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Le territoire au service de la santé, perspectives internationales

Territory in the service of health - international perspectives

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Publié le mardi 07 juin 2016 par Céline Guilleux

Résumé

Le territoire a des effets multiples sur la santé des populations. C’est ce que souhaite décrire et analyser ce colloque, à travers la mutualisation des savoirs et le partage des expériences des acteurs (chercheurs, acteurs de l’aménagement du territoire …) experts dans ces domaines. Ces échanges pourront s’organiser autour de plusieurs axes : le territoire, un déterminant de la santé ; la santé, vecteur de développement territorial et de nouvelles centralités ; penser la ville au prisme de la santé ; l’intelligence géographique au service de la santé.

Annonce

 6ème Congrès du réseau des géographes de la santé d’Amérique latine (CIGEOS)

Argumentaire

L’Organisation Mondiale de la Santé définit la santé « comme est un état de complet bien-être à la fois physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en l’absence de maladie ou d’infirmité » (OMS, 1946). Cette définition remet en question l’approche strictement médicale de la santé, et invite à s’intéresser à une multiplicité de dimensions, dont celle territoriale. Cette ouverture du concept de santé vers d’autres approches a bien été synthétisée par Whitehead et Dahlgren[1], qui mettent en lumière la pluralité des facteurs impactant la santé des populations (héritage génétique, comportements individuels, degré de cohésion sociale, conditions de travail …) et, parmi eux, le rôle du territoire.

Le premier niveau d’influence du territoire sur la santé concerne les comportements individuels. L’environnement physique, construit par les décisions d’aménagement du territoire, peut soit faciliter soit empêcher l’adoption de comportements favorables à la santé. Par exemple, le degré de sédentarisation des populations est influencé par la disponibilité d’espaces de mobilité mais aussi par la praticité et la sécurité de ces espaces (impact sur l’obésité infantile, sur les maladies chroniques ou bien encore sur la santé mentale et la perte d’autonomie des personnes âgées). De même, l’adoption de comportements alimentaires « sains » est conditionnée en partie par la qualité de l’offre alimentaire de proximité, elle-même dictée par les stratégies d’urbanisme commercial. L’aménagement du territoire influence également la santé à travers la qualité du cadre de vie général, et notamment dans sa dimension infrastructurelle. Ainsi, le manque de logements de qualité (déficience d’isolation, surpeuplement, absence de sanitaires privés, matériaux de construction de mauvaise qualité …) peut être source de maladies (surtout respiratoires) et de troubles mentaux.

L’aménagement du territoire contribue aussi à la qualité des environnements sociaux. Dans certains projets de rénovation urbaine ou de projets d’aménagement de plus grande ampleur, la déstructuration du tissu social (renouvellement démographique, gentrification, paupérisation) ou l’émergence de ruptures structurelles (quartier ou village fermé ou séparé par une voie de circulation) peuvent être significatives. A l’inverse, la cohésion sociale peut être facilitée par la création d’environnements sûrs et propices aux interactions sociales (mixité fonctionnelle, maintien des services de proximité, efficience des réseaux de transports). Ces aspects sont particulièrement importants pour les groupes les plus vulnérables (personnes à mobilité réduite, personnes âgées, personnes en situation de précarité …) pour qui, l’absence de ces aménités, peut être anxiogène et invalidante (isolement, renoncement aux soins).

A une échelle plus globale, l’aménagement du territoire affecte très directement et de façon diversifiée la santé des populations. On peut citer à cet égard lesrisques sanitaires liés à l’altération du milieu et aux nuisances (pollution de l’air, toxicité des matériaux, vétusté de l’habitat, pollution sonore, îlot de chaleur urbain …) qui peuvent engendrer des pathologies environnementales ou fragiliser les états de santé. Ainsi, les expositions environnementales participent à la dégradation de la santé des populations et constituent un facteur de risque pour les maladies chroniques (maladies cardio-vasculaires, maladies respiratoires, cancers, allergies …). Les évolutions climatiques sont elles-mêmes porteuses de nouvelles problématiques de santé (évolution de l’aire d’endémicité de certaines maladies parasitaires, allongement des calendriers d’exposition aux pollens allergènes, aggravation des concentrations de polluants …).

Les principaux aspects de la politique d’aménagement du territoire ont donc un effet avéré sur l’état de santé des populations. C’est ce que souhaite décrire et analyser ce congrès, à travers la mutualisation des savoirs et le partage des expériences de chercheurs européens et latino-américains experts dans ces domaines.

