AccueilSéminaire de l'unité de recherche « Migrations et sociétés »

Séminaire de l'unité de recherche « Migrations et sociétés »

Seminar of the Migrations and Societies research unit

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Publié le mardi 04 octobre 2016 par Céline Guilleux

Résumé

Ce séminaire annuel aura lieu sur le site parisien de l'unité de recherche « Migrations et société » (URMIS), une unité mixte des universités Paris Diderot et Nice, de l'Institut de recherche pour le développement et du Centre national de la recherche scientifique.

Annonce

Programme

Toutes les séances se tiendront de 14h à 16h30

10 octobre

Islamophobie, racisme et migrations en France et en Afrique : regards croisés                

  • Abdellali Hajjat (MCF, Paris X Nanterre) : Comment fonctionne la racialisation ? L’hypothèse de l’hétéronomie racialisante

Discutante : Silyane Larcher (CNRS-URMIS)

Je vais dans un premier temps revenir sur le concept de racialisation, et poser deux questions : 1) qu'est-ce que la sociologie entend par racialisation ? et 2) la « question musulmane » est-elle une question raciale ou la racialisation peut-elle se produire en rapport avec un signe religieux ? Dans un second temps, j'aimerais présenter le cheminement intellectuel qui m'amène à utiliser le concept d'« hétéronomie racialisante » pour étudier l'islamophobie contemporaine. Il s'agit d'éviter de faire de la racialisation un concept totalisant et aveugle aux spécificités nationales et historiques. Autrement dit, au delà de l'usage du concept de racialisation, quel cadre d'analyse global peut-on mobiliser pour comprendre la racialisation des minoritaires, et des musulmans en particulier ? Je m'appuierai sur l'approche théorique en termes de construction des « problèmes publics », dont certaines limites m'amènent à articuler la théorie de la racialisation et la théorie des champs de Bourdieu et à proposer le concept d'hétéronomie racialisante.

  • Mahamet Timera (PR, URMIS-Paris Diderot) : Recomposition idéal-typique des modalités ethnicité/race et religion. Soninké, Noir, Musulman. Entre imbrication, segmentation et totalisation

Discutante : Aïssatou M’bodj-Pouye (CNRS-IMAF-EHESS)

Notre propos dans cette contribution consiste à analyser à partir de nos terrains de recherche, précisément les réseaux et communautés d’immigrés soninke du Sénégal, du Mali et de la Mauritanie, en France et en Afrique, la problématique des articulations ethnicité/religion. Ainsi, dans un premier temps nous rendrons compte des moments et des modalités dans lesquels émerge dans nos recherches cette problématique des identifications qu’elles soient individuelles et collectives, simples, complexes ou imbriquées, mobilisant comme schème pertinent dans les relations et situations la religion, l’ethnicité, et accessoirement la langue, la culture… Ensuite, tout en mettant l’accent sur les liens entre ethnicité et religion, nous déclinerons les configurations identitaires et les acteurs ou ‘’entrepreneurs ethnopolitiques’’ (R. Brubaker) qui les portent et les animent. Enfin, à la lumière de travaux de sociologie des religions et des relations interethniques (Gans, Kivisto, Schnapper), de réflexions sur les modèles diasporiques dans le Monde Noir des Amériques et de l’Europe (C. Chivallon) mais aussi des approfondissements théoriques de l’approche barthienne des frontières des groupes ethniques par R. Brubaker (ethnicité, groupe ethnique et ‘’groupalité’’), nous essayerons de rendre compte de la grammaire multiforme des liens entre religion et ethnicité.

