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La reliance

Reliance

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Publié le mardi 26 avril 2016 par João Fernandes

Résumé

Le colloque pluridisciplinaire que l’Unité de recherche intermédialité, lettres et langages organise les 20, 21 et 22 octobre 2016, à l’ISSHT - Tunis, envisage d’examiner une base conceptuelle privilégiée pour aborder les pratiques d’« intermédiation » à partir de la question de la reliance, en ambitionnant de contribuer à l’exploration de cette notion complexe et en engageant la réflexion autour de la richesse et de la polymorphie de ses dimensions, de ses implications et de ses portées.

Annonce

Premier colloque doctoral de l’Unité de Recherche en Intermédialité, Lettres et Langages les 20, 21 et 22 octobre 2016 à l’Institut Supérieur des Sciences Humaines de Tunis -TUNISIE

Argumentaire

Si la modernité s’est structurée sur les processus de la rupture, de la désintégration et de la division ­— diviser pour régner (Machiavel), diviser pour comprendre (Descartes), diviser pour produire (Taylor) — la pensée postmoderne, consciente des dérives et des « dé-solations » (Hannah Arendt) causées par ces disjonctions  urbaines, familiales, culturelles, scientifiques, religieuses, écologiques… s’est évertuée à rétablir le lien entre les individus, les communautés, les disciplines par la revitalisation des paradigmes de la solidarité, de l’altérité, du décloisonnement, de l’intermédiation et de « la reliance ».

En effet, le concept de « reliance », introduit par  le sociologue Roger Clausse en 1963 (qui décèle la fonction de « reliance sociale » des techniques de diffusion collective - cinéma, presse, radio, télévision…) trouve son origine dans le domaine de la sociologie des médias, mais se diffracte dans des champs multiples et disparates. C’est ainsi que Marcel Bolle de Bal a élargi en 1970 la perspective de ce diagnostic sociologique en y superposant plusieurs plans : psychologique, culturel, anthropologique, philosophique...

Ce « besoin psychosocial » (Clausse), est perçu comme une « norme éthique» par Edgar Morin ; le dessein de la pratique de la « reliance » est d’enchaîner les objets du monde et les êtres pour réaliser une interaction durable : «  Il faut, pour tous et pour chacun, pour la survie de l’humanité, reconnaître la nécessité de relier, de se relier aux nôtres, de se relier aux autres, de se relier à la Terre-Patrie »[1].  Polarisant les phénomènes scientifiques (articulation entre théorie et pratique, recherche et action, entre disciplines cloisonnées) et humains (les apports et les rapports des sectes, des communautés, les luttes nationales, les mouvements écologistes, les groupes de rencontre), ce schème de la « reliance » contribue à l’éclosion d’un néo-tribalisme, pour reprendre l’idée de Michel Maffesoli[2].

En parlant de Reliance, nous sommes également amenés à nous interroger sur la tautologie de ce concept, sur la pluralité de ses significations conceptuelles (travail de « lien » pour Morin, moyen de « médiatisation des rapports humains » pour Clausse). L’hétérogénéité des champs que couvre cette instance notionnelle à savoir la discipline anthropologique, sociologique, épistémologique, philosophique, psycho cognitive, littéraire, économique, etc. nous conduit à spéculer sur les nuances de ce concept qui semble se croiser, se recouper avec des paradigmes convergents comme « la médiance », vocable forgé par Augustin Berque, et « l’interstance », concept mis en avant par Jean-Louis Darms et Jean Laloup.

D’autre part,  la spéculation sur les spécificités, les fondements, les apports et les protocoles d’organisation de la pratique de la reliance nous autorise à soulever certaines interrogations fondamentales sur les limites de la pensée reliante. Il nous serait loisible, alors, d’examiner le double antinomique et complémentaire de la reliance qui est la déliance. Ce couple conceptuel (reliance-déliance) est l’avers et le revers d’une même médaille. La reliance se caractérise par cette binarité dialogique et paradoxale. A admettre que la déliance naît de la dispersion, le concept de la reliance, synthèse des antithèses, avec ses significations plurielles, sa dimension hybride, éclatée et trans-générique se voue d’emblée à la dissolution et à la dilution. D’ailleurs, loin de consolider la médiatisation des rapports humains, les médias tendent à approfondir de plus en plus les heurts entre les groupes humains. Dans cette tendance totalisante, émerge l’aporie de la présence qui se conçoit dans la déliance, la parcellarisation et l’isolement. Soubassement de l’inquiétante question de l’être humain, la déliance est le substrat d’un mécanisme de défense contre toute forme de généralisation banalisée. La reliance revêt ainsi une dimension paradoxale dans la mesure où elle naît de la dispersion et s’y identifie. Constitue-t-elle alors le dépouillement de l’homme de sa propre singularité ? Est-ce que l’intégration dans une communauté ne laisse pas l’homme dépendant aux valeurs et idéologies de l’Autre ?

