AccueilDe l'intention à la conservation d'une œuvre, quand l'artiste nous met à l'épreuve

De l'intention à la conservation d'une œuvre, quand l'artiste nous met à l'épreuve

From intention to conservation of a work - when the artist challenges

Journée d’étude autour du projet de Suzanne Treister

Suzanne Treister project study day

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Publié le lundi 26 septembre 2016 par Elsa Zotian

Résumé

Invitée à travailler dans le cadre de la commande artistique Garonne, l’artiste Suzanne Treister a proposé la réalisation d’une œuvre en triptyque composée d’une sculpture en forme de vaisseau spatial, d’un pavillon-bibliothèque dédié à Jacques Ellul et d’une bibliothèque de science-fiction installée dans les bâtiments de l’Observatoire de Floirac. Une convention signée entre Bordeaux Métropole et le CAPC musée d’art contemporain a permis dès janvier 2016 la mise en place d’un groupe de recherche visant à réfléchir aux problématiques liées aux choix des matériaux de l’œuvre de Suzanne Treister et aux stratégies de maintenance à « co-construire ». Cette journée d’étude est l’occasion de partager les avancées du travail engagé.

Annonce

Présentation

Invitée à travailler dans le cadre de la commande artistique Garonne, l’artiste Suzanne Treister a proposé la réalisation d’une œuvre en triptyque composée d’une sculpture en forme de vaisseau spatial, d’un pavillon-bibliothèque dédié à Jacques Ellul et d’une bibliothèque de science-fiction installée dans les bâtiments de l’Observatoire de Floirac.

Une convention signée entre Bordeaux Métropole et le CAPC musée d’art contemporain a permis dès janvier 2016 la mise en place d’un groupe de recherche visant à réfléchir aux problématiques liées aux choix des matériaux de l’œuvre de Suzanne Treister et aux stratégies de maintenance à «co-construire». Cette journée d’étude est l’occasion de partager les avancées du travail engagé.

Entrée libre

Programme

9h30 Café d’accueil

9h45 - 10h00 "De l’intention à la production, quand l’artiste nous met à l’épreuve", Présentation de la journée d’étude

  • Anne Cadenet

Questionner les enjeux de la conservation des œuvres dans l’espace public présuppose qu’elles aient été déjà produites. Cette journée invite à mesurer la richesse et la complexité des échanges liés à la production d’une œuvre et à sa future conservation. Du choix des matériaux aux attentes esthétiques de l’artiste en passant par les contraintes techniques imposées par le projet, les enjeux liés aux binômes production/conservation reposent de plus en plus sur le partage des compétences entre les différents acteurs du projet et sur les stratégies documentaires qui l’accompagnent.

Anne Cadenet est responsable du Service Collection, Documentation, Archives au CAPC musée d’art contemporain de Bordeaux.

10h00 - 10h45 Les Vaisseaux de Bordeaux, Présentation de l’œuvre,

  • Suzanne Treister

Suzanne Treister propose une réflexion sur l’usage des technologies liée à Bordeaux et à son histoire via une œuvre en triptyque intitulée Les vaisseaux de Bordeaux, et composée de :

    • Le vaisseau spatial

Il s’agit d’une sculpture installée aux Bassins à flot à Bordeaux, issue de l’idée de la métamorphose d’une épave de navire de la Seconde Guerre mondiale en un vaisseau spatial et qui donne chair au processus physique de mutation dans la ville. L’œuvre encourage à envisager, imaginer et construire un avenir différent et incarne aussi l’exaltation et les possibilités de changement, de vitesse et d’espace.

    • Le puits/bibliothèque jacques ellul

Ce pavillon installé sur les quais de Garonne à Bordeaux abrite une bibliothèque présentant les travaux de Jacques Ellul, et vise à permettre au public de discuter des enjeux liés à la façon de penser les technologies ainsi que leur utilisation dans les contextes social et politique.

    • L’observatoire/bibliothèque de science-fiction

Cette installation est située dans la coupole du Grand Équatorial de L’Observatoire de Floirac et accueille une bibliothèque de science-fiction. Elle représente les idées liées aux théories des futures technologies, aux utopies et dystopies, aux débats historiques et actuels sur les sociétés technologiquement avancées et sur la direction que l’avenir est en train de prendre.

