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Tourismes, voyages, utopies

Tourism, travels, Utopias

Turismo, viajes, utopías

Revue Études Caribéennes n° 38, 2017

Review Études Caribéennes n° 38, 2017

Revista Études Caribéennes n°38, 2017

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Publié le mercredi 19 octobre 2016 par Céline Guilleux

Résumé

Ce numéro de la Revue Études Caribéennes s’attache à décrypter le sens du tourisme et du voyage à l’aune de la mondialisation économique et culturelle et des soubresauts géopolitiques à l’œuvre depuis ces dernières décennies. L’utopie, initialement si importante dans la genèse et la raison d’être du tourisme, et si fondamentale quant à la nature de nos comportements par rapport à l’autre et à l’ailleurs, est-elle encore d’actualité de nos jours ? Il convient d’interroger le sens même de l’utopie – des utopies – au regard des voyages, surtout s’ils sont de nature purement touristique, avant tout perçus comme des actes de consommations d’espaces. Au-delà du fantasme primaire et de l’exotisme de pacotille, et à l’heure du tout-connecté, l’imaginaire et le rêve occupent-ils encore une place de choix dans nos vacances, nos aventures ou nos expéditions ?

Annonce

Argumentaire

Ce numéro de la Revue Etudes Caribéennes s’attache à décrypter le sens du tourisme et du voyage à l’aune de la mondialisation économique et culturelle et des soubresauts géopolitiques à l’œuvre depuis ces dernières décennies. L’utopie, initialement si importante dans la genèse et la raison d’être du tourisme, et si fondamentale quant à la nature de nos comportements par rapport à l’Autre et à l’Ailleurs, est-elle encore d’actualité de nos jours ? Il convient d’interroger le sens même de l’utopie – des utopies – au regard des voyages, surtout s’ils sont de nature purement touristique, avant tout perçus comme des actes de consommations d’espaces. Au-delà du fantasme primaire et de l’exotisme de pacotille, et à l’heure du tout-connecté, l’imaginaire et le rêve occupent-ils encore une place de choix dans nos vacances, nos aventures ou nos expéditions ?

Les pratiques touristiques ont changé ces récentes années au regard d’une crise économique et d’une situation géopolitique qui forcément contribuent à hypothéquer nos « désirs d’ailleurs » d’antan. Sécurité et confort, sous l’emprise de la peur, dominent notre quotidien, y compris touristique. Voyager ne ferait donc plus rêver ?

Dans contexte de repli général, l’utopie n’a plus le vent en poupe, tout comme l’esprit d’aventure. Sauf pour une minorité qui est en charge de tout devoir réinventer. Pour la majorité, le « retour » du tourisme enclavé, autrefois justement décrit et décrié par Georges Cazes, avec ses niches et ses riches, est d’une brûlante actualité. Rassurant et ludique.

Le communautarisme s’invite ainsi dans le secteur du tourisme. On n’arrête pas de voyager mais les touristes se barricadent et préfèrent rester entre eux, d’où le succès du tourisme de croisière, du tourisme de luxe, de shopping, etc. Ces séjours touristiques entretiennent l’illusion de l’ailleurs avec les autres comme joli décor, mais toujours tenus à distance.

Voyager reste néanmoins l’occasion d’oublier, de rêver et de se dépayser. Partir relève aussi de plus en plus de la fuite, de l’évasion, de l’échappée belle ou sinistre, du chemin de croix ou de la guerre sainte, voire de l’ordalie. Planche de salut ou antidépresseur efficace, fabrique de bonheur ou confortable prison dorée, le voyage est un formidable réservoir de vertus thérapeutiques, pour le meilleur et pour le pire, mais surtout pour les citoyens des sociétés en crise.

Devant un monde frileux en voie d’éclatement, on s’interroge forcément : le meilleur voyage ne consisterait-il pas à tenter de recréer des formes inédites d’utopies, mobiles, nomades, autonomes, ou non ? Et si au fond la meilleure utopie était de voyager autour de chez soi, retisser du lien social au lieu d’aller vérifier si l’herbe est plus verte chez le voisin du bout du monde ?

