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Connaissance, gouvernance et objectifs de la ville durable en Asie

Knowledge, governance and the objectives of the sustainable city in Asia

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Publié le jeudi 17 mars 2016 par João Fernandes

Résumé

La croissance des villes implique une consommation toujours plus importante d’espace, d’énergie et de ressources. Le monde est devenu urbain et cette transition urbaine sans précédent touche tous les continents et particulièrement l’Asie. Depuis vingt-cinq ans, une proportion grandissante de l'urbanisation asiatique se produit dans de très grandes agglomérations. Sur le terrain, le fait urbain en Asie touche tout à la fois des mégalopoles (Tokyo, Osaka, Kobe), des métropoles (Shanghai, Mumbai, Bangkok, Hanoi, Seoul, Jakarta…) mais aussi des villes petites et moyennes. De même, la position stratégique de l’Asie - en tant que moteur majeur de l’économie accélère et influence la recherche de modèles de villes durables. L'importance de ce phénomène nous incite à mener une réflexion transversale sur les systèmes de pensée, les modèles, les outils et les modes de fabrication de la ville contemporaine asiatique qui devront être « durables », qu’il s’agisse des villes des pays développés comme celles des pays en émergence – du moins tout le monde s’accorde à le reconnaître.

Annonce

Argumentaire

La croissance des villes implique une consommation toujours plus importante d’espace, d’énergie et de ressources. Le monde est devenu urbain et cette transition urbaine sans précédent touche tous les continents et particulièrement l’Asie (Gravel, 2007 ; Gubry, 2008 ; Durand-Dastès, 2011 ; Cruells, 2013). Depuis vingt-cinq ans, une proportion grandissante de l'urbanisation asiatique se produit dans de très grandes agglomérations (McGee, Yao-Lin, 1992). Sur le terrain, le fait urbain en Asie touche tout à la fois des mégalopoles (Tokyo, Osaka, Kobe), des métropoles (Shanghai, Mumbai, Bangkok, Hanoi, Seoul, Jakarta…) mais aussi des villes petites et moyennes. De même, la position stratégique de l’Asie - en tant que moteur majeur de l’économie accélère et influence la recherche de modèles de villes durables. L'importance de ce phénomène nous incite à mener une réflexion transversale sur les systèmes de pensée, les modèles, les outils et les modes de fabrication de la ville contemporaine asiatique qui devront être « durables », qu’il s’agisse des villes des pays développés comme celles des pays en émergence – du moins tout le monde s’accorde à le reconnaître (CNUEH-Habitat 2001).

Inscrit dans le temps, le développement des villes asiatiques a mis en évidence depuis quelques années des évolutions en tendance selon des logiques diverses, qui induisent des réflexions et des modes d’action nouveaux (de Koninck, 2012 ; Goldblum, 2013 ; Kennedy, 2013 ; Franck et Sanjuan, 2015 ; Landy et Varrel, 2015 ; Fanchette, 2016). Celles-ci s’appuient à la fois sur des changements d’échelles spatiales, sur le recours à de nouveaux outils d’aménagement urbain, et sur la multiplication de grands projets dictés par les injonctions du développement durable : transports en commun, éco-quartiers d’habitations, ceinture verte, réseaux divers, zone d’activité connectée, intensité urbaine, transition énergétique ...

Si le vocable de « ville durable » recouvre des contenus et des horizons différents (Emelianoff et Theys, 2000), les orientations que nous souhaitons donner à cet appel à communications visent à confronter les visions de la ville de demain, quel que soit son poids dans la hiérarchie urbaine, à détecter les tendances d’évolution, à imaginer les futurs possibles en réponse aux nombreux défis que sont l’habitat écologique, le recyclage des eaux, la valorisation des déchets, le transport non polluant, la préservation de la biodiversité, l’efficacité énergétique, le changement climatique, la santé et la justice sociale, la gouvernance, etc. (To Lang, 2013 ; Zhuo, 2014 ; Tiwari, Jain, Ramachandra, 2015 ; Flynn, Yu, Feindt, Chen, 2016).

Pour esquisser les contours des modalités de la fabrique de la ville durable en Asie (comment, qui et pourquoi) trois axes principaux sont privilégiés et pourront notamment servir de point de départ à des réflexions dont l’ambition est de mettre en regard et de comparer les pratiques, les enjeux et les expérimentations. Les analyses concerneront des espaces urbains situés en Asie du sud, Asie du Sud-Est, en Asie orientale et dans l’Océan Indien. Les réflexions pourront à la fois porter sur la construction de projets stratégiques globaux, sur la mise en avant de projets métropolitains emblématiques ou de politiques plus sectorielles dans des villes de différentes tailles. L’ensemble des liens et des lieux qui composent la ville est concerné par ces questionnements autour du futur soutenable de l’urbain et de l’urbanisme.

