AccueilÉvaluer l'empathie à l'école : approche et outils pour rendre compte du climat scolaire

Évaluer l'empathie à l'école : approche et outils pour rendre compte du climat scolaire

Evaluating empathy at school - approaches and tools for reporting the state of affairs in schools

Appel à candidature pour une thèse en STAPS

STAPS thesis - calls for applications

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Publié le jeudi 19 mai 2016 par João Fernandes

Résumé

Les propositions d’éducation à l’empathie trouvent de plus en plus d’échos chez les enseignants français et la question qui se pose à nous aujourd’hui a trait aux modalités de mesure des effets de ces propositions. Nous sommes en effet désormais confrontés à la question cruciale de l’évaluation de la relation empathique de la classe et plus largement de l’école ; une interrogation qui viendrait judicieusement éclairer les travaux relatifs aux préventions des violences scolaires en lien avec les études sur le climat scolaire. Cette thèse vise à faire un état des lieux des pratiques émergentes en France, et un état des lieux international sur la prise en compte de l’empathie et son évaluation dans les systèmes scolaires (notamment dans les pays anglophones.

Annonce

Thèse financée par une allocation doctorale de l'Université du Maine

Présentation

Cette allocation doctorale s’inscrit dans le programme de recherche EnJeu[x] - Enfance et Jeunesse. EnJeu[x] est un programme porté par l’Université d’Angers, financé par la région Pays de la Loire et agréé par la MSH Ange-Guépin. Il fédère un large consortium autour de l’étude de l’enfance et de la jeunesse et ambitionne de se positionner comme un réseau de recherche reconnu, au niveau national et international, sur ces thématiques porteuses d’enjeux sociétaux forts pour l’avenir. Ce projet regroupe tous les laboratoires de lettres, langues, sciences humaines et sociales des Pays de la Loire travaillant sur les thématiques de l’enfance et de la jeunesse, mais aussi des laboratoires des domaines de la santé, de la nutrition et des sciences de l’ingénieur, soit 130 enseignants-chercheurs et 17 laboratoires. Le programme EnJeu[x] met l’interdisciplinarité au cœur de sa démarche scientifique pour développer la production de connaissances nouvelles sur le bien-être et la qualité de vie des enfants et des jeunes.

Titre de la thèse : Évaluer l’empathie à l’école : approche et outils pour rendrecompte du climat scolaire.

École doctorale : ED CEI 504 « Cognition, Éducation, Interactions ».

Laboratoire où s’effectuera la thèse : Laboratoire Violences, Identités, Politiques et Sports (VIP&S - Le Mans)[1]

Labellisation du laboratoire :  Equipe d’accueil (EA 4636)

Salaire brut mensuel : 1684, 93€

Durée : 36 mois

Responsable(s) scientifique(s) de la thèse

  • Omar Zanna, Maître de conférences en sociologie (HDR), Université du Maine, VIP&S - Le Mans.
  • Joëlle Aden, Professeur en sciences du langage, Université du Maine, CREN-InEdUM (EA 2661) (Centre de recherche en Education de Nantes-Innovation en Education Université du Maine).
  • Florence Lacroix, Maître de conférences en sciences de l’éducation, Université d’Angers CREN-InEdUM (EA 2661) (Centre de recherche en Education de Nantes-Innovation en Education Université du Maine).

[1] Site Interrégional : http://www.sites.univ-rennes2.fr/violences-identites-politiques-sports

Site Le Mans : http://www.univ-lemans.fr/fr/recherche/laboratoires_de_recherche/vip_s.html