Ce numéro, dont le dossier s’intitule « Tourismes, voyages, utopies », entend interroger les nouvelles utopies qui émergent dans l’univers des mobilités. La Caraïbe, la Patagonie, l’Indonésie et d’autres lieux nous serviront de décor explicatif et de territoire analytique à explorer. Le besoin d’espaces vierges, l’envie de rencontres avec d’autres cieux et cultures. Tantôt la quête du vide, tantôt celle du plein. Le tourisme lui-même n’est rien d’autre qu’une forme d’utopie qui existe officiellement depuis deux siècles. Une utopie qui offre une respiration et une coupure avec le quotidien, le connu, le prévisible.

L’utopie appliquée à l’univers multiple des tourismes et des voyages prend des contours différents selon les personnes et les sociétés concernées. Elles forgent nos manières de penser et de bouger, nos capacités de comprendre et d’accepter le monde qui nous entoure. La thématique est ouverte à toutes les contributions inscrites dans les champs des sciences humaines, de la géographie, de l’économie, de la géopolitique, etc. Le dossier accueillera autant des études de cas que des débats théoriques ou critiques sur l’état de la question qui relie les voyages et les utopies, ainsi que le devenir touristique du monde.

Thématiques privilégiées

  • La quête de sens, de dépaysement, de ressourcement
  • Le besoin, l’envie et le désir d’ailleurs dans un contexte social figé
  • Imaginaires et rêves à l’ère du tout-numérique, des voyages sur-organisés et des nouveaux nomades digitaux
  • Les grands espaces « vierges », l’attrait du vide
  • Le proche et le lointain, le sédentaire et le nomade, une voie médiane est-elle pensable, possible, envisageable ?
  • Le retissage des mondes, la nouvelle quête du plein… et du bien
  • Iles et îlots oubliés, perdus, cachés : le retrait du monde
  • Le système « D », nouvelle ère du voyage ou utopie nomade ?
  • Utopies, imaginaires du voyage et tourisme ; deux pôles d’une même planète en mouvement ?
  • L’opposition nature/culture dans la quête des nouveaux paradis touristiques
  • Géohistoires des voyages et des utopies autour du globe et au travers des siècles
  • L’aventure comme réservoir de pistes utopiques ?
  • Le voyage, une possible utopie politique ?
  • Le tourisme ou la fin du voyage, ou la quantité au détriment de la qualité ?
  • Le voyage, ultime avatar d’un tourisme de rencontre et partage, nouvelles formes d’utopies dans un contexte géopolitique aggravé
  • Quelles utopies et autres rêves d’évasion pour demain ?

Calendrier

  • 15 décembre 2016 : date limite de proposition d’article

  • 15 avril 2017 : réception des articles
  • Mai 2017- août 2017 : évaluation – révision des textes
  • Octobre 2017 : publication du numéro thématique

Conditions de soumission

Le manuscrit ne doit pas excéder 45 000 signes (espaces compris) sauf dérogation exceptionnelle.

Les articles en anglais et en espagnol sont acceptés.

Vous pouvez vous référer aux Instructions aux auteurs et envoyer vos contributions à etudescaribeennes@gmail.com

Coordination du numéro

  • Fabien Bourlon, géographe et anthropologue, Laboratoire PACTE, Université de Grenoble, fabien_bourlon@yahoo.fr
  • Franck Michel, anthropologue, Laboratoire PACTE, Université de Grenoble, deroutesetdetours@gmail.com

Dates

  • jeudi 15 décembre 2016

Mots-clés

  • tourisme, voyage, utopie, dépaysement, ressourcement

Contacts

  • Sopheap Theng
    courriel : sopheap [dot] theng [at] univ-antilles [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Sopheap Theng
    courriel : sopheap [dot] theng [at] univ-antilles [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Tourismes, voyages, utopies », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 19 octobre 2016, http://calenda.org/381190