14 novembre

Perception, ressenti, vécu et expérience des discriminations et du racisme au filtre des enquêtes statistiques

  • Jean-Luc Primon (Maître de conférences à l’Université de Nice, URMIS)

Dans cette communication j’essaierais, dans un premier temps, de donner un aperçu de quelques enquêtes à vocation statistique qui traitent de l’expérience, de la perception, du ressenti ou encore du vécu des discriminations racistes et/ou du racisme. Dans ma présentation,  je soulignerai le changement de perspective que constituent la prise en compte de la dimension subjective et l’enregistrement du point de vue des minoritaires dans ce type d’enquêtes.  Dans un second temps, en prenant appui sur les résultats et les enseignements de l’enquête Trajectoires et Origines sur le racisme (TeO, Ined et Insee 2008), mais aussi en référence aux enquêtes de victimation ou à d’autres dispositifs, je discuterai des problèmes posés par l’objectivation statistique de l’expérience du racisme.

discutantes: 

  • Alexandra Poli (Chargée de recherche au CNRS, CADIS)
  • Mireille Eberhard (Observatoire du Samusocial de Paris, membre associée à l’URMIS)

Les divisions ethno-raciales du monde social : ce que montrent les enquêtes sur les discriminations

  • Patrick Simon (Directeur de recherche à l’INED, MIM)

La question de la mesure des discriminations tend à cristalliser les débats français pour deux raisons qui se superposent et qui tiennent à la factualisation d'un phénomène prégnant et en même temps invisible. D'une part les méthodes de mesure sont souvent mises en cause pour leur incapacité à véritablement saisir la discrimination, d'autre part les statistiques établies sur la base de catégories de personnes exposées aux discriminations ethno-raciales sont contestées dans leur légitimité même. Cette présentation ne se propose pas de revenir une nouvelle fois sur la controverse des statistiques ethniques, mais plutôt de discuter de ce qu'on peut apprendre sur les discriminations à partir de deux enquêtes ayant porté sur des minorités racisées : l'enquête Trajectoires et Origines (2008-2009) et l'enquête sur l'expérience des discrimination en Ile-de-France (2015) réalisée par l'Observatoire Régional des Discriminations (ORDIS). Si l'enquête TeO définit les populations en fonction sur du lien à l'immigration sur deux générations, l'enquête Ordis a ajouté une classification ethno-raciale. On pourra ainsi présenter les grands résultats sur les discriminations de ces deux enquêtes et l'apport respectif des différents modes de classification pour parler des discriminations.

discutantes:
  • Alexandra Poli (Chargée de recherche au CNRS, CADIS)
  • Mireille Eberhard (Observatoire du Samusocial de Paris, membre associée à l’URMIS)

12 décembre

Politique des préjugés et question Rom en France  

  • Swanie Potot (chargé de recherche au CNRS, URMIS), “Les migrants roms en France ou l’ethnicisation d’une question sociale”

Partant de la question posée par J.Hartigan (Once a subject like race has been deconstructed, how do we account for its enduring power in our lives ? 2005, p. 207), on s’intéressera dans cette communication à la montée en puissance d’une catégorie ethnique, reposant sur une conception essentialiste, voir raciale, celle des Roms.

Pourquoi « les Roms » sont-ils devenus une figure sociale de premier plan en France depuis une quinzaine d’années ? Déconstruire la « question rom », examiner ce qui constitue cette construction sociale, quels en sont ses acteurs, est un préalable indispensable à la compréhension de son fonctionnement dans la société française. Loin de considérer l’appellation ethnique comme le simple reliquat d’une histoire, on entend montrer que cette désignation est le fruit contemporain de tensions qui traversent l’Europe et trouvent un écho en France.

A partir d’un terrain mené dans des squats et bidonvilles du Sud de la France et d’une analyse de l’activisme rom à l’échelle européenne, j’examinerai les modalités par lesquelles le mouvement rom a gagné une visibilité dans l’espace politique transeuropéen au cours du vingtième siècle et comment celui-ci influence l’activité sociale à l’échelle des acteurs. Je tenterai de mettre au jour le poids du multiculturalisme, dans le contexte néo-libéral européen, sur la construction et la reconnaissance de l’ethnie rom à l’échelle du continent. On apportera ainsi quelques éléments visant à expliquer pourquoi une question sociale, celle liée à la mobilité de populations très pauvres à travers l’Union européenne, mettant notamment en France sur le devant de la scène le problème du mal logement, s’est muée en une question raciale, dans un pays traditionnellement réfractaire à une telle approche.

