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L'objet de la migration

Migration and objects - the construction of the figure of the exile through objects in narrative space

La construction de la figure de l’exilé par les objets dans l’espace narratif

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Publié le mardi 11 octobre 2016 par João Fernandes

Résumé

Objets emportés, objets donnés, abandonnés, absents, retrouvés ou nouvellement acquis : à l’une et l’autre extrémité de l’expérience du déplacement spatial (la migration) et de ses effets sur le sujet dans la durée (l’exil), à travers les pays de départ, de transit et d’arrivée, la culture matérielle incarne l’emboîtement de temporalités et de territoires. Mis en récit, l’objet devient signe, résiste à l’effacement, porte trace ou patrimoine. Il s’inscrit ainsi dans un système référentiel plus large incluant médias, musées, cinéma et théâtre, qui participent conjointement à la construction de la figure du migrant / de l’exilé dans l’espace public.

Annonce

Argumentaire

Dans Pnine (1957), Nabokov présente son héros éponyme, un russe émigré, fasciné par les objets de la modernité occidentale, sa maladresse signifiant sa condition d’étranger. Dans les pages finales du roman, le seul bien auquel il tient est mis en danger par un objet « bipède » significativement aigu et lourd, leur collusion incarnant les affects engagés par une situation singulière, celle de l’exil. A la précieuse coupe de Pnine répondent en écho le bol à raser de Sender Roth (Philip Roth, Patrimoine, une histoire vraie, 1992), la valise de Sergueï Dovlatov (La valise, 1984), le fauteuil d’Hélène Cixous (Les Rêveries de la femme sauvage, 2000), le costume de Mohammed Saleh (Alaa El Aswany, Chicago, 2007), le sac vert olive de Velibor Colić (Manuel d’exil, 2016), bien d’autres encore entrelaçant expériences personnelles et espaces fictionnels dans un topos de l’exil à la fois pérenne et réactualisé.

Objets emportés, objets donnés, abandonnés, absents, retrouvés ou nouvellement acquis : à l’une et l’autre extrémité de l’expérience du déplacement spatial (la migration) et de ses effets sur le sujet dans la durée (l’exil),  à travers les pays de départ, de transit et d’arrivée, la culture matérielle incarne l’emboitement de temporalités et de territoires. Mis en récit, l’objet devient signe, résiste à l’effacement, porte trace ou patrimoine.  Il s’inscrit ainsi dans un système référentiel plus large incluant medias, musées, cinéma et théâtre, qui participent conjointement à la construction de la figure du migrant/de l’exilé dans l’espace public. 

Le programme MIGROBJETS (INALCO) en association avec le programme NON-LIEUX DE L’EXIL voudrait revenir sur les objets de l’exil dans la littérature pour les mettre en lien avec les représentations contemporaines de la migration.  

Avec la performance théâtrale SICILIA de Clyde Chabot, compagnie « La communauté inavouable »

En partenariat avec la CIMADE.

Coordination scientifique

  • Alexandra Galitzine-Loumpet
  • Peter Stockinger

Programme

21 novembre 2016 I 09h30-20h

Salons d'honneur, salles des plaques et salle 131, 

Inalco pôle recherche,

2, rue de Lille 75007 Paris 

Entrée libre

9h30  Accueil des participants

9h45 Ouverture : Marie-Caroline Saglio Yatzimirsky, vice-présidente chargée de la recherche

10h00-11h30  Président de séance : Peter Stockinger (PLIDAM-INALCO)

  • Catherine Gery(CREE-INALCO): Les objets de l'exil dans le texte-valise de Sergueï Dovlatov
  • Delphine Pagès El Karoui (CERMOM-INALCO): Objets de la migration et fabrique de la nostalgie. Une lecture de Chicago d’Alaa al-Aswany
  • Catherine Mazauric (CIELAM, Université Aix-Marseille) : La tristesse des meubles : inertie et motion des objets chez Fatou Diome

11h30 Pause-café

11h45-12h45 Président de séance : Camilla Maria Cederna (Université de Lille 3) 

  • Frosa Pejoska (PLIDAM-INALCO) : Quand le roman devient l’objet du roman de l’étrangéisation lui-même objet de l’exil, Miguel de Unamuno- Comment on fait un roman
  • Mourad Yelles (LACNAD-INALCO): La brocante des identités : objets nomades et fictions post-coloniales dans La Nuit des origines (Nourredine Saadi)

13h00-14h30 Déjeuner

14h30-15h30  Présidente de séance :   Marie Poinsot (Revue Hommes & Migrations, Musée National de l’Immigration)

  • Cécile Oumhani (Ecrivaine) : A la recherche du lieu perdu, le tapis
  • Nisrine Al Zahre(Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis) : Le foulard en laine de Mariam, ma grand-mère

15h30 Pause thé

15h45-16h45 Présidente de séance : Eugenia Vilela (Université de Porto)

  • Chowra Makaremi (IRIS – CNRS/EHESS): L'objet voulu comme "présence d'une absence", ou les vestiges d'une disparition
  • Alexandra Galitzine-Loumpet (NON-LIEUX DE L’EXIL / CESSMA): L’écho et l’emboitement : le système des objets de l’exil

16h45 – 17h15 : Discussions conclusives animées par Marie Poinsot et Peter Stockinger

18h : Représentation de Sicilia, de Clyde Chabot (La compagnie inavouable) suivie d’une discussion. En collaboration avec le festival Migrant'scènes / Cimade

 Entrée libre, inscription préalable 

Présentation des intervenant(e)s (en pièce jointe)  

Lieux

  • INALCO - 2 rue de Lille
    Paris, France (75007)

Dates

  • lundi 21 novembre 2016

Fichiers attachés

Mots-clés

  • migration, exil, objet, culture matérielle, récit, vécu, expérience, représentation, affect, littérature, intime

Contacts

  • Alexandra galitzine-Loumpet
    courriel : alexandra [dot] galitzine-loumpet [at] inalco [dot] fr
  • Peter Stockinger
    courriel : peter [dot] stockinger [at] inalco [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Alexandra galitzine-Loumpet
    courriel : alexandra [dot] galitzine-loumpet [at] inalco [dot] fr

Pour citer cette annonce

« L'objet de la migration », Journée d'étude, Calenda, Publié le mardi 11 octobre 2016, http://calenda.org/379587