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Genre, travail, mobilités : regards croisés

Gender, work and mobilities - comparative approaches

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Publié le lundi 10 octobre 2016 par Céline Guilleux

Résumé

Le séminaire public de l'équipe de recherche GTM cette année intitulé « Genre, travail, mobilités : regards croisés » se tiendra au site Pouchet du CNRS. Il tentera de construire des rencontres entre des perspectives de recherche différents autour d’un thème spécifique par séance. Ainsi se développeront de nouvelles dynamiques de recherche déclenchées par ces rencontres inhabituelles.

Annonce

Présentation

Le séminaire public de l'équipe de recherche GTM cette année intitulé « Genre, Travail, Mobilités : Regards croisés » se tiendra au site Pouchet du CNRS . Il tentera de construire des rencontres entre des perspectives de recherche différents autour d’un thème spécifique par séance. Ainsi se développeront de nouvelles dynamiques de recherche déclenchées par ces rencontres inhabituelles. Au mois de Mai, il n’y aura pas de séance en raison du colloque Cresppa « Le genre comme pensée critique : Corps, Nation, Travail ».

Programme

Le 10/10/2016

  • Séance inaugurale introduisant à la thématique du séminaire. Eleni Varikas (science politique, Université de Paris 8-GTM) : « Interdisciplinarité - transdisciplinarité ? », salle 255.

Il s'agit de proposer une réflexion sur les territoires disciplinaires, dont les bornes sont souvent aussi bien gardées - mais heureusement - aussi perméables que les frontières nationales.
Penser des rapports de pouvoir naturalisés ou rattachés à des rapports sociaux plus visibles et reconnus, amène à la quête, sans cesse déçue, d’une correspondance entre des questionnements qui surgissent de manière anarchique et imprévisible de l’hétérogénéité de l’expérience quotidienne de la recherche et de l'enseignement, et les méthodes, les catégories d’analyse, les questionnaires canoniques et les sources autorisées qui transforment ces questionnements en objets légitimes de recherche pour chacune des sciences sociales et humanise constituées. Inadéquation dont l’enjeu est moins l’interdisciplinarité – concept qui réaffirme parfois la pertinence des cloisons disciplinaires au moment même où il est censé l’interroger – que le décalage entre « l’impureté » de l’expérience humaine (et du langage qui l’exprime et lui donne du sens) et le purisme des sciences censées l’étudier et l’expliquer.
Malgré ses appels à l’interdisciplinarité, c’est sur ce terrain commun de l'expérience  qu’est revenue, et revient dans ses meilleurs moments, la recherche sur les femmes et le genre - mais aussi sur la "race", le fait colonial, la sexualité, pour explorer ce qui avait été omis ou marginalisé par les procédés d’abstraction qui accordent aux catégories scientifiques de chaque discipline leur validité "universelle".
Aborder dans une perspective transdisciplinaire ces éléments écartés, amène à prendre au sérieux le verdict sévère de l'école de Francfort : les sciences humaines trahissent en effet "la promesse faite à l’esprit humain" quand elles traitent ces fragments de l’universel comme "contingents, insignifiants et irrationnels", ou, quand elles classent l’injustice sociale "dans la catégorie de faits bruts" inaccessibles au jugement de valeur.
 
Eleni Varikas est professeure émérite à l’Université Paris 8 et membre de l’équipe Cresppa-GTM.

Le 21/11/2016

  • « Classes sociales, transclasses et classisme » avec Chantal Jaquet (philosophie, Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne) et Andreas Kemper (sociologie, Duisburger Institut für Sprach- und Sozialforschung (DISS), Allemagne), salle des conférences. 

Modération : Danièle Linhart

La présentation d’Andreas Kemper sera en anglais, la discussion en anglais et français.

Cette séance propose deux perspectives alternatives et peu communes en France sur les classes sociales. Les deux termes transclasse et classisme sont discutés pour mettre en relief des aspects culturels et individuels dans les rapports de classe. 

La théorie de la reproduction élaborée par Bourdieu et Passeron met à jour les déterminismes sociaux qui pèsent sur les individus et les conduisent à perpétuer l’ordre établi et à connaître la même condition que celle de leur classe d’origine. La reproduction sociale, toutefois, n’est pas une loi d’airain ni une fatalité, de l’aveu de ses propres théoriciens. Elle admet des exceptions ou des écarts, dont il faut rendre compte pour en mesurer la portée. L’objectif sera de comprendre philosophiquement le passage exceptionnel d’une classe à l’autre, qui met en jeu la liberté humaine en contrecarrant la puissance des déterminismes sociaux. Pour cela, il s’agira d’abord de se pencher sur la méthode d’approche des cas particuliers et sur des concepts, comme celui de « transclasse », permettant d’appréhender ce phénomène sans jugement de valeur ni arrière-pensée. Il s’agira ensuite de mettre en évidence le concours de causes, à la croisée de l’histoire collective et de l’histoire intime, qui préside à la non reproduction sociale, en l’absence de révolution collective, et d’analyser, enfin, les effets induits par le passage d’une classe sociale à l’autre chez les individus soumis à une logique de l’entre-deux. 

