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L'expression de l'intensité

The expression of intensity

Revue « Lexis » Journal in English Lexicology, n°10

« Lexis », Journal in English Lexicology no. 10

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Publié le mercredi 13 juillet 2016 par João Fernandes

Résumé

La notion d’« intensité » peut se définir comme un sous-type d’expression du degré en ce sens qu’elle augmente ou amplifie les propriétés qualitatives de l’élément qui est intensifié. Contrairement à l’expression du degré, qui repose sur des critères objectifs, l’expression de l’intensité est de nature plus subjective selon R. Xiao & H. Tao [2007], A. Athanasiadou [2007] et L. Bordet & D. Jamet [2015]. Ce numéro de Lexis se propose d’étudier les pans de l’expression de l’intensification qui ont été délaissés par la communauté linguistique. En conséquence, ce numéro sera prioritairement dédié aux processus lexicogéniques utilisés dans l’expression de l’intensité.

Annonce

Argumentaire

La notion d’« intensité » peut se définir comme un sous-type d’expression du degré en ce sens qu’elle augmente ou amplifie les propriétés qualitatives de l’élément qui est intensifié. Contrairement à l’expression du degré, qui repose sur des critères objectifs, l’expression de l’intensité est de nature plus subjective selon R. Xiao & H. Tao [2007], A. Athanasiadou [2007] et L. Bordet & D. Jamet [2015].

De par la multiplicité des stratégies d’intensification employées pour exprimer l’intensité, et des fonctions qu’elle est appelée à remplir – qu’il s’agisse de la fonction émotive, cathartique euphémique, humoristique, persuasive ou métalinguistique – les procédés d’intensification sont omniprésents dans le langage.

Pourtant, historiquement, la notion d’intensité n’a reçu que peu d’attention de la communauté linguistique en dehors des travaux de C. Stoffel [1901], E. Benzinger [1971], and D. Bolinger [1972]. Ce n’est que récemment que l’on observe un regain d’intérêt pour l’étude de cette notion. Toutefois, le peu d’études qui ont été réalisées jusqu’à présent n’ont eu pour objet d’étude que les procédés morphosyntaxiques à l’œuvre dans l’expression de l’intensité.

Selon L. Bordet [2014] et L. Bordet & D. Jamet [2015], il n’existe pas moins de 14 procédés d’intensification. Ces procédés sont aussi variés que les adverbes intensifieurs, le DO à valeur emphatique en anglais, l’exagération, les exclamations, les répétitions, l’intonation et les accents de phrases et de mots, etc. Ils relèvent de la morphosyntaxe, de la phonologie, de la stylistique, de la sémantique et du lexique. Il est cependant complexe d’identifier et de classer ces procédés dans la mesure où chacun d’entre eux dépend généralement d’au moins deux domaines de l’étude linguistique.

Néanmoins, les procédés morphosyntaxiques semblent privilégiés dans l’expression de l’intensité, du moins c’est le domaine auquel les chercheurs se sont le plus intéressés. Ce numéro de Lexis se propose d’étudier les pans de l’expression de l’intensification qui ont été délaissés par la communauté linguistique. En conséquence, ce numéro sera prioritairement dédié aux processus lexicogéniques utilisés dans l’expression de l’intensité. Les questions suivantes pourront être abordées :

  • Quels procédés lexicaux sont majoritairement utilisés pour exprimer l’intensité ?

  • Certains préfixes et suffixes, et plus généralement les divers processus lexicogéniques, ne jouent-ils pas un rôle dans l’expression de l’intensité en anglais ?

  • Les termes dits lexicaux utilisés comme procédés d’intensification (comme « carrément » en français ou absolutely en anglais) doivent-ils être classés comme morphèmes lexicaux ou grammaticaux ? (rôle de la grammaticalisation vs lexicalisation).

  • En adoptant une perspective soit synchronique, soit diachronique, quels procédés sont les plus productifs ?

  • Quelles sont les motivations sous-tendant leur création, et ces dernières peuvent-elles être généralisées ?

