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Perspectives pour l'histoire du communisme français

Historical perspectives for French communism

Nouveaux objets d'étude, nouvelles sources, nouvelle génération de chercheurs : une « nouvelle histoire » du communisme ?

New study objects, new generations of researchers: a "new history" of Communism?

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Publié le vendredi 01 avril 2016 par Céline Guilleux

Résumé

 

À partir de l'empreinte, des empreintes, laissée(s) par la mouvance communiste en France, cette journée porte l'ambition d'ouvrir un espace de rencontre, de débat et d'échanges sur les possibles lignes de force d'une « nouvelle histoire » du communisme français. Ces journées envisagent ainsi de prolonger la riche et plurielle historiographie française et étrangère, dans la perspective d'une histoire sociale et culturelle du communisme en France. Avec de nouvelles sources, de nouveaux objets d'étude et de nouvelles perspectives, ces journées ambitionnent de mieux cerner ce phénomène central du XXe siècle.

Annonce

Argumentaire

Cette journée d'étude de doctorants porte une ambition : organiser un espace de rencontre et de débat entre jeunes chercheurs, échanger sur les possibles lignes de force d'une « nouvelle histoire » du communisme français. Vingt ans après les polémiques autour du Livre noir,de l'essai de François Furet Le passé d'une illusion et la réplique du Siècle des communismes, l'histoire du communisme reste un enjeu vif d'investigation. Soutenances de thèse, dossiers de revue, livres en témoignent ;le nombre de doctorants en est aussi l’irréfragable signe.

Le point de départ est formé par les empreintes laissées par la mouvance communiste sur la société française, forgeant une culture populaire, capable à la fois d'intégrer – pour une part – exclus et marginaux, de faire pleine place politique à la classe ouvrière – et, au-delà,à tout un petit peuple des villes et des campagnes –, d’associer nombre d’artistes et d’intellectuels et de rassembler ces acteurs politiques singuliers dans des structures, des mouvements, des projets.

Mais si le communisme a laissé des empreintes inégalement perceptibles sur la société, c’est aussi parce qu’il a été investi par des acteurs sociaux qui l’ont identifié comme vecteur et support possible d’une politique populaire, articulée autour de principes et de pratiques valorisés.L’empreinte communiste se fait ainsi, nécessairement, double : la spécificité bolchevique du « parti de type nouveau » dialogue avec des héritages et des aspirations populaires anciens voire « primitifs » (Eric Hobsbawm) – tantôt intégrés, accolés, métamorphosés ou dépassés dans ces rencontres.

Elle est aussi polymorphe, en ce qu’elle mêle tout autant des thèses identifiées comme politiques que des répertoires d’action, des symboles que des méthodes : des idées, des pratiques et des affects.

Elle constitue enfin un objet qui fait problème, en ce que son spectre court de l’immédiatement identifié – voire revendiqué – jusqu’au labile, l’oublié, le nié : des chansons de Jean Ferrat aux gymnases Jacques-Duclos en passant par l’entrée refusée au Panthéon, la pérennité de méthodes d’organisation ailleurs réinvesties, ou l’évocation instrumentale – et sélective – d’extraits de discours de Georges Marchais par le Front national.

Questionner les empreintes, c’est ainsi envisager la spécificité communiste sous l’angle large de son articulation-intrication à la société française.

Une « nouvelle histoire » du communisme donc, mais ancrée dans une riche et plurielle historiographie française, en dialogue avec ce qui se produit hors de nos frontières, et qui envisage de poursuivre cet effort dans la perspective d'une histoire sociale et culturelle du communisme en France.

Avec de nouvelles sources, chaque année plus nombreuses. Depuis les fonds des organisations communistes elles-mêmes – nationales, coloniales, internationales ; centrales, fédérales, locales ; partis, organisations de masse – jusqu’aux archives personnelles et témoignages de militants, sans oublier l’enrichissement continu des archives publiques.

