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(Re)Fonder

Re-founding - the modes of beginning over in time and space

Modalités du (re)commencement dans le temps et dans l’espace

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Publié le mercredi 11 mai 2016 par Elsa Zotian

Résumé

Poursuivant la réflexion inaugurée l’année dernière sur la notion de « transition historique », ce XIIIe colloque interdisciplinaire de la Maison Archéologie & Ethnologie, René-Ginouvès, invite à mieux définir les contours des modalités historiques, anthropologiques, sociales et juridiques des commencements dans le temps et dans l’espace. Quels principes, catégories, notions, sont mobilisés dans l’acte de fondation ? Quelles conceptions cosmogoniques ou politiques les différentes sociétés humaines convoquent-elles et qu’est-ce que les traces archéologiques nous permettent de comprendre de ces conceptions ? Quels gestes initiaux, quels dispositifs rituels, quelles distinctions président à la fondation ? Qui sont les fondateurs, comment s’imposent-ils ? Et comment appréhende-t-on le commencement dans les sociétés où l’on n’a pas ressenti la nécessité de fonder ?

Annonce

« L’étendue ne se trouve pas. Elle se fonde. » (Antoine de Saint-Exupéry, Pilote de guerre, 1943, p. 160)

« A Texaco, derniers venus dans la couronne des vieux quartiers, nous réinventâmes tout : les lois, les codes de l’urbain, les rapports de voisinage, les règles d’implantation et de construction. (…) Et nous voulûmes, face à l’En-ville, vivre avec l’esprit des Mornes, c’est dire : avec notre seule ressource, et mieux : notre seul savoir. » (Patrick Chamoiseau, Texaco, 1992, p. 348)

Argumentaire

S’interroger sur la manière dont les hommes fondent revient à se demander comment ils s’attachent à donner à toute chose, tangible et intangible, son existence et sa forme. La fondation évoque tout aussi bien les découpages temporels marquant un avant et un après l’existence d’une entité de nature sociale (fondation d’un royaume, d’une communauté singulière, établissement d’une constitution, de la mémoire à attacher à un événement) que le découpage spatial et l’ancrage dans le sol d’une réalisation matérielle (fondation d’un édifice que l’on veut pérenne, bornage des limites d’une ville, d’un quartier, d’une maison ou de tout espace transformé en territoire quand on distingue un intérieur et un extérieur).

Poursuivant la réflexion inaugurée l’année dernière sur la notion de « transition historique », ce 13colloque interdisciplinaire de la Maison Archéologie & Ethnologie, René-Ginouvès, invite à mieux définir les contours des modalités historiques, anthropologiques, sociales et juridiques des commencements dans le temps et dans l’espace. Quels principes, catégories, notions, sont mobilisés dans l’acte de fondation ? Quelles conceptions cosmogoniques ou politiques les différentes sociétés humaines convoquent-elles et qu’est-ce que les traces archéologiques nous permettent de comprendre de ces conceptions ? Quels gestes initiaux, quels dispositifs rituels, quelles distinctions président à la fondation ? Qui sont les fondateurs, comment s’imposent-ils ? Et comment appréhende-t-on le commencement dans les sociétés où l’on n’a pas ressenti la nécessité de fonder ? Du reste, cette nécessité est-elle toujours la norme dans un monde contemporain marqué par des processus globalisés, la compression de l’espace-temps, la multiplication des flux et les mises en cause des formes anciennes de territorialité par le développement des réseaux et la valorisation de la mobilité ? Peut-on encore fonder aujourd’hui, comment et pourquoi ?

