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Villes dans le noir

Cities in darkness

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Publié le mardi 13 septembre 2016 par Céline Guilleux

Résumé

Envisager « la ville dans le noir » c’est questionner l’impact de l’obscurité, subie ou recherchée dans les pratiques économiques, sociales, voire politiques des citadins. Dans des villes sous contrainte énergétique, la vie nocturne en constitue une dimension essentielle. Elle permet d’aborder une variété de paysages physiques et d’expériences urbaines ; elle met en évidence en particulier les failles des réseaux d’éclairage public, les contraintes subies ainsi que les opportunités d’activités dissimulées. Mais les pratiques de l’obscurité vont au-delà de ces ambiances nocturnes qui marquent la diversité de nos terrains de recherche. La journée d’étude envisage alors des zones d’ombre et des pénombres plus diffuses ; elle interroge en cela les frontières temporelles entre le jour et la nuit.

Annonce

Organisation

Journée d’études CESSMA-URMIS

Axe Production, politiques et pratiques de la ville (CESSMA), Groupe villes (URMIS)

Contacts organisation

  • Monique Bertrand (monique.bertrand@ird.fr),
  • Odile Goerg (odile.goerg@univ-paris-diderot.fr),
  • Didier Nativel (didier.nativel@univ-paris-diderot.fr),
  • Jérôme Tadié (jerome.tadie@ird.fr)

Argumentaire

L’ombre, la pénombre et la nuit imposent des formes particulières au déroulement d’activités ordinaires ou plus exceptionnelles, qui se distinguent ainsi des formes plus visibles. Bien souvent, la nuit est porteuse de sens en elle-même, même si ce sens varie selon les lieux, les époques, les classes d’âge et les groupes sociaux. En tant que moment normé comme temps du sommeil, elle peut recouvrir d’autres activités d’une signification d’interdit ou de transgression, d’autant qu’il est souvent mal vu d’être dehors la nuit. L’obscurité a ainsi des effets tantôt structurants, tantôt déstabilisants sur l’organisation des espaces et des relations sociales.

Certaines études abordent l’obscurité sous l’angle des pratiques récréatives, des moments festifs et des quartiers valorisés par les noctambules ; d’autres mettent l’accent sur les logiques entrepreneuriales qui poussent à valoriser la ville 24 heures sur 24. Force est de constater que ces espace-temps recouvrent des aspects plus larges. La nuit est de fait un moment de travail pour certaines catégories de population, de quête de ressources plus ou moins légales pour d’autres. L’offre et les techniques d’éclairage mettent également en jeu des valeurs morales, des formes de domination politique, des perspectives sensorielles. L’intérêt à aborder les villes selon les lieux laissés dans / sortis de l’obscurité nocturne réside ainsi dans une large combinaison de facteurs et d’usages.

En quoi l’obscurité, et son corolaire l’éclairage, conditionnent-ils les expériences citadines ? Comment-les appréhender comme des ressources mobilisées ou mobilisables à des fins spécifiques ? Comme éléments du contrôle social et des politiques de surveillance ? Les contributions aborderont des formes banales autant que des moments particuliers d’usage de la ville dans le noir.

Programme

  • 9h : Accueil et introduction

Acteurs et ambiances nocturnes

Discutant : Nicolas Puig

  • 9h30 : Didier Nativel, « Réflexions sur les ambiances nocturnes de villes coloniales d’Afrique subsaharienne »
  • 10h00 : Habib Belaïd, « Pratiques festives nocturnes à Tunis à l’époque coloniale »
  • 10h30 : Thomas Fouquet, « La nuit urbaine, une ‘troisième aire’ citadine ? Quelques hypothèses sur la nocturnité à Dakar »
  • 11h30 : Risa Permanadeli, Jérôme Tadié, « Des citoyens invisibles dans l’aménagement de Jakarta : Fantômes et occupation des espaces nocturnes de la ville. »
  • 12h00 : Chantal Chanson-Jabeur, « Une ville sous couvre-feu : l’exemple de Tunis (de 1930 à 2016) »
  • 12h30 : Synthèse et discussion

Gérer l’obscurité

Discutante : Monique Bertrand

  • 14h30 : Odile Goerg, « ‘The present lights in the streets […] only served to intensify the darkness’ : éclairage, municipalités et citadins au tournant du XXème s., Freetown-Conakry ».
  • 15h00 : Rémi Desmoulière, « Territorialités nocturnes des transports en commun dans l’agglomération de Jakarta »
  • 15h30 : Francesca Pilo’, « Pannes électriques et divisions de l’espace urbain à Rio de Janeiro: une lecture politique »
  • 16h30 : Robert Ziavoula, « Fiat lux, et l’obscurité vint. L’éclairage public comme métaphore politique à Brazzaville »
  • 17h00 : Kali Argyriadis (Urmis, IRD) : « De apagones y alumbrones : expériences, usages et mémoires des coupures d'électricité à La Havane" »
  • 17h30 : Synthèse et clôture de la journée

Lieux

  • Bâtiment Olympe de Gouges, salle 870 - Université Paris Diderot,5 Rue Thomas Mann
    Paris, France (75013)

Dates

  • mercredi 12 octobre 2016

Mots-clés

  • ville, nuit, obscurité, pratique, représentation, gestion

Contacts

  • Monique Bertrand
    courriel : monique [dot] bertrand [at] ird [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Monique Bertrand
    courriel : monique [dot] bertrand [at] ird [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Villes dans le noir », Journée d'étude, Calenda, Publié le mardi 13 septembre 2016, http://calenda.org/377170