AccueilLes années 1970 en Europe : un tournant transnational des cultures politiques ?

Les années 1970 en Europe : un tournant transnational des cultures politiques ?

The 1970s in Europe: A transnational turn for political cultures ?

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Publié le jeudi 11 août 2016 par Céline Guilleux

Résumé

La question autour de laquelle tournera la journée d’études concerne un concept et une périodisation : si l’on accepte le postulat que la seconde moitié du XXe siècle a été marquée par des formes de « transnationalisation » des cultures politiques européennes, les années 1970 ont-elles ou non représenté un tournant dans ce phénomène majeur ? 

Annonce

Argumentaire

La question autour de laquelle tournera la journée d’études concerne un concept et une périodisation : si l’on accepte le postulat que la seconde moitié du XXe siècle a été marquée par des formes de « transnationalisation » des cultures politiques européennes, les années 1970 ont- elles ou non représenté un tournant dans ce phénomène majeur ?

La réponse ne va pas de soi. Ces dernières années, les recherches en sciences sociales ont surtout mis l’accent sur les effets politiques de la mondialisation/globalisation et de l’accélération de l’intégration européenne à partir des années 1980-1990, tandis que les historiens insistaient sur le caractère transnational des mouvements de contestation des années 1960. Le quarantième anniversaire de 1968 a ainsi été l’occasion d’une floraison de rencontres et de publications sur le 68 « global », renouant sur des bases solides avec l’intuition précoce du « soulèvement mondial de la jeunesse » (George Paloczy-Horvath). La décennie 1970, écrasée entre ces deux temps forts des bouleversements contemporains, semble avoir été négligée, du moins dans cette perspective. Pourtant, cette séquence présente un certain nombre de caractères spécifiques qui méritent de retenir l’attention. Si les premières années de la décennie s’inscrivent incontestablement dans le prolongement des « années 1968 » ou du « long 68 », et plus largement, dans les derniers feux de la grande croissance engagée au lendemain de la guerre - malgré des déséquilibres déjà sensibles -, le grand retournement de tendance rendu manifeste à l’occasion du premier choc pétrolier de 1973 inaugure un long cycle de crises et de recompositions, économiques et sociales, mais aussi politiques et culturelles, dont nous sommes peut-être pas véritablement sortis. Quoiqu’il en soit, il n’est pas illégitime de faire de l’année 1979 le terme provisoire et commode de cette période charnière : le deuxième choc pétrolier, l’intervention soviétique en Afghanistan et la crise des euromissiles, la première élection du Parlement européen au suffrage universel et la victoire de M. Thatcher en Grande-Bretagne, donnent déjà le ton des années 1980.

Il s’agira d’abord de se demander si, au cours de cette « longue » décennie (disons 1968-1979, en gardant une certaine souplesse chronologique selon les thèmes abordés), on a pu observer la constitution de réseaux transnationaux, des phénomènes de circulation d’idées, de personnes, de symboles (de la « rose au poing » du PS français à la flamme tricolore du MSI italien, en passant par le logo danois « nucléaire ? non merci !»), qui auraient traduit une « transnationalisation » des cultures politiques de différents pays ou y auraient contribué. Pour cela, on s’intéressera aussi bien aux structures partisanes qu’aux mouvements sociaux, syndicats, associations et ONG issus de la « société civile » – dans la mesure où ils posent des questions politiques ou se posent eux-

mêmes en acteurs « politiques » –, aux grandes formations parlementaires qu’aux « mouvances » informelles et aux marges (« autonomes » en France, mouvement de 1977 en Italie, alternatifs), à la naissance de fédérations transnationales à l’occasion de l’élection européenne de 1979 dans l’éventualité où elles ne se limiteraient pas à de simples accords d’états-majors, qu’aux expériences avortées (eurocommunisme, tentative de regroupement des Partis socialistes d’Europe du Sud...) ou aux prodromes d’une « transnationalisation » de formes partisanes nationales (Partito radicale italien).

La seconde question que nous souhaitons voir placer au cœur de la journée d’études est de savoir si et dans quelle mesure les cultures politiques européennes des années 1970 ont élaboré des concepts, des utopies, des symboles, comportant dans leur vision la fin de l’horizon national et si, dans ce travail, elles ont puisé dans les élaborations intellectuelles/expériences politiques des autres pays: par exemple, la prééminence des droits de l’homme face aux États et le droit d’ingérence humanitaire ; la notion de fin de l’État-nation et l’idée de l’avènement d’une société européenne voire mondiale traversée par les mêmes problèmes et défis (environnement et qualité de la vie, contrôle des multinationales, désarmement, migrations, place du travail, participation démocratique à la base, reconnaissance des « différences », etc.) ; la mise en avant de nouveaux clivages transnationaux tels que la question des femmes.

La réponse à ces questions n’est pas nécessairement positive : il y a sans doute eu aussi des processus, des développements contraires à la « transnationalisation », qui ont pu représenter un recul par rapport à la décennie précédente. La journée s’intéressera aussi à la mise en question et en perspective de la notion de transnationalisation des cultures politiques.

Enfin, la journée d’étude est centrée sur l’analyse des cultures politiques de l’Europe de l’Ouest (étant donné la persistance de la guerre froide à cette période, entre détente et regel), mais bien évidemment la transnationalisation concernera aussi la circulation d’idées, de personnes, de pratiques politiques, venues de l’autre côté du rideau de fer, culturellement plus poreux qu’auparavant (dissidence tchécoslovaque, Soljenitsyne, « modèle autogestionnaire yougoslave ») et, bien entendu, des États-Unis (de la « seconde révolution américaine » célébrée en 1972 en France par J.-F Revel comme « modèle » de la future révolution mondiale aux prodromes de la « révolution conservatrice » néolibérale).

Modalités de soumission des propositions

Les propositions de contributions à la journée devront parvenir

avant le 30 octobre 2016

à la fois à Lucia Bonfreschi : lbonfreschi@gmail.com et à Frank Georgi : amef@dbmail.com.

Chaque proposition devra contenir (un seul document, en format pdf ou bien word ou rtf) :

  • Le nom et l’institution de rattachement ;
  • Le titre et un résumé de 2500 signes environ (espaces compris) de la proposition, en français ou en anglais ;
  • Un bref CV (une page maximum).

Les résultats de la sélection seront communiqués à la mi-décembre 2015.

Pour les intervenants sélectionnés, les frais d’hébergement (pour une nuit) à Rome et de voyage (dans les limites du budget) seront pris en charge par les organisateurs.
Après le colloque, les organisateurs prévoient de retenir une partie des interventions pour publication. Pour cette raison, l’un des principaux critères de sélection sera l’originalité des propositions. 

Informations pratiques

Lieu : Université Luiss-Guido Carli, Rome.

Dates : Jeudi 25 et vendredi 26 mai 2017.

Langues de travail : Français et anglais.

Comité scientifique

  • Lucia Bonfreschi (Luiss-Guido Carli, Rome),
  • Frank Georgi (CHS, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne),
  • Giovanni Orsina (Luiss-Guido Carli, Rome),
  • Benoît Tadié (Institut français Italia, Ambassade de France à Rome)

Lieux

  • Université Luiss-Guido Carli
    Rome, Italie

Dates

  • dimanche 30 octobre 2016

Mots-clés

  • tournant, politique, transnational

Contacts

  • Frank Georgi
    courriel : amef [at] dbmail [dot] com

Source de l'information

  • Frank Georgi
    courriel : amef [at] dbmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Les années 1970 en Europe : un tournant transnational des cultures politiques ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 11 août 2016, http://calenda.org/374737