Au-delà de la fondation, c’est également la réflexion sur la refondation que ce colloque aimerait faire progresser. Toutes les sociétés humaines entrent à un moment ou un autre en crise et sont amenées à affronter la question de la permanence des principes sur lesquels elles reposent. Les réponses apportées sont variables. Elles vont du mythe de la table rase à la refondation comme pur acte de mémoire en passant par une sélection de ce qui doit être refondé et ne doit pas nécessairement l’être. Nous invitons à présenter des cas d’études qui mettent en perspective la puissance régénératrice des actes refondateurs. Là où la fondation peut s’autoriser de la création à partir d’un rien, d’un espace vide, de l’altérité totale, la refondation implique de négocier dans une certaine mesure avec l’existant, aussi imparfait soit-il ressenti, et donc d’assigner une valeur à ce qui est déjà là, y compris dans sa matérialité. Quelles sont les conditions qui rendent à un moment donné la refondation nécessaire ? Comment la pense-t-on et quelle valeur lui attribue-t-on ? Qu’est-ce que la refondation nous permet de comprendre des manières d’articuler la volonté d’inscrire les formes sociales dans une continuité historique avec l’axiome selon lequel toute société évolue et que l’histoire est foncièrement l’étude des changements ? Quelles sont les manières de traiter dans ces processus de refondation l’inertie de l’espace hérité ? Refonder est-il une manière d’effacer et d’oublier ou au contraire de se souvenir ? Ou encore faut-il catégoriser les refondations politiquement en distinguant celles qui visent à conserver et celles qui s’appuient sur des mobilisations en résistance ou opposition à un ordre existant ?

Programme

Mercredi 15 juin – Les usages de l’espace et du temps

  • 9h30 Accueil des participants
  • 9h45 Allocution introductive de Jean-François Balaudé, président de l’Université Paris Ouest Nanterre la Défense
  • 10h Frédéric Hurlet, Upond (Arscan), Philippe Gervais-Lambony, Upond (Lavue) Introduction au colloque
  • 10h30 Conférence plénière - Guy Di Méo, Université de Bordeaux-Montaigne (Adess) (Re)fonder : quels usages de l'espace et du temps ?

11h15-11h30 Pause

Session 1 – Fondations coloniales

Présidence Philippe Gervais-Lambony, Upond (Lavue)

  • 11h30 Anne Raulin, Upond (Sophiapol) Re-commencer New York
  • 12h Caroline Blonce, Université de Caen (Craham) Fondations coloniales et mémoire civique dans les provinces de l’Afrique romaine

12h30 -14h Déjeuner buffet

Session 2 – Appropriation, réappropriation et usage de la terre

Présidence Guy Di Méo, Université de Bordeaux-Montaigne (Adess)

  • 14h Fanny Chagnollaud, Université Paris 8 (Ler - Alhim) Fondations andines en milieu urbain au Pérou. Les quartiers nés d’invasion à Ayacucho
  • 14h30 Anna Dessertine, Upond (Lesc) Fonder des limites : appropriation des terres en contexte minier aurifère en haute Guinée (République de Guinée)
  • 15h Elaine Moreira, Université de Brasilia & Laure Emperaire, Ird (Université de Brasilia) Vers une refondation des pratiques agricoles amérindiennes en ville et face au développement agricole

15h30-15h45 Pause

Session 3 – Occuper l’espace dans le temps

Présidence Sabine Trébinjac, Cnrs (Lesc)

  • 15h45 Christelle Mazé (Arscan) « C’est comme son monument qu’il a fait cela ». Fondations et restaurations cultuelles en Égypte ancienne (IIIe millénaire – mi IIe millénaire avant notre ère) : de l’occupation de l’espace à l’ordonnancement dans le temps
  • 16h15 Christilla Marteau d’Autry (Lesc) La (re)fondation cyclique d’un quartier de Samarcande en Ouzbékistan

Jeudi 16 juin – Manières de (re)fonder et (re)fondations incertaines

10h Conférence plénière – Irad Malkin, Université de Tel-Aviv Returning heroes and Greek colonists: setting out and the "Right of Return"

Session 4 – Techniques et processus de (re)fondation

Présidence Frédéric Hurlet, Upond (Arscan)

  • 10h45 Clément Bur (Anhima) Une refondation banale : lustrum condere et recensement dans la Rome républicaine

11h15-11h30 Pause

  • 11h30 Cédric Becquey, Cnrs (Lesc-Erea) Rituel d’inauguration de maison chez les Chols : une étude ethnolinguistique
  • 12h Emeline Priol, Upond (Arscan) Refonder en Grèce à l’époque hellénistique : acte total ou mutation partielle ? Les synoecismes dans le cadre des sympolities des années 350 aux années 150 av. J.-C.

