. Il a piloté en 2005 la première greffe partielle du visage au monde. Il est le Président fondateur de l’Institut Faire Faces.
  • Céline Husson-Rochcongar est maître de conférences en droit public à l’université de Picardie Jules Verne et membre du Centre Universitaire de Recherches sur l’Action Publique et le Politique - Épistémologie et Sciences Sociales (CURAPP-ESS). Elle est spécialiste de théorie du droit et du droit international des droits de l’homme.
  • François-René Pruvot est chirurgien (transplantation digestive) au CHRU de Lille, président de la Commission médicale d’établissement et coordonnateur de l’Espace Éthique Hospitalier Universitaire (EEHU) de Lille.

jeudi 24 mars 2016 

18h-20h | MESHS - Espace Baïetto (2 rue des Canonniers - métro gare Lille Flandres) | entrée libre

La maladie d’Alzheimer, une maladie de la mémoire?

avec Pascal Antoine, Veronika Duprat-Kushtanina, Michel Malherbe et Florence Pasquier
modération : Paul-Loup Weil-Dubuc

La maladie d’Alzheimer est souvent perçue comme une maladie de la mémoire et, par là, de l’identité. Cela semble tenir du bon sens: les personnes atteintes de la maladie perdent irrémédiablement la mémoire, jusqu’à oublier leurs proches et, peut-être, qui ils sont. Or que suis-je lorsque «je» ne me désigne plus? La disparition de la mémoire équivaudrait-elle ainsi à la disparition du moi?

La séance visera précisément à déconstruire la simplicité apparente de ce raisonnement à travers de multiples questionnements: qu’en est-il de la nature même de la mémoire et de celle d’une personne atteinte par la maladie d’Alzheimer? L’identité tient-elle à la capacité à s’exprimer en son nom propre ? Qu’en est-il, sinon de la conscience de soi, de la conscience et de la reconnaissance de notre existence par ceux qui nous entourent?

  • Pascal Antoine est professeur de psychopathologie à l’université de Lille, chercheur au Laboratoire de Sciences Cognitives et Sciences Affectives (SCALab) et membre du Laboratoire d’Excellence «Développement de stratégies innovantes pour une approche transdisciplinaire de la maladie d’Alzheimer» (LabEx DISTALZ).
  • Veronika Duprat-Kushtanina est docteure en sociologie et post-doctorante au Centre de Recherche «Individus, Épreuves, Sociétés» (CeRIES). Ses recherches portent sur le vécu de la maladie d’Alzheimer du point de vue des malades et de leurs proches.
  • Michel Malherbe est professeur émérite de philosophie anglaise à l’université de Nantes, membre du Centre Atlantique de Philosophie (CAPHI). Il a publié Alzheimer, la vie, la mort, la reconnaissance (Vrin, 2015).
  • Florence Pasquier est professeure de neurologie au CHRU de Lille, directrice de l’équipe de recherche «Maladie d’Alzheimer et pathologie vasculaire», membre du LabEx DISTALZ et coordonnatrice du Centre national de référence pour les patients jeunes atteints de la maladie d’Alzheimer.
  • Paul-Loup Weil-Dubuc est docteur en philosophie politique et chercheur en éthique à l’Espace régional de réflexion éthique Île-de-France. Ses travaux portent sur le droit de (ne pas) savoir, notamment dans le contexte de la maladie d’Alzheimer, sur les développements contemporains de l’autonomie et la justice sociale. Il est également membre du LabEx DISTALZ.

samedi 26 mars 2016

11h-12h30 | librairie internationale V.O., Lille (53 rue du Molinel - métro Gare Lille Flandres) | inscription obligatoire (cliquer sur le lien)

L’Autre grand-père, rencontre autour de La Limite de l’oubli

avec Luba Jurgenson et Stéphane Michonneau

en partenariat avec la librairie internationale V.O. de Lille 

Le premier roman de Sergueï Lebedev se présente comme une enquête. Ayant survécu, enfant, à la morsure d’un chien grâce à une transfusion sanguine, le narrateur cherche à connaître l’identité de celui dont le sang coule désormais dans ses veines et dont la personnalité recèle un mystère. On apprendra que cet homme aveugle qu’il appelle l’Autre Grand-Père – désignation qui conjugue lien et altérité – était gardien d’un camp du Goulag et avait causé la mort de son propre fils, qu’il a cherché à « remplacer » en adoptant le narrateur et en allant jusqu’à se sacrifier pour lui. (Éditions Verdier)

Luba Jurgenson et Stéphane Michonneau questionneront, à partir de ce roman, les points de croisement entre littérature, histoire et mémoire collective.