Sont déclinés et regroupés dans les grands axes suivants des thématiques et des questionnements autour desquels la problématique du colloque pourrait se décliner. 

I. Comment ?  Connaissance et durabilité  

Mitigation et changement climatique

Comment se fabrique la résilience urbaine face au changement climatique ? (adaptation, atténuation, lutte contre les ICU, réduction de l’empreinte écologique, etc.) 

Modèles de durabilité ou éco-soutenabilité urbaine

Comment se décline la ville durable en Asie et selon quels modèles ? (transfert Nords-Suds, circulation régionale, mimétisme, différenciation…)

Quels sont les modèles qui inspirent la fabrique de la ville durable ? Existe-il une circulation des modèles (mimétisme, starchitecte, rôle des cabinets d’urbanisme internationaux …) ?

Parmi ces modèles ou réseaux de ville, lesquels retrouve-t-on en Asie et à quelle échelle : ville lente (mobilités douces) ; écoquartier / écocité ; ville intelligente (smart-city, smart-grid, ville numérique…) ; ville en transition, … ? 

L’économie de la connaissance au service de la ville intelligente et éco-soutenable  

L’économie de la connaissance et l’aménagement d’une ville de plus en plus « smart », écologique (éco-cité), suscitent un grand intérêt dans nombre de métropoles à travers le monde au point que des concepts nouveaux émergent : Knowledge Based Urban Development(Ygitcanlar, 2008) ou Urban Knowledge Based Project(Ingallina, 2016). C’est pourquoi nous questionnons les modèles interprétatifs à l'œuvre, notamment dans la littérature spécifique, mais aussi dans les stratégies (individuelles et collectives, privées et publiques) sur le long terme, et sur la manière dont elles sont exprimées (dans les conceptions y compris des dispositifs, les instruments et les actions de projet...).

Bâtir une ville basée sur la connaissance : quelles caractéristiques ? quelles formes ? quelles actions et quels dispositifs ?

Quels sont les modèles de « smart city » en Asie ? Quels liens entretiennent-ils ? Existe-il des exemples plus ou moins efficients ?

Comment peut-on définir la « knowledge city » ? En quoi cette notion diffère-t-elle de celle de « smart city » et d’éco-cité ?

Comment l’économie de la connaissance, les clusters et les spécialisations en matière d’innovation permettent d’interroger, de servir et de renouveler les approches en matière de villes soutenables (transport, déchets, espaces verts, réseaux hyper-connectés…) ? Mini-clusters urbains ou ville cluster ?

Université et ville durable

Comment l’Université peut-elle servir les expérimentations en matière de ville durable, soit par irrigation directe du territoire et des quartiers, soit par rayonnement international et régional ? Quels sont les critères d’évaluation pour qualifier ces fertilisations croisées d’échec ou de réussite ?

Résilience et innovation énergétique : quels projets pour quelles villes ?

Comment fait-on de l’urbanisme durable du point de vue de l’énergie en Asie (potentiel et/ou priorisation du solaire, de l’éolien, valorisation de la biomasse …) ?

Comment les injonctions en matière d’énergies renouvelables s’inscrivent-elles dans les documents d’urbanisme ?

Il serait intéressant de souligner les choix effectués en matière énergétique, les contradictions éventuelles à la croissance durable et les implications en matière de fabrication de la ville ?

II.  Qui ? Gouvernance et durabilité 

Dimension construction de la ville : Maitrise d’ouvrage urbaine – Maitrise d’œuvre

Qui sont les acteurs de la maitrise d’ouvrage urbaine ? Comment se conçoit-elle et quelles en sont les évolutions plus ou moins récentes ?

Quels sont les éléments de durabilité aux différentes étapes du projet urbain (conception, fabrication, gestion …) ?

À quelles échelles de la MOU ou de la MOE se construit l’éco-soutenabilité urbaine (bâtiments et réseaux ; architecture et paysage ; planification et programmation urbaine ; projet de territoire …) ?

Décisions et jeu d’acteurs

Comment la gouvernance est-elle redéfinie ? Quels sont les acteurs de la gouvernance, les changements de rôle, d’échelle et de périmètre d’action en cours ? Quels sont les conflits y afférents ?

Qui finance la fabrique de la ville durable en Asie ? Quelles sont les implications des donneurs d’ordres et des bailleurs de fonds sur le choix des projets ? 