Discutant: Grégoire Cousin, attaché de recherche à la FMSH, programme européen MigRom

  • Vincent Tiberj (Professeur des universités associé à Sciences Po Bordeaux, Centre Emile Durkheim), “Politique du préjugé”

Pendant longtemps les préjugés raciaux et la xénophobie ont été appréhendés comme le produit de la socialisation primaire et considérés comme particulièrement stables. C'est pourquoi tant de chercheurs se sont focalisés sur le renouvellement générationnel et l'élévation du niveau d'éducation comme manière d'y remédier. Pourtant plusieurs recherches récentes montrent que les préjugés sont très dépendants du politique, notamment des débats et des cadrages de ces questions. On montrera ainsi l'impact du contexte politique sur les baisses et les remontées de tolérance depuis 1990; on s’interrogera sur le poids des attentas sur ces évolutions avant de s'intéresser à l'impact que cette politique du préjugé a sur l'acceptation de différents groupes notamment sur les juifs, les musulmans ou les tziganes.

Discutant: Cyril Jayet (maître de conférences à Paris Sorbonne, GEMASS)

9 janvier 2017

Anthropologie des Suds : débats historiographiques contemporains   

Christine Laurière (CNRS, Institut Interdisciplinaire d’Anthropologie du Contemporain), “Ombres et lumières de l'américanisme”

Cette intervention reviendra sur la construction de l'américanisme en tant que discipline au tournant du vingtième siècle, jusqu'aux années 1940. On s'intéressera à plusieurs institutions qui l'incarnèrent fortement : la société des américanistes de Paris et son Journal ; les congrès internationaux des américanistes. On s'intéressera aussi à la charpente intellectuelle qui structure les recherches américanistes, à la place de l'anthropologie et de l'amérindien dans ce champ de recherche pluridisciplinaire, tout comme aux points aveugles de la recherche américaniste. Quelques figures françaises marquantes seront également évoquées, comme Paul Rivet, Alfred Métraux, Jacques Soustelle, Claude Lévi-Strauss.

Discutante: Maud Laëthier (chargée de recherche à l’IRD, URMIS)

  • Kali Argyriadis (chargé de recherche à l’IRD, URMIS), "Histoire comparée des anthropologies nationales dans le bassin méso-américain : quelques pistes de réflexion à partir de Cuba" (co-auteures, Emma Gobin et Niurka Nuñez Gonzalez)

Depuis les années 1980, l'anthropologie s'interroge sur ses propres conditions d'émergence et de développement. En Amérique Latine en particulier, cette réflexion, dans la lignée du courant post-colonialiste, est née du projet d'écriture d'une histoire des "anthropologies sans histoire" (Krotz, 1997) et de mise en valeur des spécificités de ces anthropologies, dites parfois "du Sud". Nous essayerons de montrer dans cette intervention que l'étude de l'histoire et de l'épistémologie de l'anthropologie cubaine (de la fin du XIXème siècle à nos jours) permet justement de nuancer cette polarisation Nord/Sud.

Discutant: Gaetano Ciarcia (directeur de recherche au CNRS, IMAF)

20 février

Couleur, classe et sociétés : dialogue transatlantique autour de la « question noire »  

  • Jennifer Boittin (Université d'État de Pennsylvanie): « Les masculinités noires dans le Paris de l’entre-deux guerres »

Les Africains et Antillais en France entre les deux guerres étaient en grande majorité des hommes.  Si les représentations de ces hommes noirs transmis par le biais des médias et de la culture populaire ont été bien étudiées, qu’en est-il de leurs propres conceptions de leurs expériences de la migration vers la métropole ?  Qu’en est-il des relations qu’ils tissaient entre eux?  Et qu’en est-il de leurs contacts, au quotidien, avec d’autres métropolitains, y compris avec les femmes européennes, antillaises et africaines ?  C’est des liens affectifs et politiques tissaient par ces migrants noirs que cette présentation traitera, en particulier pour élucider leurs conceptions et leurs élaborations des masculinités.

