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L’entreprise et les mutations sociales

Businesses and social change - economic challenges and issues of local society

Les défis économiques et les enjeux de la société locale

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Publié le vendredi 08 avril 2016 par Elsa Zotian

Résumé

À cette ère de la mondialisation où tous les acteurs s’accordent à reconnaître la rapidité des changements technologiques, le caractère à la fois personnalisé et éphémère de la demande de marchandises et des services comme nouvelles données socio-économiques. Cela pourrait en fait engendrer de nouvelles formes d’organisation du travail et donc de contrat. Tout porte à penser que les acteurs institutionnels et organisationnels dans les pays dits en développement comme la Tunisie, n’ont pas encore pris acte de la même façon du rapport entre les nouvelles données de la mondialisation économique et les conséquences qui s’en suivirent : quand les entrepreneurs appellent à la flexibilité des contrats de travail comme forme d’adaptation et de compétitivité, les syndicats crient à la précarisation et exploitation des salariés ; quand les salariés ont recours au travail-à-côté afin de récupérer le manque à gagner en niveau de vie, les patrons crient aux « effets dévastateurs » de l’économie informelle ; quand l’État, soucieux de rapprocher les positions des uns et des autres, en prône l’esprit entrepreneurial et appel les jeunes à prendre le chemin du travail indépendant, il est aussitôt trahi par son système éducatif de formation orientés vers la fonction publique, le culture de la « liberté tranquillité » qui n’a aucun lien avec la culture entrepreneuriale imposée par la mondialisation. Autant des divergences, voire des quiproquos qui invitent sociologues, économistes, psychologues de travail, politologues et bien d’autres spécialistes du champ de travail à revisiter les grandes entreprises mais surtout les PME et TPE et à apporter leurs diagnostics et pronostics du devenir de ce monde.

Annonce

Argumentaire

Une large place est accordée à l’analyse sociologique réflexive qui porte sur l’entreprise. Celle-ci, tout comme la société locale, subit des mutations inédites : nouveaux métiers (travail invisible, métiers virtuels, activités informelles, travail-à-côté, travail en solo, etc.), nouvel esprit d’entreprendre que reflètent des caractères de personnalité assez différenciés des promoteurs : mobilité, débrouillardise et autonomisation, mais aussi retrait, conservatisme, voire retour des formes de dépendances domestiques.

Parallèlement, des difficultés émergent (essoufflement des anciennes formes de gestion des ressources humaines, flexibilisation accrue des contrats de travail, des tensions et rivalités nouvelles générées par la cadence du travail, les écarts intergénérationnels de savoir, savoir-faire et savoir-être, etc.), effets de marché prévus et/ou pervers induits par les incertitudes et turbulences de la mondialisation, ou aussi tout simplement, par les logiques divergentes de l’action collective inscrites dans les systèmes des rôles prévus ou les systèmes d’interaction improvisée sur le tas par les acteurs locaux, nationaux et internationaux ; par les acteurs institutionnels ou non institutionnels, etc.

À cette ère de la mondialisation où tous les acteurs s’accordent à reconnaître la rapidité des changements technologiques, le caractère à la fois personnalisé et éphémère de la demande de marchandises et des services comme nouvelles données socio-économiques. Cela pourrait en fait engendrer de nouvelles formes d’organisation du travail et donc de contrat. Tout porte à penser que les acteurs institutionnels et organisationnels dans les pays dits en développement comme la Tunisie, n’ont pas encore pris acte de la même façon du rapport entre les nouvelles données de la mondialisation économique et les conséquences qui s’en suivirent : quand les entrepreneurs appellent à la flexibilité des contrats de travail comme forme d’adaptation et de compétitivité, les syndicats crient à la précarisation et exploitation des salariés ; quand les salariés ont recours au travail-à-côté afin de récupérer le manque à gagner en niveau de vie, les patrons crient aux « effets dévastateurs » de l’économie informelle ; quand l’Etat, soucieux de rapprocher les positions des uns et des autres, en prône l’esprit entrepreneurial et appel les jeunes à prendre le chemin du travail indépendant, il est aussitôt trahi par son système éducatif de formation orientés vers la fonction publique, le culture de la « liberté tranquillité » qui n’a aucun lien avec la culture entrepreneuriale imposée par la mondialisation.

Autant des divergences, voire des quiproquos qui invitent sociologues, économistes, psychologues de travail, politologues et bien d’autres spécialistes du champ de travail à revisiter les grandes entreprises mais surtout les PME et TPE et à apporter leurs diagnostics et pronostics du devenir de ce monde. Car les mutations économiques et sociales appellent les entreprises, toutes tailles confondues, à occuper de nouvelles positions dans le champ d’action, positions plus que jamais au cœur de la société locale.