Comment s’effectuent les choix politiques pour la ville durable ? L’arbitrage entre les concepteurs (starchitectes, paysagistes …) et les financeurs ? Le montage du projet ?

Le rôle des techniciens (agences, cabinets, consultants…) : faisabilité et outils au service de la durabilité ? Quelles sont les autres parties prenantes ?

Démarche et méthodes de l’urbanisme durable

Quelles sont les formes d’urbanisme pratiqué (réglementaire, opérationnel, participatif …) et quels sont les enjeux (portée/limites) des documents y afférents ?

Les démarches sont-elles descendantes (politique, économique…) ? ascendantes (urbanisme participatif…) ? consensuelles ? 

Quelle place les habitants occupent-ils dans les processus de conception et de fabrication de la ville (régénération/construction) ? Quelles formes prend la concertation avec la population en cas de partenariat public-privé ?

III. Pourquoi ? Bien-être et durabilité 

À qui s’adresse la ville durable ?

Quelle est la place de l’habitat bioclimatique ? Ce mode de logement est-il destiné à tous ou à une frange particulière de la population ? L’innovation se fait-elle par la promotion des nouvelles technologies et de la domotique, ou l’énergie zéro ou positive de ces immeubles (collectif/individuel) est-elle davantage induite par une revalorisation de l’architecture vernaculaire améliorée ? 

Comment le bien-être urbain se construit-il ?

En quoi les nouveaux modèles urbains de durabilité réinterrogent-t-ils la notion de bien-être ? 

Les inégalités socio-environnementales sont-elles atténuées ou au contraire renforcées par l’avènement des impératifs et des projets de durabilité ?

Utopies urbaines

En quoi les utopies urbaines contemporaines répondent-elles davantage à l’impératif de compétition, d’attractivité ou de rayonnement international ?

La ville durable se fait-elle par palimpseste ou par préservation du patrimoine ?

Quels sont les moments de rupture et de continuité dans la construction de la ville durable en Asie ?

Quelles sont les représentations et perceptions autour de la ville durable ? 

Comité d’organisation

  • SCARWELL Helga-Jane, Professeure, Université de Lille 1, Laboratoire EA 4477 Territoire, Villes, Environnement et Société (TVES), helga.scarwell@univ-lille1.fr ; hscarwell@gmail.com
  • LEDUCQ Divya, Maître de conférences, Université de La Réunion, Laboratoire EA 4518 Physique et Ingénierie Mathématique pour l’Énergie, l’Environnement et le Bâtiment (PIMENT), divya.leducq@univ-reunion.fr ; divya.leducq@gmail.com
  • INGALLINA Patrizia, Professeure, Université Paris IV Sorbonne, UMR CNRS 8185 Espaces, Nature, Culture, (ENeC) patrizia.ingallina@paris-sorbonne.fr ; patingallina@free.fr

Comité scientifique

  • BADARIOTTI Dominique, Professeur des Universités, Université de Strasbourg – UMR CNRS 7362, Directeur du Laboratoire Image, Ville, Environnement (LIVE)
  • BAE Hyojung, Associate Research Fellow, Seoul – Korea Research Institute for Human Settlements (KRIHS)
  • CERISE Emmanuel, Co-directeur de l’Institut des Métiers de la Ville à Hanoi (IMV) CHO Panki, Seoul – Korea Research Institute for Human Settlements (KRIHS), Responsable du programme Jeju Vision 2030
  • DEMAZIERE Christophe, Professeur des Universités, Université de Tours, UMR CNRS 7324 CItés, TERritoires, Environnement et Sociétés (CITERES)
  • FANCHETTE Sylvie, Chargée de recherche, HDR, Institut de recherche pour le développement (IRD)
  • FRANCK Manuelle, Professeur des Universités, Présidente de l’INALCO-Langues'O, UMR 245 CESSMA
  • GOLDBLUM Charles, Professeur des Universités, Université de Paris 8 – ENSAPB, IPRAUS
  • HALBERT Ludovic, Chargé de recherche, École des Ponts ParisTech -Université Paris Est Marne La Vallée – UMR CNRS 8134 Laboratoire Techniques, Territoires et Sociétés (LATTS)
  • HUCHET Jean-François, Professeur des Universités, Paris, INALCO-Langues'O, Directeur de l’EA 4512 ASIEs, Vice-directeur du GIS-Réseau Asie CNRS
  • KENNEDY Loraine, Directrice de recherche, EHESS – UMR CNRS 8564 Centre d’Étude sur l’Inde et l’Asie du Sud (CEIAS)
  • LANCRET Nathalie, Directrice de recherche, UMR CNRS 3329 Architecture Urbanisme Société : Savoir Enseignement Recherche (AUSser)
  • LANDY Fréderic, Professeur des Universités, Université de Paris-Ouest-Nanterre La Défense, Laboratoire Mosaïques UMR CNRS 7218 Laboratoire Architecture Ville Urbanisme Environnement (LAVUE), Membre associé du CEIAS
  • PARK Jungyoon, Research fellow, University of Hanyangn, Seoul
  • PEYRONNIE Karine, Chargée de recherche, Institut de recherche pour le développement (IRD)
  • QUAN Le, Professor, Rector, Hanoi Architectural University
  • SANJUAN Thierry, Professeur des Universités, Université Paris 1 Sorbonne, UMR 8586 Pôle de Recherche pour l'Organisation et la Diffusion de l'Information Géographique (PRODIG)
  • WEISSBERG Daniel, Professeur, Université de Toulouse, UMR CNRS 5193 Laboratoire Interdisciplinaire Solidarités, Sociétés, Territoires (LISST) -Centre Interdisciplinaire d'Études Urbaines (CIEU)
  • ZÉRAH Marie-Hélène, Chargée de recherche, Institut de recherche pour le développement (IRD)
  • ZHUO Jian, Professor, Tongji University, Shanghai

