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Terra Mater. Les sols nourriciers

Terra mater: nourishing soils - Liessies international conference, "Archives and soil dynamics"

Cycle « Archives et dynamiques des sols » des Rencontres Internationales de Liessies

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Publié le mardi 10 mai 2016 par João Fernandes

Résumé

Les sols - formations superficielles d’épaisseur variable selon les apports de matériaux minéraux et organiques - évoluent en permanence selon les conditions climatiques et la nature de la couverture végétale. Ils sont également le support de la vie permettant la croissance des végétaux et des plantes cultivées nécessaires - depuis la « révolution néolithique » - pour nourrir les sociétés humaines. Les travaux de recherche qui se sont multipliés ces dernières années en France, en particulier sur les sols forestiers, ont montré combien il était fondamental de comprendre le rôle qu’ont joué les sociétés pour une gestion durable de ce patrimoine biologique.

Annonce

Argumentaire

Les sols - formations superficielles d’épaisseur variable selon les apports de matériaux minéraux et organiques - évoluent en permanence selon les conditions climatiques et la nature de la couverture végétale. Ils sont également le support de la vie permettant la croissance des végétaux et des plantes cultivées nécessaires - depuis la « révolution néolithique » - pour nourrir les sociétés humaines. Certains sols ont été exploités depuis des millénaires, parfois jusqu’à la surexploitation ; d’autres ont subi des phénomènes d’érosion souvent accélérés par des pratiques agricoles inadaptées (cf. le Dust Bowl nord-américain des années 1930-1940). Ces scénarios multiples créent des situations très variées. Cela empêche toute approche univoque du sujet et fait l’objet de recherches tant en sciences humaines et sociales qu’en sciences de la vie et de la Terre, sans oublier les gestionnaires, les agriculteurs et les autres acteurs des territoires et des milieux qui ont en charge la préservation (conservation) des ressources et la valorisation des terroirs.

Au tournant des années 1960-1970 des préoccupations environnementales ont émergé ; avec les années 1980, le développement de l'archéologie de sauvetage devenue préventive et les échanges entre les sciences du vivant, ont fait évoluer de façon significative la connaissance de ces formations superficielles, donnant naissance à des approches interdisciplinaires dont témoignent différents programmes de recherche (Programme RurLand, Programme National Sols et Erosion, Programme ECLIPSE, GIP ECOFOR etc.).

La terre comme sédiment, matériau de base de tout archéologue, est devenu un document archéologique à part entière et matière d'histoire. Cette terre, synonyme de sol dans la société médiévale, selon Robert Fossier, « généreux » ou « médiocre ». Certes, on peut regretter que, bien que la terre dans sa réalité économique, juridique et sociale, soit depuis longtemps un sujet d’étude privilégié, la majorité des  historiens ne s'intéresse encore qu'insuffisamment au sol comme support et produit de vie. Les fonctions bio-physico-chimiques des sols ont longtemps retenu l’attention ; et les travaux de Jean Vogt s’intéressant à l’évolution historique des sols, plus particulièrement à l’érosion des terres dans les finages de Thuringe au XVIIIe siècle, sont restés des exceptions.

La prise en compte de la dynamique des sols, témoin des modes d’aménagement, d’utilisation de l’espace, est venue renforcer encore les études sur les relations sociétés/milieux en mettant l’accent sur les « invisibles de l’histoire », sur tous les écofacts renseignant tant sur les pratiques des sociétés que sur les processus biologiques à l’œuvre au cours du temps.

Les travaux de recherche qui se sont multipliés ces dernières années en France, en particulier sur les sols forestiers, ont montré combien il était fondamental de comprendre le rôle qu’ont joué les sociétés pour une gestion durable de ce patrimoine biologique.

Les premières rencontres de ce cycle, intitulées Sols en mouvement, se sont tenues en 2014 et ont été publiées en 2015 par la Revue du Nord (collection Art et Archéologie, n° 23).

Les deuxièmes rencontres sont consacrées aux sols nourriciers.

Axes thématiques

Ces journées se proposent d’insister plus particulièrement sur quelques thèmes pouvant rassembler des contributions tant des historiens, archéologues, géographes, pédologues, mais également écologues et agronomes, étant entendu cependant que ces orientations possibles ne sauraient être exhaustives et exclusives :

- L’histoire des sols nourriciers, l’histoire des hommes : nourrir plus, mieux nourrir. C’est aussi celle des rendements agricoles et potentialités des sols : un rendement est fait pour être comparé ; la potentialité agronomique se définit selon une production. Comment expliquer les logiques d’assolement ?

