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Retour sur la COP21 : Où en est la « climatisation » du monde ?

Looking at COP21 and the climatisation of the world

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Publié le lundi 25 avril 2016 par Céline Guilleux

Résumé

La COP21 organisée à Paris en décembre dernier a été présentée comme un succès historique pour la gouvernance du climat et comme un renouveau du multilatéralisme environnemental. L’accord de Paris semble en effet fixer pour les années à venir un nouveau cadre non contraignant, mais néanmoins engageant pour maintenir le réchauffement climatique à un niveau raisonnable pour nos sociétés. Six mois après cet événement et une fois l’effervescence médiatico-politique retombée, l’objectif principal de ce colloque est de faire un retour distancié sur cet événement pour en discuter la portée au-delà même des négociations... Ce colloque s’appuie sur un collectif ayant impliqué une trentaine de chercheurs en sciences sociales dans le suivi de la COP.

Annonce

Colloque organisé par l’IFRIS, le pôle Gouvernance environnementale et controverses sociotechniques de l’ISCC, le Centre Alexandre Koyré et la Région Île-de- France dans le cadre du projet d’ethnographie collective ClimaCOP.

Argumentaire

La COP21 organisée à Paris en décembre dernier a été présentée comme un succès historique pour la gouvernance du climat et comme un renouveau du multilatéralisme environnemental. L’accord de Paris semble en e et fixer pour les années à venir un nouveau cadre non contraignant, mais néanmoins engageant pour maintenir le réchau e- ment climatique à un niveau raisonnable pour nos sociétés. Six mois après cet événement et une fois l’e ervescence médiatico-politique retombée, l’objectif principal de ce colloque est de faire un retour distancié sur cet événement pour en discuter la portée au-delà même des négociations.

Il s’agit en effet de saisir la COP21 comme un moment où la problématique climatique a pris encore plus d’importance et a encore gagné en visibilité, un moment où le monde entier s’est « climatisé » au sens où des acteurs toujours plus nombreux se raccrochent à ce problème global. Le climat représente une problématique non seulement scientifiquement et politiquement construite comme planétaire mais aussi, capable de cristalliser toute une série d’enjeux qui transcendent les divisions sectorielles entre questions scientifiques, environnementales, économiques ou politiques. Ce qui se joue autour des négociations climatiques dépasse en e et la seule question du climat.

Dans sa puissance de rassemblement et d’identification, le climat joue en quelque sorte une fonction totémique d’incarnation d’enjeux sociaux, politiques et environnementaux qui se croisent et s’entremêlent.

De la gouvernance mondiale aux questions énergétiques, du rôle des sciences aux mobilisations sociales, du système d'aide au développement au secteur du business, on explorera différentes déclinaisons de cette « climatisation » du monde. Comment la thématique climatique reconfigure-t-elle tous ces grands enjeux sociaux ? Comment, en retour ces différents enjeux transforment-ils notre façon de concevoir et gérer la question climatique ? Tels sont les grands axes de réflexion que nous essaierons de suivre tout au long de ces deux journées.

Ce colloque s’appuie sur un collectif ayant impliqué une trentaine de chercheurs en sciences sociales dans le suivi de la COP (http://climacop.hypotheses.org/). Dans une optique interdisciplinaire, les analyses de cette équipe seront confrontées aux visions d’autres experts de la question et mises en dialogue avec les réflexions d’acteurs (politiques, membres de la société civile et du secteur entrepreneurial) impliqués dans le régime climatique.

Programme

Jeudi 9 Juin 2016

9h30 :

  • Accueil des participants 10h : Mots d’accueil (IFRIS, ISCC)
  • Introduction à la journée : Analyser la COP 21 à travers la « climatisation du monde », Jean Foyer (ISCC-CNRS).

10h30-12h30 : Session 1

Le « momentum » de Paris dans la gouvernance du climat

Introduction et animation : Amy Dahan (Centre Alexandre Koyré-CNRS).

