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Servir le roi en temps de guerre de religion

Serving the king during religious wars

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Publié le lundi 06 juin 2016 par Elsa Zotian

Résumé

Cette journée d’études souhaite interroger les différentes configurations du service royal dans le contexte particulier des guerres de religion françaises. Elle a aussi pour ambition d’embrasser tout le spectre social, dans une perspective comparative permettant de rendre compte des différentes facettes du service du roi et d’envisager autant les groupes sociaux que les trajectoires individuelles.

Annonce

Argumentaire

Le service incarne et modèle au XVIe siècle les liens unissant l’ensemble des sujets au souverain, à titre collectif comme individuel. Invoqué en toute circonstance, il n’est pas qu’un élément de discours mais touche au cœur des rapports politiques. Recours ultime, le souverain est entre autres le dispensateur de la justice et des grâces, le père symbolique et le chef d’une l’Église et celui qui doit conduire la destinée providentielle de la monarchie française.

Magistrats, capitaines de gendarmerie, secrétaires d’État, ambassadeurs, gouverneurs de place ou de province, commissaires ou officiers de finances, en premier lieu, ont tous en commun d’être avant tout des serviteurs du roi et de se définir comme tels plus que par leur fonction précise, au-delà des différentes charges qu’ils peuvent occuper, avec une grande fluidité, tout au long de leur vie. Ces hommes sont la chair et le sang de l’État monarchique, qu’ils font fonctionner au quotidien, qu’ils incarnent auprès des sujets ou des princes européens et  perpétuent.

Le service n’est pourtant pas seulement le propre des nobles et des officiers. Il caractérise tout autant les clercs, les communautés d’habitants, les municipalités et les partis politico-religieux que les particuliers, qui invoquent aussi leur attachement indéfectible au prince. Il convient par conséquent d’insister sur la communauté de ce lien, insuffisamment soulignée par l’historiographie.

S’il implique une hiérarchie, le service se fonde sur une réciprocité. Il revient au sujet de satisfaire et d’assister le souverain, qui en contrepartie doit reconnaître et accréditer le service rendu et accorder une juste récompense. S’il s’accompagne d’un discours mettant en exergue le dévouement, voire le sacrifice, et la défense du bien commun, il demande à être confirmé en acte. Ainsi est-il un fondement de la fidélité au roi mais doit être profitable à chacun. L’utilité et le bénéfice mutuels sont volontiers invoqués. Le lien de dépendance s’assimile donc plus à une interaction, comportant pour tous des obligations, qu’à une sujétion, et ouvre la porte à la négociation.

Avec le surgissement des divisions confessionnelles en France au début des années 1560, la dimension contractuelle du service du roi a été mise à l’épreuve. L’autorité royale est remise en question dans les provinces et certains des hommes censés en être les porte-parole font défection. Souvent parce que leurs croyances ou leurs alliances les placent en porte-à-faux avec la Couronne. Parfois aussi, parce qu’ils peinent à suivre la monarchie dans ses volte-face, prenant le risque de perdre toute crédibilité locale. Pour l’ensemble des sujets, le lien naturel entre service et fidélité s’est distendu voire rompu, parce que la légitimité du roi est discutée et parce que sa politique va à l’encontre des convictions religieuses de nombre de catholiques et de protestants.

Cette journée d’études souhaite interroger les différentes configurations du service royal dans le contexte particulier des guerres de Religion françaises. Elle a aussi pour ambition d’embrasser tout le spectre social, dans une perspective comparative permettant de rendre compte des différentes facettes du service du roi et d’envisager autant les groupes sociaux que les trajectoires individuelles.

Accès libre. En raison du plan Vigipirate, il est cependant nécessaire de se munir d’une pièce d’identité et, si possible, du programme de la rencontre

Avec le soutien du Centre Roland Mousnier (Université Paris-Sorbonne/CNRS), de l’UMR TELEMME (Université d’Aix-Marseille/CNRS) et de la Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne.

Programme

9h30  Introduction, Jérémie Foa, Matthieu Gellard et Bertrand Haan

1re session

Sous la présidence de Nicolas Le Roux

  • 10h-10h30 Michel Nassiet , Le service armé de la noblesse pendant les guerres de Religion

10h30-11h Pause au Club des enseignants

  • 11h-11h30 Olivier Poncet, Servir le roi, incarner l’État : le dilemme du chancelier de France au XVIe siècle
  • 11h30-12h Pierre-Jean Souriac, Intérêts royaux et intérêts du parti : les protestants français dans la décennie 1620

12h Débat

2e session

Sous la présidence de Denis Crouzet

  • 14h-14h30 Philippe Hamon, Les mobilisations armées des communautés rurales pendant les guerres de Religion : une forme de service du roi ?
  • 14h30-15h Fabrice Micaleff, Les bâtards royaux et l’idéal du serviteur parfait sous les derniers Valois. L’exemple d’Henri d’Angoulême (1551-1586)
  • 15h-15h30 Mark Greengrass, Un serviteur du roi confronté aux critiques. Les débuts difficiles du lieutenant du roi en Dauphiné, Bertrand Simiane de Gordes (1565-1566)

15h30-16h Pause au Club des enseignants

16h Débat

Discutants : Nadine Kuperty-Tsur, Jérémie Ferrer-Bartomeu, Séverin Duc, Sophie Tejedor

Lieux

  • Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne (salle de formation, D-032, 1er étage) - 17, rue de la Sorbonne
    Paris, France (75)

Dates

  • mercredi 08 juin 2016

Fichiers attachés

Mots-clés

  • service royal, guerre des religions, divisions confessionnelles

Source de l'information

  • Matthieu Gellard
    courriel : matthieu [dot] gellard [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Servir le roi en temps de guerre de religion », Journée d'étude, Calenda, Publié le lundi 06 juin 2016, http://calenda.org/369636