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Sociologie et changements sociaux au Maghreb et en Méditerranée

Sociology and social change in the Maghreb ad Mediterranean

Bulletin économique et social du Maroc (BESM)

Bulletin économique et social du Maroc (BESM)

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Publié le lundi 09 mai 2016 par Céline Guilleux

Résumé

Dans ces moments de transitions, sociopolitiques, culturelles et démographiques que connaissent le Maghreb et le pourtour méditerranéen, le rôle que doivent jouer les sciences sociales est plus que jamais décisif. Malgré les écarts survenus par la mise en place de l’Union européenne, les sociétés maghrébines s’inscrivent de plus en plus dans cette dynamique qui la lie d’une façon plurielle à cette méditerranée pleine de promesses.

Annonce

Argumentaire

Dans ces moments de transitions, sociopolitiques, culturelles et démographiques que connaissent le Maghreb et le pourtour méditerranéen, le rôle que doivent jouer les sciences sociales est plus que jamais décisif. Malgré les écarts survenus par la mise en place de l’Union européenne, les sociétés maghrébines s’inscrivent de plus en plus dans cette dynamique qui la lie d’une façon plurielle à cette méditerranée pleine de promesses. En effet, les nouvelles donnes géopolitiques au nord de la Méditerranée ont fini par ouvrir le Maghreb au continent africain, tant au niveau de l’accroissement des flux migratoires qu’au niveau des coopérations sud-sud, accélérant ainsi le rythme des changements tant politiques que socioculturels. Ce qui pose la nécessité de saisir et d’analyser les temporalités dans lesquelles se tracent ces devenirs à la fois anthropologique et sociopolitique, mais soulève en même temps les problématiques relatives au renouveau du savoir, à même de saisir ces changements dans leur nouvelles ampleurs.

 Le dossier que nous proposons s’inscrit, par conséquent, dans cette logique du rapport entre le savoir et les mutations sociales. Il ambitionne de réévaluer la production en sciences sociales à l’aune de son aptitude à suivre l’intensité et l’ampleur des changements survenus dans ces derniers temps, à produire un nouveau savoir et à prévoir les changements dans leur interactions transversales.

Il s’agit de faire un bilan synthétique et analytique de l’apport des sciences sociales, relatif aux domaines sociologiques importants sur  lesquels elles ont focalisé et des questionnements anthropologiques qu’elles ont ouverts. Par ailleurs, il s’agit d’ouvrir un débat interdisciplinaire neuf et critique, à partir de perspectives différentes mais complémentaires, sur les nouvelles dynamiques sociales qui se déploient et se reformulent dans la Méditerranée d’aujourd’hui, durant ces deux dernières décennies. Nous comptons, également saisir, à travers des pratiques et des processus sociologiques, les nouvelles dynamiques en œuvre dans ces sociétés, en donnant à ce terme une dimension globale qui réfère aux expressions religieuses et culturelles, aux articulations politiques et économiques, ainsi qu’aux multiples relations entre les catégories individuelles et collectives qui forment les sociétés de la région.

En plus d’être scientifiquement critique, le dossier se veut aussi « engagé ». Il ne suffit pas de dresser un tableau, si exhaustif soit-il, de l’état passé et actuel des sciences sociales, ni même d’opérer une approche critique de cet apport sociologique, mais d’appréhender l’événement sociologique dans son élan vital. Autrement dit, notre approche se veut aussi « prospective », dans la mesure qu’elle refuse de figer les différentes formes de vie dans des structures qui en nient justement les potentialités de devenir. En plus de poser, avec la distance critique nécessaire, les questions vives et sensibles qui traversent le champ social, il s’agit, en effet, de formuler des perspectives d’avenir, sans tomber, dans le prophétisme et le futurisme. Par « perspectives d’avenir », on entend surtout des problématisations socio-anthropologiques neuves qui prennent sérieusement en compte le changement social et le déploiement continu de nouvelles formes de vie.

Cela dit, notre approche entend appréhender le changement social à travers des relations sociologiques et anthropologiques, c’est-à-dire à travers les processus d’interaction tant entre les acteurs qu’entre les différentes expressions du social. Il s’agit notamment de réfléchir sur les rapports de genre, les rapports entre le politique et le religieux, entre le politique et l’économique, entre le social et le culturel, entre les pratiques sociales et les normes religieuses et juridiques. Nous pensons que c’est dans les interstices entre ces champs de pratiques sociales qu’on pourrait saisir tant la complexité des phénomènes sociaux que les tensions – anthropologiques et historiques – qui animent les sociétés méditerranéennes.