Ce nouveau « statut » de l’entreprise renforcée, implique l’établissement de nouvelles régulations entre les parties prenantes. Inscrites par la nature des choses dans des relations de pouvoir, ces régulations butent contre des  conflits qui nécessiteront un dialogue social urgent mais devraient aboutir à de nouveaux compromis autres que le « compromis fordiste » datant d’une époque révolue.

Outre le rapport salarial, un volet organisationnel est simultanément à l’ordre du jour : une redistribution des tâches et un dépassement de l’ancien modèle de l’entreprise dont le maître-mot :« bosse et tais-toi » doit être délaissé au profit d’un nouveau modèle qui se base sur la règle « développer la citoyenneté dans l’entreprise », afin d’établir de nouvelles normes d’évaluation socio-économique, réconcilier l’entreprise avec son environnement socio-culturel et de permettre par la de partager la responsabilité et développer « l’économique » par « le social ».

En fait chaque société locale a une grammaire, des modes de comportements spécifiques et explicatifs du fait de son histoire et de ses ressources. L’attention portée à la culture permet de spécifier des différences entre les entreprises en fonction de l’environnement ou de cadre d’autonomie et de sa capacité à créer des règles et de s’imposer comme un acteur capable de sauvegarder l’emploi, et par la suite sociabiliser la société. 

Ce colloque s’interrogera donc sur les enjeux sociologiques inhérents à l’action économique et a l’exercice professionnel.

La crise de la société locale, en miniature de celle du pays, s’exposant au risque de la mondialisation se trouvant face à la rude épreuve d’y trouver une place via ses ressources humaines en premier lieu. S’impose donc la synergie des regards croisés sur l’entreprise apportant solutions à des formes conciliation dans le double statut ambivalent de l’entreprise comme institution sociale et économique.

Les axes qui suivent serviront de repères aux contributions ouvertes aux chercheurs,  universitaires, acteurs professionnels et institutionnels qui sont intéressés par la problématique proposée.

Principaux axes

  • L’entreprise un objet scientifique : « boîte noire » des sciences sociales
  • L’entreprise : anciennes formes et nouvelles représentation
  • L’acteur social et la gouvernance de l’entreprise : développement/sous développement
  • Les ressorts régionaux de l’activité entrepreneuriale. L’entreprise et les impératifs du local

Conditions de soumission

Les participants ayant des propositions de communications sont priés de respecter le format suivant : NOM Prénom de(s) auteur(s);Téléphone/ faxe/ email; Organisme d’appartenance (établissement + laboratoire); Un curriculum vitae; intitulé de la communication; Cinq mots clés maximum (times 12 normal); Corps du résumé justifié (500 mots maximum ; interligne simple, times 12 normal).

S’adresser par courrier électronique au comité d’organisation sur les adresses suivantes : Dr Hamed MONGI (hamedmongi@yahoo.fr). / Dr Faten MBAREK (faten.mbarek@yahoo.fr). 

Calendrier

Date limite de réception des propositions : 31/07/2016

Réponse aux participants : 15/08/2016

Date limite de réception du texte intégral de la communication: 30/09/2016

Le colloque aura lieu les 09, 10 et 11 novembre 2016

Frais d’inscription

  • Chercheur tunisien : 100 Dinars
  • Chercheur étranger : 100 Euros 

Comité scientifique

  • Pr fethi REKIK / université de sfax
  • Pr Amor ZAAFOURI , FLSHS, / université de sfax
  • Pr Rabah NEBLI, ISSHA / université de tunis-El-manar
  • Pr Abdessatar SAHBANI, FSHST / université de tunis
  • Pr zarrouki TAOUFIK / université larbi tébessi – tebessa
  • Pr Seddik BAKHOUCHE / université larbi tébessi – tébessa
  • Pr samira LOUGHOUIL / université larbi tébessi – tébessa
  • Dr mongi HAMED ISEAH / université de gafsa
  • Dr zouheir BEN JANET, ISSEP / université de gafsa
  • Dr chiheb YAHYAOUI, ISEAH / université de gafsa
  • Dr christine AGACHE LAKHDHAR, ISEAH / université de gafsa
  • Dr faten MBAREK, ISEAH / université de gafsa
  • Dr moez SELMI, ISEAH / université de gafsa

Lieux

  • l'institut supérieur des Etudes appliquées en humanités de gafsa - département de sociologie - université de Gafsa
    Gafsa, Tunisie

Dates

  • dimanche 31 juillet 2016

Mots-clés

  • acteur social, gouvernance, entreprise, développement, local

Contacts

  • Hamed Mongi
    courriel : colloquesociogafsa [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Institut supérieur des études appliquées en humanité de GAFSA, département de sociologie Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique Université de Gafsa
    courriel : colloquesociogafsa [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« L’entreprise et les mutations sociales », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 08 avril 2016, http://calenda.org/363174