AccueilLa gouvernance multiniveaux au carrefour des disciplines. Quelles échelles pour quelles articulations dans l’action publique contemporaine ?

La gouvernance multiniveaux au carrefour des disciplines. Quelles échelles pour quelles articulations dans l’action publique contemporaine ?

Multi-level governance at the crossroads of disciplines. What scales for what articulations in contemporary public action?

Colloque international IDEP 2016 « L’interdisciplinarité dans les études du politique »

IDEP 2016 international conference: "Interdisciplinarity in political studies"

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Publié le mardi 05 avril 2016 par Céline Guilleux

Résumé

Quelles échelles pour quelles articulations dans l’action publique contemporaine ? Si on s’accorde sur le fait que la notion de gouvernance renvoie à l’analyse de la manière dont les acteurs publics et privés prennent part à la formulation du politique ou contribuent à la définition de son contenu et de sa mise en œuvre, alors la gouvernance articule nécessairement plusieurs niveaux entre eux, relie plusieurs dimensions de l’action collective, renvoie à différences échelles, met en relation une diversité d’acteurs et de territoires, s’appuie sur une variété de représentations et relève d’une multiplicité d’approches disciplinaires ouvrant une voie à l’interdisciplinarité, pour qui y voit un attrait particulier.

Annonce

Argumentaire

Si on s’accorde sur le fait que la notion de gouvernance renvoie à l’analyse de la manière dont les acteurs publics et privés prennent part à la formulation du politique ou contribuent à la définition de son contenu et de sa mise en œuvre, alors la gouvernance articule nécessairement plusieurs niveaux entre eux, relie plusieurs dimensions de l’action collective, renvoie à différences échelles, met en relation une diversité d’acteurs et de territoires, s’appuie sur une variété de représentations et relève d’une multiplicité d’approches disciplinaires ouvrant une voie à l’interdisciplinarité, pour qui y voit un attrait particulier.

C’est un tel croisement des approches et des disciplines que vise cet appel à communications en « prenant au sérieux » l’idée suivant laquelle si la gouvernance est multiniveaux ou multiscalaire. Mais il est nécessaire d’interroger ou de réinterroger selon quel(s) point(s) de vue, jusqu’à quel degré, et avec quelles leçons en inférer sur le plan théorique ou pratique. Si « le niveau compte », de quels niveaux s’agit-il ? Comment s’articulent les différentes échelles ? Entre quels acteurs ? Sur quels « espaces » ou sur quels « territoires » ?

En effet, la gouvernance multiniveaux ne se réduit sans doute pas à « une poupée russe aux compétences imbriquées[1] », pour reprendre une image utilisée par Gary Marks (et Liesbet Hooghe), ou à une forme particulière de « dispersion de l’autorité de décision à de multiples niveaux territoriaux[2] » comme semble lui correspondre le cas de l’Union européenne. Elle est elle-même multiple et une rencontre interdisciplinaire doit pouvoir en rendre compte, de manière à nourrir chacune des manières de l’appréhender tant au plan théorique qu’en analysant différentes configurations infranationales, nationales, régionales ou globales.

Le colloque international IDEP 2016 propose ainsi de considérer la gouvernance multiniveaux moins comme une notion prédéfinie que comme un champ de recherche à explorer en faisant le pari de l’interdisciplinarité. L’appel à communications s’adresse aux chercheurs concernés par la gouvernance multiniveaux quel que soit leur ancrage disciplinaire (science politique, droit, économie, sociologie, histoire, philosophie, gestion), qu’ils s’inscrivent dans une approche mono, pluri ou interdisciplinaire.