  • Lénita Perrier (EHESS), « Idéologie, mythe et reconnaissance sociale » 

À partir de la distinction entre l’homme en tant que « sujet humain » (jugé à partir de principes éthiques) et l’homme « citoyen » Tzvedan Todorov (en s’appuyant sur les postulats de Rousseau) souligne que « le comportement du citoyen, lui, relève d’une perspective politique ». Cette prémisse nous aide à exploiter la logique des processus de prise de conscience des Afro-brésiliens émigrés à Paris en tant que sujet transnational multi-situé. L’actualisation du ressenti des Brésiliens noirs et métis vis-à-vis des rapports socio-raciaux souligne la perméabilité de l’expérience vécue de cette population face aux idéologies du blanchiment et du métissage à la brésilienne, ainsi nourries et transformés par le contexte français. Nous soutenons dans cet exposé que ce processus de conscience et de transformation des idéologies de race et de couleur s’opéré à partir de l’imaginaire d’une société brésilienne métisse idyllique vers une société métisse citoyenne.  

Discutants :

  • Silyane Larcher (CNRS-URMIS) ;
  • Alain Morice (CNRS-URMIS)"

13 mars

Circulations des cerveaux entre les "Suds" et les "Nords"

  • Jean-Baptiste Meyer (directeur de recherche à l’IRD-LPED) : “Circulation multipolaire et compétition planétaire”

Les conditions de la circulation des compétences sur la planète sont-elles en train de changer ? La technologie et la géopolitique combinées semblent modifier le contexte et les pratiques. A la traditionnelle concentration au nord, viendrait aujourd’hui se substituer une distribution globale, spatiale et sociale différente. C’est du moins ce que traduit dorénavant une large communication multi-media, académique, politique et journalistique, sur le sujet. Qu’en est-il précisément? Qu’est-ce qui change concrètement? Comment en parle-t-on ?

Les éléments de réponse à ces questions viennent à la fois de l’analyse du discours et des constats statistiques. Mis en regard, ils révèlent bien la complexité des choses et les paradoxes politiques. La situation contemporaine, au XXIème siècle, est en tout cas pleine d’incertitudes, tant les décisions induites échappent à tout pouvoir concentré. C’est la fin d’une hégémonie mais elle ouvre sur une ère de compétition accrue et pas nécessairement sur celle d’une redistribution de l’influence culturelle…

Afin de réfléchir sur pièces, la présentation mobilisera des résultats empiriques précis, provenant essentiellement de cas latino-américains récents (http://observatoriomigraciones.org/). Il sera fait référence à la situation de l’Europe dans le jeu de ces circulations mondiales, plus que celles des mouvements internes à la région.

  • Rigas Arvanitis (directeur de recherche à l’IRD, CEPED) : “Le nouveau grand partage: la circulation des connaissances est-elle une alternative à la dépendance scientifique?”

