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Scène, corps et mémoires

Stage, bodies and memories - the arts and the challenge of memory

Les arts à l'épreuve du souvenir

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Publié le mercredi 11 mai 2016 par Elsa Zotian

Résumé

Le séminaire doctoral « Scène, corps et mémoires » propose d’interroger les multiples relations qui se tissent entre corps et mémoires dans différents types de créations scéniques contemporaines (théâtre, danse et performance). Arts de l’instant, il n’en reste pas moins que ces processus s’appuient souvent sur le croisement d’une présence effective de l’interprète (acteur, danseur, performeur) avec les traces d’un passé que cette présence signale corporellement. Dans ces démarches, le passé colore le présent et les corps se font tribune. Comment la création contemporaine, par le travail des corps, rend-elle compte du travail de la mémoire et de ses conséquences sur les individus, les collectifs ou la création elle-même ?

Annonce

Argumentaire

Le séminaire doctoral Scène, corps et mémoires est organisé par l'équipe de recherche « Praxis et Esthétique des arts », du laboratoire Textes et Cultures  EA-4028  de l’Université d’Artois. La journée d’étude que nous nous proposons d’organiser le 22 juin 2016, s'inscrit dans le cycle de manifestations scientifiques consacrées à la thématique du "Corps, figure, représentation" organisées par notre équipe de recherche.

Cette journée du 22 juin 2016 propose d’interroger les multiples relations qui se tissent entre corps et mémoires dans différents types de créations scéniques contemporaines (théâtre, danse et performance). Arts de l’instant, il n’en reste pas moins que ces processus s’appuient souvent sur le croisement d’une présence effective de l’interprète (acteur, danseur, performeur) avec les traces d’un passé que cette présence signale corporellement. Dans ces démarches, le passé colore le présent et les corps se font tribune.

Comment la création contemporaine, par le travail des corps, rend-elle compte du travail de la mémoire et de ses conséquences sur les individus, les collectifs ou la création elle-même ?

À travers les communications qui composeront cette journée, il s’agira donc de questionner la pluralité comprise dans la notion de mémoire depuis le point de vue des corps. On limitera cependant cette pluralité des acceptions à deux catégories de mémoire : la mémoire individuelle (le trajet personnel et singulier d’un sujet pensant et agissant) et la mémoire collective (les récits plus ou moins établis par lesquels un groupe social se construit une identité historique commune).

Les contributions croiseront des approches esthétique, anthropologique, sociologique, d’Histoire générale ou encore d’Histoire de l’art. Pour mettre en œuvre cette diversité d’approches, trois axes de réflexion orienteront cette journée :

Le premier axe envisagera le corps comme scène de la mémoire. Le corps sera ici considéré tel un support d’écriture, une scène sur laquelle joue — ou se joue — la mémoire de certains événements individuels et/ou collectifs. Chargé de mémoire (ornements, blessures…), il est ausculté à même le plateau. Comment le corps de l’interprète, tel qu’en lui-même ou sur lequel on agit concrètement pour examiner les traces inscrites en lui ou sur lui au fil du temps (Romeo Castellucci...), se manifeste dans sa singularité en tant que support dramatique ? Cet examen de la mémoire à travers le corps peut par exemple passer par la douleur physique. Alors le corps souffrant pourrait être le territoire d’expression d’une destructivité ou d’une re-construction de soi (Angelica Liddell, Jan Fabre…), tout en tenant parfois compte de son inscription dans une mémoire collective. Il sera ainsi question du corps mis en scène de sorte qu’il soit le seuil à franchir afin d’accéder à des événements passés.

Dans le deuxième axe la scène sera prise comme un lieu d’inscription de la mémoire par les corps. Dans la grande variété des formes scéniques contemporaines qui nous intéresseront lors de cette journée, nous serons attentifs aux processus (esthétiques, dramaturgiques ou techniques) par lesquels l’interprète se fait corporellement l’opérateur d’une présentification du passé. Sur ce point, c’est donc la notion de présence scénique qui sera ici particulièrement interrogée ; ou comment la présence concrète de l’acteur peut-elle être troublée par un ensemble de données qui la charge d’une fonction d’évocation autre, voire surnaturelle. Pour prendre l’expression employée par Monique Borie dans son essai Le Fantôme ou le théâtre qui doute, nous pourrons réfléchir au corps de l’acteur, du danseur ou du performeur comme figure de « l’entre-deux » dont la présence rassemble des temporalités multiples et a priori inconciliables.

