AccueilLe structuralisme. Entre héritage et transformations contemporaines

Le structuralisme. Entre héritage et transformations contemporaines

Structuralism: Between heritage and contemporary transformations

Colloque de l'Association des jeunes chercheurs en sémiotique (AJCS) 2016

Association des jeunes chercheurs en sémiotique (AJCS) conference 2016

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Publié le lundi 04 avril 2016 par Elsa Zotian

Résumé

Le colloque des jeunes chercheurs en sémiotique de 2016 se place entre plusieurs centenaires remarquables dans la fondation et l’histoire des structuralismes et de la sémiotique, tels : la naissance de Roland Barthes célébrée en 2015, le centenaire de la publication du Cours de Linguistique Générale de F. de Saussure en 2016 et la naissance d’Algirdas Julien Greimas qui aura lieu en 2017. L’édition 2016 du Colloque souhaite s’inscrire dans le cadre des différentes manifestations scientifiques organisées à l’occasion de ces événements majeurs, en proposant de faire un point sur l’état actuel de l’héritage structuraliste ainsi que sur ses diverses déclinaisons.

Annonce

Argumentaire

Repérable, à un stade germinatif, dans les formulations saussuriennes (1916 et 2002) qui visaient à considérer la langue comme un système de signes, la pensée structurale et puis structuraliste s’est configurée en tant que pensée à la fois de la relation et de la différence, par-delà ses déterminations disciplinaires successives. En particulier, le structuralisme à proprement parler a investi, dès les années 1960, la plupart des sciences humaines et sociales - de la linguistique (Hjelmslev) à l’anthropologie (Lévi-Strauss), de la stylistique (Barthes, Riffaterre) à l’histoire de l’art (Marin) -, s’avérant un paradigme et un programme général de recherche véritablement trans-disciplinaire, moyennant lequel un socle et un lexique communs avaient contribué à faire dialoguer les différentes disciplines entre elles.

La capacité heuristique de la méthode structuraliste permettait d’approcher différents phénomènes sociaux et culturels - des systèmes de parenté aux contes populaires (Propp) en passant par le discours de la mode ou encore une recette de cuisine (Greimas) - de la même manière, dans la mesure où l’interrogation première résidait en le sens de ces phénomènes et en ses modes de constitution. En effet, la « vocation scientifique » représentait une partie fondamentale du projet sémiotique greimasien et de celle qui sera appelée Ecole de Paris, qui aura contribué à l’autonomisation de la sémiotique et du sémiotique vis-à-vis de la linguistique. C’est précisément à partir des recherches de la première génération de chercheurs de l’Ecole de Paris - tels Jacques Fontanille, Eric Landowski, Jean-Claude Coquet, Claude Zilberberg, Denis Bertrand, Ivan Darrault-Harris - que le structuralisme sémiotique a pu au cours du temps emprunter des chemins de différenciation et de spécification, en incluant des apports théoriques autres (de la phénoménologie à la psychanalyse, de la poétique aux études cinématographiques, etc), tout en gardant une même exigence de modélisation et une démarche reconnaissable.

A partir des années 1970-1980, avec l’affirmation des études culturelles, l’affaiblissement du tournant linguistique et textualiste qui avait caractérisé l’essor du structuralisme en tant que tel, ainsi qu’avec la mise en relief du caractère non-unitaire du structuralisme par maints philosophes, dont notamment Gilles Deleuze, on assiste à un certain déclin du structuralisme en tant que Zeitgeist des sciences humaines des décennies précédentes. Une interrogation profonde s’est produite en sémiotique ainsi que dans son voisinage disciplinaire, sur ses apories, ses tendances totalisantes aussi bien que sur le texte en tant que construction méthodologique de référence pour l’analyse.

Cela a engendré un nouvel élan en sémiotique, autant par rapport à ses objets d’étude qu’à l’égard de la révision et du renouvellement de ses modèles. Par conséquent, d’autres phénomènes, irréductibles aux textes, tels le corps, les interactions, les pratiques, les objets et le design, ont pu être investigués. Par ailleurs, depuis quelque temps, on assiste à des propositions théoriques provenant de l’anthropologie (Descola) ou à cheval entre sociologie et philosophie des sciences (Latour) qui semblent ressasser un esprit structuraliste décliné en tant que pensée de grandes configurations relationnelles et systémiques. En sémiotique, l’on repère ce mouvement précisément dans l’intérêt vers les formes de vie (Fontanille, Colas-Blaise), des macro-syntagmatiques générales et à la fois condensables par des niveaux de la signification de taille mineure.