Il a été usuel de penser les relations scientifiques entre les pays riches et les pays non-hégémoniques en référence à un modèle centre-périphérie, hérité de l’analyse économique en Amérique latine. Le concept de dépendance servait alors de moteur de l’analyse. Il permettait de comprendre le fonctionnement des institutions scientifiques « périphériques » (comme les appelait, par exemple, Hebe Vessuri dans ses travaux pionniers) mais aussi les collaborations scientifiques internationales (plus récemment, avec le concept « d’intégration subordonnée » de Pablo Kreimer). Il n’y a donc toujours pas de solution de continuité dans l’analyse depuis les années soixante à aujourd’hui. Pourtant la mondialisation a changé la donne de manière très profonde; de même, le renforcement effectif des capacités de formation par la recherche dans les pays non-hégémoniques, a augmenté la quantité de (jeunes) chercheurs. Ces pays doivent définir leur présence dans le nouveau cosmopolitisme scientifique, bien qu’ils ne puissent ni modifier en profondeur l’agenda de recherche international, ni ne disposent de moyens suffisants pour mettre en oeuvre des politiques de recherche indépendantes (comme le réclamait le credo dépendentiste). Le lieu des collaborations semble ne plus se situer géographiquement  que par les objets de la recherche (travailler où se trouve l’objet); ou encore par des conditions matérielles (travailler là où se trouvent les instruments). Le grand réseau mondial dans lequel circuleraient les personnes, les idées et les financements, semble devenir la meilleure façon de penser ce nouveau transnationalisme.  La bibliométrie et l’étude des réseaux de co-auteurs seraient alors la bonne métrique de ce réseau mondial. Notre réflexion consistera à critiquer à la fois l’analyse en termes de centres et de périphéries et celle en terme de grand réseau mondial, en explorant les limites de ces deux paradigmes qui guident aujourd’hui la mise en place des politiques de la coopération scientifique. Des exemples extrêmes (le Niger et le Liban) me permettront de poser ces questions. Cette réflexion se veut avant tout une invitation à repenser nos formes de construction des connaissances dans leur réalité institutionnelle et politique.

Discutants:

  • Denis Vidal (directeur de recherche à l’IRD, URMIS)
  • Tatiana Medvedeva (doctorante contractuelle à l’Université Paris Diderot, URMIS)" 

24 avril

(Parallèlement à l’exposition sur le racisme au musée de l’Homme au printemps et dont l’URMIS est partenaire)

  • Alice Conklin (Prof. à l’Université d’État d’Ohio) « Entre ‘race’ et ‘culture’: du Musée de l’Homme à l’UNESCO, 1930 à 1950 »

Cette intervention proposera une traversée de l’histoire de l’anthropologie en France entre les années 1930 et 1950, en focalisant sur la politisation de la discipline juste avant et après la Seconde Guerre Mondiale. Mettant l’accent sur la professionnalisation de la discipline autour de la création du Musée de l’Homme à Paris, Alice Conklin analysera l’imbrication des notions scientifiques de race et de culture à une époque où l’impérialisme français et le fascisme en Europe connaissent leur apogée. Certains ethnologues français jouèrent par la suite un rôle clé dans la mise en place de la première campagne antiraciste moderne montée à l’échelle globale par une organisation internationale, celle de l’UNESCO.

Discutante : Damiana Otoiu (MCF à l’Université de Bucharest)

  • Christian Poiret (MCF, Université Paris Diderot-URMIS) « Exposer le racisme ? Des pistes de réflexion sur les enjeux et les dynamiques autour de l'exposition ‘Nous et les autres : des préjugés au racisme’ »

Discutant : Martin Aranguren (CR, CNRS-URMIS)

15 mai

Judaisme, frontières et pouvoir en question

De 14h à 16h30 en salle M19 du bâtiment Olympe de Gouges de l'Université Paris Diderot.

  • Kimberly Arkin (associated professor, Boston University)- “Historicity, Peoplehood and Politics: Holocaust Talk in 21st Century France”

Drawing on ethnographic data from the mid-2000s as well as accounts from French Jewish newspapers and magazines from the 1980s on, this paper traces the emergence of new French Jewish institutional narratives linking North African Jews to the “European” Holocaust.  I argue that these new narratives emerged as a response to the social and political impasses produced by intra-Jewish disagreements over whether and how North African Jews could talk about the Holocaust, disagreements that divided French Jews and threatened the relationship between Jewishness and French national identity.  These new narratives relied on a very different historicity—or way of reckoning time and causality—than those used in more divisive everyday French Jewish Holocaust narratives.  And by reworking the ways that French Jews reckoned time and causality, these pedagogical narratives offered an expansive and homogenously “European” Jewishness.  This argument works against a growing post-colonial sociological and anthropological literature on religious minorities in France and Europe by emphasizing the contingency, difficulty, and even ambivalence around constructing “Jewishness” as transparently either “European” or “French.”  In addition, it highlights the role that historicity—not just history—plays in producing what might count as group “identity.”