Enfin, le troisième axe de réflexion se proposera d’interroger l’implication des corps dans le processus nécessairement mémoriel de la reprise ou de la re-création. Aujourd’hui, de nombreux artistes de la scène s’essaient à « l’hommage », creusant le passé, fouillant une histoire plus ou moins récente. Émergent alors la question de l’archive et la notion d’héritage – parfois si redoutée par les artistes tant elle représente un poids quant à l’idée de filiation. N’est-ce pas d’une certaine manière une tentative de ré-incarner un événement pour mieux appréhender le réel et les temps à venir ? Qu’interrogent les corps dans cette traversée du temps ? Que nous donnent à voir, par exemple, les 200 « versions » du Sacre du Printemps connues ?Ou la relecture de la Danse de la sorcière, dont il reste peu d’images,par Latifa Lâabissi en 2012 dans Écran somnambule ? Quelle(s) lecture(s) possible(s) de la mémoire du corps vieillissant de l’interprète proposaient Antoine Vitez et Giorgio Strehler dans les reprises successives d’Électre ou d’Arlequin serviteur de deux maîtres dans lesquelles Evelyne Istria et Ferruccio Soleri tinrent, plusieurs années durant, le rôle-titre ?

Bibliographie

  • FONTAINE, Geisha, Les danses du temps, Paris, Centre National de la Danse, coll. Recherches, 2004
  • FREUD, Sigmund, Mémoire, souvenirs, oublis, Paris, Payot & Rivages, coll. Petite bibliothèque Payot, 2009
  • HALBWACHS, Maurice, La Mémoire collective, Paris, Albin Michel, coll. Bibliothèque de l’évolution de l’humanité, 1997
  • GOLDBERG, RoseLee, La Performance : du futurisme à nos jours [2001], Paris, Thames & Hudson, coll. L’univers de l’art, 2012
  • LE BRETON, David, Anthropologie du corps et modernité [1990], Paris, Presses universitaires de France, coll. Quadrige, 2013
  • NANCY, Jean-Luc, Corpus [1992], Paris, Métailié, coll. Suites sciences humaines, 2006
  • PRADIER, Jean-Marie, La Scène et la fabrique des corps, Bordeaux, Presses Universitaires de Bordeaux, coll. Corps de l’esprit, 2000

Conditions de soumission

La durée prévue des communications sera de 20 minutes.

Les propositions devront être d’une demi-page (prénom, nom, titre de la communication et proposition, ainsi qu’une brève biographie de l’auteur) et seront à envoyer au format PDF ou DOC 

avant le 30 mai 2016

  • à Maxence Cambron (maxence.cambron@orange.fr),
  • Anne Lempicki (anne.lempicki@gmail.com)
  • et Jean-Baptiste Richard (jean-baptiste-richard@outlook.fr).

Les réponses seront communiquées le 1er juin 2016.

Le séminaire doctoral aura lieu le mercredi 22 juin 2016.

Comité d’organisation et de sélection des propositions

  • Maxence Cambron – Doctorant Arts du Spectacle à l’Université d’Artois (Arras)
  • Anne Lempicki – Doctorante Arts du Spectacle à l’Université d’Artois (Arras)
  • Jean-Baptiste Richard – Doctorant Arts du spectacle à l’Université d’Artois (Arras)

Catégories

Lieux

  • Maison de la Recherche - 9, rue du Temple
    Arras, France (62)

Dates

  • lundi 30 mai 2016

Mots-clés

  • mémoire, corps, théâtre, performance, danse, passé, présent

Contacts

  • Anne Lempicki
    courriel : anne [dot] lempicki [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Anne Lempicki
    courriel : anne [dot] lempicki [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Scène, corps et mémoires », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 11 mai 2016, http://calenda.org/366074