AccueilLa nation en fête en Amérique latine (XIX-XXIe siècle)

La nation en fête en Amérique latine (XIX-XXIe siècle)

Festejando la Nación en América latina (siglos XIX-XXI)

The nation and celebration in Latin America (19th-21st centuries)

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Publié le jeudi 17 novembre 2016 par Céline Guilleux

Résumé

Dans le cadre de cette journée d'études, les organisateurs souhaitent prolonger une première réflexion menée conjointement par les équipes du Grecun de Paris Nanterre (groupe État, culture, nation ) et ALHIM de Paris 8 (Amérique latine, histoire, mémoire) sur les notions de fêtes et de célébrations nationales en Amérique latine (revue Alhim n° 33 à paraître, premier semestre 2017).

Annonce

Argumentaire

Dans le cadre de cette journée d'études, les organisateurs souhaitent prolonger une première réflexion menée conjointement par les équipes du Grecun de Paris Nanterre (groupe État, culture, nation ) et ALHIM de Paris 8 (Amérique latine, histoire, mémoire) sur les notions de fêtes et de célébrations nationales en Amérique latine (revue Alhim n° 33 à paraître, premier semestre 2017).

La fête, en tant que pratique collective, va de pair avec la construction d’imaginaires nationaux. Pensées comme des récits créés de toute pièce par les institutions et/ou les différents groupes sociaux pour rassembler les citoyens autour d'un socle commun, les fêtes et cérémonies nationales renferment des tensions déterminées par les enjeux du présent. Si la Nation est vécue et contée par ses fêtes, les fêtes nationales construisent et sont imaginées pour la Nation. Cette journée d’études s’inscrit dans le sillage des études déjà menées par de nombreux chercheurs (Eric Hobsbawm, Anne-Marie Thiesse, Patrick Garcia, Mona Ozouf, et bien d’autres). Il s'agira cependant ici d’accorder une place prépondérante aux acteurs et aux témoins, ainsi qu’aux différents espaces de célébration et contre-célébration. Tout en poursuivant notre exploration des différents procédés de construction du « corps national » en Amérique latine, nous analyserons tout particulièrement le rôle des participants (État, associations, groupes sociaux, etc.), le choix des différentes symboliques (hymnes, chants, drapeaux, figures patriotiques, etc.), le choix des espaces (lieux, monuments, statues, etc.) et la fonction des temps (calendriers civiques, dates spécifiques de commémoration, etc.). Ainsi les différentes communications pourront s’inscrire dans les quatre axes suivants :

Axe 1 : Les célébrations officielles de la Nation

Les fêtes nationales constituent un enjeu pour le pouvoir qui en contrôle le contenu et la diffusion. Nous nous intéresserons dans un premier temps aux pratiques « officielles », aux modèles de célébration qui « donnent à voir » une homogénéisation et une « supposée » unité du corps social. Nous nous attacherons à l'étude de la mise en scène du national par l’État et/ou les institutions officielles en interrogeant tout particulièrement les différentes formes et manières que peuvent revêtir certaines célébrations nationales. Quels sont les espaces de célébration ? Quels sont les procédés et représentations choisis pour mettre en valeur la nation ? Quels sont les symboles et valeurs transmis ? Dans quelles mesures ces célébrations ont un pouvoir efficace de transmission de l'idéologie nationale ? En quoi produisent-elles de l’identité pour cette nation et contribuent-elles à créer ou raviver, du moins pour quelques temps, un sentiment d’appartenance collective ?

Axe 2 : Quand la Nation se célèbre ailleurs.

Le second axe concernera les pratiques transnationales de célébration. Si l’État est l'un des principaux ordonnateurs, il s'agira de démontrer que la nation peut se fêter « ailleurs ». Comment la nation est-elle célébrée au-delà de ses frontières ? Quelles en sont les frontières et limites ? Cet axe est particulièrement ouvert aux études portant sur les célébrations organisées par des institutions (réseaux diplomatiques, fondations, etc.) ou associations en dehors des frontières nationales. Il entend mettre l’accent sur la fabrique de nouveaux espaces publics de célébrations, sur les nouvelles formes de sociabilités officielles/associatives qui permettent de fêter et de partager cette communauté de destins.

Axe 3 : Les célébrations « en marge » et contre-célébrations

Cet axe propose de revenir sur les pratiques « parallèles », situées « en marge » des célébrations officielles, ou pensées par opposition à celles-ci. Il s’agira de montrer en quoi ces pratiques proposent d'autres lectures du national, instituent un autre ordre - ou désordre - et contribuent, par là-même, à définir ou redéfinir l'identité nationale. Cet axe nous amènera à nous poser d'autres questions telles que : qui sont les célébrants et contre-célébrants ? Quelles sont les appropriations et/ou réappropriations du récit national et ses symboles ? En quoi ces pratiques « parallèles » de célébration peuvent-elles être considérées comme des pratiques « transgressives » tout en contribuant, par certains détournements, à donner ses contours à l’événement officiel ? Les communications pourront également aborder la question des rapports de force, de pouvoir et luttes pour récupérer le fait national (rapports de hiérarchie, de division entre les différents célébrants, enjeux, etc.).

Axe 4 : La Nation « contée ». Récits de célébrations

Il s'agira dans cet axe d'analyser le rôle des différents écrits dans la construction du sentiment national et d’une mémoire de l’événement. À travers les récits, que ce soit en littérature (romans, romans nationaux, nouvelles, récits autobiographiques, etc.), dans des revues ou dans la presse, nous pourrons nous demander : comment ces récits représentent-ils la nation en fête ? Comment singularisent-ils les célébrations ? Quelles sont les places accordées aux événements phares de l'histoire nationale ? Comment les mots mettent-ils en scène, et par la même, construisent la mémoire nationale ? Quels enjeux de pouvoir enferment-ils ? En quoi cette mémoire est-elle une mémoire choisie, sélective ? En somme, quels sont les nouveaux contours de cette « Nation contée » ?

Modalités pratiques

Les propositions de communication (moins de 500 mots, bibliographie et titre compris ainsi qu'un court CV) doivent être envoyées 

avant le 31 janvier 2017. 

Contacts : Dalila Chine-Lehmann ( Université Paris Nanterre ) dlehmann@u-paris10.fr, Natalia Molinaro ( Université de Paris 8 ) natalia.molinaro@laposte.net

Calendrier

  • 31 janvier 2017 : date-butoir pour l’envoi des propositions
  • Février 2017 : annonce des propositions retenues
  • 7 avril 2017 : journée d’étude

Comité d'organisation 

(Egalement en charge de la sélection des propositions de communication)

  • Natalia Molinaro (Docteure, équipe Amérique Latine Histoire Mémoire (ALHIM), Université de Paris 8)
  • Dalila Chine-Lehmann (Maître de conférences, équipe Groupe État, Culture, Nation (GRECUN), Université Paris Nanterre)

Lieux

  • Bâtiment Max Weber, salle de séminaire 2, Rdc - Université Paris Nanterre, 200 Avenue de la République
    Nanterre, France (92)

Dates

  • mardi 31 janvier 2017

Mots-clés

  • fête, cérémonie, contre-cérémonie, identité nationale, mémoire

Contacts

  • Natalia Molinaro
    courriel : natalia [dot] molinaro [at] laposte [dot] net
  • Dalila Lehmann
    courriel : dlehmann [at] u-paris10 [dot] fr

Source de l'information

  • Dalila Lehmann
    courriel : dlehmann [at] u-paris10 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La nation en fête en Amérique latine (XIX-XXIe siècle) », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 17 novembre 2016, http://calenda.org/383188