  • Avec : Catherine Aubertin (IRD),
  • Franck Lecocq (CIRED),
  • Cédric Philibert (AIE),
  • Sebastian Oberthuer (Vriej Universiteit Brussel),
  • Matthieu Wemaëre (avocat, chercheur associé au CERI, conseiller pour le Maroc pour la COP21 et pour la présidence de la COP22).

Cette première matinée vise à resituer le « momentum » de la COP21 dans le régime plus général de la gouvernance du climat. Présentée comme un événement historique et un signal politico-économique déterminant en faveur de la lutte contre le réchau ement climatique, la COP21 mérite d’être resituée dans la série des autres COP et dans le contexte géopolitique plus général. Si la COP21 a bien fait bouger des lignes, on se demandera si l’impulsion donnée est à la hauteur de l’enjeu environnemental et politique ?

12h30-14h : Pause

14h-15h45 : Session 2

Énergie, finance, les grands « oubliés » de l’accord de Paris ?

Introduction et animation : Stefan Aykut (LISIS).

Avec : Monica Castro (Université de Pau),

  • Patrick Criqui (Université de Grenoble-CNRS),
  • Anita Engels (Universität Hamburg),
  • Étienne Espagne (France stratégie).

Le statut des questions énergétiques dans la gouvernance du climat est paradoxal : alors que les émissions provenant de la combustion d’énergies fossiles sont au coeur du problème, et que la discussion sur les solutions est très largement colonisée par les enjeux énergétiques, ceux-ci restent absents des négociations et des traités sur le climat, de la Convention climat à l’accord de Paris.

Au cours de cette table ronde, nous interrogerons cette « climatisation partielle » des questions énergétiques, ainsi que les débats actuels autour de l’énergie, à commencer par l’essor récent des renouvelables au niveau mondial, les discussions sur les outils financiers pour soutenir la transition énergétique, et l’activisme de mouvements sociaux et d’ONGs contre l’extractivisme et en faveur d’une réorientation des flux financiers mondiaux vers des technologies bas carbone.

15h45- 16h15 : Pause

16h15-18h : Session 3

Société civile : qui est in, qui est out ?

Introduction et animation : Edouard Morena (University of London).

  • Avec : Jean-Baptiste Comby (Université Paris 2),
  • Jean-François Julliard (Greenpeace),
  • Nicolas Haeringer (350.org),
  • Sylvie Ollitrault (Sciences Po Rennes).

La société civile et le o ont traditionnellement joué le rôle de poumon des négociations. Si une partie de la société civile était bien présente au Bourget durant la COP21, la distance avec les arènes o icielles de la négociation semble s’être creusée et les principales plateformes de mobilisations avaient marqué, suite à l’échec de Copenhague, leur volonté de formuler des solutions au problème climatique « depuis la base ».

Cette tension entre la participation ou non à l’e ort diplomatique a été ravivée pendant la COP par les di icultés à créer une mobilisation large dans le contexte sécuritaire post-attentats de Paris. En revanche, certains grands acteurs de la société civile internationale, (par exemple Greenpeace) semblent avoir participé depuis l’amont à la maturation des grandes orientations de l’accord de Paris.

18-19h : Cocktail

Vendredi 10 juin 2016

9h30 : Accueil des participants

10h-12h : Session 4

Un nouveau rôle pour les sciences ?

Introduction et animation : Hélène Guillemot (Centre Alexandre Koyré).

Avec : Valentin Bellassen (INRA),

  • David Dumoulin (Université Paris 3),
  • Françoise Gaill (Institut d’Ecologie-CNRS),
  • Nadia Maïzi (MINES ParisTech),
  • Valérie Masson Delmotte (CEA-LSCE-GIEC).

