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Espaces et lieux de l'intime au XIXe siècle

Private spaces and places in the 19th century

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Publié le mardi 29 mars 2016 par Céline Guilleux

Résumé

Michelle Perrot, dans son introduction à l’Histoire de la vie privée au XIXe siècle, souligne l’émergence du sujet moderne au sein de la sphère privée aux lendemains des bouleversements révolutionnaires. Après la dictature du « tout public », on assisterait à l’orée du siècle à un repli progressif des valeurs bourgeoises sur un espace d’épanouissement individualisé et privatisé. La constitution d’un appareil législatif très protecteur à l’égard de la famille et de la propriété privée, la mise en place progressive d’une « Wohnkultur » à travers le culte rendu au chez-soi, l’affirmation d’un besoin d’introspection dont témoignent la vogue du « roman intime » (Sainte-Beuve) et le développement de certaines théories hygiénistes impliquant un nouveau rapport au corps, à la toilette, et à la sexualité constituent autant d’aspects différents d’un même processus historique.

Annonce

Argumentaire

Michelle Perrot, dans son introduction à l’Histoire de la vie privée au XIXe siècle, souligne l’émergence du sujet moderne au sein de la sphère privée aux lendemains des bouleversements révolutionnaires. Après la dictature du « tout public », on assisterait à l’orée du siècle à un repli progressif des valeurs bourgeoises sur un espace d’épanouissement individualisé et privatisé. La constitution d’un appareil législatif très protecteur à l’égard de la famille et de la propriété privée, la mise en place progressive d’une « Wohnkultur » à travers le culte rendu au chez-soi, l’affirmation d’un besoin d’introspection dont témoignent la vogue du « roman intime » (Sainte-Beuve) et le développement de certaines théories hygiénistes impliquant un nouveau rapport au corps, à la toilette, et à la sexualité constituent autant d’aspects différents d’un même processus historique. On comprend bien, dès lors, pourquoi le XIXe siècle apparaît comme le « siècle de l’intime », du moins celui « de son invention et de son sacre comme valeur à la fois existentielle et esthétique » (Brigitte Diaz et José-Luis Diaz, « Le siècle de l’intime », Pour une histoire de l’intime et de ses variations, 2009). Toutefois, l’intime au XIXe siècle aurait « besoin d’un minimum de théâtralité » (ibid.).

Paradoxalement, le XIXe siècle est aussi celui de la mise en spectacle et en vitrine de la vie sociale et privée. L’intime ne s’élabore-t-il que dans le culte strict de l’introversion et du secret, ou serait-il tributaire du processus même de son extériorisation ? Au croisement de l’intériorité et de l’extériorité, clivage auquel on le réduirait en vain, l’intime au XIXe siècle paraît en effet engager une dynamique spatiale, identifiable avec plus de précision. Dans cette perspective, on serait tenté d’envisager l’intime comme un territoire subjectif, un espace d’expression du sujet dépendant de lieux, imaginaires ou tangibles, où il pourrait se donner à dire, à lire ou à voir et dans lesquels il trouverait éventuellement à s’épanouir.

Programme

8h30-9h : Accueil des participants

9h-9h20 : Introduction

Session I : Genres de l'intime

Modératrice : Marie-Bernard Bat

  • 9h20-9h45 Brigitte Diaz : « Habiter l’intime. Scénographie de l’espace intime dans quelques écrits autobiographiques : Stendhal, Barbey d’Aurevilly, Sand »
  • 9h45-10h10 Jeanne Stranart : « Espaces de l'expression de l'intime dans le journal épistolaire de Juliette Drouet »
  • 10h10-10h35 Lisa Suarez : « L’intimité forcée dans Le Journal d’une femme de chambre d’Octave Mirbeau » 
  • 10h35-11h00 : Questions
  • 11h-11h20 : Pause-café

Session II : Poétiques de l'intrusion

Modératrice : Mathilde Labbé 

  • 11h20-11h45 Sophie-Valentine Borloz : « “Un élargissement brusque d’elle-même”. La contagion des parfums de l’intimité dans Nana de Zola, Notre cœur de Maupassant et Monsieur Vénus de Rachilde »
  • 11h45-12h10 Valérie Lavigne : « La serre dans la littérature du second XIXe siècle, vitrine privilégiée d’une intimité décadente »
  • 12h10-12h30 : Questions
  • 12h30-14h30 : Pause-déjeuner

Session III : L’intimisme littéraire et pictural

Modératrice : Dominique de Font-Réaulx

  • 14h30-14h55 Brice Ameille : « La scène de toilette impressionniste : l'intimité (re)trouvée »
  • 14h55-15h20 Charlotte Dufour : « De la scène de genre au genre de la scène. Genèse et poétique d'un fait littéraire au XIXe siècle »
  • 15h20-15h40 : Questions
  • 15h40-16h00 : Pause-café

Session IV : L’intime entre espace physique et espace mental

Modératrice : Lola Kheyar Stibler

  • 16h00-16h25 Renzo Alvarado Ruiz de Castilla : « Une symbolique de l'intime : Bosquets et jardins fin de siècle »
  • 16h25-16h50 Manon Amandio : « Transgressions de l’espace intime dans Le Cœur révélateur d’Edgar Allan Poe et Crime et châtiment de Dostoïevski »
  • 16h50-17h10 : Questions
  • 17h10-17h30 : Conclusion

Catégories

Lieux

  • Salle 638 C - Université Paris-VII, site Grands Moulins
    Paris, France (75013)

Dates

  • vendredi 08 avril 2016

Mots-clés

  • intime, intérieur, lieu, genre, espace, littérature

Contacts

  • Nicolas Aude
    courriel : lieux-de-lintime [at] googlegroups [dot] com
  • Alice Charentenay (de)
    courriel : lieux-de-lintime [at] googlegroups [dot] com
  • Romain Enriquez
    courriel : lieux-de-lintime [at] googlegroups [dot] com
  • Marie-Clémence Régnier
    courriel : lieux-de-lintime [at] googlegroups [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Nicolas Aude
    courriel : lieux-de-lintime [at] googlegroups [dot] com

Pour citer cette annonce

« Espaces et lieux de l'intime au XIXe siècle », Journée d'étude, Calenda, Publié le mardi 29 mars 2016, http://calenda.org/360918