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Études de cas : jeux d'échelles pour décrire le social

Case studies: the play of scales to describe the social

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Publié le mardi 04 octobre 2016 par Céline Guilleux

Résumé

Le vendredi 7 octobre 2016 se tiendra la journée d'étude organisée par le laboratoire Analyse comparée des pouvoirs (ACP) et l'université Paris-Est Marne-la-Vallée à Champs-sur-Marne, sur le site de la cité Descartes (Bois de l'Étang, Bâtiment C, salle C219), et consacrée à la thématique des jeux d'échelles en sciences humaines et sociales. Des chercheurs en histoire, géographie et sociologie interviendront sur l'actualité disciplinaire des jeux d'échelles et reviendront sur les aspects concrets de leurs méthodes à partir d'études de cas, notamment dans le champ des études urbaines et politiques.

Annonce

Argument

Empruntée à la cartographie mais aussi à l’optique et à l’architecture, la notion d’échelle est un concept-clé en sciences humaines et sociales. De l’échelle cartographique à l’échelle spatiale, son usage est aujourd'hui une pratique généralisée dans la plupart des disciplines en sciences humaines et sociales. Les jeux d’échelles sont devenus des outils indispensables à la compréhension des groupes sociaux et des configurations d’acteurs.

Le recours à l’interscalarité est devenu une démarche reconnue en géographie. À tel point que le changement d'échelle a longtemps servi de signe de reconnaissance des géographes et de marqueur corporatif. Au sein de la discipline, des débats demeurent cependant sur les méthodes de croisement : au traditionnel emboîtement d'échelles, certains préfèrent parler d'imbrication pour souligner le caractère systémique d'un espace à différentes échelles tandis que d’autres réinterrogent des notions classiques comme la globalisation, l’urbain ou l’État à l’aune du réétalonnage (rescaling) politique. L’essor de la micro-géographie est une preuve supplémentaire de l’actualité des jeux d’échelles en géographie.

À l’inverse, dans son acception spatiale, la notion d’échelle a longtemps été un angle mort de la réflexion historienne. Les historiens préféraient l’acception temporelle définie par Fernand Braudel, celle de la pluralité des temps historiques. La remise en cause de l’orthodoxie labroussienne par la microstoriaà la fin des années 1980 fut le moment d’une meilleure prise en compte des jeux d’échelles spatiales autour d’une nouvelle démarche inductive, inspirée de l’anthropologie, et désirant saisir le vécu des acteurs, leurs stratégies et leurs univers de justification. Après une période d'éclipse au profit d'approches culturalistes, des orientations de recherche qui reposent sur la variation des échelles, comme l’histoire connectée ou l'histoire globale, semblent être de nouveau au cœur des préoccupations, notamment en lien avec le thème de la mondialisation et la remise en cause des cadres spatiaux et idéologiques de référence.

En sociologie, la notion d’échelle est principalement convoquée pour expliquer les différences d’approche des phénomènes sociaux. Les chercheurs cherchent néanmoins à dépasser l’opposition polémique entre le holisme bourdieusien et l’individualisme boudonnien par la mise à jour des jeux d’échelles implicites à ces deux positions. C’est aussi la réflexion adoptée par des travaux récents autour des échelles de contexte qui, associées au passé incorporé, permettent de comprendre les pratiques observées.

L’échelle est donc omniprésente, des réflexions sur les échelles de l’architecte aux échelles du lien social et de l’identité, elle irrigue une large part du champ des sciences humaines et sociales. Au regard de ce foisonnement, la journée d’étude souhaite insister sur les aspects concrets des changements d'échelles en sciences humaines et sociales, particulièrement dans les méthodes d'analyse documentaire, dans la pratique du terrain et dans le rapport à l’écriture du chercheur.

Par-delà les questions de l’interdisciplinarité et de l’évolution épistémologique des jeux d’échelles, les réflexions sur l’interscalarité poussent à s’interroger sur les configurations de son application et les questions qu’elle peut poser au chercheur dans son travail quotidien. La question des opportunités du changement d'échelles dans le document, sur le terrain de recherche et dans les méthodes d’analyse est essentielle. Les chercheurs sont aussi souvent conduits à réfléchir sur les rapports entre l’échelle et le document, la première pouvant être considérée comme un outil d’interprétation ou comme une donnée brute du document. Dans les études par cas ou d'échelle micro-locale, la question de la montée en généralité et de ses modalités, notamment dans l’écriture, reste cruciale, quelle que soit la discipline. L’essor du recours aux systèmes d’information géographique interroge sur les usages de l’échelle comme démarche heuristique et non plus seulement descriptive ou explicative. La journée d’étude porte principalement sur l’interscalarité dans l’atelier du chercheur, en insistant sur l'utilisation des jeux d'échelles dans les études de cas. Ouvert à tout chercheur en sciences humaines et sociales, il a pour but de partager des méthodes et des expériences de diverses disciplines, sur des terrains d'étude variés.  

Programme 

  • 9H45 – Accueil des participants

10H-12H – Première session : L’actualité disciplinaire des jeux d’échelles

  • Nicolas Verdier, Directeur d’études à l’EHESS : « La poste aux lettres 1700-2010, variations autour de l'échelle ».
  • Olivier Milhaud, Maître de conférences en géographie, Université Paris-Sorbonne (Paris IV) : « Un géographe face aux jeux d'échelles : automatismes et questionnements ».
  • Pascal Ughetto, Professeur des universités en sociologie, Université Paris-Est Marne-la-Vallée : « Souplesse théorique exigée pour pratiquer les jeux d'échelle : la sociologie du travail et ses évolutions ».

12H-13H30 – Pause déjeuner

13H30-15H – Deuxième session : Les échelles de la ville

  • Isabelle Rabault-Mazières, Maître de conférences en histoire, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne : « Analyser le changement en histoire urbaine grâce aux jeux d’échelle : les lotissements de villégiature autour de Paris au XIXème siècle ».
  • Damien Petermann, Doctorant en géographie, Université Jean Moulin Lyon 3: « L’utilisation d’un système d’information géographique pour étudier l’image de Lyon dans les guides de voyage : du local au transnational ».
  • Julien Aimé, Doctorant en sociologie, Université de Lorraine : « Les échelles spatio-temporelles de la ville en train de se faire ».

15H-15H30 – Pause

15H30-16H30 – Troisième session : Les échelles du politique

  • Clément Weiss, Doctorant en histoire, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, « Guerre sociale ou rencontres contingentes ? À quelle(s) échelle(s) lire la violence de rue dans le Paris thermidorien (1794-1795) ? ».
  • Axel Barenboim, Doctorant en sociologie, Université Paris Ouest Nanterre : « Six jours qui ébranlèrent le monde ? Saisir l’internationalisme anarchiste au congrès de Londres en 1881 ».

Catégories

Lieux

  • Cité Descartes, Bois de l'Étang, Bâtiment C, C219 - 5 Boulevard Descartes
    Champs-sur-Marne, France (77420)

Dates

  • vendredi 07 octobre 2016

Mots-clés

  • échelle, ville, étude de cas

Contacts

  • Romain Gustiaux
    courriel : romain [dot] gustiaux [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Romain Gustiaux
    courriel : romain [dot] gustiaux [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Études de cas : jeux d'échelles pour décrire le social », Journée d'étude, Calenda, Publié le mardi 04 octobre 2016, http://calenda.org/379683