Après une longue phase où les sciences ont joué un rôle déterminant dans la reconnaissance du problème climatique, la COP21 semble marquer une inflexion du rôle des sciences dans le régime climatique. La mention de l’objectif des 1,5° dans l’accord de Paris renvoie à une tension de plus en plus manifeste entre l’ambition politique présumée de cette cible présentée comme accessible en théorie et les conditions peu probables et problématiques de cet objectif mises en évidence par les scientifiques. Dans le même temps, la communauté scientifique se voit priée de mieux communiquer ses résultats aux politiques, et également de fournir des solutions concrètes. De plus, dans le cadre de l’adaptation au changement climatique, d’autres types de savoirs que ceux mentionnés dans les rapports du GIEC vont être également mobilisés.

12h-13h30 : Pause

13h30-15h15 : Session 5

L’urgence climatique, contrainte ou opportunité pour le système d’aide au développement ?

Introduction et animation : Christophe Bu et (Centre Koyré) et Aurore Viard-Crétat (ISCC).

  • Avec : Chimère Diaw (African Model Forest Network),
  • Vanessa Laubin (Commission climat de Coordination sud),
  • François Grünewald (Groupe Urgence, réhabilitation, développement),
  • Sébastien Treyer (IDDRI).

Qu’il s’agisse de l’accompagnement des pays en développement dans la rédaction de leurs contributions nationales, dans la préparation de leurs stratégies d’adaptation ou dans leur participation aux négociations climatiques elles- mêmes, les acteurs du système d’aide au développement sont omniprésents dans les coulisses et dans le o des COP. Plus largement, ils jouent un rôle majeur dans le financement, le cadrage et la mise en oeuvre pratique des politiques climatiques au Sud.

Selon quelles modalités les institutions de l’aide internationale se sont-elles appropriées l’enjeu climatique, parmi d’autres thématiques environnementales ? Dans quelle mesure cette nouvelle contrainte a-t-elle parfois constitué une opportunité pour positionner des organisations et des agendas comme étant incontournables et avec quels e ets institutionnels, environnementaux et sociaux ?

15h15-15h45 : Pause

15h45-17h30 : Session 6

Le secteur business, faire partie des solutions ou du problème ?

Introduction et animation : Sarah Benabou (IRD).

  • Avec : Jean-Yves Caneill (EDF),
  • Maxime Combes (ATTAC France),
  • Daniel Compagnon (Sciences Po Bordeaux),
  • Emilie Prattico (Business for Sustainable Responsibility).

Le secteur des entreprises n’a jamais été aussi impliqué dans un événement de la gouvernance globale de l’environnement que pendant la COP21. Il est clair que les réponses au problème climatique exigent la participation d’un secteur qui semblait uni autour de deux mots d’ordre : « nous sommes la solution dans la lutte contre le changement climatique » et « il faut fixer un prix au carbone ». Au-delà de ces positions qui semblent bien faire bouger les lignes, on doit aussi analyser les divergences sectorielles, mais surtout, les di icultés structurelles qui subsistent pour concilier les logiques économiques et climatiques.

Coordination scientifique

  • Stefan Aykut (LISIS),
  • Sarah Benabou (IRD),
  • Christophe Buffet (Centre Koyré),
  • Amy Dahan (Centre Koyré),
  • Jean Foyer (ISCC),
  • Hélène Guillemot (Centre Koyré),
  • Edouard Morena (University of London),
  • Aurore Viard-Crétat (ISCC).

Inscription

Inscription gratuite (mais obligatoire). Lettre nominative à présenter à l’accueil. Merci de préciser vos jours de présence et si vous participerez au cocktail : colloque.climacop@mailoo.org

 

Lieux

  • Amphithéâtre Richelieu - Université Paris Sorbonne 1, Rue de la Sorbonne
    Paris, France (75005)

Dates

  • jeudi 09 juin 2016
  • vendredi 10 juin 2016

Mots-clés

  • climat, cop21, science, business, société civile, gouvernance internationnale, développement

Contacts

  • Aurore Viard-Crétat
    courriel : colloque [dot] climacop [at] mailoo [dot] org

URLS de référence

Source de l'information

  • Jean Foyer
    courriel : foyerjean [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Retour sur la COP21 : Où en est la « climatisation » du monde ? », Colloque, Calenda, Publié le lundi 25 avril 2016, http://calenda.org/364483