Calendrier

  • 30 avril 2016 : date-limite d’envoi des propositions de communication

  • 30 mai 2016 : notification aux auteurs de l’acceptation ou du refus de leur proposition.
  • 30 septembre 2016 : date impérative d’inscription pour les communicants au colloque (auteurs, co-auteurs)
  • 30 octobre 2016 : date-limite d’envoi du texte de la communication (selon le modèle disponible en ligne).
  • 11, 12 janvier 2017 : colloque international, Lille, France

Modalités de soumission de la communication

Les résumés seront adressés sous forme de fichiers informatiques au format Word. Ils devront être déposés

avant le 30 mai 2016

à l'adresse suivante : http://asie2017.sciencesconf.org/

Les propositions de communication seront adressées sous la forme d’un résumé qui devra respecter un format maximum de 3000 signes et sera accompagné des informations suivantes : nom et prénom de l’auteur, adresse e-mail, titre de la communication, Laboratoire et Université d’accueil, 4 ou 5 mots-clés.

Sélectionner un axe de l’appel à communication et une thématique qui décrit le mieux le contenu. Ce choix va déterminer le choix des examinateurs pour l'évaluation des résumés.

Nous vous conseillons de structurer votre résumé en utilisant les rubriques suivantes: Introduction / Etat de l'art / arrière-plan ; question / recherche de But ; méthodes ; Résultats ; Conclusion (s) ; Références (maximum de 10).

La mise en page du résumé est laissée à la discrétion des intervenants, néanmoins, pour les contributions retenues, les organisateurs demandent l'utilisation d’un format spécifique. Ces articles définitifs devront parvenir à la même adresse mail avant le 30 octobre 2016.

Format de la communication orale

Les interventions consisteront en une communication de 20 minutes (en français ou en anglais), suivie d'un dialogue avec l'assistance d'une dizaine de minutes ou de 30 minutes en fin de session (selon le choix du Président de séance). Nous attirons votre attention sur le fait que les présentations PPT devront être envoyées avant le colloque.

Valorisation scientifique

Tous les papiers acceptés et présentés à ce colloque seront inclus dans les actes indexés du colloque (ouvrage, numéro revue scientifique).

Procédure d’inscription

Tous les participants au colloque doivent obligatoirement être inscrits, qu’ils soient intervenants, responsables, présidents de séances, discutant ou visiteurs. Frais d'inscription à payer avant le 30 octobre 2016. Visiter le site internet du colloque : http://asie2017.sciencesconf.org/

Catégories

Lieux

  • université LILLE 1 espace culture - Avenue paul langevin
    Lille, France (59655 CEDEX)

Dates

  • lundi 30 mai 2016

Fichiers attachés

Mots-clés

  • Asie ville durable urbanisme planification

Contacts

  • helga scarwell
    courriel : hscarwell [at] gmail [dot] com
  • divya leducq
    courriel : divya [dot] leducq [at] gmail [dot] com
  • patrizia ingalina
    courriel : patingallina [at] free [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • helga scarwell
    courriel : hscarwell [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Connaissance, gouvernance et objectifs de la ville durable en Asie », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 17 mars 2016, http://calenda.org/359670