Dès lors, dans un cadre si vaste, il s’agit de réfléchir sur le sens d’une démarche structuraliste à l’égard de la contemporanéité. Maintes questions se posent. Que veut dire être structuraliste à l’époque actuelle ? Peut-on l’être et dans quelle mesure ? Comment se traduit l’héritage structuraliste à l’intérieur des paradigmes de recherche actuels ? Comment se place-t-on en tant que chercheur face à cet héritage : s’agit-il de relations de filiation, de reprise, d’hybridation, de détachement, etc. ? Afin de répondre à ces questions non exhaustives, le comité organisateur et le comité scientifique proposent les axes de réflexion suivants :

  1. un axe proprement théorique, visant à questionner les objets de la théorie structuraliste - en leur efficacité ou par rapport aux problématiques qu’ils engendrent -, les relations et/ou les imbrications possibles entre le(s) structuralisme(s) et d’autres courants de recherche, ou encore, visant à accueillir des propositions théoriques nouvelles à partir de cet héritage
  2. un axe historiographique et épistémologique, visant à creuser l’histoire de la sémiotique structurale ainsi que les relations entre les différents structuralismes au fil du temps et jusqu’à aujourd’hui. 
  3. un axe d’application, visant à témoigner des persistances et des changements de la méthode structurale une fois à l’œuvre dans l’analyse. Y aurait-il des objets pour lesquels cette méthode est toujours valide telle qu’elle a été transmise, ou bien comment se traduisent l’héritage et/ou des réappropriations de cette méthode dans son faire concret ?

Nous souhaiterions recevoir des propositions de communication s’inscrivant dans un ou plusieurs de ces axes. Néanmoins, nous demeurons ouverts à toute proposition engageant une véritable réflexion - soit-elle sous la forme d’une évocation, d’une polémique ou d’une mise en perspective, etc. - autour de ce vaste sujet. 

Les propositions de communication provenant des doctorant-e-s et de jeunes chercheur-se-s de différentes latitudes scientifiques sont chaleureusement encouragées afin que les jeunes chercheur-se-s puissent trouver des interlocuteurs et un espace de débat sur leurs propres travaux.

Conditions de soumission

Les propositions de communication devront être comprises entre 500 et 800 mots (espaces compris). Elles indiqueront un ou plusieurs axes de référence parmi ceux proposés ; dans le cas d’un choix multiple d’axes, ceux-ci seront indiqués par ordre de priorité.

Les propositions comporteront : nom, prénom, affiliation institutionnelle, coordonnées électroniques des auteurs (dans le cas de plusieurs auteurs, elles indiqueront l’ordre des intervenants avec des chiffres), ainsi qu’une courte notice bio-bibliographique

Les propositions de communication pourront être envoyées en plusieurs langues : français, anglais, espagnol, portugais, italien. La langue du colloque est le français.

Les propositions de communication seront envoyées à l’adresse mail du Comité organisateur : semio.ajcs@gmail.com avec l’indication « Colloque 2016 » dans l’objet du courriel.

La date limite pour l’envoi des propositions est fixée au 30 mai à 23h59 heure de Paris.

La notification de l’acceptation des propositions sera donnée pour le 20 juin

Les communications auront une durée de 20 minutes, plus 10 minutes de débat.

Informations pratiques

Des frais d’inscription au Colloque sont prévus (ils incluent le petit-déjeuner sur place et les pauses-café). Seules les personnes participant avec une communication au Colloque sont tenues à s’inscrire et à régler le montant correspondant. Pour les auditeurs, la participation est libre et gratuite.

Les tarifs

  • étudiants et doctorants : 20 €
  • (jeunes) chercheurs confirmés (post-doctorants, ATERs, etc.) : 40 €

Modalités de règlement

  • par virement bancaire adressé à Ass. Jeunes Chercheurs Sémiotique, IBAN FR76 1055 8022 0117 6793 0020 096 - BIC  TARNFR2L Banque Tarneaud, Agence Limoges Les Bancs
  • sur place, par chèque à l’ordre de l’AJCS en indiquant le motif « frais d’inscription Colloque AJCS 2016 » 
  • sur place, en espèces, lors de l’enregistrement au colloque

Comité organisateur

  • AJCS - Carolina Lindenberg Lemos (président),
  • Valeria De Luca (secrétaire),
  • Léopold Ngodji (trésorier)

Comité scientifique

  • Maria Cristina Salles Altman (Université de São Paulo)
  • Driss Ablali (Université de Lorraine)
  • Sémir Badir (FNRS/Université de Liège)
  • Giuditta Bassano (Université de Bologne)
  • Waldir Beividas (Université de São Paulo)
  • Amir Biglari (Université du Luxembourg)
  • Valeria De Luca (AJCS/Université de Limoges)
  • Angelo Di Caterino (Université de Limoges)
  • Carolina Lindenberg Lemos (AJCS/Université de São Paulo)
  • Léopold Ngodji (AJCS/Université de Yaoundé)
  • Jean-Cristus Portela (Universidade Estadual Paulista)
  • Alphonse Joseph Tonyè (Université de Yaoundé)

Soutien

CeReS (Centre de Recherches Sémiotiques), Université de Limoges

Lieux

  • Université de Limoges FLSH 39, rue Camille Guérin
    Limoges, France (87)

Dates

  • lundi 30 mai 2016

Mots-clés

  • structuralisme, sémiotique, formes de vie

Source de l'information

  • Valeria De Luca
    courriel : semio [dot] ajcs [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Le structuralisme. Entre héritage et transformations contemporaines », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 04 avril 2016, http://calenda.org/362238