La Limite de l’oubli, traduit du russe par Luba Jurgenson est paru aux éditions Verdier (collection Poustiaki) en 2014.

  • Luba Jurgenson est écrivaine, traductrice et maître de conférences en littérature russe à l’université Paris-Sorbonne. Son champ de recherche est celui de la littérature des camps. Elle est également codirectrice de la collection « Poustiaki » aux éditions Verdier.
  • Stéphane Michonneau est professeur d’histoire contemporaine à l’université de Lille, membre de l’Institut de Recherches Historiques du Septentrion (IRHiS). Il s’intéresse notamment aux cultures de guerre et d’après-guerre et aux liens entre littérature, témoignage et histoire.

samedi 26 mars 2016 

16h-17h | médiathèque Jean Lévy, Lille (32/34 rue Édouard Delesalle - métro Gare Lille Flandres ou République) | Entrée libre

De l’identité numérique à l’e-réputation, quels enjeux citoyens ?

par Yannick Lebtahi

en partenariat avec la bibliothèque municipale de Lille

L’identité numérique d’un individu pourrait se définir comme une identité de « données » laissées volontairement ou non par ce dernier sur la toile. Elle renseigne de façon fragmentaire sur ses relations, ses points de vue ou encore ses habitudes. Autant d’informations qui peuvent faire, ou défaire, la réputation d’une personne lorsqu’elles se trouvent commentées, détournées ou publiées à son insu. Quels sont aujourd’hui les enjeux que recouvre l’identité numérique dans son rapport direct à l’e-réputation ? Du privé au public, comment protéger ses données personnelles et les gérer au fil du temps ? Où en sommes-nous du droit à l’oubli ? Yannick Lebtahi et ses invités exploreront les répercussions intimes et collectives de l’e-réputation au sein de notre espace public.

  • Yannick Lebtahi est maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université de Lille et membre du Groupe d’Études et de Recherche Interdisciplinaire en Information et Communication (Gériico). Ses recherches portent sur les médias et la transmédialité, les usages et les pratiques de l’image numérique, le cinéma dans son rapport à la mémoire et à l’imaginaire.

mardi 29 mars 2016

18 h-20h | MESHS - Espace Baïetto | Entrée libre

L’anonymat en art: une question d’identité?

avec Delphine Bière, Nathalie Delbard et François Raviez
modération : Anne-Gaëlle Weber

De Banksy à Elena Ferrante, en passant par les Daft Punk, il semble bien que se dessine dans les milieux artistiques, depuis quelques années, une certaine tendance à la revendication de l’anonymat. S’agit-il uniquement, pour les artistes concernés, d’une manière subtile et paradoxale de se fabriquer une identité propre? Est-ce le signe d’une volonté d’échapper aux lois des marchés artistiques ou éditoriaux ou, au moins, de jouer avec leurs codes? Les différents types d’anonymat usités ne révèlent-ils pas aussi, et plus profondément, l’émergence de nouvelles conceptions de l’art? Autour d’une table ronde, des spécialistes de l’art moderne et de la littérature ancienne et contemporaine se proposent d’expliciter les présupposés à l’œuvre derrière cette fameuse revendication: est-elle une nouveauté? Partant de cas généraux ou particuliers, le propos consistera à mesurer l’originalité de cette démarche et d’en analyser la signification.

  • Nathalie Delbard est critique d’art, maître de conférences en arts plastiques à l’université de Lille et membre du Centre d’Étude des Arts Contemporains (CEAC). Ses recherches portent principalement sur les dispositifs de production, d’exposition et de diffusion de la photographie contemporaine considérés notamment dans leurs dimensions historique, juridique et politique.
  • Delphine Bière est maître de conférences en histoire de l’art contemporain à l’université de Lille et membre de l’Institut de Recherches Historiques du Septentrion (IRHiS). Elle s’intéresse notamment aux échanges et aux relations artistiques au sein des avant-gardes dans la première moitié du XXe siècle.
  • François Raviez est maître de conférences habilité en littérature française des XVIIIe et XIXe siècles à l’université d’Artois et membre du laboratoire Textes et cultures.
  • Anne-Gaëlle Weber est professeure de littérature comparée à l’université d’Artois, membre du laboratoire Textes et cultures, et spécialiste des relations entre sciences et littératures.

mercredi 30 mars 2016

18h-19h30 | MESHS - Espace Baïetto (2 rue des Canonniers - métro gare Lille Flandres) | Entrée libre

Identité et relations entre groupes: la question de la reconnaissance

par Laurent Licata
modération : Dietmar Loch

L’identité sert d’interface entre l’individu et le monde social. Elle ne peut se développer qu’à condition d’être reconnue. Laurent Licata proposera une approche psychosociale de l’identité situant les dynamiques identitaires au sein de processus interactifs impliquant tant les individus que leurs appartenances sociales. Il examinera ensuite deux questions à partir de cette approche : d’une part, celle du rôle de la reconnaissance dans la problématique des relations entre groupes minoritaires et majorités culturelles et, de l’autre, les conflits entre groupes se définissant comme victimes (concurrence des victimes).