Discutante : Béatrice de Gasquet (MCF, Paris Diderot-URMIS)

  • Marine Bismuth (doctorante, Paris-Diderot - URMIS)- “Les jeune juifs et le couple: entre construction des dispositions liées à l’endogamie et réinterprétation des rapports de pouvoir”.

Cette intervention prendra pour objet la formation du couple chez des jeunes adultes se définissant, selon des modalités variables, comme « juifs ». Nous tenterons de montrer en quoi les jeunes adultes rencontrés au cours de notre recherche sont exposés à divers systèmes normatifs et injonctions parfois contradictoires, qui influencent leurs carrières amoureuses et leurs manières de concevoir le couple. Nous nous intéresserons plus particulièrement, à ce qui, au cours de leurs socialisations, contribue à façonner les goûts et les attirances qui interviennent dans la perspective de former un couple, et dans quelle mesure les jeunes rencontrés sont susceptibles de tracer des frontières ethniques et symboliques. Dans ce cadre, nous nous intéresserons également à l'imbrication des rapports sociaux qui traversent la formation du couple, et aux réinterprétations des rapports de pouvoir qui peuvent émerger chez ces jeunes adultes, tandis qu'ils sont confrontés à des normes contradictoires.

Discutant : Sébastien Tank-Storper (CR, CNRS-EHESS)

12 juin

Les enjeux conflictuels et identitaires des migrations : l’exemple de la région Turquie-Arménie-Kurdistan      

  • Benoit FLICHE  (DR, CNRS - Idemec) “Discours de la paranoïa et nationalisme”

L’histoire ottomane puis de la République turque sont exemplaires de la (longue) emprise d’un discours social particulier : le nationalisme. En cherchant sa genèse  nous apporterons quelques éléments d’explication, laissés souvent hors champ, sur les violences de masse et le génocide de 1915. Dans un second temps, nous chercherons à rendre compte des structures du politique contemporain.

Discutante : Martine HOVANESSIAN (DR, CNRS - URMIS)

  • Michael Thevenin (doctorant, Paris Diderot - URMIS)"Enjeux conflictuels et identitaires autour des migrations pastorales Turquie-Arménie-Kurdistan Irak".

Il s'agira durant cette intervention de proposer une introduction sur les enjeux identitaires en lien avec les migrations pastorales en Turquie, en Arménie et au Kurdistan d'Irak. Cette espace correspond depuis plus d'un millénaire au rayonnement géographique des populations d’éleveurs kurdes sur les montagnes du Taurus, du Petit Caucase et du Zagros. Aujourd'hui, découpé en Etats-Nations aux frontières plus ou moins cloisonnées, cet espace offre des trajectoires spécifiques que nous essaierons d'analyser.

Discutante : Florence BOYER (CR, IRD - URMIS)

Catégories

Lieux

  • Salle M019, bâtiment Olympe de Gouges - Université Paris Diderot, 8 place Paul Ricoeur
    Paris, France (75013)

Dates

  • lundi 10 octobre 2016
  • lundi 14 novembre 2016
  • lundi 12 décembre 2016
  • lundi 09 janvier 2017
  • lundi 20 février 2017
  • lundi 13 mars 2017
  • lundi 24 avril 2017
  • lundi 15 mai 2017
  • lundi 12 juin 2017

Mots-clés

  • racisme, discrimination, migration, brain drain, Kurde, judaïsme

Contacts

  • Tatiana Medvedeva
    courriel : tatiana [dot] medvedeva [at] univ-paris-diderot [dot] fr
  • Silyane Larcher
    courriel : silyane [dot] larcher [at] cnrs [dot] fr
  • Aranguren Martin
    courriel : martin [dot] aranguren [at] cnrs [dot] fr

Source de l'information

  • Martin Aranguren
    courriel : martin [dot] aranguren [at] cnrs [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Séminaire de l'unité de recherche « Migrations et sociétés » », Séminaire, Calenda, Publié le mardi 04 octobre 2016, http://calenda.org/378936