Avec de nouveaux objets. Longtemps, le Mouvement communiste fut questionné pour lui-même, la focale resserrée sur le Parti communiste. Si elle fut bien envisagée un temps, la question de sesrapports avec la société dans laquelle il est implanté demeure à bien des égards, neuve. Rapports avec des segments sociaux singuliers (femmes, jeunes, immigrés…), des organisations, des mouvements associatifs, sociaux ou politiques – partenaires comme concurrents –, des institutions… Si l’attention fut longtemps concentrée sur Moscou, identifiée comme le seul centre décisif en toutes matières, c’est l’objet neuf des circulations qui vaut à présent d’être interrogé : circulation des idées, de celles et ceux qui les portent, réseaux d’aide, relations avec les partis frères, tout comme les adversaires (soit à des degrés divers et variables selon les conjonctures et milieux : anarchisme, gauchisme, fascisme, socialisme, démocratie chrétienne, gaullisme…).

Il s’en faut que le Parti communiste ait lui-même livré tous ses secrets. Dans son organisation et sa composition, il demeure beaucoup à investiguer : de la place des élus à celle des adhérents ; du fonctionnement effectif de ses directions, du Secrétariat national du Comité central aux directions de cellules locales ou d’entreprise ; de la nébuleuse des organisations de masse à l’appareil militaire, etc.

Enfin, avec de nouvelles perspectives. Parti le plus étudié de France, le Parti communiste appelle maints retours sur les travaux d’hier, à la lumière des interrogations du présent. Il s’agit ainsi d’aller résolument vers une histoire impériale et européenne, et au-delà, internationale et globale, seule à même de rendre compte de cette histoire du communisme français. Pour autant, cette approche macroscopique ne peut donner sa mesure que par l’apport d’études locales, dans une histoire sociale au plus près des acteurs, qui ne néglige ni l’étude des pratiques, des langages, des valeurs ni celle des idées, des concepts, de la théorie. Une histoire qui interroge les rapports centre/périphérie, sans gommer leur dialectique ni simplifier les circulations parfois complexes qui s’y font jour – que ce soit entre l'Internationale communiste et ses sections, les directions et leurs « bases »… Une histoire qui affronte les questions de genre et de sexualité ; celles des identités professionnelles et du travail ; celles des enjeux culturels et socioculturels ; celles des voies et des manières de la politisation, du maintien militant comme du désengagement.

Autant de pistes fécondes de recherche – esquissées sans volonté d’exhaustivité – sur un phénomène central du XXe siècle.

Cette initiative docotrale est candidate pour le soutien du Campus Condorcet.

Modalités de soumission

Les réponses à cet appel à communication ne doivent pas excéder 500 mots.

Elles doivent être accompagnées d’un titre, du nom de l’auteur, de son affiliation institutionnelle.

Les propositions doivent être envoyées à l'adresse suivante : je.communisme@gmail.com

avant le 3 juin 2016.

Les propositions peuvent être envoyées en format .doc, .docx, .odt, .rtf en un seul document.

Les communications présentées lors du colloque ne doivent pas excéder 20 minutes.

La langue de la journée est le français.

Informations pratiques

La journée se tiendra les 14 et 15 octobre 2016

Comité d’organisation 

  • Thibaud Blaschka (Université Paris-8 Saint-Denis),
  • Anthony Crézégut (Sciences-Po),
  • Pierre Krieger (IEP Strasbourg),
  • Dimitri Manessis (Université de Bourgogne),
  • Guillaume Roubaud-Quashie (Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne).

Comité scientifique

  • Maurice Carrez,
  • Jean-Yves Mollier,
  • Michel Pigenet,
  • Bernard Pudal,
  • Danielle Tartakowsky,
  • Jean Vigreux.

Lieux

  • Paris, France (75)

Dates

  • vendredi 03 juin 2016

Mots-clés

  • communisme, doctorant, objet, source, génération, parti, communiste, français, URSS, socialisme

Contacts

  • Comité d' Organisation
    courriel : je [dot] communisme [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Dimitri Manessis
    courriel : je [dot] communisme [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Perspectives pour l'histoire du communisme français », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 01 avril 2016, http://calenda.org/360832