  • Les procédés sont-ils exclusifs les uns des autres, ou bien combinatoires ?

Cette liste de pistes ne saurait être exhaustive et cet appel à contributions invite les chercheurs à réfléchir aux modalités de l’expression de l’intensité d’un point de vue interdisciplinaire. Nous encourageons les chercheurs de tous horizons à soumettre des propositions.

Coordination

La revue électronique Lexis - revue de lexicologie anglaise mettra en ligne son numéro 10 en 2016, co-dirigé par

  • Lucile Bordet (Université de Lyon – Jean Moulin Lyon 3, France),
  • Maria Napoli et Miriam Ravetto (Università del Piemonte Orientale, Italie).

Celui-ci sera consacré à « l’expression de l’intensité ».

Bibliographie

  • Athanasiadou Angeliki. “On the subjectivity of intensifiers.” Language Sciences 29 (4), 2007: 554-565.
  • Benzinger Edith. Intensifiers in Current English. University of Florida, 1971.
  • Bordet Lucile. L’intensification en anglais : entre grammatical et lexical. Thèse de Doctorat soutenue le 14 novembre 2014 à l’Université Jean Moulin – Lyon 3 sous la direction du professeur Denis Jamet.
  • Bordet Lucile. « En quoi la notion de degré diffère-t-elle de la notion d’intensification ? Le cas des adverbes intensifieurs ». Journée d’étude des préparateurs à l’Agrégation Option linguistique, Bordeaux, 24 janvier 2014 :
  • http://bv.u-bordeaux3.fr/pub/docs/group-degre/Bordet_DegreEtIntensification.pdf
  • Bordet Lucile. « L’intensification en anglais : entre grammatical et lexical. Etude de corpus de la série américaine How I Met Your Mother ». Actes de la journée d’étude Les Amis du Crelingua, juin 2014, 2014 : 5-22.
  • Bordet Lucile, Jamet Denis. « Degré et intensification : essai de typologie », Actes du colloque « Degré et Intensification en anglais », 24 et 25 avril 2014, Anglophonia, novembre, 2015 : http://anglophonia.revues.org/549
  • Bulgin James, Elford Nicole, Harding Lindsay, Henley Bridget, Power Suzanne & Walters Crystal. “So very really variable: social patterning of intensifier use by Newfoundlanders online”. Linguistica Atlantica 29, 2008: 101-115.
  • Ito Rika, Tagliamonte Sali. “Well weird, right dodgy, very strange, really cool: layering and recycling in English intensifiers”. Language in Society 32 (2), 2003: 257-279.
  • Labov William. “Intensity”. In D. Schriffin (ed.) Meaning, Form and Use in Context: Linguistic Applications, Washington DC, Georgetown University Press, 1984: 43-70.
  • Lorenz Gunther. “Really worthwhile or not really significant? A corpus-based approach to the delexicalization and grammaticalization of intensifiers in Modern English”. In I. Wischer & G. Diewald (Eds.), New Reflections on Grammaticalization, Amsterdam, John Benjamins, 2002: 143-161.
  • Méndez-Naya Belén. “Special issue on English intensifiers”. English Language and Linguistics 12 (2), Cambridge, Cambridge University Press, 2008: 213-219.
  • Palacios Martínez Ignacio, Núñes Pertejo Paloma. “He’s absolutely massive. It’s a super day. Madonna, she is a wicked singer. Youth language and intensification: a corpus-based study”. Text & Talk 32 (6), Berlin, De Gruyter, 2012: 773-796.
  • Paradis Carita. Degree Modifiers of Adjectives in Spoken British English. Lund, Lund University Press, Lund Studies in English 92, 1997.
  • Paradis Carita. “Between epistemic modality and degree: the case of really”. In R. Fachinetti, F. Palmer, M. Krug (eds.), Modality in Contemporary English, Berlin, Mouton de Gruyter, 2003: 197-220.
  • Paradis Carita. “It’s well weird. Degree modifiers revisited: The nineties”. In John Kirk (ed.), Corpora Galore: Analyses and techniques in describing English, Amsterdam/Atlanta, Rodopi, 2000: 147-160.
  • Paradis Carita, Bergmark Nina. “‘Am I really really mature or something?’: really in teen talk”. Gothenburg Studies in English 84, 2003: 71-86.
  • Partington Alan. “Corpus evidence of language change: The case of intensifiers”. In M. Baker & G. Francis (Eds.), Text and Technology: in Honour of John Sinclair, Amsterdam, John Benjamins, 1993: 177-192.
  • Recski Leonardo Juliano. “‘It’s really ultimately very cruel’: contrasting English Intensifier collocations across EFL writing and academic spoken discourse”. Delta 20 (2), São Paulo Dec. 2004: 211-234.
  • Sharp Gabrielle. “That is so feminine! An investigation of intensifiers as characteristics of female speech through the use of so and really in modern television programming. Griffith Working Papers in Pragmatics and Intercultural Communication 5, 2012: 14-20.
  • Stenström Anna B. “He was really gormless – She’s bloody crap: girls, boys and intensifiers”. In H. Hasselgård & S. Okesfjell (eds.), Out of Corpora: Studies in Honour of Stig Johansson, Amsterdam, Rodopi, 1999: 69-79.
  • Stoffel Cornelis. Intensives and Down-toners. Heidelberg, Carl Winter, 1901.
  • Tagliamonte Sali A. “It’s like ‘So cool, right?’ Canadian English entering the 21st century”. Journal of Linguistics 51(2 and 3), 2006b: 309–332.
  • Tagliamonte Sali A. “So different and pretty cool: Recycling intensifiers in Toronto, Canada”. Special Issue of English Language and Linguistics, Intensifiers, Guest editor Bélen Mendez-Naya. 12 (2), 2007: 361-394.
  • Tagliamonte Sali A., D’Arcy Alexandra. “Frequency and variation in the community grammar: Tracking a new change through the generations”. Language Variation and Change 19 (2), 2007: 341-380.
  • Tagliamonte Sali A., Roberts Chris. “So weird, so cool, so innovative: The use of intensifiers in the television series Friends”. American Speech 80 (3), 2005: 280-300.
  • Wittouck Hermien. “A corpus-based study on the rise and grammaticalisation of intensifiers in British and American English”. Universiteit Gent, 2011.
  • Xiao Richard, Tao Hongyin. “A corpus-based sociolinguistic study of amplifiers in British English”. Sociolinguistic studies 1.2, 2007: 241-273.

