AccueilTemps qui passe, temps qu’il fait : changer de rythme pour changer le climat ?

Temps qui passe, temps qu’il fait : changer de rythme pour changer le climat ?

Time passing, clouds remaining. A change of pace for climate change?

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Publié le vendredi 04 mars 2016 par Céline Guilleux

Résumé

La revue Territoire en Mouvement lance un appel à textes pour un numéro sur la thématique intitulé : « Temps qui passe, temps qu’il fait : changer de rythme pour changer le climat ? ». En réaction à la course effrénée à la vitesse et à la productivité de ces dernières décennies, sont apparus lors des dernières années des mouvements d’opposition prônant le ralentissement, et qui gagnent nos modes de vie. Cette valorisation du « lent » gagne nos façons de consommer et de vivre (slow food, slow life), en opposition à l’injonction de frénésie de consommation de la société.

Annonce

Argumentaire

Ce mouvement est-il transposable à tous les domaines de la géographie, et peut-il être une stratégie, face notamment aux problèmes environnementaux ? En effet, dans le contexte actuel de changement climatique, dû en grande partie à notre société qui prône le « toujours plus » (toujours plus vite, toujours plus loin, toujours plus de consommation…) à l’origine de l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, quels seraient les effets de l’application de ce mouvement de la lenteur ? L’objectif des négociations internationales sur le climat est de limiter la hausse de température à +2°C pour la fin du 21ème siècle, mais les estimations tendent pour l’instant vers une augmentation moyenne de +3°C, permettant d’éviter le scénario du pire, mais dépassant le seuil au-delà duquel les spécialistes craignent un dérèglement du climat sans retour possible à l’état antérieur (GIEC, 2013).

Le rythme rapide auquel se fait ce changement climatique est sans précédent, mais cette brusque modification est encore trop lente pour être tangible pour nos sociétés ; rythme climatique et rythmes sociétaux ne sont pas en phase. Pourtant, si nous voulons limiter la hausse moyenne de température en lien avec le changement climatique, les décisions doivent être prises très vite, au plus tard pendant la décennie à venir : tout nous pousse donc à aller plus vite… mais une réponse, même au changement climatique, ne résiderait-elle pas dans ce mode alternatif qu’est la lenteur ? Faut-il vite ralentir ?

Plus le temps passe, plus le temps qu’il fait se modifie… il faut donc faire des choix, et ce rapidement, afin d’infléchir nos émissions de gaz à effet de serre. Mais à l’heure actuelle, pour beaucoup, faire des choix s’apparente à renoncer : renoncer à nos modes de consommation, renoncer à nos modes de production, renoncer à notre façon de nous déplacer, renoncer à notre société et à notre façon de vivre. Pour d’autres, toutefois, cela peut aussi être commencer quelque chose de nouveau : nouvelles technologies, plus propres, mais aussi nouvelles façons d’habiter ou d’appréhender l’urbain, nouvelles méthodes de production et de consommation… Ainsi, plus que commencer, il s’agirait de « re-commencer », à vivre, à consommer, à produire, à se déplacer, mais différemment, la lenteur allant de pair avec une consommation moindre, et donc une diminution de nos émissions de polluants de toutes sortes. Concernant le changement climatique, cela pose donc la question de l’adaptation, en plus de celle de l’atténuation, l’effort visant à diminuer les émissions de gaz à effet de serre devant être soutenu. La lenteur serait-elle une solution à l’accélération du changement climatique et de ses conséquences ?

Dans ce numéro, les différentes thématiques abordées s’articuleront autour de cette notion de temps qui passe, et qui nous pousse à faire des choix, à renoncer ou à (re)commencer, afin d’infléchir le temps qu’il fait. Elles traiteront de :

  • Décalages entre rythmes sociaux et rythmes climatiques. La succession des saisons (mise en évidence de l’évolution du temps), les paradoxes d’une société à plusieurs vitesses (comment s’appréhendent les changements climatiques, sur le temps long, comme les objectifs des COPs pour la fin du 21ème siècle ? sur le temps court, comme la variabilité interannuelle et les événements extrêmes ? Le rôle du temps qui passe dans la prise de conscience du changement climatique…

  • Commencements et recommencements. Choisir c’est renoncer, mais c’est aussi commencer : nouveaux modes et rythmes de vie, écoquartiers, énergies renouvelables, transition urbaine…

  • Processus et stratégies d’adaptation. Comment trouver dans la lenteur des solutions au changement climatique ? Quelle transition vers l’«économie bas-carbone » ? Comment privilégier la qualité à la quantité, comment appréhender et mettre en place l’économie circulaire...

  • Lenteur et processus spatiaux : formes sociales et spatiales de la lenteur, nouvelles pratiques urbaines et rurales en opposition avec l’injonction à l’accélération, complexité des rythmes sociaux et spatiaux, nouveaux aménagements privilégiant le « slow » ou décourageant les modes de circulation rapides…

Modalités de soumission

Les articles sont à envoyer à Caroline Norrant (caroline.norrant@univ-lille1.fr) et Antoine Le Blanc (antoine.le-blanc@univ-littoral.fr)

au plus tard le 30 septembre 2016.

Les articles peuvent être rédigés en français ou en anglais. Un article publié dans la revue Territoire en Mouvement ne dépasse pas 50 000 signes (espaces compris) et est rédigé selon le respect des consignes de la note aux auteurs de la revue. Les modalités d’envoi des différents formats de fichiers doivent aussi être respectés (se conformer aux informations de la note aux auteurs).

Coordinateurs

  • Caroline Norrant

Maître de Conférences en géographie
Université de Lille Sciences et Technologies
UFR de Géographie et Aménagement
Avenue Paul Langevin
59655 Villeneuve d’Ascq cedex
caroline.norrant@univ-lille1.fr

  • Antoine Le Blanc Maître de Conférences en géographie

Université du Littoral Côte d’Opale
Département de Géographie et Aménagement
1 place de l’Yser
59375 Dunkerque
antoine.le-blanc@univ-littoral.fr

Dates

  • vendredi 30 septembre 2016

Mots-clés

  • changement climatique, rythme, représentation, transition énergétique, adaptation, spatialité, aménagement

Contacts

  • Caroline Norrant
    courriel : caroline [dot] norrant [at] univ-lille1 [dot] fr
  • Antoine Le Blanc
    courriel : antoine [dot] le-blanc [at] univ-littoral [dot] fr
  • Territoire en Mouvement
    courriel : tem [at] openedition [dot] org

Source de l'information

  • PHILIPPE DEBOUDT
    courriel : philippe [dot] deboudt [at] univ-lille1 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Temps qui passe, temps qu’il fait : changer de rythme pour changer le climat ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 04 mars 2016, http://calenda.org/358671