Suzanne Treister est devenue une pionnière dans le champ de l’art digital au début des années 90, en proposant des travaux autour des nouvelles technologies, et en développant des mondes fictifs et des organisations collaboratives internationales. Par le biais de nombreux media – vidéo, internet, technologies interactives, photographie, dessin, aquarelle – Suzanne Treister a élaboré un large ensemble de travaux qui intègrent les récits excentriques et les champs de recherche non conventionnels, afin de révéler les structures qui relient le pouvoir, l’identité et le savoir.

10h50 - 11h30 Regard en biais sur le sujet : pérenniser les sculptures peintes en extérieur

  • Gilles Barabant

Les sculptures peintes contemporaines placées en extérieur sont vouées à la dégradation plus ou moins rapide de leur polychromie. La qualité technique de la création ou les protocoles d’entretien mis en place ne changent rien à l’affaire, tout au plus peuvent-ils retarder l’apparition des altérations et le moment des choix d’intervention fondamentale.

La solution de conservation la plus immédiate et la plus évidente qui consiste à déposer l’œuvre pour la mettre à l’abri dans une salle d’exposition afin d’envisager un traitement de restauration classique n’est cependant pas toujours réaliste, en raison de la taille des éléments, ni forcément souhaitable dans la mesure où elle déracine l’œuvre de son contexte et de l’environnement pour lequel elle a, bien souvent, été conçue.

Conserver ces sculptures in situsuppose alors comme préalable, et autant que cela soit possible, de considérer la polychromie non comme un élément original qui participe de l’authenticité de l’œuvre, mais comme une couche fonctionnelle et consommable qu’on peut rééditer «à l’identique».

Les deux études menées conjointement au centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF) sur L’Arbre-serpents de Niki de Saint Phalle (musée des Beaux-Arts d’Angers) et Sans titre de Damien Cabanes sont fondées sur ce postulat ; leur objectif est de déterminer, en accord avec les artistes ou leurs ayants droit en partenariat avec les éditeurs, une charte technique pour la reprise des peintures et de définir un protocole documentaire permettant de futures réfections aussi conformes que possible avec le projet initial de leur créateur. Elles montrent aussi, au-delà des difficultés que peuvent présenter ces projets, la nécessité d’une réflexion préalable et prospective au moment de la commande ou de l’acquisition.

Gilles Barabant est responsable de la filière XXe siècle-art contemporain au département restauration du Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF) à Paris. À ce titre, il a suivi de nombreux chantiers des collections associés à la création ou à la rénovation de musées d’art moderne et contemporain.

Il développe parallèlement des études et des recherches dans le domaine de la conservation des matériaux synthétiques et des peintures industrielles.

11h35 - 12h05 Le Bréguet, patrimoine monumental en aluminium, Étude de cas

  • Audrey Cochard et Magali Brunet

Cette présentation s’intéresse à une partie des alliages d’aluminium et revêtements utilisés pour la construction du Breguet 765 n°504 64-PH. Les pièces trop corrodées pour assurer l’intégrité de la structure étant déposées, la rénovation de cet avion aux Ailes Anciennes Toulouse est une opportunité d’étudier les matériaux employés avant qu’ils ne soient perdus avec les informations qu’ils contiennent.

La principale famille d’alliage utilisée dans cet avion est le duralumin.Ces alliages aluminium cuivre-magnésium, produits industriellement dès 1910 et utilisés dès 1916 pour la construction des Breguet XIV, sont les premiers alliages d’aluminium ayant permis le développement de l’aéronautique.

En comparant l’analyse en laboratoire de ces matériaux avec les documents d’archives disponibles et la documentation actuelle, un premier retour d’expérience sur des duralumins aéronautiques de la fin des années 1950 est possible grâce à des techniques d’analyses métallurgiques actuelles. Après un rappel sur les altérations que peuvent subir les alliages aluminium, un bref historique des méthodes de protectionde ces alliages propose de s’attarder sur celles employées dans l’aéronautique. Les résultats des analyses sur les pièces de ce Breguet permettent de retrouver le type de revêtement appliqué par l’avionneur et de confirmer les informations retrouvées dans les archives industrielles et dans les normes de l’époque.

Audrey Cochard est doctorante à l’Université Toulouse III - Paul Sabatier de 2013 à 2016. Entre le CEMES dans l’équipe Matériaux du Patrimoine et FRAMESPA, elle étudie les alliages d’aluminium utilisés sur le Breguet 765 n°504 64-PH en croisant les analyses physicochimiques des alliages d’aluminium récupérés et les informations retrouvées en archives.