12h30 - 14h Déjeuner buffet

Session 5 – Ancrer la fondation et refonder

Présidence Grégory Pereira, Cnrs (Archam)

  • 14h Chloé Andrieu, Cnrs (Archam) Fonder, animer, abandonner. La Variété des dépôts dans les Basses Terres mayas
  • 14h30 Margaux Dabin, Université de Strasbourg (Archimede) Fondation et refondation des temples en Mésopotamie, aux IVe et IIIe millénaires avant notre ère
  • 15h Marion Forest (Archam) La transition urbaine du centre-ouest Mexicain au XIIIe siècle : entre fondations et refondations

15h30-15h45 Pause

Session 6 – (Re)Fondations incertaines

Présidence Isabelle Rivoal, Cnrs (Lesc)

  • 15h45 Éloi Ficquet, Ehess (Cesor) Fondations mouvantes des installations de populations afar dans le delta du fleuve Awash en Ethiopie, XVIe-XXIe siècles
  • 16h15 Denis Regnier, Université libre de Bruxelles (Lamc) L’établissement d’une nouvelle terre ancestrale (tanindrazana) dans le Sud Betsileo (Madagascar): dilemmes, transformations et ruptures

Vendredi 17 juin – Parcours et récits de (re)fondation

10h Conférence plénière Christian Décobert, Cnrs (Lem) Figurer et instruire. À propos de la « fondation » d’une religion révélée

Session 7 – Les fondations des systèmes relationnels

Présidence Isabelle Sidéra, Cnrs (Prétech)

  • 10h45 Yann Rivière, Ehess (Anhima) Consolidation et (re)fondation de la jurisprudence romaine : droit et autorité dans l’Antiquité tardive

11h15-11h30 Pause

  • 11h30 Daphné Le Roux, Upond (Sophiapol) Comment le mariage fonde-t-il le couple ? Une réflexion sur le rôle de l’espace dans le rituel
  • 12h Laure Carbonnel, Upond (Lesc) L’expression des récits de fondations ou la circularité des systèmes de relations

12h30-14h Déjeuner Buffet

Session 8 - Légitimités fondatrices, (re)fondation pour légitimer

Présidence Christian Décobert, Cnrs (Lem)

  • 14h Clélia Coret, UP1 Sorbonne « Voici le sultan qui fonda Witu ». Légitimation du pouvoir et refondation d’une cité-État swahili (Kenya) au XIXe siècle
  • 14h30 Isabelle Rivoal, Cnrs (Lesc) « Peu de Joumblatt meurent dans leur lit ». La mort violente comme condition de la refondation permanente du pouvoir au Liban
  • 15h Miguel Angel Rodriguez-Lizana, Upond Parcours de fondateurs. Réaménagement du territoire et représentations de la frontière à Milpa Alta (Mexique)

15h30-15h45 Pause

Session 9 – Récits de (re)fondation

Présidence Christel Müller, Upond (Arscan)

  • 15h45 Nicolas Genis, Université Lyon II (Hisoma) Du synoecisme à l’identité commune : la (re)fondation de Rhodes
  • 16h15 Monica Heintz, Upond (Lesc) Refondations et utopies
  • 16h45 Conclusions : Isabelle Rivoal, Cnrs (Lesc)

Lieux

  • Université Paris Ouest Nanterre La Défense, Salle des Conférences, Bâtiment B - 200 Avenue de la République
    Nanterre, France (92)

Dates

  • mercredi 15 juin 2016
  • jeudi 16 juin 2016
  • vendredi 17 juin 2016

Mots-clés

  • fondation, commencement, refondation, espace, temps

Contacts

  • Isabelle Rivoal
    courriel : isabelle [dot] rivoal [at] mae [dot] u-paris10 [dot] fr
  • Philippe Gervais-Lambony
    courriel : philippe [dot] gervais-lambony [at] u-paris10 [dot] fr
  • Frédéric Hurlet
    courriel : frederic [dot] hurlet [at] mae [dot] u-paris10 [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Vanessa Tubiana-Brun
    courriel : vanessa [dot] tubiana-brun [at] cnrs [dot] fr

Pour citer cette annonce

« (Re)Fonder », Colloque, Calenda, Publié le mercredi 11 mai 2016, http://calenda.org/366112