Nous proposons d’aborder cette réflexion en inscrivant les projets de communication dans l’un des axes suivants :

Axe 1 : La question du niveau dans la gouvernance multiniveaux

Comment aborder « le(s) niveau(x) » dans la gouvernance multiniveaux ? Traite-t-on du niveau de mise en œuvre de l'action publique (dimension empirique, liée à l'objet, qui ouvre énormément de questions, y compris morphologiques, sur les espaces de l'action publique, les niveaux de décision) ? S’agit-il d'une perspective ou d'une échelle théorique de prédilection (par exemple les travaux sur les logiques de centralisation/décentralisation/territorialisation, le rôle clé des régulations intermédiaires, les diverses théories de la mondialisation, la « multi-track diplomacy ») ? Propose-t-on une entrée méthodologique ou épistémologique (par les niveaux « micro » et « macro » et les passages problématiques de l'un à l'autre) ? A quels « niveaux » fait-on référence en droit, en science politique, en sociologie, et en quoi cela conduit-il à des représentations particulières de la gouvernance elle-même ? Le niveau s’ancre-t-il dans l’espace ou dans le territoire ?

Axe 2 : Explorer la fabrique et l’évaluation de l'action publique « multiniveaux »

Cet axe s'adresse notamment aux analystes des politiques publiques, quelle que soit leur discipline. Il s’agit de questionner les acteurs de la gouvernance multiniveaux, et les usages qu'ils font de la notion et ses apports dans les démarches de compréhension de la fabrique et de l'évaluation des politiques publiques. On pourra par exemple interroger l'apparition de nouvelles scènes d'action publique et leur enchevêtrement, ou la redistribution des pouvoirs entre les acteurs. Nous proposons d'autre part d’interroger les effets de cette configuration de gouvernement à travers l'étude de politiques sectorielles ou plus transversales, du local à l’international. Parmi les effets de l’enchevêtrement d'acteurs et de niveaux d'action, on pourra évoquer la dilution des responsabilités, l'augmentation des conflits, l'accroissement des possibilités et des difficultés de coopération, la redéfinition du contenu et des participants de l'intervention publique, son efficacité, les hybridations entre gouvernances publique et privée. La question de la régulation peut aussi être abordée en étudiant différentes logiques de fonctionnement (concurrentielles, contractuelles et autres) qui  imposent une redéfinition des rapports et des espaces entre acteurs publics et acteurs privés. 

Axe 3 : Les « territoires » de la  gouvernance multiniveaux

Les territoires dans lesquels s’exerce la gouvernance multiniveaux, la gouvernance partagée, voire « multiscalaire » se sont multipliés. Cela interroge la diversité des échelles (gouvernance locale, nationale, régionale, en Europe et ailleurs, internationale, globale) et des acteurs (publics, privés, institutionnels, de la société civile) dont les interactions sont au cœur de la gouvernementalité des sociétés contemporaines. Les communications inscrites dans cet axe chercheront à mettre en évidence les rapports entre le « terrain », les acteurs et le mode de gouvernance observé ou imaginable. La référence à des cas étudiés sera un point d’appui empirique permettant d’élaborer et de tester des hypothèses théoriques en la matière.

Axe 4 : Produire et mobiliser des connaissances : les enjeux de la gouvernance multiniveaux en lien avec le domaine des « sciences et technologies »

La gouvernance multiniveaux renvoie à un ensemble de producteurs et/ou d’usagers de connaissances. C’est particulièrement le cas dans le cadre de la gouvernance des « technosciences » ou des sciences et technologies. Cet axe vise à interroger les rapports entre savoir et pouvoir, expertise (instituée ou instituante) et décision, construction et usages des connaissances et des données alors que cette gouvernance des technosciences s’exerce à de multiples niveaux, en produisant des effets sur le contenu et le format des savoirs produits et mobilisés (hiérarchisation, légitimation, alignement, standardisation, réglementation). En quoi les modalités pratiques de production, de circulation, de mise en forme et d’usage des connaissances spécifient-elles une gouvernance multiniveaux ? Dans quelle mesure en orientent-elles le cours et les choix ? Les communications proposant de répondre à ces questions à partir de recherches de terrain seront bienvenues.

Ces différents axes pourront être adaptés, avec l’aide des contributeurs, qui sont appelés à préciser dans leur proposition :

  • la conception (théorique, empirique et méthodologique) des « niveaux » envisagés ;
  • les raisons (théoriques, méthodologiques ou empiriques) pour lesquelles le « niveau compte » et pour lesquelles il faut en envisager plusieurs dans l'analyse (et selon quelles modalités d'analyse) ;
  • en quoi l'interdisciplinarité leur permet de relever ces défis analytiques.

