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Distance et lien social

Distance and social connections

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Publié le mercredi 06 avril 2016 par João Fernandes

Résumé

Alors que nos sociétés sont hyper connectées grâce aux technologies numériques de l’information et de la communication, et que nos connaissances sur l’autre sont croissantes grâce aux apports des recherches sur l’interculturel, cet ouvrage collectif propose d’examiner comment le couple distance-proximité reconfigure à diverses échelles le lien social. Les contributions devront répondre à la question suivante : « comment la reconfiguration de la distance modifie-t-elle le lien social dans les sociétés contemporaines ? ».

Annonce

Argumentaire

Ce projet vise à développer des recherches portant sur les pratiques de communication et l’interculturalité, un thème d'expertise du laboratoire Communication et Solidarité (EA 46 47, Université Clermont-Ferrand 2) (http://comsol.univ-bpclermont.fr/article244.html). Il donnera lieu à la publication d’un ouvrage collectif aux Presses Universitaires Blaise Pascal, en 2018. 

Le contexte et la problématique de l’ouvrage collectif

L’actualité sociale reflète chaque jour les conséquences désastreuses d’une distance culturelle mal maîtrisée par les individus, alors que dans le même temps tous les bienfaits de la proximité culturelle passent relativement inaperçus dans les médias. Nous vivons dans un contexte social et professionnel profondément interculturel, dans lequel la compréhension des pratiques de communication (verbales, non verbales, symboliques, etc.), mêlée à une meilleure connaissance des cultures des groupes constituant notre société, contribuerait pleinement à un dialogue positif et constructif.

Dans la complexité de nos sociétés contemporaines, où la relation à l’Autre et la perception de l’Autre sont sous-tendues par un rapport de proximité ou de distance relative, la définition et les modalités du lien social restent sans cesse questionnées[1]. Que la distance soit comprise au sens de distance spatiale, temporelle, technologique, sociale, culturelle, économique (Jacquinot, 1993), physique ou psychique (Marc et Picard, 2008), elle « exprime un écart dont chacun reconnaît qu’il ne doit pas être trop important au risque que les relations qui unissent les acteurs soient trop distendues pour que la communication puisse s’établir » (Paquelin, 2009, p.566). La distance mal maîtrisée éloigne, tandis que la proximité rapproche, relie. Ainsi, la distance ou la proximité qui existent entre les acteurs influencent la nature de la relation et en conséquence le lien social.

Internet et les technologies de l’information et de la communication (TIC), en modifiant les distances perçues entre les individus, ont également modifié les paramètres de la communication sociale (Hérault et Molinier, 2009) et ont contribué à remanier les liens sociaux (Lauru, 2009). Une complémentarité entre des formes de sociabilité induites par les modes de communication connectés et non connectés semble exister (Chaulet, 2009), que l’on retrouve dans la thèse de la « complémentarité / induction » défendue par Alain Rallet (2000) et selon laquelle « l’usage croissant des TIC accompagne voire stimule la demande de déplacements » (Rallet et al., 2009). Ce faisant, les TIC n’ont donc pas provoqué une diminution des rencontres entre individus, mais une évolution des relations créées.

C’est précisément la question de la distance et la nature du lien social qu’il nous intéresse d’interroger dans cet ouvrage collectif partant d’un constat paradoxal : alors que nos sociétés sont hyper connectées grâce aux technologies numériques de l’information et de la communication, et que nos connaissances sur l’Autre sont croissantes grâce aux apports des recherches sur l’interculturel, le couple distance-proximité, contextualisé à la sphère privée (familiale, amicale, religieuse, etc.) ou à la sphère publique (travail, réseaux sociaux, etc.), reconfigure à diverses échelles le lien social.

Cet ouvrage n’a pas pour objet de faire un état des lieux de ce qui éloigne et de ce qui rapproche les individus dans la société. Nous souhaitons collecter des contributions qui répondent à la question  suivante : « Comment la reconfiguration de la distance modifie-t-elle le lien social dans les sociétés contemporaines ? », afin de réaliser une synthèse qui se voudra transdisciplinaire, dans le but de décloisonner les apports disciplinaires.

Partant de l’idée que la distance ne saurait être limitée à une singularité restrictive, mais bien au contraire, qu’elle s’exprime dans une pluralité de contextes (physique et spatial, historique et temporel, sociétal, interculturel, symbolique, religieux, numérique, migratoire, etc.), nous attendons des contributions venant de diverses disciplines (sciences de l’information et de la communication, civilisations étrangères, sociologie, histoire, philosophie, gestion,  etc.) qui permettront d’envisager la problématique sous divers angles. 

Procédure de soumission d’une contribution

La sélection des propositions de contribution se fera en deux temps : acceptation du projet, puis expertise du manuscrit en double aveugle par deux membres du comité scientifique.

Pour le 15 juin 2016 : Envoi d'une proposition de chapitre d’ouvrage, comprenant entre 1800 et 2000 mots, rédigée en français (Times, corps 12 et interligne simple), assortie du nom et affiliation de l’auteur-e, d’un titre, de 3 à 5 mots-clés. L’auteur-e exposera clairement sa problématique, son objet, ses références théoriques, sa méthodologie, sa bibliographie et le plan de sa contribution.

