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Jouir ?

Orgasms?

Numéro 66 de la revue Terrain. Anthropologie et sciences humaines

Issue 66 of Terrain, the anthropology and humanities journal

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Publié le vendredi 22 juillet 2016 par Céline Guilleux

Résumé

L’orgasme s’est imposé au XXe siècle comme une catégorie du sens commun, focalisant les débats sur la sexualité dans nos sociétés. Ce numéro de Terrain propose de prendre l’orgasme pour point de départ analytique, de resituer les quêtes du ressenti dans une perspective historique et culturelle plus large, et de renouveler notre regard sur les modalités diverses par lesquelles la jouissance orgastique s’obtient et se cultive (ou pas) dans les contextes culturels les plus variés.

Annonce

Argumentaire

L’orgasme s’est imposé au xxe siècle comme une catégorie du sens commun, focalisant les débats sur la sexualité dans nos sociétés. Parmi l’abondante littérature sur le sexe, qui a été abordé sous tous les angles et sous toutes les coutures du point de vue du genre, de la morale et du pouvoir, celle sur l’orgasme jouit d’un statut particulier : ce phénomène a donné lieu à d’innombrables controverses (y compris chez les théoriciens de l’Évolution), expériences et tentatives de mesures destinées à mesurer la sexualité (Reich, Masters et Johnson) ou à rationaliser et quantifier les rapports charnels.

Ce numéro de Terrain propose de prendre l’orgasme pour point de départ analytique, de resituer les quêtes du ressenti dans une perspective historique et culturelle plus large, et de renouveler notre regard sur les modalités diverses par lesquelles la jouissance orgastique s’obtient et se cultive (ou pas) dans les contextes culturels les plus variés.

Jouir est-il une sensation « mesurable » ? Reconnu comme un facteur structurant du psychisme, l’orgasme a fait l’objet de nombreuses expériences, comme s’il y avait un enjeu vital à mesurer intensité et afflux sanguin, spasme et rythmicité, courbe ascendante et descendante, seuils et paliers, effets de plateau, etc. Aujourd’hui, les adeptes du quantified sex participent à ce questionnement, en favorisant l’essor de logiciels conçus pour identifier et enregistrer la jouissance. L’orgasme résisterait-il malgré tout aux tentatives de quantification ou de définition ? Car au fond, que capture-t-on ainsi exactement : une aptitude, une sensation, la vie au sommet de sa palpitation, l’énergie vitale ? Pourquoi une telle obsession ? Pourquoi l’orgasme fait-il toujours autant l’objet de spéculations biologiques et politiques ? L’orgasme aurait-il finalement été réduit à sa plus simple expression par des décennies de sexologie, de quantification et de luttes sociales ? Et peut-on trouver dans différents contextes historiques et culturels des ressources pour le repenser ?

La prolifération des recherches sur la sexualité masquerait-elle malgré tout une difficulté des sciences sociales à aller au bout de l’enquête, jusqu’à atteindre l’orgasme pour lui-même, et pas seulement ses prémices, son contexte ou ses conséquences ? Comment esquisser les contours d’une orgasmologie comparative ? On questionnera l’évidence de l’orgasme, en tant que donnée biologique universelle et inéluctable, en accueillant des contributions qui examinent les cheminements, les techniques, les médiations matérielles – ou non – empruntés pour y parvenir, mais aussi qui explorent des modes de jouissance déstabilisant la notion elle-même. Que gagne-t-on à comparer les contextes où l’orgasme tel que nous le connaissons disparaît et ceux où l’on fait tout pour en libérer les forces ou en élargir la palette des ressentis ? Change-t-on de société en changeant d’orgasme ?

Outre les regards analytiques, cliniques, techniques et ésotériques dont l’orgasme a pu ici et là faire l’objet, ce numéro de Terrain vise à enquêter plus largement sur les courses à la sensation et leurs implications : jouir, avec un point d’interrogation pour en souligner le caractère fuyant et les questionnements possibles, en dehors des idées reçues.

Modalités de soumission

Les contributeurs sont invités à envoyer un résumé français et anglais aux coordinateurs du numéro. Les contributions complètes devront être adressées à la rédaction de la revue (terrain.redaction@cnrs.fr)

avant le 15 octobre 2016.

Elles pourront prendre la forme d’un article (40 000 signes) ou bien visiter d’autres formats : récit (20 000 signes), entretien (20 000 signes), portfolio (15 000 signes). Le nombre de signes indiqué s’entend espaces et notes comprises, et n’inclut pas la bibliographie qui devra se limiter aux références strictement nécessaires.

Les éléments soumis seront évalués par des pairs. L’anonymat des auteurs et des évaluateurs sera préservé. Les auteurs recevront une réponse dans les deux mois, pour une publication dans les six mois après acceptation.

Responsables du numéro

  • Agnès Giard (aniesu.giard@gmail.com)
  • Emmanuel Grimaud (emmanuel.grimaud@gmail.com)
  • Anne-Christine Taylor (erea.lesc@cnrs.fr)

Dates

  • samedi 15 octobre 2016

Fichiers attachés

Mots-clés

  • jouir, orgasme, sensation, terrain

Contacts

  • Anthropologie et Sciences Humaines Terrain
    courriel : terrain [dot] redaction [at] cnrs [dot] fr

Source de l'information

  • Ismael Moya
    courriel : ismael [dot] moya [at] cnrs [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Jouir ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 22 juillet 2016, http://calenda.org/373243