[1] Marks G., Hooghe L., « Contrasting Visions of Multi-level Governance », in Multi-level Governance, Bache I., Flinder M., Oxford, 2004, p. 16. Voir aussi, Hooghe L., Marks G., « Types of multi-level governance », in Handbook on Multi-level Governance, Enderlein H., Waïti S., Zürn M. (eds), EE, 2010, p. 17-32.

[2] Hooghe L., Marks G., Multi-level governance and European Integration, Roman and Littlefield, Oxford, 2001

Conditions de soumission

Les projets de communication (individuels ou collectifs) décriront précisément les questions posées, les objets étudiés, la dimension interdisciplinaire et les méthodes mobilisées.

Les auteurs préciseront leur rattachement institutionnel et leur(s) appartenance(s) disciplinaire(s).

Les propositions prendront la forme d’un résumé de 500 mots (maximum) et de 5 mots clés.

Elles devront être déposées

avant le 9 mai 2016

sur le lien ColloqueIDEP2016

Les retours d’évaluation des projets de communication seront notifiés à partir du 27 juin 2016.

Les textes complets des communications (en français ou en anglais) devront être envoyés en format word avant le 5 septembre 2016. 

Le colloque se tiendra les 15/16 septembre 2016 à l'Université Paris Est Marne-la-Vallée

