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Théories de l'imaginaire et économie politique contemporaine

Theories of the imagination and contemporary political economics

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Publié le mardi 05 avril 2016 par João Fernandes

Résumé

Cet atelier international est organisé par le Collectif de recherche sur l’imaginaire (CRI). Il a pour objectif des présentations courtes laissant la place à des discussions longues, chaque participant retenu devant soumettre un texte à l’étude avant la rencontre. Les discussions approfondies permettront d’étoffer la prochaine programmation de recherche du Collectif. La problématique qui nous intéresse se situe à la croisée des chemins entre une actualisation des théories de l’imaginaire et une interrogation quant au rôle joué par le concept d’imaginaire dans l’économie politique contemporaine.

Annonce

Argumentaire

En général, les développements théoriques concernant l’imaginaire (la « faculté imaginaire », autant que les « imaginaires sociaux ») ne proviennent pas du champ de l’économie. Sans que la liste suivante soit exhaustive, l’on peut affirmer que ces développements théoriques se sont faits principalement dans les champs de la philosophie, la psychanalyse, l’anthropologie, la sociologie, la science politique, l’histoire, les études littéraires et cinématographiques, ou la géographie culturelle. 

Néanmoins, l’interrelation entre imaginaire et économie est remarquée et réfléchie depuis longtemps. Au 19e siècle, Marx le fait déjà en cernant la fétichisation. Dans les années 1940, E.P Thompson le fait en ancrant la conscience de classe dans la culture de chaque lieu et chaque époque. Dans les années 1960-70, Althusser le fait à travers sa conception de l’idéologie et des appareils idéologiques d’État, alors que Castoriadis le fait en consacrant toute une section de l’Institution imaginaire de la société à l’économie. Dans les années 2000, Negri le fait en concevant les possibilités du capitalisme cognitif pour la multitude; et naissent plus récemment les études en économie politique culturelle, dont celles de Julie Graham and Katherine Gibson, qui s’inspirent directement des travaux de Laclau et Mouffe sur l’hégémonie et l’imaginaire. Ces exemples sont loin d’épuiser l’interrelation; ils visent simplement à montrer que, de maintes manières et depuis longtemps, l’économie a été abordée en termes d’imaginaires, en apportant aux théories de l’imaginaire une matière spécifique propre à faire avancer les conceptualisations. 

Ainsi, l’atelier international du CRI s’articule alors autour d’une double interrogation : D’une part, comment rendre compte des croisements entre théories de l’imaginaire et économie politique – les croisements les plus classiques comme les plus récents? D’autre part, comment avancer à partir de là? Comment faire avancer les études actuelles en économie politique donnant une part importante à l’imaginaire, tout comme les conceptions de l’imaginaire soucieuses d’intégrer la spécificité des rapports économiques? Trois axes de contribution sont suggérés.

Axes thématiques 

1) Actualisation théorique de l’imaginaire. Quels sont les plus marquants et les plus récents développements conceptuels quant à l’imaginaire et l’imagination (Relecture d’ouvrages marquants? Conceptualisations nouvelles au carrefour de différentes approches?). Comment concevoir synthétiquement ce que l’imaginaire et l’imagination mettent en jeu dans la pensée malgré la grande variété d’approches qu’ils ont suscitées au fil de l’histoire? Comment ces concepts sont-ils mis en œuvre aujourd’hui ailleurs qu’en Europe et en Amérique du Nord? 

2) Actualisation théorique des points de rencontre entre imaginaire et économie politique. Quels sont les plus marquants et les plus récents développements théoriques quant au rapport réciproque entre imaginaire et économie politique (œuvres déterminantes, innovations récentes)? Quels enjeux ressortent aujourd’hui lorsqu’on aborde l’économie en termes d’imaginaire (Est-ce l’enjeu de la violence propre aux imaginaires économiques contemporains? Est-ce l’intrication de l’économie avec des « visions du monde », telles que le progrès, l’évolution ou, par contraste,  le non-développement, le bien vivre [sumak kawsay])? Quels enjeux mènent aujourd’hui à (re)questionner les liens entre l’économie politique et l’imaginaire (Est-ce les problématiques environnementales, spatiales, de territoire et d’immigration, ou encore de genre, qui relèvent de nos jours le lien entre imaginaire et économie?). 

3) Opérationnalisation des approches récentes combinant économie politique et imaginaire. Sur le terrain, comment s’opérationnalisent les enquêtes et les interventions combinant, sur les plans des concepts autant que des données, l’économie et l’imaginaire? Quels sont leur potentiel et leurs défis spécifiques? Quels imaginaires de l’économie se confrontent dans les pratiques et les formes de vie actuelles, et avec quelles approches méthodologiques peut-on les cerner et les comparer? Quelles lignes de travail empirique se dégagent pour un programme de recherche sur cette interrelation?              

Échéancier

  • 18 avril : Soumission des notes d’intention à collectifrechercheimaginaire@gmail.com Maximum 500 mots. (Incluant un résumé indiquant l’axe dans lequel la contribution s’inscrit et l’angle d’approche, ainsi qu’une courte présentation biobibliographique de l’auteur).
  • Fin avril : Sélection des participants et retour aux auteurs
  • 15 août : Soumission des textes à discuter (15 à 25 pages : maximum 8000 mots, bibliographie incluse).
  • 15-16 septembre : Atelier international, Montréal, Université du Québec à Montréal (Salle des boiseries). 

Comité scientifique

  • Leila Celis, professeure, sociologie, Université du Québec à Montréal
  • Louis Jacob, professeur, sociologie, Université du Québec à Montréal
  • André Corten, professeur, science politique, Université du Québec à Montréal
  • Anne Latendresse, professeure, géographie, Université du Québec à Montréal
  • Jorge León,  professeur, FLACSO Équateur/ professeur invité, UQAM.
  • Vanessa Molina et David Longtin, étudiants gradués, Université d’Ottawa.

Lieux

  • Université du Québec à Montréal, Pavillon Judith-Jasmin, Salle des boiseries (J-2805) - 405 rue Ste-Catherine Est
    Montréal, Canada

Dates

  • lundi 18 avril 2016

Mots-clés

  • imaginaires, économie politique, imaginaires économiques

Contacts

  • Vanessa Molina
    courriel : collectifrechercheimaginaire [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Molina Vanessa
    courriel : collectifrechercheimaginaire [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Théories de l'imaginaire et économie politique contemporaine », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 05 avril 2016, http://calenda.org/362839