Ces échanges pourront s’organiser autour de plusieurs axes :

  • Le territoire, un déterminant de la santé : il s’agira ici de décrire et d’analyserl’impact de l’aménagement du territoire sur la santé des populations, et notamment son rôle dans la dégradation des états de santé constatée dans certains territoires et catégories de populations. Une attention particulière pourra être portée aux inégalités sociales (de vulnérabilités, d’exposition aux risques, d’accès aux soins) et environnementales. On pourra aussi se demander dans quelle mesure l’aménagement du territoire participe au creusement des inégalités sociales et territoriales de santé constaté en Amérique latine et en Europe.
  • La santé, vecteur de développement territorial et de nouvelles centralités : alors que la santé est le plus souvent envisagée sous l’angle des coûts, il s’agirait ici d’inverser le regard et de s’intéresser à l’impact du secteur de la santé sur le développement des territoires. L’impact économique de la santé dans les territoires est multiple. Il est lié aux structures de soins (offre de services, création de nouvelles centralités, interactions avec problématiques générales d’aménagement du territoire, dynamiques démographiques et foncières, « déserts » médicaux et pharmaceutiques …), au développement de nouvelles technologies (biotechnologies, biopôle, télémédecine …), aux industries de la santé (industrie du médicament, dispositifs médicaux) ou bien encore à certaines mobilités de santé (tourisme médical, recours aux soins transfrontaliers …). 
  • Penser la ville au prisme de la santé : au cours de l’histoire urbaine, on a pu assister à une médicalisation de l’espace en lien avec les grandes révolutions médicales (hygiénisme). Aujourd’hui, les enjeux de santé liés aux dégradations environnementales et aux évolutions sociales invitent à décrire et analyser le nouvel hygiénisme spatial désormais à l’œuvre (aménagement d’espaces de mobilité, dépollution des sols, application de nouvelles normes environnementales, réduction de l’empreinte écologique des villes, amélioration de la qualité de l’habitat, lutte contre la précarité énergétique, innovations des transports …). Dans le cadre de ce congrès, les communications pourront s’intéresser à cette mobilisation de l’espace à des fins thérapeutiques.
  • L’intelligence géographique au service de la santé : les recherches en santé ont depuis longtemps recours aux méthodes et outils de la géographie, à travers notamment l’usage des systèmes d’Information Géographique (SIG). Le SIG permet d’analyser la distribution spatiale des états de santé (indicateurs de morbidité et de mortalité) et de certains de ses déterminants (démographie médicale, expositions environnementales). Il permet ainsi le croisement de données plurielles (démographiques, sociales, physiques, environnementales …) qui permettent de caractériser les milieux de vie des populations et aussi de mieux appréhender le caractère souvent multidimensionnel de la santé. La mission d’un SIG n’est donc pas seulement de stocker de l’information et de la retranscrire sous la forme de carte, mais surtout d’analyser les informations recueillies, leurs interactions et leur distribution spatiale. A ce titre, il constitue un outil d’aide à la décision pertinent.  A partir des expériences de part et d’autre de l’Atlantique, l’apport de ces méthodes et outils au domaine de la santé pourra être mis en lumière.

[1] Whitehead, M., Dahlgren G. What can we do about inequalities in health. The lancet, 1991, n° 338 : 1059-1063.

Modalités de soumission

Les propositions de communication orale ou poster (2 000 signes maximum), rédigées en français, en anglais, en espagnol ou en portugais, préciseront la problématique et les principaux points qui seront abordés dans la présentation. Le titre devra être accompagné de 5 mots-clés et d’une brève présentation de l’auteur (statut, institution de rattachement, discipline, adresse mail).

Les propositions doivent être directement déposées en ligne.

La date limite de réception des propositions est le lundi 11 juillet 2016.

Les auteurs seront ensuite informés de l’acceptation ou du refus de leur proposition le lundi 25 juillet 2016. En cas d’acceptation de la proposition, les textes (25 000 signes maximum) devront être envoyés le 12 septembre 2016 au plus tard.

Inscriptions

Les inscriptions seront possibles jusqu’au 5 septembre 2016. Le coût de l’inscription au colloque est de 120 euros pour les participants enseignants-chercheurs, chercheurs, acteurs locaux et de 60 euros pour les participants doctorants. Il couvre les repas du midi, les pauses café et la documentation du colloque.

Informations pratiques

Les langues de communication pendant le colloque seront le français, l’anglais, le portugais et l’espagnol.

Pour tout renseignement, merci d’envoyer les messages à l’adresse suivante : 6cigeos2016@gmail.com

Date et lieu du congrès

10-12 octobre 2016

Université Jean Moulin Lyon 3

Responsables scientifiques

  • Leca De Biaggi, Maître de conférences, Université Jean Moulin Lyon 3 (UMR EVS-CRGA)
  • Virginie Chasles, Maître de Conférences, Université Jean Moulin Lyon 3 (EA HESPER)

Organisation

Congrès organisé en partenariat avec l’Institut des Amériques et le réseau des géographes de la santé d’Amérique latine (réseau CIGEOS) donnant suite aux expériences antérieures réalisées au Mexique et au Brésil, les dernières étant en 2012 à l’UNESP, université de l’état de São Paulo, à Presidente Prudente, et à l’UFAM, Université Fédérale de l’Amazonas, en 2014 à Manaus.

Lieux

  • 18 rue Chevreul
    Lyon, France (69)

Dates

  • lundi 11 juillet 2016

Mots-clés

  • santé, territoire, perspective internationale

Contacts

  • Virginie Chasles
    courriel : chaslesvirginie [at] yahoo [dot] fr
  • Leca de Biaggi
    courriel : lecadb [at] hotmail [dot] com

Source de l'information

  • Virginie Chasles
    courriel : chaslesvirginie [at] yahoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Le territoire au service de la santé, perspectives internationales », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 07 juin 2016, http://calenda.org/368980