Le colloque pluridisciplinaire que l’Unité de recherche Intermédialité, Lettres et Langages organise les 20, 21 et 22 octobre 2016, à l’ISSHT - Tunis, envisage d’examiner une base conceptuelle privilégiée pour aborder les pratiques d’« intermédiation » à partir de la question de la Reliance, en ambitionnant de contribuer à l’exploration de cette notion complexe et en engageant la réflexion autour de la richesse et de la polymorphie de ses dimensions, de ses implications et de ses portées.

Axes thématiques

 Les doctorants inscrits dans l’un ou l’autre domaine du savoir des sciences humaines et sociales (sciences de l’éducation, linguistique, didactique, littérature, musique, arts, anthropologie, sociologie, psychologie…) sont invités à réfléchir autour des axes suivants :

Axe I : La conscience reliante : formes et manifestations entre tradition et (post)modernité.

  • Reliance à soi : exploration philosophique, psychologique, littéraire, artistique  de l’intériorité, manifestations de la subjectivité, la singularité de l’individu dans son vécu et son discours, les déterminants historiques, sociaux… ;  reliance aux autres : individuel et collectif, privé et public, dimensions anthropologique, sociale, psychologique, politique,  rôle des média dans la rupture de l’isolement, néo-tribalisme, cybervie et réseaux sociaux… ;
  • Dimensions culturelle, psychologique, spirituelle (religieuse, laïque) et philosophique de la reliance comme besoin, désir, acte et réalisation.

Axe II : Approches transversales de la reliance cognitive et scientifique 

  • Convergence des champs, écarts et tensions (littérature, sociologie, anthropologie, philosophie, communication, religion, arts, sciences du langage, sciences de l’éducation, etc.).
  • Décloisonnement des savoirs : (supports, vecteurs, facteurs) intertextualité, traduction, dynamiques intra-linguistiques et interlinguistiques.
  • Intermédialité comme foyers de la reliance. L’interartialité, l’intersémioticité, l’intercodique.

Axe III : Enjeux et limites de la reliance 

  • Enjeux et limites heuristiques de la reliance (aux niveaux épistémologique, psychologique, praxéologique).
  • Pertinence de la dynamique dialogique reliance-déliance, éclatement-reliance.

Modalités de soumission 

Les propositions seront de 350 mots maximum et accompagnées d’une courte notice bio et/ou bibliographique.

Adresse d’envoi :

E- mail reliancedoctorale@gmail.com

Durée de la communication : 20 mn.

Calendrier

Date limite de soumission : 17 juin 2016.

Date de réponse : 1er juillet 2016.

Coordinatrices

Comité scientifique

  • Hédia Abdelkéfi (I2L - UTM)
  • Alia Baccar (I2L-UTM)
  • Saloua Ben Ahmed (I2L - UTM)
  • Hayet Ben Charrada (I2L - UTM)
  • Mohamed Chagraoui (I2L - UTM)
  • Alya Chelly (I2L – U. Sousse)
  • Isabelle Chol (CRPHLL, UPPA)
  • Caroline Fischer (CRPHLL, UPPA)
  • Abel Kouvouama (ITEM, UPPA)

Comité d’organisation

  • Inès Kaouach (I2L – UTM)
  • Imene Khammessi (I2L – UTM)
  • Saber Raddaoui (I2L – UTM)

Bénévoles

Rim Amira, Houda Ammar, Nesrine Amri, Mouna Abdessalem, Abir Baklouti, Wafa Dammak, Nouha Ghannouchi, Imen jemai, Olfa Kerrit, Fayrouz Mimouni, Hakim Nejjai, Sabry Néji, Hanène Salhi, Olfa Trabelsi.