Aussi les questions envisagées se déclinent-elles en quatre (4) axes :

  1. Les processus politico-religieux :il s’agit d’analyser et de repenser les articulations du politique et du religieux en termes de pratiques de double instrumentalisation et légitimation. L’objectif n’est pas seulement de focaliser sur les usages politiques du religieux, mais aussi sur les politiques religieuses en lien avec les formes de radicalisation islamique, phénomène dont les implications sont devenues politiques et géostratégiques. L’examen de tels processus permettrait en l’occurrence de réfléchir sur les devenirs des (et les résistances aux) dynamiques de « sécularisation » qui se profilent à l’horizon. Par « sécularisation » on entend aussi bien les nouvelles formes de dissociation/association du religieux et du politique, que les pratiques sociales quotidiennes – notamment : les rapports sexuels, le rapport avec les altérites socioreligieuses, avec les formes de modernisation à l’œuvre, le rapport avec le texte et les pratiques rituelles, les relations protéiformes avec les pratiques religieuses des marges – qui sans cesse reposent la problématique de l’intrication du politico-religieux.
  2. L’examen des dynamiques politico-économiques nous permet, entre autres, de réfléchir sur des sujets sensibles qui souvent pervertissent les liens socioéconomiques. On pense tout particulièrement aux pratiques liées au phénomène structurel de la corruption, au sérieux et persistant problème de l’économie informelle, aux économies illégales, aux nouvelles formes de pauvreté et de richesse. Le but ici est de repenser les devenirs politico-économiques en lien avec tous les mécanismes qui entravent les processus de « développement » économique et de « modernisation » sociale et culturelle.
  3. Les rapports de genre concentrent sans doute les tensions et les contradictions sociales et culturelles qui habitent une société – en donnant ici au terme de « culture » un sens essentiellement anthropologique. Cependant, ces contradictions et ces ambivalences sont aussi souvent les signes des fêlures entre les différents systèmes qui encadrent ces relations. On souhaite, en d’autres termes, déterritorialiser la question du genre, en la dissociant des structures du pouvoir et en la plaçant aussi dans une dynamique de désir : le désir de changer les choses, de devenir-autre…
  4. Les rapports entre le culturel et le social, on aimerait essentiellement poser la question des productions culturelles en ce qu’elles reflètent (ou pas) les soucis d’ordre sociologique et historique, et dans quelles mesures ouvrent-elles sur des perspectives nouvelles qui permettraient d’imaginer des nouvelles formes de vie relativement libérées des gravités politiques, économiques et religieuses. Autrement dit, comment penser l’acte de création culturelle en tant que créateur de nouveaux liens sociaux ?

Procédure de soumission

1. Pour soumettre vos contributions, merci d'envoyer une proposition d'article de maximum 300 mots au comité éditorial de l’IURS à : redaction.iurs@gmail.com

avant le 15 juillet 2016.

Les propositions seront soumises au comité de rédaction du BESM. Les calibrations vous seront communiquées à ce moment-là

2. Les contributions définitives seront à remettre avant le 30 octobre 2016. Elles seront alors anonymement soumises à la double expertise des membres du comité́ scientifique du bulletin, pour une publication fin 2016.

3. Les textes pourront être rédigés en langue française, arabe et anglaise, si la langue est autre que le français, un résumé en français doit être obligatoirement fourni.

Contact : iurs.event@gmail.com

La revue

Le Bulletin Economique et Social du Maroc (BESM) est une revue qui existe depuis 1933. Elle a été dirigée depuis 1966, par le sociologue et l’écrivain Abdelkébir Khatibi.

C’est l’une des revues phares des sciences sociales au Maroc.

http://urlz.fr/3rp0

http://urlz.fr/3rp1

Comité scientifique

  • Pr Farid Zahi (chercheur IURS)
  • Pr. Noureddine El Aoufi (FSJES MV)
  • Pr. Mustapha Naïmi (Chercheur IURS)
  • Pr. Zakaria Rhani (chercheur IURS)
  • Pr. Abdesselam Cheddadi (chercheur-associé IURS)

Lieux

  • Avenue Allal El Fassi
    Rabat, Maroc (10000)

Dates

  • vendredi 15 juillet 2016

Mots-clés

  • politico-religieux, dynamique, changement social, genre, culturel, social

Contacts

  • Siham El Moudden
    courriel : iurs [dot] event [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Siham El Moudden
    courriel : iurs [dot] event [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Sociologie et changements sociaux au Maghreb et en Méditerranée », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 09 mai 2016, http://calenda.org/365392