« Classisme » désigne la discrimination, l’oppression, l’exploitation et la marginalisation dans les rapports de classe. Le terme est moins commun en allemand et en français qu’en anglais (classism) ou en espagnol (classismo). Défendre une politique anti-classiste mène souvent à être pris entre le marteau et l’enclume : pour les marxistes orthodoxes le terme classisme détourne l’attention des véritables luttes à défendre (à savoir la lutte dans le secteur de la production), les tenant.e.s des nouveaux mouvements sociaux sont souvent indifférent.e.s à l’égard des questions de classes. Les directives antidiscriminatoires européennes ne connaissent pas le terme classe, idem pour les lois antidiscriminatoires nationales, et les personnes conservatrices sont opposées à l’idée de l’existence de classes de toute façon. Or être pris entre le marteau et l’enclume (être assis entre deux chaises) rappelle le caractère intrinsèquement intersectionnel du terme classisme. Les études sociologiques et démographiques relèvent régulièrement l’importance de la discrimination liée à la classe sociale ce qui se reflète aussi dans les études sur les chances dans l’éducation.

Comment est-ce que ces deux termes se situent l’un par rapport à l’autre lorsque le terme transclasse adresse la non reproduction alors que le terme classisme cherche à fonder une politique d’identité ? Sont-ils peut-être complémentaires ou s’excluent-ils mutuellement ?

  • Chantal Jaquet est professeure de philosophie à l’Université Paris1-Panthéon-Sorbonne. Elle travaille sur la philosophie du XVIIe siècle (Spinoza, Bacon), la philosophie du corps (l'odorat, l'art olfactif) et la philosophie sociale (les Transclasses). Récemment elle a publié le livre « Les Transclasses ou la non-reproduction  » aux éditions PUF à Paris.
  • Andreas Kemper est doctorant à l’Université de Münster en Allemagne où il prépare une thèse au sujet du classisme. Il est membre de l’Institut de recherche sociolinguistique de Duisburger. Avec Heike Weinbach il a publié une introduction au concept classisme aux éditions Unrast en 2009.

Mardi, le 06/12/2016

  • « Extrême droite, genre et politiques sexuelles » avec Raphaël Challier (sociologie, Université  Paris 8-GTM) et Cornelia Möser (études genre, GTM-CNRS), salle 124.

Le 16/01/2017

  • Journée d’études « Le travail ouvrier hors des usines. Conditions de travail et d’emploi, identités, rapports sociaux », organisée par Fabien Brugière (sociologie, GTM) et Sabine Fortino (sociologie, Université Paris Nanterre-GTM), salle des conférences, 8h30-18h.

Le 06/02/2017

  • « Qu’est-ce qu’un bon travail et pour qui ? » avec Myriem Auger (sociologie, GTM), Mi-ae Lee (sociologie, GTM), Efthymia Makridou (sociologie, GTM) et Mariana Stelko (sociologie, GTM), discutante : Helena Hirata (sociologie, GTM-CNRS), salle 159.

Le 06/03/2017

  • « Épistémologies de la domination et de la résistance  » avec Franck Freitas (science politique, Université Paris 8-GTM), Malek Bouyahia (science politique, Université Paris 8-GTM) et Danièle Kergoat (sociologie, GTM-CNRS), salle des conférences.

Le 24/04/2017

  • « Circulation des idées dans l’Atlantique noire » avec Robert Reid-Pharr (littérature et anglais, City University of New York), Khary Polk (black studies and gender studies, Amherst College) et Franck Freitas (science politique, Université Paris 8-GTM), salle des conférences.

Le 19/06/2017

  • « Les concepts d’‘expérience’, ‘agency’ et ‘projet’ au regard des migrations » avec Jane Freedman (sociologie, Université Paris 8, GTM), Helena Hirata (sociologie, GTM-CNRS), Pascal Sebille (démographie, Université Paris Nanterre-GTM) et Albena Tcholakova (sociologie, GTM), salle des conférences.

Lieux

  • CNRS, 59/61 rue Pouchet, Cedex 17
    Paris, France (75849)

Dates

  • lundi 10 octobre 2016
  • lundi 21 novembre 2016
  • mardi 06 décembre 2016
  • lundi 16 janvier 2017
  • lundi 06 février 2017
  • lundi 06 mars 2017
  • lundi 24 avril 2017
  • lundi 19 juin 2017

Fichiers attachés

Mots-clés

  • genre, travail, mobilité, migration, classe sociale, interdisciplinarité, extrême droite, race, épistémologie, rapport social

Contacts

  • Cornelia Möser
    courriel : Cornelia [dot] Moser [at] cnrs [dot] fr
  • Jane Freedman
    courriel : Jane [dot] Freedman [at] cnrs [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Nadia Achamsi
    courriel : nadia [dot] achamsi [at] cnrs [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Genre, travail, mobilités : regards croisés », Séminaire, Calenda, Publié le lundi 10 octobre 2016, http://calenda.org/379429