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La Confédération et la dualité nationale

Confederation and national duality

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Publié le mardi 31 mai 2016 par João Fernandes

Résumé

Le 150e anniversaire de la Confédération constitue un moment opportun de réfléchir à la portée, au sens, aux succès et aux problèmes de notre régime politique. Certains en feront l’éloge, d’autres, le procès ; quoiqu’on en dise, le rapport du Canada à la dualité nationale, une philosophie développée surtout par des penseurs canadiens-français pour dépeindre le Canada comme un « pacte entre deux peuples fondateurs », mérite une réflexion sérieuse. Ce colloque vise à faire le point sur l’idée de dualité autant dans les débats intellectuels que dans ses représentations institutionnelles. Il s’adresse aux historiens, aux politologues, aux sociologues, aux juristes et à tous ceux et celles qui étudient le Canada dans son rapport à la dualité.

Annonce

Colloque tenu du jeudi 27 au samedi 29 avril 2017, Campus Saint-Jean, Université de l’Alberta

Argumentaire

« La patrie, pour nous, c’est le Canada tout entier, c’est-à-dire une fédération de races distinctes et de provinces autonomes. La nation que nous voulons voir se développer, c’est la nation canadienne, composée des Canadiens français et des Canadiens anglais, c’est-à-dire de deux éléments séparés par la langue et la religion, et par les dispositions légales nécessaires à la conservation de leurs traditions respectives, mais unies dans un attachement de confraternité, dans un commun attachement à la patrie commune. » Henri BOURASSA, 1923.

Le 150e anniversaire de la Confédération constitue un moment opportun de réfléchir à la portée, au sens, aux succès et aux problèmes de notre régime politique. Certains en feront l’éloge, d’autres, le procès; quoiqu’on en dise, le rapport du Canada à la dualité nationale, une philosophie développée surtout par des penseurs canadiens-français pour dépeindre le Canada comme un « pacte entre deux peuples fondateurs », mérite une réflexion sérieuse.

Cette idée a évolué et été débattue au fil des ans. Elle a eu tout autant d’expressions concrètes par la reconnaissance progressive du français dans les instances publiques et l’apprentissage de la langue dans les milieux de travail et scolaires. Les débats entourant la création de la Confédération canadienne ont également constitué un moment d’expression de la dualité nationale. La création de la province de Québec a notamment amené une reconnaissance certaine au peuple canadien-français dans la vallée laurentienne, même si cette reconnaissance a été critiquée au fil des années avec la tendance centralisatrice du fédéralisme canadien. La création du Manitoba, province originellement bilingue, permettait également tous les espoirs pour les francophones, mais ces espoirs ont rapidement été déçus. Au final, la Confédération est demeurée très imparfaite pour les Canadiens de langue française, surtout ceux habitant à l’extérieur de la Belle province. On pourrait ainsi voir la dualité nationale comme un fil conducteur de l’histoire canadienne, qui remonte au lendemain de la Conquête, qui a connu ses moments forts du milieu du XIXe siècle à la fin du XXe siècle, mais qui perdure aussi dans une moindre mesure de nos jours.

Ce colloque visera à faire le point sur l’idée de dualité autant dans les débats intellectuels que dans ses représentations institutionnelles. Il s’adresse aux historiens, aux politologues, aux sociologues, aux juristes et à tous ceux et celles qui étudient le Canada dans son rapport à la dualité. Quels ont été les grands moments de la reconnaissance formelle des « deux peuples fondateurs » ? Quelles oppositions la dualité a-t-elle rencontrées dans l’histoire de la fédération canadienne ? Quel rôle a été réservé à la dualité dans la construction de l’identité canadienne ? S’est-elle exprimée de manière distincte chez les majorités (Québécois francophones et Canadiens anglophones) et chez les minorités (Franco-Ontariens, Anglo-Québécois, Acadiens, etc.) ? Comment les anglophones ont-ils adhéré (ou non) à la notion de la dualité? Que peuton dire de l’hybridité culturelle, de ceux qui ont choisi ou fini par appartenir plus équitablement à ces deux cultures ? Quel rôle ont joué les femmes et le genre dans l’expression de cette dualité ? De quelle manière les Premières Nations se sont-elles insérées (ou non) dans cette manière de concevoir le Canada ? Quels refus la dualité a-telle rencontrés dans l’impérialisme britannique, le continentalisme nord-américain, le multiculturalisme, les nationalismes autochtone et québécois, etc. ? Dans un pays diversifié, où plusieurs francophones tendent aujourd’hui à imaginer la dualité sous l’angle du rapport Québec-Canada ou du mercantilisme linguistique, que reste-t-il de la dualité au XXIe siècle ?

Modalités pratiques d'envoi des propositions

Nous invitons les chercheurs intéressés par ces questions à nous soumettre une proposition de communication comprenant un titre, un résumé de 200 à 300 mots ainsi qu’une brève notice biographique (incluant l’affiliation institutionnelle, le domaine de recherche, les principales publications et les coordonnées), le tout tenant sur une page. Les propositions doivent être soumises par courriel (en fichier joint Word ou PDF) à valerie.lapointe-gagnon@ualberta.ca d’ici

le 30 juin 2016.

Les communications en français et en anglais seront les bienvenues.

Puisque plusieurs conférenciers pourraient avoir à se déplacer sur des distances importantes, les organisateurs prévoient faire des demandes de subventions, notamment au Conseil de recherches en sciences humaines, et dédommager, dans la mesure du possible, les conférenciers pour les dépenses liées au déplacement et à l’hébergement. Les conférenciers seront invités à soumettre une contribution à un numéro spécial d’une revue ou à un ouvrage collectif. Au plaisir de vous lire, Le comité organisateur

Organisateurs

  • Serge DUPUIS, Université Laval
  • Valérie LAPOINTE-GAGNON, Campus Saint-Jean, Université de l’Alberta
  • Rémi LÉGER, Simon Fraser University
  • Alex TREMBLAY LAMARCHE, Université Laval & Université libre de Bruxelles

Comité scientifique

  • Michel BOCK, Université d’Ottawa
  • Linda CARDINAL, Université d’Ottawa
  • Claude COUTURE, Campus Saint-Jean, Université de l’Alberta
  • Nathalie KERMOAL, Université de l’Alberta
  • Martin PÂQUET, Université Laval
  • Joseph Yvon THÉRIAULT, Université du Québec à Montréal

Lieux

  • Campus Saint-Jean (Université d'Alberta)
    Edmonton, Canada

Dates

  • jeudi 30 juin 2016

Mots-clés

  • confederation, Canada, dualité, biculturalisme, nationalisme, histoire, Quebec

Contacts

  • Valérie Lapointe-Gagnon
    courriel : valerie [dot] lapointe-gagnon [at] ualberta [dot] ca

Source de l'information

  • Alex Tremblay Lamarche
    courriel : alex [dot] tremblay [at] ulb [dot] ac [dot] be

Pour citer cette annonce

« La Confédération et la dualité nationale », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 31 mai 2016, http://calenda.org/368461