Description du contexte scientifique de la thèse

En Sarthe, la question de l’empathie dans l’éducation s’est affirmée en 2011 avec le projet de recherche  intitulé « De l’Empathie Pour LUtter Contre le harcèlement à l’Ecole » suite à l’appel à projet du « Fonds d’Expérimentation pour la jeunesse » (FEJ)[1]. Le projet EPLUCHE s’inscrit dans la continuité des travaux sur l’empathie d’Omar Zanna[2]. Ce dernier part du postulat suivant : lorsqu’un élève est en mesure de comprendre le point de vue d’un de ses camarades ou bien d’un adulte et de respecter leurs sentiments – soit quand il est en mesure de faire preuve d’empathie – le risque de le voir adopter un comportement violent est moindre. Les travaux de Joëlle Aden, menés parallèlement, dans des collèges de la région parisienne, notamment la recherche intitulée AiLES[3], visent également à enrayer le cercle vicieux d’une  « déliance sociale » en partie responsable du désinvestissement de certains élèves et d’un climat de défiance qui nuit au bien-être indispensable pour apprendre.

Ces projets visent à inciter l’éducation à l’empathie dès l’école primaire dans la mesure où son développement n’est assuré que s’il est encouragé par un milieu éducatif stimulant. Sur ce plan, l’école, à l’instar de la famille, joue un rôle capital, tant par le contexte éducatif global que par les interventions éducatives des enseignants. Dans la mesure où elle concerne tous les enfants, l’école élémentaire constitue donc un espace privilégié d’éducation à l’empathie.

Étant donné que le futur doctorant devra s’inscrire dans la continuité de ces recherches, il lui sera demandé d’avoir une bonne connaissance des théories relatives aux modalités d’accompagnement de la relation empathique et des compétences sociales, notamment pour rendre compte de leurs rôles dans le processus pédagogique. S’agissant de saisir des situations sociales circonscrites dans le périmètre de la classe, d’examiner de manière fine les jeux d’acteurs, le candidat devra également avoir une solide formation dans le domaine des méthodes d’enquêtes qualitatives, de l’observation notamment, pour saisir au plus près ce qui se joue en matière d’empathie en situation pédagogique.

Au sujet des recherches sur la lutte contre la violence et le harcèlement à l’école, la notion de « climat scolaire » est souvent évoquée pour désigner l’appréciation que les enseignants, les élèves et les parents ont de leur expérience de la vie et du travail au sein de l’école. Pour rendre compte du « climat scolaire » différents outils sont utilisés : observations des cours de récréation, observations des classes, enquêtes de victimisation, délinquance auto-déclarée, entretiens avec les membres de la communauté éducative, les élèves, les parents… Si ces approches, souvent quantitatives, ont fait leurs preuves en matière d’évaluation du « climat scolaire » et si nous acceptons l’existence d’un lien entre climat scolaire et relation empathique de la classe, des outils de mesure de l’empathie à l’école, aisément utilisables par les enseignants, seraient bienvenus pour la communauté éducative. C’est pourquoi il est attendu du futur doctorant une bonne connaissance des outils d’évaluation du climat scolaire comme des outils transférables dans l’évaluation de l’empathie.

Pour évaluer l’empathie deux types de mesures sont généralement distingués. D’un côté des mesures situées, elles évaluent les réactions empathiques dans des situations données et de l’autre, des mesures de traits de caractère plus ou moins stables chez l’individu. La première consiste à poser des questions sur des situations particulières préalablement présentées. La seconde procède par (auto) questionnaires associés à des échelles d’empathie. Les unes comme les autres rendent davantage compte de l’empathie cognitive ou de l’empathie dispositionnelle[4]. Or, si l’on souhaite vraiment saisir les effets induits par les corps en interaction – c’est le cas le plus courant en situation d’interaction pédagogique –,  il faut opter pour un autre mode opératoire ; un mode qui autorise l’observation de l’empathie en acte, c'est-à-dire in situ. C’est ce type d’outils que Madame Aden et Monsieur Zanna expérimentent dans des collèges[5]. Si les premiers résultats sont probants, les outils testés nécessitent d’être encore mis à l’épreuve pour les rendre véritablement efficients.


[1] Le Fonds d’Expérimentation pour la jeunesse est une émanation du Ministère du sport de la jeunesse, de l’éducation populaire et de la vie associative qui met au centre de ses préoccupations l’expérimentation. L’expérimentation est une innovation de politique sociale initiée dans un premier temps à une échelle limitée, compte tenu des incertitudes existantes sur ses effets, et mise en œuvre dans des conditions qui permettent d’en évaluer les effets dans l’optique d’une généralisation.

