AccueilLes philosophes « réformateurs » des XVIe et XVIIe siècles : leurs motifs et leurs projets

Les philosophes « réformateurs » des XVIe et XVIIe siècles : leurs motifs et leurs projets

Reformer philosophers from the 16th-17th centuries - motives and projects

*  *  *

Publié le mardi 04 octobre 2016 par Céline Guilleux

Résumé

Pourquoi une journée d'études sur les philosophes initiateurs de la modernité ? En premier lieu, parce que parmi tant d'études consacrées à l'origine de la modernité, aucune n'a encore proposé d'analyser la variété des motifs et des projets de ces philosophes, en les analysant un à un et pour eux-mêmes. La tendance de ces études est en outre de tisser un lien entre ces projets et notre situation présente, ou de prêter une forme d'homogénéité au mouvement moderne, alors qu'au premier abord, les motifs de ces philosophes sont parfois fort hétérogènes. Enfin, il valait la peine de se demander dans quelle mesure les philosophes dont les ambitions semblent limitées (réformes de la science) ont eu conscience d'introduire un bouleversement plus complet d'ordre moral et politique.

Annonce

Organisation

Journée d’études organisée par l'AMEP (Association de la Mention Etudes Politiques) et le CESPRA (Centre Raymond Arond), EHESS

Argument

Même si l’on peut avoir des réserves sur le rôle historiquement déterminant qu’ont eu les philosophes modernes dans le façonnement de l’horizon moral et politique de nos sociétés occidentales, il ne fait guère de doute que l’on trouve bel et bien, chez ces écrivains, des expressions frappantes des principes essentiels ou des tendances marquées de la modernité. Il suffit de songer à la manière dont Hobbes s’applique à fonder l’autorité politique sur le désir fondamental des individus de préserver leur vie, ou à la manière dont Montaigne nous invite à considérer l’égalité de toutes les coutumes, et se propose de manière inédite de peindre son « moi » sans chercher à l’améliorer ou à le régler. On peut aussi penser aux très grands espoirs que Descartes place dans la science nouvelle de la nature et dans la médecine : nous n’avons aucune peine à nous reconnaître dans le projet de maîtriser la nature et la matière, pour la conformer à nos besoins et à nos souhaits. Sous ces divers aspects, les philosophes modernes nous sont assurément familiers.

Mais ce que nous trouvons également chez certains de ces auteurs, ce sont des déclarations manifestant assez clairement une volonté extraordinaire de réforme, touchant parfois jusqu’à la manière générale de comprendre la vie humaine et de l’organiser. Or, sur ce point précis, il est moins évident de nous sentir familiers de leurs démarches. Il ne nous est pas facile de comprendre ce qui put motiver chez eux des projets d’une telle ampleur et d’une telle radicalité. Comment de telles ambitions voient-elles donc le jour ? Quels sont les motifs principalement à l’œuvre dans ces projets ? Ceux-ci s’élaborent-ils en réaction à des événements marquants et décisifs, comme put l’être la Saint Barthelemy pour Bodin ? Prennent-ils plutôt forme en fonction d’un diagnostic plus général et historique sur les maux de leur temps ? Sont-ils de simples réactions à des violences, physiques ou morales, jugées insupportables ? Ou bien encore, est-ce plus positivement la perception de principes nouveaux ou de possibilités nouvelles qui mobilise leur pensée et leur projet ?

Bien sûr, nombre d’études historiques apportent de précieux éléments de réponse à ces questions. Mais précisément, la première ambition déterminée et modeste de ces journées est de recueillir d’abord les déclarations expresses des philosophes et sur leurs intentions et sur leur propre temps. Nous pourrons être ainsi attentifs à la variété de leurs motifs respectifs, sans les rabattre sur les grands récits de la modernité naissante : tel philosophe peut viser avant tout une réforme morale et politique, quand tel autre peut viser avant tout une réforme du savoir. Mais ce premier travail « documentaire » pourra également éviter de prêter aux philosophes des préoccupations qui, pour être peut-être centrales dans leur contexte historique, n’étaient pourtant pas nécessairement décisives à leurs propres yeux. Ce n’est qu’à partir de cette documentation première que nous serons à même de juger si ce qu’ils disent de leur temps et de leur intention suffit à rendre compte de leur démarche. 

  • Les questions soulevées à l’occasion de cette journée pourraient donc être les suivantes :
  • Quels sont les différents motifs explicites des « réformateurs » modernes ?
  • Quels sont les événements qui peuvent apparaître décisifs dans le façonnement de leur projet ?
  • Quelles sont les cibles premières de leurs attaques ?
    • Est-ce que les réformes politiques et morales peuvent parfois être comprises comme les conséquences secondes et pour ainsi dire non préméditées d’une réforme du savoir, conçue comme première ?
    • Est-ce que les réformes des Lettres furent aussi comprises comme partie intégrante d’une réforme politique et morale ?
  • Certains de ces philosophes s’engagent-ils dans un diagnostic précis sur les maux de leur propre époque, et comment envisagent-ils la part jouée par le christianisme, l’Eglise et la philosophie ancienne, dans ces maux ?
  • Tous les philosophes montrent-ils ou trahissent-ils une même conscience de l’ampleur de ce qu’ils élaborent ?

Programme

  • 9h : Présentation
  • 9h15 : Juliette Morice : « Les voyages modernes : pratique, concept et métaphore. »
  • 9h45 : Christophe Litwin : « Montaigne : réformer au temps des causes perdues ? »
  • 10h15 : Discussion. Pause
  • 11h00 : Adrien Louis : « Instaurer le peuple dans sa gloire : la réforme de Machiavel. »
  • 11h30 : Stéphane Bonnet : « Réformation et déformation dans le traité Della ragion di Stato de Giovanni Botero. »
  • 14h00 : Luc Peterschmitt : « Bacon : réformer la science, réformer la société. »
  • 14h30 : Denis Kambouchner : « Descartes et le problème de la réforme des esprits. »
  • 15h : discussion
  • 15h45 : Christophe Miqueu : « Spinoza : de la réforme intellectuelle à la réforme politique ? »
  • 16h15 : Nicolas Dubos : « Hobbes, réformateur religieux ? »

Lieux

  • Salle Lombard - 96 bd Raspail
    Paris, France (75006)

Dates

  • vendredi 07 octobre 2016

Fichiers attachés

Mots-clés

  • modernité, philosophe

Contacts

  • Adrien Louis
    courriel : adrien [dot] louis [at] live [dot] fr

Source de l'information

  • Adrien Louis
    courriel : adrien [dot] louis [at] live [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les philosophes « réformateurs » des XVIe et XVIIe siècles : leurs motifs et leurs projets », Journée d'étude, Calenda, Publié le mardi 04 octobre 2016, http://calenda.org/378773