Modalités de soumission

Votre fichier devra comporter un abstract ne dépassant pas 3.000 caractères, une liste de mots-clés ainsi que le titre de votre contribution.

Toutes les soumissions feront l’objet d’une double évaluation à l’aveugle par un comité scientifique international composé de spécialistes dans différents domaines. Les contributions seront de préférence rédigées en anglais ou éventuellement en français.

Les soumissions pourront être rejetées, acceptées sous réserve de modification, ou acceptées telles quelles. Le nombre de pages n’est pas limité.

Les abstracts et les articles sont à envoyer en version électronique à lexis@univ-lyon3.fr

Calendrier

  • juin 2016 : appel à contributions
  • novembre 2016 : abstracts à envoyer à Lexis
  • janvier 2017 : avis aux auteurs
  • mars 2017 : réception des articles
  • mars et avril 2017 : relecture des articles par les membres du Comité scientifique
  • avril à juin 2017 : corrections par les auteurs
  • juillet 2017 : réception de la version définitive des articles

Catégories

Dates

  • mardi 01 novembre 2016

Mots-clés

  • lexis, lexique, anglais, intensité, intensification

Contacts

  • Denis Jamet
    courriel : denis [dot] jamet [at] univ-lyon3 [dot] fr
  • Lucile Bordet
    courriel : lucile [dot] bordet [at] univ-lyon3 [dot] fr

Source de l'information

  • Denis Jamet
    courriel : denis [dot] jamet [at] univ-lyon3 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« L'expression de l'intensité », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 13 juillet 2016, http://calenda.org/372727