  • Laurent Licata est professeur de sciences psychologiques à l’université libre de Bruxelles et membre du Centre de Recherche en Psychologie Sociale et Interculturelle (CRePSI). Ses travaux de recherche portent sur la mémoire collective, la psychologie sociale de l’altérité, l’identité et les représentations sociales.
  • Dietmar Loch est professeur de sociologie à l’université de Lille et membre du Centre lillois d’études et de recherches sociologiques et économiques (Clersé). Ses travaux de recherche portent notamment sur la théorie sociologique, l’immigration et l’intégration, la ségrégation urbaine et la droite radicale et populiste en Europe.

jeudi 31 mars 2016 

18h-20h | MESHS - Espace Baïetto (2 rue des Canonniers - métro gare Lille Flandres) | Entrée libre

Naître ni, ni: vers une reconnaissance des personnes intersexes

avec Vincent Guillot, Marie-Jeanne Martin, Marc Pichard, Bertrand Riff et Philippe Sabot
modération : Florence Tamagne

Plusieurs milliers d’individus naissent chaque année avec un sexe indifférencié, ni complètement féminin, ni tout à fait masculin. Dans l’écrasante majorité des cas, ils font l’objet d’interventions médicales précoces pour que leur soit assigné un sexe, à grand renfort de traitements chimiques et d’opérations chirurgicales irréversibles. L’«anomalie» s’en trouverait corrigée, et l’identité sexuelle «normalisée». Mais sur quelles bases et pour quelles raisons cette assignation à une identité sexuelle s’opère-t-elle? Comment faire évoluer les pratiques médicales et le regard de la société? Quels sont les freins juridiques, mais aussi philosophiques voire «subjectifs» à l’autodétermination?

Récemment, le commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe a appelé de ses vœux la reconnaissance légale des personnes intersexes. Le Tribunal de Grande Instance de Tours a reconnu quant à lui, en août 2015, le droit d’un individu de se définir comme «sexe neutre» (on parle en Australie de «sexe non spécifique» et, au Népal, de «troisième genre»). Une autre approche de l’identité sexuelle et de genre serait donc possible. Ouvre-t-elle pour autant la voie à une remise en question des logiques binaires de genre?

  • Vincent Guillot est militant intersexe et membre fondateur de l’Organisation Internationale des Intersexes (OII).
  • Marie-Jeanne Martin et Bertrand Riff sont médecins généralistes à la Maison dispersée de santé de Lille.
  • Marc Pichard est professeur de droit à l’université Paris Ouest Nanterre La Défense. Ses travaux portent sur le droit civil, en particulier le droit des personnes, et les sources du droit.
  • Philippe Sabot est professeur de philosophie à l’université de Lille et directeur du laboratoire Savoirs, Textes, Langage (STL). Ses travaux s’ordonnent pour l’essentiel autour de la «pensée» littéraire et de la question anthropologique.
  • Florence Tamagne est maître de conférences en histoire contemporaine  à l’université de Lille et membre de l’Institut de Recherches Historiques du Septentrion (IRHiS). Ses recherches concernent l’histoire du genre, des homosexualités et de la jeunesse.

Catégories

Lieux

  • Librairie V.O. Lille - 53 rue du Molinel
    Lille, France (59)

Dates

  • vendredi 11 mars 2016
  • mardi 15 mars 2016
  • mercredi 16 mars 2016
  • mardi 22 mars 2016
  • jeudi 24 mars 2016
  • samedi 26 mars 2016
  • mardi 29 mars 2016
  • mercredi 30 mars 2016
  • jeudi 31 mars 2016

Fichiers attachés

Mots-clés

  • philosophie, histoire, droit, laïcité, éthique, communication, littérature, identité, anonymat, groupes, genre, intersexuation, sociologie, santé, Alzheimer, altérité

Contacts

  • Amandine Briffaut
    courriel : amandine [dot] briffaut [at] meshs [dot] fr
  • Constance Bienaimé
    courriel : mediation [at] meshs [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Amandine Briffaut
    courriel : amandine [dot] briffaut [at] meshs [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Identités », Cycle de conférences, Calenda, Publié le mardi 23 février 2016, http://calenda.org/357236