[2]Zanna, O., Restaurer l’empathie chez les mineurs délinquants, Paris, Dunod, 2010.

[3] AilES: Arts in Language Education for an Empathic Society.

[4] L’empathie dispositionnelle informe sur un trait de caractère stable. Voir Brunel, M-L. & Cosnier, J. L’empathie : un sixième sens, Presses Universitaires de Lyon, 2012.

[5] Aden, J. (2014). Empathie et pratiques théâtrales en didactique des langues. Languages in Motion/Langues en mouvement. J. Aden & A. Arleo (Eds.), Les cahiers du CRINI, Université de Nantes, Septembre 2014.

Aden, J. (2013). Apprendre les langues par corps. In Y. Abdelkader, S. Bazile, O. Fertat (Eds.). Pour un Théâtre-Monde. Plurilinguisme, interculturalité et transmission (pp. 109-123). Bordeaux : Presses Universitaires de Bordeaux.

Zanna, O. (2015). Apprendre à vivre ensemble en classe. Paris : Dunod.

Zanna, O. (2015). Le corps dans la relation aux autres. Rennes : Presses Universitaires de Rennes.

Profil du candidat

Le candidat à cette bourse de thèse peut être diplômé d’un MASTER 2 en sciences humaines et sociales (psychologie sociale, psychologie, STAPS, sociologie et sciences de l’éducation, sciences du langage, sciences cognitives). Il aura une connaissance avérée :

  • des travaux portant sur l’empathie, la cognition incarnée en lien avec l’éducation,
  • une bonne connaissance du système éducatif (Français au moins),
  • de l’anglais parlé et écrit.

Le doctorant aura également une pratique sportive et/ou des arts de la scène.

Il lui sera également demandé d’être force de propositions et d’expérimenter des outils rendant compte de l’empathie en acte et aisément utilisables par les enseignants.

Il s’inscrira d’emblée dans les projets en cours au VIP&S. Il participera, notamment, à la mise en place – conception scientifique et logistique – du projet de colloque international « ÉDUQUER A L’EMPATHIE : OU EN SOMMES-NOUS ?» prévu en mai 2017, organisé par Omar Zanna et Joëlle Aden dans le cadre du projet Enjeu(x).

Procédure de sélection des candidats

1. DOSSIER

Les candidats/tes feront parvenir par courrier électronique,

 le 30 juin 2016 au plus tard,

un dossier comportant les pièces suivantes :

  • un curriculum vitae
  • une lettre de motivation
  • un ou deux texte(s) de leur production (articles, mémoire…)
  • éventuellement, une ou plusieurs lettres de recommandation.

Le dossier complet devra être transmis par email à : Omar.Zanna@univ-lemans.fr & Joelle.Aden@univ-lemans.fr en indiquant la mention « APPEL DOCTORAT 2016 » dans l’objet du message.

2. AUDITION

Les candidats/tes retenus sur dossier seront auditionnés le 13 juillet 2016, en salle de réunion du département STAPS.

Lieux

  • Laboratoire VIP&S, Département STAPS, UFR Sciences et Techniques, Université du Maine - Avenue Olivier Messiaen
    Le Mans, France (72)

Dates

  • jeudi 30 juin 2016

Mots-clés

  • empathie, compétences sociales, école, évaluation, climat scolaire

Contacts

  • Joëlle Aden
    courriel : joelle [dot] aden [at] univ-lemans [dot] fr
  • Omar Zanna
    courriel : omar [dot] zanna [at] univ-lemans [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Marie Mansalier
    courriel : empathie2017 [at] univ-lemans [dot] Fr

Pour citer cette annonce

« Évaluer l'empathie à l'école : approche et outils pour rendre compte du climat scolaire », Bourse, prix et emploi, Calenda, Publié le jeudi 19 mai 2016, http://calenda.org/366863