L’envoi de la proposition se fera par mail aux deux coordinatrices de l’ouvrage : cecilia.brassier[@]univ-bpclermont.fr et olivia.salmon_monviola[@]univ-bpclermont.fr. 

Calendrier

  • 15 juin 2016 : Date limite d’envoi de la proposition de contribution.

  • 30 juin 2016 : Notification aux auteurs de l’acceptation de leur projet.
  • Entre mi-septembre et mi-octobre 2016 : Réunion de travail avec l’ensemble des auteurs.
  • 15 janvier 2017 : Envoi du chapitre d'ouvrage (entre 25 000 et 30 000 signes).
  • 15 avril 2017 : Retour du comité de lecture du chapitre avec recommandations aux auteurs.
  • 15 juin 2017 : Envoi de la version définitive de chaque texte pour mise en forme du manuscrit.
  • 2018 : Publication de l'ouvrage, après expertise externe de chaque chapitre du manuscrit par les Presses Universitaires Blaise Pascal.

Pour de plus amples informations, n’hésitez pas à contacter par mail les deux coordinatrices de l’ouvrage. 

Coordinateurs de l'ouvrage

La coordination de l’ouvrage sera assurée par 

  • Cécilia Brassier-Rodrigues (Sciences de l'information et de la communication, EA 46 47 Communication et solidarité)
  • Olivia Salmon-Monviola (Etudes ibériques, EA 46 47 Communication et solidarité).   

Bibliographie à titre indicatif

  • Aguilera A. et al. (2016). « Le télétravail, un objet sans désir ? ». Revue d’Économie Régionale & Urbaine, 1, p. 245-266.
  • Bonnet F. (2008). « La distance sociale dans le travail de terrain : compétence stratégique et compétence culturelle dans l'interaction d’enquête ». Genèses, 4, n° 73, p. 57-74.
  • Charron M., Shearmur R. (2005). « Distances, interactions et analyse spatiale de la ville : le cas de Montréal ». Revue d’Économie Régionale & Urbaine, 2 (avril), p. 163-192.
  • Chaulet J. (2009). « Les usages adolescents des tic, entre autonomie et dépendance ». Empan, 4, n° 76, p. 57-65.
  • Durkheim É. (1998). De la Division Du Travail Social. 5e éd. Paris : PUF.
  • Germain-Thiaut M. & Gremillet-Parent M. (2015). La relation à l’autre, L’implication distanciée. Paris, Chronique Sociale.
  • Gomez P-Y. et al. (2011). « Distance et proximité. Esquisse d'une problématique pour les organisations ». Revue française de gestion, 4, n° 213, p. 13-23.
  • Grahame Moore M., Marty O. (2011). La théorie de la distance transactionnelle. <halshs-00777034>
  • Hérault A., Molinier P. (2009). « Les caractéristiques de la communication sociale via Internet ». Empan, 4, n° 76, p. 13-21.
  • Jacquinot G. (1993). Apprivoiser la distance et supprimer l'absence ? ou les défis de la formation à distance. Revue française de pédagogie, volume 102, p. 55-67.
  • Lauru D. (2009). « Internet, pulsions et lien social ». Empan, 4, n° 76, p. 22-29.
  • Michinov E. (2008). « La distance physique et ses effets dans les équipes de travail distribuées : une analyse psychosociale ». Le travail humain, 1, Vol. 71, p. 1-21.
  • Navarro C. (2001). « Partage de l'information en situation de coopération à distance et nouvelles technologies de la communication : bilan de recherches récentes ». Le travail humain, 4, Vol. 64, p. 297-319.
  • Notais A., Perret V. (2012). « La mobilité interne ou la conquête de l'espace professionnel », Revue française de gestion, 7, N° 226, p. 121-136.
  • Paquelin D. (2011). « La distance : questions de proximités ». Distances et savoirs, 4, Vol. 9, p. 565-590.
  • Park J.H. (2010). « L'idée de distance optimum chez Georg Simmel et les formes ludiques de la vie sociale ». Sociétés, 3, n° 109, p. 141-149.
  • Paugam S. (2008). Le Lien Social, 3e édition.  Paris : Presses universitaires de France.
  • Rallet A. et al. (2009). « Diffusion des TIC et mobilité : permanence et renouvellement des problématiques de recherche », Flux, 4, n° 78, p. 7-16.
  • Rallet A. (2000), « Communication à distance : au-delà des mythes », Sciences Humaines.
  • Simmel G., Freund et Gasparini (1981). Sociologie et épistémologie. Paris : Presses universitaires de France.

[1] Durkheim (1893), Simmel (1981), Paugam (2008)

Lieux

  • Clermont-Ferrand, France (63)

Dates

  • mercredi 15 juin 2016

Fichiers attachés

Mots-clés

  • distance, lien social, communication, interculturel

Contacts

  • Cécilia Brassier-Rodrigues
    courriel : cecilia [dot] brassier [at] univ-bpclermont [dot] fr

Source de l'information

  • Cécilia Brassier-Rodrigues
    courriel : cecilia [dot] brassier [at] univ-bpclermont [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Distance et lien social », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 06 avril 2016, http://calenda.org/362934