- La production des sols : nourriture des hommes, nourriture des animaux, productions non alimentaires. Sous l’angle des modes de production, cela permet de mieux appréhender les pratiques culturales, héritées, réhabilitées, réinventées, notamment celles considérant les sols davantage comme des ressources et un patrimoine (agro-écologie, permaculture, biodynamie, etc.) plutôt que comme « outils » ou simples « supports » ; ce qui n’interdit pas, au contraire, un bilan ou des retours d’expériences sur les techniques hors-sol (hydroponie, etc.). La production des sols peut également être appréhendée au travers de la notion de terroir désignant une certaine combinaison entre conditions agronomiques du milieu local et savoir-faire qui donne ses spécificités à une production, en général alimentaire, et permet de valoriser une certaine typicité des produits de qualité issus du terroir, souvent labellisés et protégés par des appellations (AOC, IGP, etc.).

- Sols et risques, sols nourris, sols pollués : les effets de seuil, de plafonnement, l’évolution de la consommation des intrants (pesticides, insecticides), les pollutions spécifiques aux sols urbains jardinés, ou encore l’érosion des sols en terre de grande culture liée aux pratiques agraires intensives. La question de la définition d’un sol contaminé en fonction des acteurs concernés, celle des référentiels biogéochimiques, les dispositifs juridiques mis en œuvre. Quelles alternatives possibles ? Toute une gamme de possibilités existe aujourd’hui allant jusqu’au non-travail du sol (non-labour, semis direct, etc.).

- Le rôle et l’impact de la proximité du fait urbain (hier, aujourd’hui, demain), des marchés urbains et des circuits commerciaux. On assiste aujourd’hui à une réappropriation de l’enjeu des sols nourriciers qui « produisent » aussi des paysages périurbains et rurbains. Quelles sont les relations qu’entretient la ville avec le sol agricole : domination et dépendance ?

Dans le sillage des rencontres, le comité scientifique propose cette année de compléter la publication des actes par un appel à contributions afin d’offrir la possibilité à ceux qui ne peuvent se rendre au colloque d’enrichir les réflexions.

Modalités pratiques d'envoi des propositions

Les propositions d’articlesdevront comporter un titre court et suggestif, 5 mots-clés et un argumentaire (3 200 signes espaces comprises présentés en une page sous fichier Word de préférence), jalonné éventuellement par quelques intertitres courts et explicites. L’auteur devra indiquer ses coordonnées (courriel, téléphone, coordonnées postales).

Les propositions sont à adresser

 au plus tard le 30 septembre 2016 

à l’une des adresses suivantes.

Les auteurs seront avisés du résultat des délibérations dans les quinze jours suivant la date limite de dépôt.

Les articles sélectionnés devront être rendus au plus tard le 1er décembre 2016.

Editeurs scientifiques

Comité scientifique

  • Corinne Beck, Professeur d’Histoire et archéologie médiévales, Université de Valenciennes et Hainaut-Cambrésis
  • Jérôme Buridant, Professeur de Géographie, Université de Picardie Jules Verne
  • Marc Galochet, Maître de conférences HDR en Géographie, Université d’Artois
  • Fabrice Guizard, Maître de conférences en Histoire médiévale, Université de Valenciennes et Hainaut-Cambrésis
  • Patrice Herbin, Responsable du service archéologique du Conseil départemental du Nord
  • Jacques Heude, Maître de conférences en Géographie, Université de Valenciennes et Hainaut-Cambrésis
  • Marc Suttor, Professeur d’Histoire médiévale, Université d’Artois
  • Laurent Verslype, Professeur d’Archéologie médiévale, Université catholique de Louvain

Dates

  • vendredi 30 septembre 2016

Fichiers attachés

Mots-clés

  • sols, alimentation, agriculture, champ, jardin, pollution

Contacts

  • Fabrice Guizard
    courriel : fguizard [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Fabrice Guizard
    courriel : fguizard [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Terra Mater. Les sols nourriciers », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 10 mai 2016, http://calenda.org/365781