Magali Brunet est chargée de recherche CNRS depuis 2005 et diplômée du Master de Conservation Restauration des Biens Culturels de l’Université Paris 1 (2015). Au CEMES depuis janvier 2015 dans l’équipe Matériaux du Patrimoine, elle étudie l’altération des matériaux anciens, en particulier le vieillissement des alliages aluminium, par le biais de techniques d’analyses physico-chimiques.

12h05 - 12h30 Temps d’échanges

12h30 - 14h00 déjeuner libre

14h00 - 15H00 Table ronde – Quand l'œuvre défie la technique et les savoirs

Dans le cadre de la convention entre Bordeaux Métropole et le CAPC portant sur la conservation et la maintenance des œuvres issues de la commande artistique, un groupe de travail s’est constitué en amont du projet de production de l’œuvre de Suzanne Treister. Qu’il s’agisse de l’œuvre en hommage à Jacques Ellul, de l’Observatoire transformé en bibliothèque ou du vaisseau posé sur l’eau, ces sculptures monumentales interrogent nos connaissances techniques et scientifiques quant à leur fabrication mais aussi à leur maintenance.

Cette table ronde est l’occasion d’un échange entre les différents acteurs de ce projet, producteur/assistant de l’artiste, conservateurs restaurateurs du patrimoine, directeur de société.

Intervenants

  • Éric Troussicot, Architecte, co-réalisateur du projet de Suzanne Treister
  • Freddy Bernard, Directeur technique et artistique chez Métalobil – Société d’ingénierie design
  • Tiziana Mazzoni, Conservateur-restaurateur peinture, diplômée de l’Institut Central de Restauration de Rome
  • Alejandra Balboa, Conservateur-restaurateur patrimoine métallique, Laboratoire de Conservation, Étude et Restauration des biens culturels Métalliques et Composites (LCERMC), Consultant en conservation préventive, Archéomètre

Modératrice : Anne Cadenet

15h15 - 15h45 Altération et conservation des œuvres monumentales en alliages d'aluminium – le point de vue des matériaux

  • Luc Robbiola

La conservation des œuvres monumentales en aluminium et alliages est un domaine en plein essor. Peu de données pratiques sont disponibles. Ce matériau est encore assez peu employé dans le domaine culturel et nous n’avons pas vraiment de recul sur son comportement à long terme en extérieur. Cette présentation a pour but de renforcer le dialogue entre l’ensemble des intervenants.

Pour mieux cerner les questions soulevées par la conservation et la maintenance de ce type d’œuvres, plusieurs aspects seront abordés et illustrés en se plaçant du point de vue des matériaux. Ceci concernera les principaux cas d’altération, la notion de diagnostic et les moyens de caractérisation incluant l’emploi d’outils scientifiques poussés. Enfin, la question de la méthodologie à employer sera évoquée en parallèle avec les approches actuelles conduites sur la sculpture monumentale en fonte de fer ou en bronze.

Luc Robbiola est docteur en chimie spécialité Métallurgie (Université Pierre et Marie Curie) et diplômé en conservation-restauration des biens culturels (Maîtrise Sciences et Techniques, Université Panthéon Sorbonne – Paris 1). Ingénieur de Recherche hors classe au CNRS, il est plus particulièrement spécialisé sur l’altération des alliages base cuivre, soumis à des environnements naturels pendant de longues durées (de plusieurs millénaires jusqu’aux périodes modernes). Il est membre du Comité Scientifique de la revue internationale Journal of Cultural Heritage et Vice Président de la Commission « Matériaux anciens, terre et environnement » pour le Synchrotron Soleil. Il est éditeur de deux symposia internationaux en conservation-restauration et coauteur de plus de 60 articles dans des journaux et actes de colloques internationaux.

16h00 - 16h30 Temps d’échanges

16h30 - 17h30 visite des expositions du CAPC musée d’art contemporain de Bordeaux

Lieux

  • Auditorium - CAPC musée d'art contemporain - CAPC musée d'art contemporain 7, rue Ferrère
    Bordeaux, France (33)

Dates

  • vendredi 30 septembre 2016

Mots-clés

  • Suzanne Treister, commande publique artistique, art contemporain, conservation-restauration

Contacts

  • Anne Cadenet
    courriel : capc [at] mairie-bordeaux [dot] fr

Source de l'information

  • Anne Cadenet
    courriel : capc [at] mairie-bordeaux [dot] fr

Pour citer cette annonce

« De l'intention à la conservation d'une œuvre, quand l'artiste nous met à l'épreuve », Journée d'étude, Calenda, Publié le lundi 26 septembre 2016, http://calenda.org/378539