Eléments bibliographiques

  • ALVAREZ-PEREYRE F., L’exigence interdisciplinaire, Paris, Maison des Sciences de l’Homme, 2003.
  • ATCHA Ph.-A, TRO DEHO R. et COULIBALY A., Médias et littérature, Forme, pratiques et postures, L’Harmattan, 2014.
  • BOLLE DE BAL M., Voyages au cœur des sciences humaines. De la reliance, Paris, L’Harmattan, 2 tomes, 1996.
  • BOLLE DE BAL M., « Éthique de reliance, éthique de la reliance : une vision duelle illustrée par Edgar Morin et Michel Maffesoli. », Nouvelle revue de psychosociologie 2/2009 (n° 8) , p. 187-198.
  • BECKER B., (de), Croyance et reliance. Le cas du New Age, Université Catholique de Louvain, Louvain-la-Neuve, 1996.
  • BORNES VAROL M-C. (dir.), 2011, Chocs de langues et de cultures ? un discours de la méthode, Paris : PUV
  • BOURE R., Les Origines des sciences de l’information et de la communication. Regards croisés, Lille, Presses universitaires du Septentrion, (2002).
  • CALENGE B., À la recherche de l'interdisciplinarité. Bulletin des bibliothèques de France [en ligne], n° 4, 2002 [consulté le 11 mars 2016]. Disponible sur le Web : <http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2002-04-0005-001>. ISSN 1292-8399.
  • DARBELLAY F., et ORIGGI G., Repenser l’interdisciplinarité, Genève, Slaktine, 2010.
  • BESNIER J.-M., « Seul le désordre est créateur : pour en finir avec les bataillons disciplinaires », Hermès 67, Paris, CNRS Editions : 25-31, 2013.
  • GAYERIE M.-P., Dynamique de la reliance sociale. Approches sur quelques formes personnelles de la socialité chez les jeunes, Paris, Université de Paris V, Sorbonne, 1992.
  • FILLIOT Ph., Illuminations profanes. Art contemporain et spiritualité, Nouvelles éditions Scala, 2014, 127 pages, avec iconographies
  • LEGAY J.-M., (Dir.) L'interdisciplinarité dans les sciences de la vieEditions Quæ, 2006.
  • LAMBILLIOTTE M., L’homme relié. L’aventure de la conscience, Bruxelles, Société Générale d’Édition, 1968.
  • MAFFESOLI M., Le temps des tribus, Paris, Méridiens Klincksieck, 1988.
  • MAFFESOLI M., Le réenchantement du monde. « Une éthique pour notre temps », Paris, La Table Ronde, 2007, p. 109-130.
  • MAINGAIN A., DUFOUR B., FOUREZ G.,(dir.), Approches didactiques de l’interdisciplinarité, De Boeck-Wesmaël, 2002.
  • MAINGUENEAU D. (2010), « Analyse de discours et champ disciplinaire », Questions de communication, n°18, pp. 185-196.
  • MORIN E., La Méthode. III. La connaissance de la connaissance, Paris, Seuil, 1986,
  • MORIN E., Introduction à la pensée complexe, Paris, ESF, 1990
  • PRIGOGINE I., STENGERS I., La Nouvelle Alliance. Métamorphose de la Science, Paris, Gallimard, 1979.
  • RESWEBER J.-P., Le pari de la transdisciplinaritéVers l’intégration des savoirs, Paris, L’Harmattan. 2000, coll. « Ouverture philosophique ».
  • VARELA F. et MATURANA H., L’arbre de la connaissance : racines biologiques de la compréhension humaine, Adison Wesley France, 1994.

[1] Edgar Morin, La Méthode T IV,Ed du Seuil, 2004, p.269.

[2] Michel Maffesoli, Le Temps des tribus, Paris, Méridiens Klincksieck, 1988.

Lieux

  • Institut Supérieur des Scienecs Humaines - Avenue Dargouth Pacha
    Tunis, Tunisie (1007)

Dates

  • vendredi 17 juin 2016

Fichiers attachés

Mots-clés

  • intermédialité, art, reliance

Contacts

  • Nesrine Boukédi
    courriel : boukadi [dot] nesrine [at] yahoo [dot] fr
  • Ghada Néchi
    courriel : ghadanechi [at] yahoo [dot] fr

Source de l'information

  • Hédia Abdelkéfi
    courriel : h [dot] abdelkefi [at] yahoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La reliance », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 26 avril 2016, http://calenda.org/365190