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La conférence comme performance

Conference as performance

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Publié le lundi 26 septembre 2016 par Céline Guilleux

Résumé

L’engouement actuel pour la forme conférence dans le champ artistique, qui tend à la constituer en genre à part entière, amène à questionner sa connivence avec la performance. Quels sont les enjeux esthétiques et idéologiques de ces formes qui se situent à la croisée des domaines artistiques et académiques, de ces pratiques polyphoniques et polymorphes ? Est-il possible de dégager des convergences, des récurrences permettant de relier des propositions somme toute très diverses ?

Annonce

Argumentaire

Ce colloque international, qui présentera aussi des conférences performées, est organisé en partenariat avec le Musée de la danse et l’Université de Lille 3 (CEAC). Il prolonge la réflexion amorcée lors du colloque « Conférences d’artistes : entre fiction théorique et geste artistique » organisé à l’Université Rennes 2 (février 2013) en partenariat avec le Musée de la danse, l'EESAB-site de Rennes et le Frac Bretagne, et de la journée d’étude « Conférences hybrides : dispositifs et scénographies de la parole artistique » organisée à l’Université de Rennes 2 (mars 2016).

L’engouement actuel pour la forme conférence dans le champ artistique, qui tend à la constituer en genre à part entière, amène à questionner sa connivence avec la performance. Quels sont les enjeux esthétiques et idéologiques de ces formes qui se situent à la croisée des domaines artistiques et académiques, de ces pratiques polyphoniques et polymorphes ? Est-il possible de dégager des convergences, des récurrences permettant de relier des propositions somme toute très diverses ?

Ce colloque se propose d’aborder la conférence/performance dans une perspective historique, esthétique et épistémologique, en prenant en compte l’histoire de cette « forme » entre les XIXe et XXIe siècles, dans ses différentes déclinaisons : de la conférence didactique à la conférence performée en passant par la conférence théâtrale (ou la conférence spectacle), et de l’envisager dans une perspective ouverte au champ des arts visuels, scéniques, performatifs, sonores et littéraires.

Plusieurs axes qui ne sont pas exclusifs les uns des autres sont proposés pour poursuivre la réflexion :

La conférence/performance : oralités, gestes, discours, dispositifs

La conférence s’inscrit dans une histoire du genre oral et organise un lien particulier entre locuteur et auditeurs. Des traités de rhétorique de l’Antiquité (Aristote, Quintilien) aux thèses développées par les sciences humaines (Erving Goffman, John Austin, Judith Butler) en passant par les Conférences de l’Académie royale de peinture, de nombreuses réflexions ont contribué à la pratique autant qu’à la théorie de la conférence. Comment la conférence/performance, dans ses contours mouvants, se nourrit-elle de la pratique de la conférence académique, de ses modes d’énonciations, de ses gestes, de ses rituels et ses routines, de ses dispositions matérielles, de ses cadres et dispositifs normés ; comment les déplace-t-elle ou les prend-elle à contrepied ? 

La conférence/performance met en jeu le corps et la voix et donc une incarnation du sens. Si le discours est façonné par une rhétorique qui assure une certaine efficience de la parole, il l’est aussi par des postures, des gestes, des dictions plus ou moins codifiés ou théâtralisés. Quels sont les modes opératoires de la mise en scène de ce « discours sensible » ? Par quels dispositifs, suivant quelles modalités le savoir, l’autorité et le langage (a priori inhérents à la conférence) se trouvent-ils parfois altérés ?

La conférence/performance : configurations et transmissions des savoirs

Si la conférence/performance présente une identité fluctuante, il importe de prendre en compte sa spécificité qui est de produire et de transmettre des savoirs. La conférence/performance n’est pas un contenant indifférent au contenu, elle l’informe à travers ses dispositifs et ses scénographies : savoir en acte, qui se soumet à l’épreuve d’un regard et d’une écoute, elle apparaît comme le terrain d’une certaine expérience de la pensée, et en particulier comme le paradigme d’une recherche en art – ou par l’art.

Les conférences d’artistes ont-elles pour autant une vocation didactique ? À quelles conceptions de l’art et du savoir peuvent-elles être rattachées ? Si la conférence, dans ses formes établies, repose de facto sur une position d’autorité, quelle place offre-t-elle aux récits enfouis, aux discours dissidents ? à la fiction ? En quoi déborde-t-elle une vocation didactique et ne se contente-t-elle plus d’offrir une « image sensée du monde » (Erving Goffman) ?

La conférence/performance comme espace critique

La conférence/performance est un espace de réflexion dont la portée est à la fois théorique et critique. Elle se revendique non seulement comme une forme alternative aux pratiques institutionnelles de l’exposition, de sa médiation et au discours sur l’art (celui de la critique par exemple), mais aussi comme le vecteur d’une critique du spectacle ou d’une certaine théâtralité. Si elle prend ses distances avec le format académique, ne s’expose-t-elle pas à un certain formatage lorsqu’elle intègre les institutions artistiques ? Quelle est l’efficience critique des diverses expérimentations qu’elle met en jeu ? Déplacements spatiaux (hors du musée, de la galerie, de la salle de théâtre ou de concert, des lieux de savoir), recherches autour de la représentation et des codes théâtraux, de la scénographie, remises en question du discours savant et théorique : comment ces différents décadrages affectent-ils l’expérience esthétique ? Sollicitent-ils les spectateurs et l’auditoire autrement ? À quels types d’interactions, avec l’auditoire ou le public,  invitent-ils ? En quoi contribuent-ils à la reconfiguration récente de la critique à travers les régimes de visibilité et d’attention qu’ils mettent en œuvre ?

Modalités de soumission

Les propositions d’interventions théoriques sont à envoyer avant le 31 octobre 2016

sous la forme d’un résumé de 350 mots maximum, accompagné d’une courte bio-bibliographie aux adresses suivantes : laurence.corbel@gmail.com, nathalie.boulouch@univ-rennes2.fr, benedicte.boisson@univ-rennes2.fr et annecreissels@orange.fr

Comité scientifique

  • Christian Alandete, Fondation Giacometti, commissaire d’exposition en charge du programme Partitions (performances) à la Fondation d’entreprise Ricard
  • Bénédicte Boisson (Études théâtrales, Université Rennes 2)
  • Nathalie Boulouch (Histoire de l’art, Université Rennes 2)
  • Anne Creissels (Arts plastiques, Université Lille 3)
  • Laurence Corbel (Esthétique et philosophie de l’art, Université Rennes 2)
  • Nicolas Fourgeaud (Histoire des arts, Haute École des Arts du Rhin)
  • Sandra Neuveut (Directrice déléguée, Musée de la danse/Centre chorégraphique national de Rennes et de Bretagne )
  • Christophe Viart (Arts plastiques, Université Paris 1- Sorbonne, École européenne supérieure d’art de Bretagne)

Lieux

  • Place du recteur Henri Le Moal
    Rennes, France (35)

Dates

  • lundi 31 octobre 2016

Mots-clés

  • conférence, performance, discours, geste, transmission, savoir, critique

Contacts

  • Laurence Corbel
    courriel : laurence [dot] corbel [at] gamil [dot] com
  • Bénédicte Boisson
    courriel : benedicte [dot] boisson [at] univ-rennes2 [dot] fr
  • Anne Creissel
    courriel : annecreissels [at] orange [dot] fr

Source de l'information

  • Laurence Corbel
    courriel : laurence [dot] corbel [at] gamil [dot] com

Pour citer cette annonce

« La conférence comme performance », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 26 septembre 2016, http://calenda.org/378196