Informations

  • glaymann@u-pec.fr
  • debriant@u-pec.fr
  • philippe.brunet@u-pem.fr

Comité scientifique

  • Mme Delphine Allès Science politique LIPHA-PE (EA 7373), Université Paris Est Créteil
  • M. Oscar Arcos Palma Sciences de l’art Université nationale Colombie
  • M. Dominique Argoud Sciences de l’éducation LIRTES (EA 7313), Université Paris Est Créteil
  • M. Balveer Arora Science politique Centre for Multilevel Federalism, Institute of Social Sciences, New Delhi, Inde
  • Mme Béatrice Barbusse Sociologie LIPHA-PE (EA 7373), Université Paris Est Créteil
  • M. Daniel Béhar Urbanisme Ecole d’urbanisme de Paris, Université Paris Est Marne-la-Vallée
  • M. Mohamed Behnassi Droit LAGOS & NRCS, Université Ibn Zohr d’Agadir, Maroc
  • M. Denis Bernardeau Sociologie ACP (EA 3350), Université Paris Est Créteil
  • Mme Isabelle Blondiaux Philosophie Lipha Paris Est (UPEM)
  • Mme Maryse Bresson Sociologie PRINTEMPS (UMR 8085), Université de St Quentin en Yvelines
  • Mme Maria Cristina Chavarriaga Protection sociale Université Santo Tomas, Colombie
  • Mme Joëlle Desterbecq Communication politique ILC, Université Catholique de Louvain (Belgique)
  • M. Eric Fiat Philosophie LIPHA-PE (EA 7373), Université Paris Est Marne-la-Vallée
  • M. Cédric Frétigné Sciences de l’éducation LIRTES (EA 7313), Université Paris Est Créteil
  • Mme Niraja Gopal Jayal Science politique Centre for the Study of Law and Governance, Jawaharlal Nehru, University, New Delhi, Inde
  • M. Cédric Groulier Droit LaSSP (EA 4175), IEP de Toulouse
  • M. David Guéranger Science politique LATTS (UMR 8134), Université Paris Est Marne-la-Vallée
  • Mme Christine Houteer Droit LIPHA-PE (EA 7373), Université Paris Est Créteil
  • M. Marc Hufty Science politique IUHED, Genève, Suisse
  • M. Émile Kenmogne Philosophie CerCaPhi, Université de Yaoundé 1, Cameroun
  • Mme Donna Kesselman Civilisation américaine IMAGER (EA 3958), Université Paris Est Créteil
  • M. Daniel Labaronne Science économique LAREFI (EA 2954), Université de Bordeaux IV & AFED
  • M. Yannick L’Horty Science économique ERUDITE (EA 437 UPEM/UPEC), Fédération TEPP FR 3435 CNRS
  • M. Philippe Le Prestre Science politique Université Laval, Québec & IEP, Université Toulouse 1 Capitole
  • M. François Mabille Science politique Université catholique de Lille
  • Mme Sandrine Maljean-Dubois Droit CERIC (UMR 7318 CNRS), Université d’Aix Marseille
  • Mme Sophia Mappa Anthropologie Associée au LIPHA-PE (EA 7373)
  • Mme Isabelle de Mecquenem Philosophie ESPE de l’Université de Reims Champagne-Ardenne
  • M. Sergiu Miscoiu Science politique LIPHA-PE (EA 7373), UPEM & FEE Université de Cluj (Roumanie)
  • M. Frederik Mispelblom-Beyer Sociologie CRF-ETE, Cnam et Université d’Évry Val d’Essonne
  • Mme Caroline Ollivier-Yaniv Sciences de l’information et de la communication CEDITEC (EA 3119), Université Paris Est Créteil
  • Mme Sylvie Paquerot Sc. juridiques et politiques LIPHA-PE (EA 7373) & Université d’Ottawa, Canada
  • Mme Raphaëlle Parizet Science politique LIPHA-PE (EA 7373), Université Paris Est Créteil
  • M. Romain Pasquier Science politique CNRS et CRAPE (UMR 6051), Université Rennes 1
  • Mme Emmanuelle Picard Histoire contemporaine IFÉ/LARHRA (UMR 5190), École normale supérieure de Lyon
  • M. Philippe Poirier Science politique IPSE, Université du Luxembourg
  • M. Xavier Pons Sociologie LIPHA-PE (EA 7373), Université Paris Est Créteil
  • Mme Patricia Remoussenard Sciences de l’éducation CIREL (EA 4353), Université de Lille III
  • Mme Nadine Richez-Battesti Science économique LEST (UMR 7317 CNRS), Université d’Aix Marseille
  • Mme Pierrine Robin Sciences de l’éducation LIRTES (EA 7313), Université Paris Est Créteil
  • M. Jérôme Roudier Philosphie Université catholique de Lille
  • Mme Manuella Roupnel-Fuentes Sociologie ESO (UMR CNRS 6590), Université d’Angers
  • Mme Chunyu Shi Science politique Université Gongshang, Chine
  • M. Vincent Spenlehauer Science politique LISIS, Ecole des Ponts ParisTech
  • M. Andranik Tangian Science politique WSI, Düsseldorf, Allemagne
  • Mme Helène Tessier Law & Psychoanalysis Faculté des Sciences humaines, Université de Saint-Paul, Québec
  • Mme Sylvie Thoron Science économique LIPHA-PE (EA 7373), Université Paris Est Créteil
  • M. Emmanuel Triby Sciences de l’éducation LISEC (EA 2310), Université de Strasbourg
  • Mme Sylvie Valet Histoire du droit LIPHA-PE (EA 7373), Université Paris Est Créteil
  • M. Pierre Vercauteren Science politique ISPOLE, REGIMEN, Université Catholique de Louvain (Belgique)
  • M. Pierre Verjans Science politique Université de Liège, Belgique
  • M. Álvaro Vernazza Paez Science économique Université Santo Tomas, Colombie

Lieux

  • RER Ligne A - Université Marne-la-Vallée, Cité Descartes, 5 Boulevard Descartes
    Champs-sur-Marne, France (77420)

Dates

  • lundi 09 mai 2016

Mots-clés

  • interdisciplinarité, gouvernance, gouvernementalité, acteur social

Contacts

  • Dominique Gaymann
    courriel : glaymann [at] u-pec [dot] fr
  • Vincent de Briant
    courriel : debriant [at] u-pec [dot] fr
  • Philippe BRUNET
    courriel : philippe [dot] brunet [at] u-pem [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Dominique GLAYMANN
    courriel : glaymann [at] u-pec [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La gouvernance multiniveaux au carrefour des disciplines. Quelles échelles pour quelles articulations dans l’action publique contemporaine ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 05 avril 2016, http://calenda.org/362226